Archive for septembre 2014

Le SyAGE est sur Twitter

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Le Syndicat ouvre son compte sur Twitter ! Comment fonctionne cet outil ? Comment nous suivre ? Vous saurez tout en lisant cet article.

 Twitter : qu’est-ce que c’est ?

Twitter est un outil de microblogage. Il permet à un utilisateur d’envoyer gratuitement de brefs messages, appelés tweets (« gazouillis »), sur Internet. Ces messages, calqués initialement sur le modèle du SMS, sont limités à 140 caractères. Twitter est un réseau social public et asymétrique. Public, car au moment où l’on publie un tweet, toute la planète peut potentiellement le voir ; asymétrique, car si j’ai un compte Twitter, je peux vous suivre, mais vous n’êtes pas obligé de me suivre en retour.

Créé le 21 mars 2006, Twitter compte aujourd’hui 4,5 millions de comptes en France, et 150 millions de tweets produits dans le monde par jour.

 Pourquoi être sur Twitter ?

Twitter est une fenêtre ouverte sur le monde. Quel que soit votre domaine de prédilection, suivre sur Twitter les acteurs majeurs de ce domaine vous permettra d’être tenu informé des dernières informations et actualités sur le sujet. Le SyAGE est une structure reconnue en matière de protection de la ressource en eau. Il est donc normal que nous nous insérions dans ce réseau pour faire part de notre expertise sur le sujet.

De plus, la rapidité d’action dont doit faire preuve le Syndicat nous oblige constamment à trouver de nouveaux moyens de communication adaptés aux usages du monde dans lequel nous vivons. Twitter est donc idéal pour vous tenir instantanément au courant de toutes nos actions.

Comment suivre le SyAGE sur Twitter ?

 

Il faut avoir un compte Twitter Pour pouvoir discuter avec le SyAGE et suivre son compte Twitter. L’ouverture d’un compte sur Twitter est totalement gratuit. Vous pouvez vous connecter au compte Twitter du SyAGE en cliquant ici 

Et vous, êtes-vous sur Twitter ?

La santé de la rivière

Franck Moritz et Lucie Boudeau, employés au SyAGE, sont chargés de veiller sur la bonne qualité de la rivière. Alternant le travail sur le terrain et celui en laboratoire, ils suivent le tracé de l’Yerres, de ses affluents et de ses bras secondaires pour veiller à leur bonne santé.

 

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Puisque chaque goutte d’eau tombée sur le bassin versant alimente l’Yerres, la rivière est au cœur des missions du SyAGE. Le travail de Franck et Lucie suit le rythme des saisons. De Septembre à Août, ils réalisent une multitude de prélèvements, d’amont en aval.

Effectuée deux semaines durant pendant la période estivale, la campagne IBGN (Indice Biologique Global Normalisé) consiste en un prélèvement biologique sur les macro-invertébrés de la rivière. Différents types de substrats où sont susceptibles de se développer plusieurs larves d’insectes sont prélevés dans la rivière. Plantes aquatiques, rochers, petits cailloux et racines sont donc méticuleusement ramassés par Franck et Lucie pour déterminer la qualité du cours d’eau.

« A partir de la présence ou de l’absence de certaines espèces, nous dit Lucie, nous pouvons statuer sur une amélioration, ou a contrario, une dégradation du milieu ». Ainsi, si des insectes de l’Ordre des Trichoptères se retrouvent dans l’eau de la rivière, cela signifie qu’elle est de bonne qualité.

A ce travail sur le terrain succède celui en laboratoire afin d’analyser les données, et d’en tirer les conséquences. Il en ressort des analyses très intéressantes. Franck, par exemple a remarqué un changement sur la station de Chalandray depuis que le barrage Suzanne en aval a été abaissé il y a 3 ans. « Le faciès de la rivière, nous dit-il, a complétement changé. A un cours d’eau pourvu d’une vitesse lente s’est substitué un lit doté de courants variés. Cette modification apporte un surplus d’oxygène et une diminution de l’envasement. Du coup, les plantes ont beaucoup plus de places pour se développer et les habitats pour les micro-invertébrés se multiplient ».

Du barrage de Chalandray au Moulin de Rochopt en passant par le golf de Marolles, leur travail demande une attention de tous les instants et font d’eux des témoins privilégiés de la vie de l’Yerres.

Il y a différents types de crues. Le saviez-vous ?

Wasserschaden im Haus nach Überschwemmung

 

La crue est l’élévation d’un cours d’eau résultant de la fonte des neiges ou des glaces ou de pluies abondantes. Dès lors que des terrains au-delà du lit mineur sont submergés – qu’ils soient urbanisés ou non – on parle d’inondations. La crue précède donc nécessairement l’inondation, qui en est sa conséquence si des terrains non submersibles habituellement sont atteints.

 

 

 

En France, en 2011, 18,5 millions d’habitants sont exposés au risque d’inondation .

 

Différents niveaux de crues

Dans le cadre de la prévention des inondations, classer les crues par ordre d’importance est un outil nécessaire à leur prédiction. Dans ce contexte sont apparues les termes de crues décennale, centennale et millennale. Ces dénominations veulent-elles dire, comme leur noms semblent l’indiquer, que chaque type de crue se produit selon une périodicité donnée (la crue décennale, tous les dix ans, la centennale, tous les cent ans et la millennale, tous les mille ans) ? Eh bien non.

À chaque crue est attribué une probabilité d’apparition sur une année. Ainsi une crue décennale à une probabilité d’apparition de 1/10 chaque année, une crue centennale de 1/100 et ainsi de suite.

La genèse d’une crue est tributaire de différents facteurs. La saturation des sols, leur morphologie, le niveau de la nappe ou encore l’intensité des pluies seront des facteurs déterminants pour occasionner une crue. C’est pourquoi les crues sont spécifiques à chaque territoire.

 

Une prévention adaptée au cas par cas
vignette-crue-1978
Depuis 1995, pour lutter contre les inondations, la loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement définit le plan de prévention des risques inondations (en abrégé, PPRI). C’est un document stratégique cartographique et réglementaire qui définit les règles d’urbanisme dans les secteurs susceptibles d’être inondés. La délimitation des zones est basée sur les crues de référence. ( La crue de référence sur laquelle est basée le PPRI de l’Yerres est celle de mars 1978 ) .

 

 

 

 En complément du PPRI, et ce depuis le 17 octobre 2012, date à laquelle il a reçu la labellisation de l’Etat, le SyAGE porte la mise en oeuvre du PAPI (Programme d’Action de Prévention des Inondations).  Dans sa première phase dite « PAPI d’intention » il a pour but d’améliorer la connaissance et la conscience du risque inondation afin que s’élabore, dans une concertation commune, un programme de mesures. Ce dernier sera ensuite concrétisé dans une seconde phase dite « PAPI complet ».

 » Le SyAGE souhaite mettre l’accent sur la conscientisation du risque inondation «  , nous dit Alexia Giroud, animatrice du PAPI d’intention de l’Yerres. « Discret, continue-t-elle, l’Yerres reste un cours d’eau insolite dont  les caprices du passé ont occasionné de lourds dommages. Cette mémoire doit être cultivée afin de préparer, dans le futur,  les populations à mieux gérer ce phénomène naturel « .

Pour en savoir plus sur le risque inondation, visitez la rubrique du site du SyAGE dédiée à cet effet en cliquant ici.

 

Eaux pluviales : comment les travaux rue de Châtillon à Draveil ont-ils été préparés ?

 

L’objectif des travaux de la rue de Châtillon à Draveil est de réhabiliter les réseaux d’eaux pluviales. La phase de préparation a démarré le lundi 18 août et s’est finie le 30 septembre. Mais pourquoi une phase de préparation? Comment se déroule-t-elle ? Quels sont les acteurs impliqués ? Revue de détails …

La commune de Draveil a délégué au SyAGE sa compétence Assainissement. A ce titre, le Syndicat oeuvre pour développer et entretenir son patrimoine composé, entre autres, de réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales, dans le but de fournir un service public de qualité.La phase de préparation est la période pendant laquelle le maître d’ouvrage et l’entreprise chargée des travaux conviennent de certaines dispositions préparatoires et établissent certains documents nécessaires à la réalisation des ouvrages. Le maître d’ouvrage – le SyAGE – maîtrise l’idée de base du projet, définit son objectif, son calendrier et son budget. A ce titre, il représente les utilisateurs finaux à qui l’ouvrage est destiné.

Travailler en commun
les travaux de préparation du syage

Pendant la période de préparation, la première chose à faire est une Déclaration d’Intention de Commencement de Travaux (DICT). Cette déclaration doit être adressée à chaque exploitants ayant des réseaux enterrés ou non dans le périmètre où vont s’effectuer les travaux. Cette démarche est une obligation légale et a deux objectifs :

– Indiquer à l’entreprise chargée des travaux la position exacte des réseaux des différents concessionnaires (gaz, électricité, telecom…) afin d’éviter d’endommager ces derniers, et surtout pour des questions évidentes de sécurité.

– Permettre à chaque exploitant de coordonner ses travaux pour que chacun n’intervienne pas sur la même zone au même moment.

Après cette étape, le maître d’ouvrage mandate un coordonnateur dit  » SPS  » (Sécurité et Protection de la Santé). Selon l’article L4532 – 2 du Code du Travail, le coordonnateur SPS est là pour s’assurer que chaque entreprise ne représente pas un risque pour les autres entreprises et les riverains (piétons, voitures). Cela passe entre autre par la vérification que chaque ouvrier a son équipement de sécurité (chaussures, gilet jaune, etc), et que le balisage mis en place est adapté. Par ailleurs il doit prévoir les mesures de sécurité qui seront nécessaires après la livraison de l’ouvrage, lors de son exploitation.

Informer les riverains

Une réunion de démarrage a lieu entre le maître d’ouvrage, l’entrepreneur et le coordonnateur SPS. La commune où se déroulent les travaux et le délégataire du Service Public sont aussi conviés afin qu’il soit informés du projet. A la suite de cette réunion, un panneau de chantier est installé aux abords du chantier. Ce panneau précise les éléments suivants : l’adresse du chantier, la nature des travaux, le montant ainsi que le financement de l’opération, à qui est dévolue la maîtrise d’oeuvre, la maîtrise d’ouvrage, le nom du coordonnateur SPS, le nom de l’entreprise mandatée pour faire les travaux, la date de début des travaux, ainsi que sa durée.

Enfin, un courrier est adressé à chaque riverain reprenant les informations du panneau. Et un plan de circulation établissant la manière dont les piétons, et les voitures pourront traverser ou contourner les travaux, est adressé à la mairie .

 

 

Animer, coordonner, partager : le SAGE en action

Dans le cadre de la mise en oeuvre du SAGE, ses animatrices organisent chaque année des rendez-vous de suivi des contrats de bassin avec les communes et les collectivités qui ont délégué au SyAGE cette compétence.

Qu’est-ce que le SAGE ? Cliquez ici pour en savoir plus !

 

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Mairie de Vaudoy-en-Brie .

 

Ce matin, Amélie Agogué, animatrice du contrat de bassin Yerres Amont, a rencontré  la commune de Vaudoy-en-Brie.

Ces rendez-vous ont pour objectif de faire le bilan de l’année en cours, afin de prévoir les actions de l’année d’après.

Outre cela, Madame Agogué en a profité pour présenter aux nouveaux élus le SAGE et ses objectifs. A l’occasion de leurs discussions, elle a repris et expliqué quelques concepts sur lesquels s’appuient les prescriptions du SAGE. Enfin, les élus lui ont fait part de diverses problématiques auxquelles elle s’est efforcée de trouver des solutions.

Et vous, qu’est-ce que fait votre commune pour la protection de la ressource en eau ?

 

Au cœur de la Liaison Verte

Rencontre avec Laurence Doreau, chargée de mission sur la Liaison Verte des bords de l’Yerres et du Réveillon.

Laurence Doreau rentre en 2005 au SyAGE en tant que chargée de mission sur la Liaison Verte. Ce projet, débuté en 1997, vise à aménager les bords de l’Yerres et du Réveillon en promenades piétonnes, de Varennes – Jarcy à Villeneuve-Saint-Georges pour l’Yerres, et de Santeny à Yerres pour le Réveillon. C’est donc un vaste territoire que cette jeune femme parcourt quotidiennement pour s’occuper des études et des travaux en lien avec les opérations effectuées au bord de l’eau.

Le classement de la vallée de l’Yerres aval au titre de la loi paysage de 1930 en décembre 2006 donne à son travail une exigence particulière. En effet, du fait de cette protection, toute modification dans le paysage nécessite une autorisation de travaux délivrée par le Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie après avis de la Commission départementale de la nature, des sites et des paysages. Cette commission est chargée de veiller sur les sites historiques et pittoresques, de prendre l’initiative de leurs inscriptions et de leur classement. Elle est constituée de représentants, de collectivités territoriales et de personnalités qualifiées.

 

       Platelage construit le long de la piscine de Brunoy                       Cheminement à Yerres sur les bords du Réveillon

 

Mais la Commission des sites n’est pas le seul acteur de l’aménagement de la vallée de l’Yerres. Les communes dont la compétence « Gestion de la Rivière » a été déléguée au SyAGE, ainsi que les bureaux d’études mandatés par le Syndicat sont aussi de la partie. C’est pourquoi, nous dit Laurence, «le défi est de faire coïncider notre vision du projet avec les attentes des communes, notre budget, et enfin les contraintes liées à la protection du patrimoine naturel pour aménager des chemins qui profitent à tous ».

Aujourd’hui, avec plus de 38 kilomètres de Liaison Verte aménagée et une vingtaine de chantiers réalisés depuis 2005, c’est un passionnant et colossal travail de concertation, d’animation et de gestion de projet qu’effectue Laurence Doreau. Parcourant par monts et par vaux la vallée de l’Yerres, cette pétillante jeune femme s’efforce de faire coïncider les intérêts des hommes et ceux de la nature. Et ceci, dans le but de rendre la rivière plus accessible au grand public, tout en respectant le cadre naturel et en faisant découvrir aux promeneurs le patrimoine, la faune et la flore des bords de l’Yerres.

Peindre l’eau …

L’eau a toujours occupé une place centrale dans la vie des hommes : que ce soit pour boire, se nourrir, travailler, se déplacer ou bien encore se relaxer. Du fait de cette aspect, elle s’est tout naturellement retrouvée dans l’art pictural .

Retrouvez ci-dessous une sélection de peintures qui montrent que le voyage de l’homme à travers l’histoire s’est  principalement fait les pieds dans l’eau.

Cliquez sur chaque image pour l’agrandir.

 

N’hésitez pas à nous faire découvrir dans les commentaires vos plus belles peintures sur le thème de l’eau !

Résilience, chapitre 1 : « Alexis »

Nous sommes fiers de vous présenter le premier épisode de « Résilience », fiction imaginée et écrite par le SyAGE.« Résilience » suit le parcours d’une galerie de personnages de la vallée de l’Yerres, dont l’inondation de mars 1978 a bouleversé l’existence .

 

La résidence des Thibaudières à Boussy-Saint-Antoine est un lieu qui a toujours fourmillé de vie. Si d’habitude, dans les endroits comme celui-ci, chacun ferme sa porte au tout-venant, ce n’est pas le cas ici. C’est à la faveur de cet état d’esprit si particulier que l’inondation de mars 1978 a donné lieu à de drôles de rencontres…

 

Résilience-articleAlexis, 22 ans, avait loué son premier appartement au rez-de-chaussée de l’allée des Platanes. Il était installé depuis six mois. Et, une fois le stress du début de l’indépendance dépassé, le jeune homme avait commencé à aller à la rencontre de ses voisins. D’Assemblée Générale en Assemblée Générale, Alexis finit par se lier à un nombre de personnes croissants. Pourtant, un point noir subsistait : la doyenne de l’immeuble, Simone, dont l’autorité et la respectabilité rayonnait bien au-delà de l’allée des Platanes, restait imperméable à toute tentative de socialisation. Pour elle, Alexis était « un jeune bon à rien, dont l’appartement était très probablement payé par les parents ».  Pour lui, Simone avait une opinion toute faite sur les jeunes de son acabit. Si bien que, le temps passant, et malgré le fait qu’elle habitât un étage au-dessus de lui,  chacun s’enferma dans son opinion ; si jamais un espoir de rapprochement eût pu subsister, celui-ci tomba bien vite à l’eau …

Le 16 mars 1978 en fin d’après-midi, alors qu’il rentrait chez lui après les trois heures de cours particuliers qu’il donnait chaque soir à un enfant de Brunoy, Alexis vit quatre camions de pompiers stationnés juste devant la résidence. Interloqué, il pressa le pas, et découvrit le parc de la résidence jouxtant l’Yerres en contrebas complètement inondé. L’eau montait inexorablement et les rez-de-chaussée des immeubles de l’allée des Platanes et de celle des Cèdres commençaient à être évacués. Alexis se mit à courir jusqu’à chez lui pour voir si son appartement subissait le même sort. Alors qu’il mit les pieds dans le hall d’entrée détrempé, il tomba nez à nez avec Simone qui – avec une sourire chagriné – lui pressa d’ouvrir la porte de son appartement pour prendre tous ses objets de valeurs et les entreposer chez elle, à l’abri des flots.

Abasourdi par l’attitude de la vieille femme, mais trop content de pouvoir sauver ses biens, Alexis accepta la proposition et se précipita à toute vitesse dans son appartement …

 

Lire le chapitre 2

Géographie de l’eau


Gilles Arnaud-Fassetta, géographe physicien (hydrogéomorphologue) à l’université Paris-Diderot (Paris 7), et membre du laboratoire PRODIG (UMR 8586), travaille en collaboration avec le SyAGE depuis plus de 15 ans.
Beaucoup parmi ses étudiants sont venus rejoindre les rangs du Syndicat, que ce soit en tant qu’agent, stagiaire, ou même pour préparer une thèse ! Il ne nous en fallait pas plus pour aiguiser notre curiosité, et aller à la rencontre de ce Professeur des Universités dont l’une des tâches, hormis l’enseignement et la recherche, est de s’attacher à tisser des liens durables dans des structures extra-universitaires, pour le développement de ses propres recherches appliquées et celles de ses étudiants…

 

 

 

Pouvez-vous faire une rapide présentation de votre parcours ?

J’ai accompli mes études de géographie à l’université de Provence à Aix-en-Provence. Après avoir validé un DEA, j’ai soutenu en 1998 une thèse de 3ème cycle sur l’histoire hydrologique du Rhône en Camargue. La même année, j’ai postulé et obtenu un poste de Maître de conférences en géographie physique à l’université Paris-Diderot. J’y ai enseigné jusqu’en 2009 et soutenu mon HDR sur « L’hydrogéomorphologie fluviale des hauts bassins montagnards aux plaines côtières : entre géographie des risques, géoarchéologie et géosciences » (2007). Puis, j’ai été nommé Professeur à l’université Paris-Est Créteil (2009-2012) et membre du LGP (Laboratoire de Géographie Physique de Meudon). L’obtention d’un poste de Professeur de géographie à Paris-Diderot m’a permis de revenir dans mon université d’origine. Depuis 2012, j’y exerce mes fonctions d’enseignant en géographie physique et environnement et suis rattaché à l’UMR PRODIG (Pôle de recherches pour l’organisation et la diffusion de l’information géographique). Je suis également responsable du master DYNARISK (Dynamique des milieux et risques) associant les universités Paris 1, 7 et 12.

 

Votre thèse de doctorat portait sur les « Dynamiques fluviales holocènes dans le delta du Rhône ». Un delta est l’endroit où les eaux se dispersent pour alimenter un même niveau de base. À l’inverse, un bassin-versant est un endroit où les eaux sont destinées à se regrouper pour alimenter un même exutoire. En quoi les investigations propres à chacun de ces espaces géographiques s’enrichissent-elles mutuellement ?

Étudier un delta sur le long terme (10 000 ans) conduit tôt ou tard à devoir s’interroger sur ce qui se passe en amont et en aval de cette plaine, dans le but de mieux comprendre les facteurs physiques et humains qui contrôlent son évolution. La prise en compte de l’amont (i.e., le bassin-versant ) permet de raisonner sur la variabilité des sources d’eau et de sédiment parvenant jusqu’à la plaine et qui, sans elles, n’existerait pas ; l’aval (ici, la Méditerranée !) permet d’expliquer l’évolution géomorphologique de la plaine, le façonnement des franges deltaïques (les plages), la répartition, à l’intérieur du delta, des eaux douces, saumâtres et salées dont dépendent la végétation, l’avifaune , les Hommes, qu’il se soit agi des Romains ou des actuels pêcheurs de telline… C’est tout cela, par le biais de l’analyse systémique, intégrée, multifactorielle,… qui permet d’expliquer les particularités écologiques, hydrologiques, sédimentaires, sociétales des espaces géographiques ancrés dans l’hydrosystème. On pourrait voir les choses de la même manière dans le cas de la vallée de l’Yerres qui, par exemple de Brunoy à Crosne, dépend tout à la fois des apports liquides-solides du bassin-versant que du niveau de base (ici la Seine).

 

Le bassin-versant de l’Yerres est fortement marqué par une dissension entre l’amont, rural, et l’aval, fortement urbanisé. Quelles sont les conséquences de cette particularité ?

La gestion des crues, dans la partie aval du bassin de l’Yerres, passe par un contrôle amont des écoulements d’eau et de sédiments.

La rivière est moins contrainte latéralement en amont qu’en aval ou, tout au moins, de façon différente. Quand la pluie tombe sur le bassin amont, les eaux de ruissellement qui en résultent ont plus d’espace à disposition pour être stockées et inonder sans trop de gravité. Bien sûr, se pose ensuite la question de comment gérer au mieux les écoulements en aval.

Outre l’eau, la partie amont du bassin est pourvoyeuse en sédiments grâce à l’érosion des terres agricoles, des berges et du chenal de la rivière. Il est vrai que cette fonction de « zone source » est complexifiée dans le temps et l’espace fluvial par la présence d’obstacles transversaux (seuils, barrages).

Quoi qu’il en soit, la gestion des crues, dans la partie aval du bassin de l’Yerres, passe par un contrôle amont des écoulements d’eau et de sédiments. Les enjeux matériels et humains y étant globalement moins forts, agir dans les amonts ruraux est un gage de bonne gestion des crues à l’échelle de tout le bassin-versant et dans la partie aval en particulier. En effet, la partie aval du bassin de l’Yerres est hyper-urbanisée, ce qui signifie que la rivière a très peu d’espace de dissipation latérale des ondes de crue. Par conséquent, une façon d’atténuer les effets des inondations dans la partie aval passe inexorablement par des actions en amont. L’enjeu est de trouver alors des secteurs qui pourraient fonctionner comme des espaces de dissipation ou d’amortissement ou de stockage des ondes de crue, en même temps que d’autres vont au contraire jouer comme secteurs à écoulement rapide (dans le cas par exemple de tronçons fluviaux à enjeux forts). C’est l’un des objectifs de la collaboration engagée depuis 1998 entre le SyAGE et l’université Paris-Diderot : analyser le comportement de la rivière et ses affluents à l’échelle du bassin-versant et trouver les meilleurs ajustements qui puissent faire des fonds de vallée des espaces de bon fonctionnement hydrologique et sédimentaire.

 

Avez-vous des exemples d’autres bassins versants touchés par ce double phénomène, à la fois physique et démographique ?

En Haute-Normandie, le Pays de Caux, qui constitue la terminaison nord-occidentale du Bassin parisien au sens géologique, est régulièrement frappé par les inondations – les fameuses « crues turbides » – et l’érosion des terres agricoles. Le même phénomène démographique que celui observé dans le bassin de l’Yerres se reproduit ici. Les bassins versants amont ont été ruralisés du fait de la présence de très bons sols à haut rendement (ce sont les Loess ou les Limons des Plateaux). Et l’urbanisation s’est développée dans le fond des vallées et/ou à leur exutoire (c’est-à-dire au niveau des confluences fluviales ou des zones estuariennes). Cette analogie se limite toutefois à une différence : la présence de la Manche, à l’exutoire du bassin-versant, qui se substitue à la Seine…

Chronique d’Océans, un documentaire de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud

Être poisson parmi les poissons pendant plus d’1h30, qui n’en a pas rêvé ?

Pendant quatre ans, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud ont sillonnés les mers du globe et parcourus cinquante lieux différents pour répondre à une question toute simple : « l’Océan ? C’est quoi l’Océan ? » Inaugurant le film, cette interrogation sera le fil d’une nouvelle manière de concevoir le documentaire.

L’Océan est un terrain d’aventures extraordinaires, où la beauté de la danse des baleines côtoie la terreur des fonds marins, où un banc de poissons convoités par dauphins, baleines et mouettes devient le lieu d’une redoutable bataille navale.

Les images magnifiques et les commentaires presque effacés laissent la mer et ses créatures se raconter d’eux-mêmes. En effet, là où les histoires se vivent, il n’est pas besoin de rajouter de commentaires inutilement pompeux. Il faut juste regarder l’Océan et se taire…

Et vous, avez-vous déjà vu ce documentaire ? Qu’en pensez vous ?