Archive for décembre 2014

Le saviez-vous ? Une rivière au teint marronnasse n’est pas forcément une rivière polluée

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Tout comme les arbres perdent leurs feuilles en hiver, la rivière devient turbide suite à de fortes précipitations …

 

Lors des périodes de crue (de novembre à avril), le débit et le niveau de l’Yerres augmentent sensiblement. Ce changement de comportement entraîne une remontée des sédiments se trouvant habituellement au fond du lit de la rivière. Ce qui donne à l’eau une coloration marron et un aspect trouble.

Pour autant, cela ne veut pas dire que la rivière est polluée ! Au contraire, cette teinte est un indice de bonne santé. En effet, la turbidité est le signe que la rivière est chargée de sédiments et de limons, ce qui entraîne in fine une fertilisation de sols.

Contrairement à ce phénomène naturel, les pollutions aux eaux usées, par exemple, dégagent une odeur nauséabonde.

Création d’un bassin de rétention d’eaux pluviales

La création du bassin de rétention d’eaux pluviales, quartier de la gare à Yerres, dont vous pouvez voir les photos ci-dessous doit durer près de 6 mois, jusqu’au début de l’année 2015. Le montant total de ces opérations est de 2,6 millions d’euros TTC .

Des gens au service des gens : surveiller la qualité des eaux

Franck Moritz est technicien au service Contrôle des Milieux Naturels du SyAGE. Son travail quotidien est de veiller sur la santé de la rivière. Aujourd’hui nous l’accompagnons dans une station de mesure de la qualité des eaux du Réveillon où il nous explique le fonctionnement des appareils permettant de prendre le pouls de la rivière …

Regardez cette vidéo et embarquez-vous dans le 1ère épisode d’une série qui vous emmènera dans les coulisses du SyAGE, là où les gens travaillent au service des gens …

Danser à la saison des pluies : l’architecture résiliente à travers le monde

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Au Cambodge, la saison des pluies se déroule de juin à octobre. Durant cette période, la pluviométrie très importante engendre des inondations. Pour remédier à cela, des initiatives voient le jour au niveau local. Aujourd’hui, nous nous intéressons à la construction d’une salle de danse dans la province côtière de Kep.

Un peu d’histoire …

L’histoire du Cambodge est mouvementée. Et Kep, ville côtière située au sud du pays, ne fait pas exception. Avant la période des Khmers Rouges, le roi Norodom Sihanouk a souhaité faire de Kep-sur-mer (en français dans le texte) le Saint-Tropez cambodgien. Mais le régime de Pol Pot a mis à sac la ville, car elle était la représentation de la ségrégation de classe. Depuis lors, la ville de Kep navigue entre la mémoire de ces beaux jours sous le règne du Roi Sihanouk et l’aspect fantomatique que celle-ci peut revêtir du fait des maisons abandonnées qui parsèment la ville.

En 2011, la princesse Sylvia Sisowath décide de fonder la Maison de la Culture et des Sports de Kep. En effet, de par son histoire et ses développements actuels, Kep a besoin de lieux permettant de recréer du lien entre la tradition cambodgienne et les nouvelles générations. Et c’est dans les territoires agricoles qui constituent la province côtière de Kep, où les enfants allaient jusqu’ici plus au champ qu’à l’école, que ce genre d’initiative est le plus nécessaire

Malheureusement, le régime de Pol Pot a été radical dans sa volonté d’exterminer tout savoir. L’architecture, la littérature et les arts sont entièrement à reconstruire sur la base de leurs ruines. C’est pourquoi il y a aujourd’hui au Cambodge un réel enjeu consistant à recréer des références architecturales et urbanistiques qui s’appuient sur l’intelligence des architectures vernaculaires de campagne.

 

La résilience à l’œuvre …

Fort de cette réflexion, la princesse Sylvia Sisowath a contacté l’architecte Arnaud Réaux, de l’agence « Nommos», une agence d’urbanisme travaillant essentiellement dans les secteurs des zones urbaines inondables, afin de construire un espace pour la musique et la danse traditionnelle. Ces architectes et hydrologues ont imaginé un bâtiment basé sur les 3 points fondamentaux des habitations cambodgiennes : l’utilisation de matériaux qui laissent passer l’air afin de créer une ventilation naturelle ; la création d’ombres grâce à de larges toitures ; et enfin la prise en compte des deux saisons.

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Cette prise en compte s’articule autour de deux points. Premièrement, l’orientation de la toiture du bâtiment permet de rediriger les eaux pluviales vers la noue qui se trouve le long de la route. L’eau s’infiltre ensuite dans la nappe et la recharge. La Maison de la Culture et des Sports puise ensuite l’eau dans la nappe par le biais d’un puits se situant juste à côté du bâtiment. Deuxièmement, la Maison est construite sur un ancien terrain de rizière ; en saison des pluies, il y a entre 10 et 20 cm d’eau sur le terrain. Pour permettre l’activité de danse durant la saison des pluies, la salle de danse est pourvue de deux niveaux : un à 16cm et un à 32 cm. Le premier étant pensé pour disparaître pendant les grandes pluies.

Ce projet se fait en collaboration avec des ouvriers locaux, seuls à même d’informer les architectes et hydrologues présents des spécificités géographiques et hydrologiques du terrain. « Nous ne sommes pas là dans l’optique de leur apprendre quoi que ce soit, mais plutôt de créer un échange, nous rappelle Arnaud».

La construction a commencé le 26 novembre 2014, et la fin du projet est prévue pour le 10 janvier 2015. Pour suivre le projet au quotidien, n’hésitez pas à rejoindre leur page Facebook !

 

Les habitants ont la parole : le bassin paysager Ferrer à Draveil

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Pour limiter les inondations, le SyAGE a aménagé cet ouvrage de stockage des eaux pluviales à ciel ouvert. Celui-ci permet de délester les réseaux présents dans le quartier lorsqu’ils sont confrontés à un afflux trop important d’eau lié notamment au ruissellement urbain. Lors de fortes précipitations, le bassin se remplira naturellement et permettra ainsi de ne pas saturer les conduits de transport des eaux de pluie.

Le SyAGE et la commune de Draveil ont souhaité préserver le cadre paysager et ornemental du site en aménageant cet ouvrage. La conception du bassin conjugue un espace naturel au coeur de la commune et un dispositif technique de stockage des eaux.

Nous sommes allés à la rencontre des habitants de ce quartier et nous leur avons demandé ce qu’ils pensaient de ce bassin. Vous pouvez écouter un florilège de leurs témoignages en cliquant sur le bouton lecture ci-dessous …


Confluences : le S.A.G.E. dans tous ses états

Avec cette rencontre entre Sophie Guégan, animatrice du S.A.G.E. de l’Yerres et Adrien Launay, animateur du Cher Aval, nous inaugurons une série qui a l’ambition de confronter les points de vue des différents acteurs de l’eau à travers le monde.  Confluences rend hommage à tous ceux qui se battent au quotidien pour protéger la ressource en eau et la faire bénéficier au maximum de monde, dans un esprit d’équité et de service.

 

Pouvez-vous nous présenter le parcours qui vous a conduit à devenir animateur S.A.G.E. du territoire dont vous vous occupez ?
Sophie Guégan

 

Sophie Guégan – Passionnée depuis mon enfance par la mer (merci aux émissions de Cousteau), je désirais exercer un métier en relation avec la nature. Je me suis donc orientée naturellement vers l’Océanographie à l’université Paris VI. Après un Diplôme d’Etudes Approfondies en Océanographie, météorologie, environnement, j’ai effectué une dernière année en école d’Ingénieur, ne désirant pas m’orienter vers les métiers de la recherche. J’ai réalisé mon stage de fin d’étude à l’Agence de l’eau Seine-Normandie puis j’ai travaillé en bureau d’études sur la gestion des berges du canal de Nantes à Brest. C’est ainsi que je suis passée de l’eau de mer à l’eau douce. J’ai travaillé ensuite pour le Syndicat de la Bourbince de 2005 à 2009, sur un contrat de restauration et d’entretien. Sur ce territoire j’ai participé au démarrage du SAGE Arroux-Bourbince. En 2009, j’ai été recruté pour être animatrice du SAGE de l’Yerres.

 

Adrien Launay – J’ai un parcours universitaire tourné initialement vers les sciences de la vie. Après un bac scientifique, j’ai obtenu une licence en biologie des organismes, puis un master en gestion intégrée des bassins versants à l’Université de Rennes 1. C’est un diplôme scientifique professionnalisant à double compétence écologie et hydrologie, qui intègre également du droit de l’environnement, de la sociologie, etc. Mon stage de première année (3 mois), effectué dans le Morbihan, a porté sur les bénéfices de la restauration du bocage en matière de gestion de la ressource en eau. Puis, en seconde année, j’ai effectué un stage de 6 mois au syndicat mixte du SAGE de la Canche, dans le Pas-de-Calais, où j’ai réalisé un diagnostic hydromorphologique de la rivière, préalable à un plan de gestion et de restauration. Ce travail m’a permis de me familiariser avec le fonctionnement des collectivités, d’une Commission Locale de l’Eau et d’étudier de manière concrète les différents compartiments du milieu aquatique. A la fin de mon cursus en 2008, j’ai postulé à l’Etablissement public Loire pour coordonner l’élaboration du SAGE Cher aval, que j’anime toujours aujourd’hui.

 

 

Quels ont été les événements qui ont donné lieu à la création d’un S.A.G.E. sur votre territoire ?

S.G. – Le bassin versant de l’Yerres est caractérisé par un amont rural et un aval urbanisé et présente des problématiques de qualité des eaux de surface et de nappe, de dégradation de la morphologie des cours d’eau ainsi que des problèmes d’inondations. Dans les années 2000, face au constat d’une qualité de l’eau dégradée et aux problématiques récurrentes d’inondations, les élus du territoire ont décidé de s’engager dans une démarche globale de gestion de l’eau à une échelle cohérente. Parallèlement, la Directive Cadre sur l’Eau a poussé les élus locaux à s’organiser et à se réunir en Commission Locale de l’Eau pour élaborer un document fixant des objectifs d’atteinte du bon état des eaux : le SAGE de l’Yerres était né. Enfin le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux Seine-Normandie de 1996 avait identifié le territoire de l’Yerres comme SAGE prioritaire.

cher-avalA.L. – Un projet de barrage sur le Cher à proximité de la commune de Chambonchard, porté par l’Établissement public d’aménagement de la Loire et de ses affluents (EPALA), était contesté par des associations de protection de la nature et de l’environnement, en parallèle d’autres projets du bassin versant de la Loire (le Veurdre, Serre de la Fare, …). Suite à la décision gouvernementale d’abandonner ce projet de barrage de Chambonchard, les pouvoirs publics ont préconisé d’engager une démarche de type SAGE sur le bassin versant du Cher. D’ailleurs, dès 1996, le bassin versant du Cher, des sources à Vierzon, est inscrit au Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin Loire-Bretagne comme unité hydrographique devant faire l’objet d’un SAGE prioritaire. A l’issue d’une étude préalable lancée par l’Etablissement public Loire (anciennement EPALA) en 2003 et des consultations des collectivités locales, deux projets de périmètres ont été retenus : Cher amont, des sources à Vierzon, et Cher aval, de Vierzon à la confluence avec la Loire. Ils ont été adoptés par le comité de bassin Loire-Bretagne le 8 juillet 2004.

 

Quel est le défi auquel vous êtes confronté dans votre travail d’animateur?

S.G. – Je dirai qu’il y en a plusieurs. Le SAGE de l’Yerres a été approuvé par arrêté interpréfectoral le 13 octobre 2011. Au cours de son élaboration de 2002 à 2011, le défi majeur a été de conserver la dynamique locale, et de trouver les meilleurs consensus pour tenir à la fois les objectifs d’atteinte du bon état des eaux et les activités économiques du territoire. Ce défi est toujours d’actualité d’ailleurs. Aujourd’hui en phase de mise en œuvre, il faut mobiliser les communes afin qu’elles rendent leurs documents d’urbanisme compatibles avec le SAGE. C’est un travail de proximité, car même avec l’élaboration d’un guide, il est nécessaire d’aller les rencontrer personnellement pour leur expliquer comment le SAGE se décline dans les documents d’urbanisme. Mais il y a bien d’autres défis et notamment celui de faire adhérer les élus à la démarche des contrats de bassin. Nous en avons deux en application sur le territoire du SAGE. C’est un travail quotidien pour les animatrices de contrat et pour moi-même de convaincre, de mobiliser, d’insuffler de l’énergie pour que l’atteinte du bon état des eaux soit respectée.

A.L. – Plusieurs défis sont à relever dans la mise en œuvre du SAGE Cher aval. Tout d’abord, la multiplicité des acteurs et l’incertitude quant à leurs compétences propres à long terme rendent difficile la gestion coordonnée et cohérente de l’axe Cher (domaine public fluvial transférable) et de ses affluents, en terme de restauration de la qualité des milieux aquatiques. Cela est d’autant plus vrai que sur certains bassins particulièrement petits, les syndicats, lorsqu’ils existent, disposent de très peu de moyens humains ou de financements pour mener de telles actions. Ensuite, la gestion actuelle des barrages du Cher canalisé est un vrai sujet de divergences tant sur le plan technique que politique. L’incompatibilité partielle entre certains usages, notamment la navigation touristique, et les obligations légales d’assurer la continuité écologique font que les oppositions sont fréquentes entre les acteurs. L’enjeu ici est de définir un mode d’aménagement et de gestion durable de la masse d’eau du Cher canalisé, conciliant l’atteinte des objectifs écologiques avec les activités socio-économiques. Cela passe par une approche différenciée en fonction des périodes de l’année et nuancée par sections de biefs, avec des vocations complémentaires.

Le n°72 de L’eau – le journal du SyAGE (décembre 2014)

« Avoir l’esprit de service, c’est désirer être utile et mettre l’Autre au centre de ses préoccupations « , annonce Alain Chambard, Président du SyAGE, dans l’édito du n°72.
Le dossier de ce numéro est consacré à la notion de service. Le journal sera distribué dans les foyers entre le 15 et le 18 décembre. En attendant votre exemplaire papier, retrouvez « des gens au service des gens » en plongeant la tête la première dans le nouveau numéro de L’eau, le journal du SyAGE.

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Restauration de la roselière de Chalandray

La roselière de Chalandray se situe en rive gauche de l’Yerres, au sud de la commune de Yerres. Sa restauration a commencé en octobre 2014 et finira en janvier 2015.

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La roselière de Chalandray couvre une surface de 0,6 hectares au cœur d’une zone humide plus vaste. Cette dernière est observable depuis le cheminement aménagé dans le cadre de la Liaison Verte . En effet, un platelage en bois relie la plaine de Chalandray de Montgeron à Yerres.

La diversité de sa flore permet à une faune variée d’y trouver refuge à tous les étages. Au sol ou dans les dépressions humides, on observe larves de libellules, notonectes, limnées. Parmi les roseaux, araignées et oiseaux trouvent de quoi se nourrir et se reproduire. Enfin, les grands arbres profitent surtout aux oiseaux qui les apprécient comme perchoir ou support de nid.

Comme l’ensemble des communes adhérentes à l’aval, la commune de Yerres a délégué au Syndicat sa compétence Rivière. C’est pourquoi ce dernier a engagé des travaux d’entretien de cette roselière, milieu naturel rare de notre vallée.

Ces opérations engagées visent à limiter la fermeture du milieu. En effet, celle-ci entraînerait une uniformisation de la flore, et par conséquent une banalisation des habitats disponibles pour la faune présente sur les lieux. La présence de l’Hespérie de l’alcée (papillon patrimonial) fait de ce lieu un sanctuaire à protéger impérativement de la fermeture du boisement.

Carcharodus alceae 1

Des travaux de débroussaillage et de fauchage ont commencé en octobre 2014. Ils ont été suivis en décembre par des opérations d’abattage et de déssouchage. Dans cette deuxième phase de restauration, il est souvent préconisé un arrachage systématique des saules, car ceux-ci envahissent rapidement les zones humides. Il faut néanmoins considérer que ces arbres sont des sources très importantes de pollen. C’est pourquoi, dans le contexte actuel de déclin des insectes pollinisateurs, une partie des saules ont été conservés.

Chacune des étapes de cette restauration fait l’objet d’un savoir-faire technique couplé à une connaissance approfondie des enjeux écologiques sur cette zone. La création de mares en janvier 2015 viendra clôturer la restauration de cette roselière.

Le SyAGE est à votre service. Le saviez-vous ?

Bouteille en plastique jetée dans l'eau

Si vous êtes témoins d’un pollution dans la rivière, pensez à avertir le SyAGE au 01 69 83 72 72. Oui, mais pourquoi ?

Le SyAGE dispose d’un système d’astreinte permettant aux agents de se déplacer 24h/24 sur une pollution signalée sur le territoire, afin que tout soit mis en œuvre pour la juguler au plus vite. C’est pourquoi n’hésitez pas à contacter ses services dès que vous êtes témoins de rejets polluants dans la rivière, par exemple.

Les équipes du Syndicat seront alors dépêchées sur les lieux pour mesurer l’impact des dégradations sur le milieu naturel. Elles effectueront un véritable travail d’enquête pour trouver l’origine de la pollution le plus rapidement et le plus efficacement possible.

Le SyAGE travaille en collaboration continue avec la Police de l’Eau de chaque département, ainsi qu’avec les polices municipales de toutes les communes adhérentes en aval du bassin versant. Le pouvoir de police appartenant aux mairies et aux préfectures, eux seuls sont habilités à verbaliser les contrevenants en vertu du principe pollueur/payeur défini par le Code de l’Environnement. Et cela est rendu possible grâce au travail de terrain des agents.

Le Syndicat est donc un acteur majeur pour la sauvegarde de votre environnement.