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Le n°71 de L’eau – le journal du SyAGE (septembre 2014)

« L’eau ne doit pas devenir l’enjeu de batailles politiciennes ou de découpages administratifs ubuesques » nous dit Alain Chambard, président du SyAGE, dans l’Edito de L’eau n°71.
Pour ce numéro de rentrée, le dossier est consacré aux grands projets du Syndicat. Découvrez les en vous replongeant dans ce journal par le biais de l’interface de lecture ci-dessous.

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La dépollution : un enjeu de société

Gerard Payen Aquafed Paris Janvier 2009Rencontre avec Gérard Payen, conseiller du Secrétaire général de l’ONU pour les questions liées à l’eau .

 

 

Dans votre livre De l’eau pour tous ! Abandonner les idées reçues, affronter les réalités (Armand Colin, 2012), vous affirmez que « la réutilisation des eaux urbaines en irrigation est de plus en plus développée dans les pays arides ou confrontés aux tensions hydriques ». Vous rajoutez que « c’est une façon de combiner les usages de façon extrêmement astucieuse, puisque la ville alimente dans ce cas la campagne ». Ce type de réutilisation est-il uniquement développé dans les pays arides ou confrontés aux tensions hydriques ?

 

La réutilisation des eaux urbaines en irrigation sert à résoudre un problème quantitatif, celui de satisfaire tous les besoins d’un territoire lorsque les quantités d’eau renouvelées chaque année sont difficiles à mobiliser en quantité suffisante.

 Face à ce problème de stress hydrique, trois réponses sont envisageables. Premièrement, trouver des ressources supplémentaires. Deuxièmement, faire des économies d’eau. Troisièmement, organiser la recirculation de l’eau, c’est-à-dire faire en sorte d’utiliser l’eau plusieurs fois avant de la rendre à la mer.

 Cette réutilisation est simple à mettre en œuvre pour certains usages. Ainsi, pour les barrages hydro-électriques, l’utilisation de l’eau est facilement suivie d’un recyclage. De même, pour le refroidissement des centrales thermiques, la qualité de l’eau recyclée ne diffère pas sensiblement de celle utilisée pour créer de l’énergie. Sa température plus élevée peut être un problème pour certains écosystèmes, mais non pour les usages que l’homme peut en faire.

 La réutilisation des eaux urbaines nécessite une dépollution. Elle se développe dans de nombreux pays. Les coûts ne sont pas les mêmes selon la destination de l’eau : irrigation agricole, usage industriel, ou alimentation de populations. Pour qu’elle redevienne potable, l’eau demande une dépollution très poussée, donc plus chère. L’irrigation exige un traitement moins coûteux, c’est en conséquence la voie prioritaire.

 Irriguer avec des eaux usées est une pratique très ancienne. Mais aujourd’hui, on prend beaucoup plus de précautions. Il s’agit d’assurer une qualité convenable aux eaux recyclées en maitrisant la nature des pollutions transportées et en appliquant une épuration adaptée. La France est un exemple de pays où la première exigence fonctionne lorsque la qualité des eaux d’égouts est maîtrisée par l’intermédiaire de conventions de déversement pour les industriels. C’est cependant un pays où les besoins en eau n’augmentent pas.

 A l’opposé, la réutilisation des eaux urbaines se développe dans la plupart des pays où il y a des tensions hydriques importantes. L’épuration de l’eau après usage y est économiquement viable car elle coûte souvent moins cher que de dessaler de l’eau de mer. En Espagne, les golfs ne peuvent être arrosés qu’avec des eaux recyclées. En Tunisie, les eaux urbaines sont largement réutilisées en irrigation agricole. Cela permet à ce pays de faire face à ses problèmes de pénuries d’eau.

 

Des pays aux climats continentaux ont-ils pu s’essayer à ce nouveau type d’organisation des usages de l’eau ?

 

Bien sûr, les pays arides ont été les premiers concernés. Mais, le stress hydrique croit dans la majorité des pays indépendamment du climat. Aujourd’hui, un quart de l’humanité vit sur un territoire souffrant de stress hydrique sévère et cette situation s’aggrave. La principale cause de cette dynamique est l’augmentation des demandes en eau résultant de la croissance urbaine, du développement industriel et de l’accroissement de l’irrigation. Le recyclage organisé des eaux après usage se justifie dans tous les endroits où l’augmentation des besoins ne peut trouver des réponses locales plus économiques. Il se développe en conséquence dans des pays avec des climats très variés.

 

A supposer qu’il y en ait, quels peuvent être les freins démographiques, politiques ou économiques empêchant ce nouveau type d’organisation de se propager ?

Dans certains pays, l’opinion publique peut avoir peur que les eaux usées contaminent les productions agricoles alimentaires. Mais si l’épuration est correctement faite, la population peut être rassurée.

Des obstacles institutionnels existent dans de nombreux pays. Il convient en effet d’organiser et de créer des institutions capables d’organiser et imposer dialogue et solutions de recyclage entre des secteurs d’activité très différents souvent rattachés à plusieurs ministères.

Economiquement, la dépollution permettant de réutiliser l’eau qui sort des villes en irrigation a un coût qui se peut se répercuter sur le prix de l’eau pour les agriculteurs. Habitués à irriguer leurs champs avec une eau peu coûteuse, les producteurs qui bénéficient de ce nouveau type d’organisation doivent alors privilégier des variétés à haute valeur ajoutée.

 

Dans votre livre, vous dites qu’« il est très difficile de faire accepter l’idée que l’eau peut retrouver toutes ses qualités après traitements poussées de dépollution ». Estimez-vous que la persistance de cette idée reçue vient du fait que les processus de dépollution sont toujours pensé comme artificiels ?

Essentielle à la vie, l’eau a un coût auquel il est souhaitable que chaque utilisateur participe.

L’opinion publique a effectivement tendance à faire confiance aux processus naturels et à se méfier des systèmes industriels, bien que ces derniers puissent faire un travail d’excellente qualité.

Le passage par la case nature permet ainsi aux Français de pratiquer le recyclage des eaux usées sans en avoir conscience. Enormément d’agglomérations font subir des traitements épuratoires poussés à leurs eaux usées puis les rejettent dans des rivières. Une pollution résiduelle subsiste dans ces eaux. Celle-ci sera traitée et largement éliminée par le biais de la dépollution naturelle qui se fait dans le cours d’eau. 50 kilomètres en aval, une autre ville viendra pomper dans cette même rivière pour faire de l’eau potable, et cela ne posera de problème à personne, en raison de la grande confiance en l’efficacité des processus naturels. Il n’empêche que l’eau redevenue potable aura déjà servi quelque part. Par exemple, il est probable que l’eau qui s’écoule dans le bassin de la Seine soit réutilisée plusieurs fois de cette manière avant d’arriver à la mer.

Mais la défiance habituelle envers les processus industriels ne s’applique pas forcément aux stations d’épuration. Depuis des décennies, tous les sondages montrent que les français font confiance à ces systèmes industriels de dépollution. En effet, plus de la moitié des habitants sont persuadés que l’eau de leur robinet est une eau usée qui a été traitée, épurée et purifiée. Pourtant cela est faux. En France, pays de climat tempéré et de densité de population modérée, il n’y a jamais eu de stress hydrique conduisant à prendre directement des eaux usées urbaines pour faire de l’eau potable. Cette croyance erronée mais persistante montre que l’opinion publique française confond les usines de traitements d’eaux et les stations d’épuration. Les français sont persuadés que leur eau potable vient des stations d’épuration, et pourtant cela n’a jamais donné lieu à des contestations ! En Australie, le gouvernement a voulu créer de véritables installations de traitements des eaux urbaines pour faire de l’eau potable. Il y a eu alors des manifestations publiques d’opposition.

 

Vous estimez que « la maîtrise de la pollution est une problématique essentiellement collective, du ressort des pouvoirs publics, seuls à même d’imposer des obligations aux différents types de pollueurs ». De ce point de vue, le principe pollueur/payeur selon lequel « les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur » vous semble-t-il efficace ?

Bien sûr, c’est une très bonne solution, lorsqu’elle est effectivement appliquée.

Essentielle à la vie et aux activités humaines, l’eau a un coût auquel il est souhaitable que chaque utilisateur participe s’il en a les moyens. Mais personne n’a envie de payer pour les autres et si chacun voit bien l’intérêt de payer pour avoir de l’eau potable, il est clair que dépolluer les eaux que l’on a utilisées pour qu’elles puissent servir à d’autres représente un cout qui n’apporte aucun bénéfice au pollueur. Les particuliers n’investissent pas naturellement dans des installations performantes d’épuration individuelles. Sauf exception, les municipalités et les industriels n’investissent dans des usines de traitement des eaux usées que s’ils y sont contraints par la règlementation. Les obligations légales ou réglementaires induites par le principe pollueur-payeur créent la solidarité qui est nécessaire entre tous les utilisateurs des mêmes ressources en eau, solidarité qui n’apparaitrait pas spontanément.

Par ailleurs, ce principe pollueur-payeur est une incitation pour les entreprises à mieux gérer leur pollution, ce qui leur permet alors de recycler l’eau en interne. En effet, si l’eau polluée n’est pas rejetée à l’extérieur, aucune redevance de pollution n’est à payer.

 

 

Veiller sur la vallée et ses habitants

Vincent Delecour est entré au SyAGE en 2008. Précédemment employé par une association de protection de la nature, puis passé par différents postes au sein du Syndicat, Vincent a toujours su garder un fil directeur à son travail : garantir à la biodiversité le respect qui lui est dû.

Vincent-webSoumise aux exigences des activités humaines, la nature a souvent besoin d’une main secourable pour entretenir et restaurer son patrimoine. Au Syndicat, cette mission est prise en charge notamment par Vincent Delecour. Ce dernier propose et met en œuvre un plan d’action pour rénover des espaces naturels usés par le temps et les hommes. La restauration de l’étang de Villecresnes est un bon exemple de cette « seconde vie » que Vincent permet de faire émerger.

Comme dans tous cours d’eau non domaniaux, l’entretien des parties en domaine privée de l’Yerres est à la charge du propriétaire riverain chez qui il passe. A l’inverse, la gestion des parties publiques est organisée par le service Aménagement & Protection des Milieux du SyAGE – dont Vincent dépend, et entretenue par le service Gestion et Entretien de la Rivière. Intervenant essentiellement pour les communes dont la compétence Rivière a été déléguée au SyAGE, Vincent a à cœur de concilier les attentes des usagers et le respect de la nature.

 
 

Le classement de la vallée de l’Yerres au titre de la loi Monuments et Sites depuis le 23 décembre 2006 lui reconnaît un cachet et une identité unique dans le paysage français. Le promeneur empruntant la Liaison Verte de Crosne à Varennes-Jarcy saura apprécier la faune et la flore diversifiées qui bordent son parcours. Cette biodiversité se retrouve aussi dans les mares, les fossés et les rus à proximité de la rivière. Le travail de Vincent se place dans la même optique de promotion du territoire. « La taille des saules en têtards, nous dit-il, se retrouve fréquemment dans la vallée de l’Yerres. Cette coupe particulière offre un habitat naturel à un certain nombre d’insectes ». Sauvegarde de la biodiversité peut donc rimer avec beauté de la vallée !

En soutenant une gestion raisonnée du patrimoine naturel au rythme de réalisations ponctuelles tout au long de la rivière, Vincent ainsi que tous les agents chargés de la protection de la biodiversité entendent délivrer un message simple : celui du respect de la nature et du cycle de vie de ses habitants.

Résultats du concours photo « Votre point de vue sur l’Yerres »

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Le jury  s’est réuni pour décider de la photo gagnante du concours. Après plusieurs heures de discussions à bâtons rompus, le premier prix a été décerné à Virginie Bourgneuf Loubeau pour sa photo  » L’Yerres en hiver « …

 

 

L'Yerres en hiver, Virginie Bourgneuf Loubeau .

L’Yerres en hiver, Virginie Bourgneuf Loubeau .

L’heureuse gagnante est donc invitée à se manifester en envoyant un mail à l’adresse communication@syage.org.

Encore une fois bravo et merci à tous les participants au concours. Nous sommes très heureux que vous nous ayez fait partager votre point de vue sur l’Yerres !

Résilience, chapitre 4 : les regrets

Résumé des épisodes précédents (relire le chapitre 3) : Alexis, 22 ans, nouvel arrivant dans la résidence des Thibaudières, a trouvé son logement complètement inondé un soir de mars 1978. Simone, la doyenne de la résidence et sa voisine du dessus, lui a proposé de déménager ses meubles chez elle pour éviter un désastre matériel. Proposition étonnante quand on sait l’antipathie qu’elle portait pour le jeune homme dès son arrivée au Thibaudières. Après avoir reçu de l’aide de la part d’un groupe de jeunes pour évacuer le contenu de son appartement chez sa voisine, Alexis les rejoint chez elle. A cette occasion, il va en apprendre un peu plus sur le passé de Simone …

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Simone marmonna dans sa moustache naissante. Les ressorts du fauteuil sur lequel elle était assise grincèrent alors qu’elle se leva pour rejoindre la cuisine. Tous les yeux se braquèrent sur la vieille dame quand elle franchit le seuil de la pièce.

–  J’ai habité dans cette maison pendant 10 ans, dit-elle, le regard perdu dans un rai de lumière qui traversait l’espace.

Juste devant elle se trouvait Michel, jeune homme de 17 ans qui était né et avait grandi dans la résidence. Assis sur une chaise orientée vers la fenêtre et se baffrant joyeusement d’un jambon-beurre, Michel n’avait pas remarqué l’entrée de la retraitée.

–  Jeune homme, pourriez-vous me laisser votre place ? dit-elle sévèrement. Mes vieilles jambes supportent de plus en plus difficilement le poids de mes 84 printemps.

Surpris, Michel se retourna d’un coup. Le regard sombre de Simone posé sur sa jeunesse un peu trop pétillante le fit déglutir malgré lui. Il se leva de sa chaise et recula, blanc comme un linge, sous les regards moqueurs et amusés de ses compagnons de tablée. Satisfaite de son petit coup d’éclat, Simone esquissa un sourire et alla s’asseoir sur la chaise récemment libérée.

Désireux de se racheter de la bourde qu’il venait de commettre, Michel demanda timidement à Simone de raconter à l’assemblée pourquoi elle avait vécue dans la maison sur pilotis. Simone sourit devant les maladresses du garçon, puis commença ….

–  Les Thibaudières sont nés avec moi, vous savez. Au début des années 60, j’ai été embauché comme gardienne de la résidence. J’avais 66 ans et ma petite retraite ne me suffisait pas pour vivre. J’ai travaillé pendant dix ans comme gardienne. Chaque habitant venait me voir pour me raconter ses joies, ses peines, ses soucis. J’étais là pour aider les plus grands comme les plus petits, j’étais vraiment faite pour ça … soupire-t-elle. Mais quand j’ai eu 76 ans, mon grand âge a eu raison de ma santé. Mon employeur m’a alors retiré le poste de gardienne, et m’a donné gracieusement cet appartement.

Elle se tut pendant quelques instants, et intima par la seule force de sa présence le silence à ses invités.

–  C’était une époque bénie. Même si je sais que les choses passent et ne reviennent pas, je la regrette chaque jour …

Pendant tout ce temps, Alexis, installé dans un coin de la pièce, n’avait pipé mot. Depuis son arrivée dans la résidence des Thibaudières, il s’était demandé pourquoi Simone avait un caractère aussi désagréable. Il comprenait maintenant que le regret d’un âge d’Or désormais révolu était la raison pour laquelle Simone s’était tellement refermée sur elle-même au point de ne laisser personne franchir les remparts de sa solitude.

Il se décida alors à faire ce qu’il n’avait jamais cru possible jusqu’alors.

Lire le chapitre 5

le n° 70 de L’eau – le journal du SyAGE (Juin 2014)

 

« L’être humain peut avoir une légère tendance à « chosifier » son environnement. Tel un enfant un peu capricieux, il imagine parfois que tout ce qui l’entoure n’a d’autre fin que de servir à son bon plaisir, comme si l’univers entier n’était qu’un immense coffre à jouet ».  C‘est avec ces mots que commence le dossier du n° 70 de  L’eau  – le journal du SyAGE – consacré à la vie de notre rivière, l’Yerres.

N’hésitez pas à vous replongez dans ce numéro par le biais de l’interface de lecture disponible ci-dessous.

Bonne lecture !

Pollution ponctuelle dans la rivière

Pollution
 

Le vendredi 31 octobre 2014, une pollution aux eaux usées a été signalée dans le Ru de la débouche, rue Maréchal Foch à Montgeron.

Un curage du réseau d’eaux pluviales a eu lieu de la rue Maréchal Foch jusqu’à son exutoire, Ru de la débouche, toute la journée du vendredi pour un volume total de 100 m3. Le Directeur des Services Techniques de Montgeron, le prestataire de service du SyAGE, la Responsable du service Contrôle des Milieux Naturels ainsi que les techniciens de ce service étaient présents sur les lieux.

Pendant la journée du lundi 3 novembre, le prestataire de service du SyAGE a nettoyé le Ru de la Débouche en enlevant les lingettes et les effluents d’eaux usées.  En effet, beaucoup de personnes jettent à tort des lingettes dans les toilettes.  Imputrescibles, elles conduisent in fine à obstruer les réseaux et à dégrader la qualité de la rivière.

La pollution, dont l’origine n’a pas été déterminée, a été stoppée.

« Grâce à un travail conjoint entre la commune et le SyAGE, la  pollution a pu être stoppée efficacement et rapidement, nous dit Aude Daniele, responsable du service Contrôle des Milieux Naturels au SyAGE ».