Archive for janvier 2016

Quand l’Yerres se pare de son manteau d’hiver …

On dit souvent qu’en hiver, la nature se repose. Il n’en est rien, ses besoins sont justes différents. Découvrez comment le SyAGE s’occupe de votre rivière quand le mercure descend…
 

En hiver, le niveau d’eau monte et fait plonger les branches basses des arbres situées sur les berges dans la rivière, formant ainsi des embâcles plus fournis qu’à l’accoutumée. Si ces derniers peuvent constituer des niches appréciées par la biodiversité aquatique environnante, leur trop grande accumulation conduirait in fine à obstruer le cours d’eau. Par conséquent, il est nécessaire de tailler les branches basses dès le début de l’hiver.

De manière générale, nous apprend Arnaud Barez, chef du service Gestion & Entretien des Rivières, « l’élagage se fait principalement en hiver car, durant cette saison, toute la sève est concentrée dans les racines des arbres ». En effet, l’absence de sève dans les extrémités rend la cicatrisation suite à la coupe plus rapide et plus naturelle, et permet ainsi d’éviter autant que possible la transmission de maladies.

C’est pourquoi, par exemple, la taille « en têtard » des saules se fait aussi durant cette saison. Les branches récupérées à cette occasion serviront alors aux futurs travaux de fascinage effectués par le SyAGE.

 

L’hiver, une saison plus propice aux risques d’inondations

Au fur et à mesure que l’Yerres s’écoule de sa source jusqu’à sa confluence, elle accumule dans son lit un volume croissant d’eaux pluviales. Et comme « les longues pluies caractéristiques de la période hivernale renforcent les risques d’inondations dans la vallée de l’Yerres », selon Alexia Giroud, animatrice du PAPI du bassin-versant de l’Yerres, alors les secteurs urbanisés situés à la confluence avec la Seine sont d’autant plus concernés par les risques d’inondations quand l’hiver vient.

Ainsi le SyAGE effectue des tests hebdomadaires des 8 ouvrages hydrauliques dont il a la gestion, de Villeneuve-Saint-Georges à Varennes-Jarcy. Ceci afin de parer au risque de gel de l’huile contenue dans leurs vérins hydrauliques. En effet, « même si l’huile ne gèle qu’à -18 degrés, les dysfonctionnements qui en résulteraient seraient dangereux pour leur intégrité », nous prévient Arnaud.

Surveiller, traiter, résorber : l’expertise du Syndicat au service de votre rivière

Ambiance rivière

Acteur majeur de la sauvegarde de votre environnement, le SyAGE lutte contre les pollutions dans l’Yerres. Découvrez ci-dessous comment agissent nos équipes pour préserver la santé de votre rivière.

Puisque chaque goutte d’eau tombée sur le bassin versant alimente l’Yerres, la rivière est au cœur des missions du SyAGE, et plus particulièrement de celles du service Contrôle des Milieux Naturels. Les trois agents de ce service alternent travail sur le terrain et en laboratoire afin de veiller sur la bonne qualité des eaux, et de lutter contre les pollutions.

Une fois appelés sur le terrain, et après avoir identifié la nature de la pollution grâce à des analyses effectuées à partir de prélèvements, les techniciens contiennent cette dernière par la mise en place de barrages filtrants sur la rivière. Puis, ils se mettent en relation avec leurs homologues au SyAGE afin de tout faire pour la résorber au plus vite.

En outre, les services communaux sont alertés car le Maire, dans le cadre de son pouvoir de police, est garant « de la sûreté, la sécurité et la salubrité publique  » (article L2212.2 du Code Général des Collectivités Territoriales).

 
Une fois la pollution stoppée, la vigilance demeure …

Les réseaux d’eaux usées présents sur le territoire du SyAGE concerné par la compétence « Assainissement », acheminent les effluents vers la station d’épuration de Valenton, qui, après les avoir traités, va ensuite les rejeter dans la Seine. C’est pourquoi seules les eaux pluviales tombées sur l’aval du bassin-versant de l’Yerres sont déversées dans la rivière.

Le Syndicat dispose d’un service Cartographie qui recense tout son patrimoine, dont l’intégralité des réseaux d’eaux pluviales. Grâce aux plans fournis par ce service, les agents présents sur le terrain remontent le réseau d’où est sortie la pollution. «  La procédure consiste à soulever chaque tampon pour voir si nous y apercevons des traces de pollution, et de s’orienter dans le réseau en fonction de ce que nous y observons. De cette manière, nous sommes sûrs d’arriver à sa source. », explique Franck Moritz, technicien pour le service Contrôle des Milieux Naturels.

Selon la source de la pollution, plusieurs actions peuvent être envisagées par les différents services du SyAGE. Si des travaux de réhabilitation ou de curage des réseaux publics sont nécessaires, alors les équipes du Syndicat feront intervenir le prestataire adapté pour les réaliser. Si un défaut de fonctionnement des installations se trouvant dans le domaine privé est constaté, le Syndicat sera à même de demander leur mise en conformité. Un suivi des travaux engagés à cet effet sera alors effectué. Enfin, le milieu naturel est réaménagé pour faire disparaître toutes les détériorations consécutives à la pollution.

Après identification de l’auteur de la pollution, les services financiers et juridiques du Syndicat sont en mesure de lui réclamer un dédommagement couvrant les frais engagés pour la dépollution, en vertu du principe « pollueur-payeur » qui précise que « les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle-ci doivent être supportés par le pollueur » (article L110-1, II, 3° du code de l’environnement).

« Grâce à l’expertise de nos agents, 22 pollutions sur l’Yerres ont pu être traitées pendant l’année 2015 », nous explique Steven Bouget, chef du service Contrôle des Milieux Naturels.

C’est pourquoi, si vous êtes témoin d’une pollution sur l’Yerres, n’hésitez pas à contacter le Syndicat en composant le 01-69-83-72-72. En effet, un système d’astreinte permet d’intervenir 24h/24 et 7 jours sur 7, sur une pollution signalée sur le territoire pour juger de sa gravité et intervenir le cas échéant …

« C’est uniquement l’addition des initiatives locales qui permettra d’arriver à un résultat global ».

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Maire de la commune de Crosne depuis 2014, Michaël Damiati a bien voulu nous recevoir pour nous parler d’environnement.

 

Pourquoi avez-vous signé la charte du Champigny, relative à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires dans le cadre de l’entretien des espaces publics ?

La nappe des calcaires de Champigny est la principale ressource régionale d’eaux souterraines. Il est de ma responsabilité en tant qu’élu de m’interroger sur la meilleure façon de la préserver. En signant cette charte, la commune de Crosne s’engage à tendre vers un objectif « zéro phyto ». Pour cela, nous travaillons de concert avec différents acteurs dont le SyAGE, qui nous fournissent de précieux conseils pour optimiser nos pratiques.

Aujourd’hui, les espaces naturels urbains sont majoritairement aménagés et entretenus de façon ornementale, à l’aide notamment de produit phyto-sanitaires. Or leurs effets sur la santé du public sont encore méconnus. C’est pourquoi il est important de pouvoir proposer aux administrés des solutions alternatives.

Cette démarche mérite d’être accompagnée d’un vrai effort de communication sur le sujet, afin que nos concitoyens ne la confondent pas avec une négligence d’entretien des espaces verts.

 
Que voudriez-vous dire aux communes pour les inciter à s’engager dans cette démarche ?

Je voudrai leur dire que nous sommes tous tributaires de la nappe de Champigny. Ainsi, c’est uniquement l’addition des initiatives locales qui permettra d’arriver à un résultat global.

Les modes de vies et de consommation que nous avons eus ces cinquante dernières années sont aujourd’hui largement remises en question. Ils méritent donc d’être revus et améliorés car il est de notre devoir de transmettre aux jeunes générations un environnement le plus propre possible.

 
Quelle place est consacrée à l’environnement dans le travail quotidien d’un maire ?

Il est essentiel d’avoir un cap bien déterminé, et de multiplier les actions quotidiennes de façon à le maintenir. Par exemple, à Crosne, la question de l’impact sur l’environnement dans les projets d’urbanisme est cruciale. Ainsi, nous utilisons fréquemment des matériaux isolants, comme ça a été notamment le cas lors des récents travaux sur le gymnase. Dans les bâtiments publics, nous avons installé des systèmes permettant à la lumière de se déclencher automatiquement lorsqu’un mouvement est détecté, et de s’éteindre lorsque plus personne n’est dans la pièce.

Nous veillons aussi à observer une gestion attentive de la consommation d’électricité et de carburant. C’est pour cela que nous allons prochainement rénover notre parc automobile par un ensemble de véhicules propres.

De manière générale, il me semble qu’il faut que nous soyons exemplaires, pour pouvoir tranquillement être pédagogues sur ces sujets.

 

 

Comprendre l’action du SyAGE dans la lutte contre les inondations : L’avenue de la Résistance à Yerres

 

Outre le service public de l’assainissement collectif, le SyAGE assure aussi la gestion des eaux pluviales sur son territoire. La bonne exécution de ces deux compétences est possible grâce à la division du système de transport en deux réseaux distincts : celui dans lequel transitent les eaux usées pour rejoindre la station d’épuration de Valenton, et celui consacré aux eaux pluviales, qui les acheminent directement vers le milieu naturel.

Début 2006, quelques habitants des rues perpendiculaires à l’avenue de la Résistance à Yerres, située non loin de la Forêt de Sénart, se sont plaints d’inondations sur leur propriété. Le SyAGE a tout de suite été alerté afin qu’une solution puisse être trouvée le plus rapidement possible.

Sous l’Avenue de la Résistance passe un collecteur d’eaux pluviales – canalisation principale sur laquelle est branchée une série de conduites secondaires. Ce collecteur a pour fonction de récupérer les eaux de ruissellements arrivant par les avaloirs et les eaux pluviales issues des propriétés privées, pour ensuite les acheminer jusqu’à la rivière.

Lors de forts épisodes pluvieux, cette canalisation se remplissait très rapidement, et n’était plus en mesure de recueillir toutes les eaux acheminées par les conduites des rues perpendiculaires. Celles-ci refluaient alors, et provoquaient des inondations chez les particuliers.

Pour remédier à cela, il a été décidé de construire 4 bassins de rétention d’eaux pluviales enterrés à 3 mètres sous terre, parallèles au collecteur et reliés à ce dernier par des tuyaux d’alimentation. D’un volume utile de 1235 m3, ces ouvrages ont vocation à recueillir l’excédent d’eaux de pluie arrivant dans le collecteur principal, et ainsi permettre au réseau de ne pas être engorgé.

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                                               Pose d’un bassin de rétention d’eaux pluviales enterré

« Ces bassins assurent aussi une fonction de dépollution », indique Cyril Gitton, chef du service Entretien aux Communes au SyAGE. En effet, chaque conduite reliant bassin et collecteur est équipée d’une vanne qui, par temps sec, est complètement ouverte. Mais qui, après que le bassin se soit rempli complètement, se ferme 8h durant, afin d’assurer le processus de décantation des matières solides, et ainsi épurer les eaux de ruissellements contenues dans ces structures. « Malgré son efficacité, ce procédé n’égale pas celui, plus sophistiqué, utilisé dans les dépollueurs d’eaux pluviales situés à proximité du rejet en rivière», tient à préciser Cyril.

Grâce à ces travaux, les inondations pluviales ont pu cesser chez les riverains concernés.

 

La mare du Fraicul : Quand la biodiversité s’immisce au cœur de la ville

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La mare du Fraicul a été créée en 2009 à l’initiative du SyAGE pour faire dévier les eaux du fossé de Lagny et ainsi éviter les inondations en aval de ce lieu. Véritable zone humide située au cœur d’un lotissement dans la commune de Varennes-Jarcy, cet écrin de verdure, très apprécié de ses riverains, attire  aujourd’hui des oiseaux migrateurs venus y passer l’hiver …

Cliquez sur l'image pour écouter le chant du Râle d'Eau

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pour écouter le chant du Râle d’Eau

 

« D’habitude, l’action du Syndicat porte sur la préservation des milieux naturels et de la faune qui s’y trouve. C’est pourquoi la venue de deux espèces d’oiseaux migrateurs au sein d’une zone humide réhabilitée est une première ! », s’exclame Vincent Delecour, technicien au service Aménagement et Protection des Milieux au SyAGE.

En effet, cet automne, Vincent a eu la chance de découvrir que deux espèces d’oiseaux migrateurs – le Bruant des Roseaux et le Râle d’Eau – avaient élu domicile dans la roselière ceinturant la mare. Familiers des zones humides d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord, ces deux volatiles n’avaient encore jamais été observés dans la vallée de l’Yerres.

 

Le Bruant des Roseaux est un passereau de 15 à 16 cm de long qui pèse de 16 à 25 grammes. Il commence sa migration dès septembre, et revient sur son lieu de reproduction quand arrive le printemps. Migrant chaque année du Nord vers le Sud, le Bruant fait régulièrement escale dans les zones humides ponctuant son parcours. Il choisit de s’y installer pour passer l’hiver quand les conditions lui sont favorables. L’observation récente de cette espèce dans le périmètre de la mare de Fraicul répond fort probablement à ce type de comportement.

Un habitat idéal et une nourriture abondante

À la différence du Bruant des Roseaux, le Râle d’Eau est un migrateur occasionnel. Sa physionomie ne lui permettant pas de voler sur de longues distances, cette espèce se déplace vers le Sud uniquement quand des hivers trop rigoureux ne lui permettent pas de subsister sur son lieu de résidence habituel. Là encore, la roselière entourant la mare du Fraicul, avec sa végétation haute et dense, offre au Râle un habitat idéal pour hiverner. En effet, avec son corps mince et comprimé latéralement, ses fortes pattes et ses courtes ailes, le Râle d’Eau est parfaitement constitué pour s’insérer sans peine dans la végétation dense de la roselière.

 

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Cliquez sur l’image pour écouter le chant du Bruant des Roseaux.

 Ces deux espèces utilisent la végétation qu’ils trouvent sur la mare et ses environs pour construire leur nid. Les graines et les insectes aquatiques ont la préférence du Bruant pour son alimentation quotidienne. Les Râles ajoutent à ce régime amphibiens, poissons, vers de terre, petits oiseaux et petits mammifères.

Bien que nouveaux arrivants, ces deux oiseaux migrateurs ne sont pas pour autant des espèces exogènes à l’écosystème local, et s’intègrent parfaitement à la faune environnante au point d’en constituer parfois le menu. Les jeunes Râles d’Eau, par exemple, sont un met de choix pour le Héron cendré, grand habitué des lieux.

 

« Chaque année, nous faucardons la roselière de la mare du Fraicul, afin d’éviter qu’une surabondance végétale ne perturbe l’écosystème du milieu. Seule une moitié est ainsi traitée, de manière à préserver un habitat pour la faune présente dans ce milieu. Cette pratique de gestion raisonnée se trouve confortée par l’arrivée de ces deux nouveaux oiseaux », conclut Vincent.

Sébastien Leblanc : des bords du monde jusqu’aux berges de l’Yerres

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Lieu de pêche, de méditation, de balade, objet d’étude scientifique ou bien d’émerveillement artistique, notre rivière reflète de multiples facettes. Rencontre avec Sébastien Leblanc, habitant de la vallée, pour qui l’Yerres est avant tout synonyme de plaisir.

« Je connais bien l’Yerres ! Je cours sur la Liaison Verte 4 à 5 fois par semaine », me dit Sébastien, alors que je l’accueille dans l’enceinte du SyAGE. Et à voir sa silhouette élancée, personne ne peut douter du fait.

En effet, pour ce Montgeronnais de cœur, le footing a toujours été une occasion idéale de découvrir la rivière et ses abords. Installé dans la commune avec sa femme et ses deux enfants depuis 1999, Sébastien est depuis ce temps-là, un amateur fidèle des berges de l’Yerres. Que ce soit en famille lors de longues promenades dominicales, ou alors à l’occasion de ses entraînements, il m’avoue ne jamais se lasser de la faune et la flore qu’il peut y rencontrer.

Hérons, chevaux, renards et ragondins sont autant de présences insolites qui ponctuent ses sorties, et donnent aux paysages rencontrés des touches plutôt inattendues. « C’est dingue de voir tous ces animaux en pleine région parisienne », s’exclame-t-il. À cette belle biodiversité s’ajoute la grande variété de paysages, changeant du tout au tout selon l’endroit et la saison. L’automne, ses tons mordorés et ses lumières fugaces recueillent les faveurs de notre sportif.

« Je comprends vraiment pourquoi les peintres impressionnistes se sont installés en vallée de l’Yerres », confesse Sébastien. « Je me suis récemment promené le long de l’Yerres, et j’ai découvert à cette occasion la fondation Dubuffet ». Située Sentier des Vaux au-dessus de la cascade à Périgny-sur-Yerres, cette structure a été créée par le peintre et sculpteur éponyme au début des années 70. La « Closerie Falbala », œuvre surréaliste de 1600 m² trône en son centre et offre un singulier contrepoint aux maisons en meulière qui l’entourent. Ainsi, pour Sébastien, à la découverte des paysages champêtres de cette partie plus rurale de la vallée s’ajoute un réel étonnement de voir apparaître au détour d’un chemin des œuvres artistiques de cet acabit.

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Il y a 6 années de cela, Sébastien Leblanc est parti une année durant en compagnie de sa famille faire le tour du monde. On aurait pu croire que le retour à Montgeron aurait eu de quoi ternir l’enthousiasme de la famille Leblanc, habituée à des paysages plus exotiques que ceux qu’on peut trouver dans notre vallée. Pourtant, il n’en est rien. De l’aveu même de Sébastien, leur expédition n’a fait que renforcer ce profond attachement qu’ils ont pour la nature. « À son retour, mon fils a d’ailleurs eu l’occasion de prendre sa carte de pêche. Il n’a pas ferré grand-chose, mais le plaisir de titiller le poisson était là. Et c’est le principal ! », me dit-il, ravi.

Alors que notre rencontre s’achève, Sébastien me montre quelques très belles photos de notre rivière, et de ses abords. Vous les retrouverez dans le diaporama ci-dessous.

COP21 : « l’Accord de Paris », une feuille de route indispensable pour l’avenir de la planète

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Le 11 décembre dernier, la COP21 s’est conclue sous une salve d’applaudissements grâce à l’adoption de « l’Accord de Paris » par les 195 pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Fruit de deux semaines de négociations intenses entre les parties, ce document de 32 pages redonne espoir à tous ceux qui pensaient la machine diplomatique en perte de vitesse après l’échec en 2009 à Copenhague.

 
Des mesures d’adaptation et d’atténuation

L’ensemble des acteurs présents au Bourget lors de cet événement a su donné voix et corps au principe de la justice climatique. C’est-à-dire à la reconnaissance de l’inégalité entre les pays du Nord et du Sud en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Partant, les pays du Nord se sont engagés à solder leur dette climatique dès 2020, à hauteur de 100 milliards d’euros chaque année, afin d’aider ceux du Sud à mettre en place des mesures d’adaptation au changement climatique. Ces financements feront l’objet d’une révision à la hausse avant 2025.

Outre ces engagements, les pays signataires de l’accord s’engagent à réduire leurs dépendances aux énergies fossiles pour que d’ici la fin du siècle l’augmentation de la température mondiale ne dépasse pas les 1,5 °C. Ces engagements, comme les mesures financières, seront revus tous les 5 ans, et « représenteront, à terme, une progression », selon le texte de l’accord.

 
Un processus contrôlé et transparent

« L’accord de Paris » se compose de deux parties : une décision d’adoption, non soumise à ratification par les États, et l’accord lui-même, nécessitant une ratification selon la législation de chaque pays. Or, pour entrer en vigueur, l’accord devra faire l’objet d’une ratification à partir du 22 avril 2016, par au moins 55 pays, représentant au moins 55% des émissions mondiales.

Enfin, et montrant par là le rôle primordial de la société civile dans la lutte contre le réchauffement climatique, « l’accord de Paris » prévoit un mécanisme de transparence qui conduira un comité de 12 membres ayant des compétences reconnues dans les domaines scientifiques, techniques, socioéconomiques ou juridiques à vérifier publiquement les données fournies par les pays en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Du 7 au 18 novembre 2016, Marrakech accueillera la 22ème conférence des parties pour le climat. L’occasion pour le Maroc de s’affirmer comme un acteur indispensable de la transition écologique, lui qui a d’ores et déjà certifié vouloir porter à 52% la contribution des énergies renouvelables à la production électrique d’ici 2030.