Archive for avril 2016

Changement climatique : le bassin Seine-Normandie élabore son plan d’adaptation

Industrie und Natur

À l’instar de Nathalie Guesdon, Directeur Général des Services du SyAGE, François Sauvadet a signé, au nom du Comité de bassin Seine-Normandie dont il assure la présidence, le Pacte de Paris sur l’eau et l’adaptation au changement climatique. Suite logique de cet engagement, le 31 mars dernier a été lancée une démarche participative d’élaboration d’un plan d’adaptation au changement climatique dans le bassin Seine-Normandie. Décryptage des points-clés de ce processus en devenir.

 

Atténuation ou adaptation ?

Pour lutter contre le changement climatique, une seule solution devrait logiquement s’imposer : s’attaquer à ses causes en atténuant notamment de façon drastique nos émissions de gaz à effet de serre. Mais, comme l’ont souligné bon nombre d’experts, un  réchauffement planétaire d’environ +2°C d’ici la fin de siècle devient inéluctable, les efforts entrepris par les acteurs internationaux devant permettre de ne pas aller au-delà.

C’est à la lumière de ce constat qu’est apparu un autre impératif : il ne s’agira plus uniquement de lutter contre le changement climatique, mais aussi d’adapter nos modes de vie et nos comportements à ses effets.

« Selon les scénarios des scientifiques, les ressources en eau devraient plus ou moins diminuer sur le bassin d’ici la fin de siècle, tandis que les besoins en eau risquent d’augmenter ! », s’exclame Sarah Feuillette, responsable du service prospective de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie. « C’est pourquoi  il est important de réfléchir à de nouveaux modes de consommation et à une répartition équitable de l’eau entre les différents usagers. C’est dans cet esprit qu’une concertation en vue de l’adoption d’un plan d’adaptation à l’échelle du bassin a été lancée », continue-t-elle. En effet, si la question de l’atténuation relève surtout des politiques d’aménagement du territoire, du logement et des transports, celle de l’adaptation concerne de plain-pied la politique de l’eau.

Pour autant, comme cela a été rappelé lors d’une séance du comité de bassin spécialement dévolue au changement climatique le 31 mars 2016, « la première mesure d’adaptation, c’est l’atténuation ». En d’autres termes, et comme l’a souligné Jean Jouzel, climatologue pour le groupe d’experts sur le climat de l’ONU, il y a encore un énorme effort à faire du côté de l’atténuation, pour être dans un scénario où nous pourrons encore être capables de nous adapter.


 
De nouveaux usages de l’eau

En 2010, un plan national d’adaptation au changement climatique a été lancé suite au Grenelle de l’Environnement afin d’aider la France à faire face et à tirer parti des nouvelles conditions climatiques.  Ce plan contenant déjà un volet consacré à l’eau, d’aucuns pourraient alors se demander ce que le plan d’adaptation du bassin Seine-Normandie apporte de plus en la matière.

Si le plan national faisait des économies d’eau son argument central, celui du bassin Seine-Normandie envisage la possibilité d’une « réduction de la dépendance à l’eau ». Autrement dit, pour s’adapter au changement climatique, peut-être est-il temps de comprendre que nous pourrions modifier nos comportements pour aller vers plus de sobriété. Ce changement de paradigme consistant, par exemple, à permettre dès que possible à l’eau de pluie de s’infiltrer où elle tombe au lieu de ruisseler, ou  à opter pour des productions peu consommatrices d’eau.

Plus généralement, le plan d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie consistera à mettre en œuvre des mesures permettant de mieux réguler le cycle hydrologique, qui pourrait être fortement perturbé par les effets du changement climatique.

 

Un engagement de tous les acteurs

Selon Patricia Blanc, directrice générale de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, le plan d’adaptation sera « un document cadre, qui n’aura pas de valeur réglementaire en tant que tel mais qui alimentera d’autres documents ».

En effet, suite au succès de l’Accord de Paris, dont le principe était de partir sur l’engagement volontaire de chacun des pays plutôt que de leur imposer  des objectifs, l’enjeu du plan d’adaptation sera d’inspirer les acteurs du bassin grâce à de nombreux exemples, afin qu’ils puissent les décliner de manière concrète grâce aux outils appropriés (SDAGE, programmes de l’agence, SAGE, SCOT, PLU, etc).

Preuve de l’investissement des acteurs du bassin Seine-Normandie, depuis quelques années déjà, des solutions locales d’adaptation et d’atténuation voient le jour sur le territoire. Ainsi le SyAGE a lancé, dès mars 2013, « Objectif : zéro rejet », qui est une grande campagne de sensibilisation sur  la gestion des eaux pluviales, incitant particuliers et professionnels à mettre en œuvre des solutions de stockage, d’infiltration et de désimperméabilisation sur leur propre parcelle.

En outre, le Syndicat assure la gestion de plus de 70 espaces paysagers (bassin de rétention d’eaux pluviales, noues, etc) sur les zones urbanisées de son territoire, et contribue à la meilleure connaissance de 2000 hectares de zones humides sur l’ensemble du bassin versant. Tous ces espaces agissent comme autant de puits de carbone dont les actions conjuguées contribuent à limiter le réchauffement de la planète.

Mise en œuvre du SAGE de l’Yerres : des résultats encourageants pour l’avenir !


Amélie3web
À l’approche du comité de pilotage qui se déroulera la semaine prochaine, nous vous proposons de revenir sur les grands enjeux et les objectifs attendus dans le cadre du contrat de bassin de l’Yerres amont et de ses affluents en compagnie d’Amélie Agogué, animatrice de ce programme d’actions visant à protéger la ressource en eau.

Le jeudi 14 avril, le COPIL (Comité de pilotage) se réunira à Tournan-en-Brie pour faire le point sur les réalisations menées l’année passée sur le territoire concerné par le contrat de bassin 2014-2018.
Ce rendez-vous annuel réunissant les maîtres d’ouvrage, représentants de l’État, collectivités territoriales et des membres du SyAGE définira également les grandes orientations à venir pour atteindre les objectifs initiaux suivant un calendrier prévisionnel. L’occasion pour nous de vous présenter le bilan des engagements respectifs de tous les acteurs pour améliorer l’état des masses d’eau dans cette partie du bassin versant de l’Yerres.

 

Parmi les grand enjeux énoncés, l’amélioration de la qualité des eaux superficielles et souterraines reste l’une des principales priorités du contrat, pouvez-vous nous présenter les réalisations phares sur cette thématique qui ont vu le jour en 2015 ?

Tout d’abord, des actions structurantes et pérennes ont été menées concernant les eaux usées.
D’importants chantiers d’assainissement collectif ont démarré à La Croix-en-Brie et à  Solers, ce qui améliorera à terme la qualité de l’Yvron et de l’Yerres. On peut également souligner l’engagement d’opérations de réhabilitation des installations d’assainissement non collectif, par exemple sur le secteur des Gués de l’Yerres. Par ailleurs, des démarches préventives ont été engagées pour la protection de la ressource en eau captée dans la nappe du Champigny. Cette nappe utilisée pour l’eau potable subit la pression polluante d’activités s’exerçant en surface ; les démarches engagées visent à prévenir ces pollutions diffuses, résultant de l’épandage de produits phytosanitaires par exemple.

 

La restauration des milieux aquatiques et plus particulièrement la préservation des zones humides demeure un objectif majeur pour préserver la biodiversité de nos rivières, quels sont les défis que vous rencontrez aujourd’hui ?

Effectivement, l’atteinte du bon état des rivières passera nécessairement par un meilleur respect du grand cycle de l’eau et la reconquête des fonctionnalités écologiques des milieux aquatiques.

Ce volet du contrat n’est pas toujours plébiscité par les maîtres d’ouvrage, car il touche à des enjeux socio-économiques et privés et pas simplement à des compétences institutionnelles ou techniques. Par exemple, l’eau est un bien commun mais les rives de l’Yerres et de ses affluents sont privées.

C’est un domaine où il faut chercher à concilier les usages avec les objectifs assignés par les politiques de l’eau. Une approche transversale et multipartenariale est donc nécessaire pour que la reconquête des milieux aquatiques résulte d’un consensus sur le territoire. Mon rôle d’animatrice consiste à faciliter cette coordination, mais certains ingrédients de base sont indispensables, notamment au niveau politique et financier.

 

Dans la perspective de l’interdiction d’utiliser des produits phytosanitaires pour entretenir les espaces verts en 2017, quels sont les aménagements prévus par les collectivités locales pour développer de nouvelles pratiques ?

La majorité des communes du territoire est déjà consciente de l’intérêt de raisonner et de diminuer l’emploi des produits phytosanitaires. La démarche peut aller jusqu’au « zéro phyto », c’est à-dire l’abandon total des produits de désherbage. De ce fait, l’entretien est mieux ciblé et différencié selon les espaces. Le savoir-faire des jardiniers est davantage sollicité pour composer et aménager les espaces (choix des variétés, plantes couvre sol, jachères, enherbement, etc.). Si nécessaire, il est toujours possible d’avoir recours à des techniques alternatives aux produits chimiques : désherbage manuel, mécanique ou thermique.

Échanges d’expertises : quand l’Yerres rencontre l’Orge

portrait-steven-bouget-1024
 
 

Entre professionnels de l’environnement, le dialogue est toujours fructueux. C’est pour cela que le Syndicat organise régulièrement des échanges avec des structures chargées de missions semblables aux siennes.
Dans cette optique, le jeudi 25 Février au matin, le service Contrôle des Milieux Naturels du SyAGE est allé à la rencontre de son homologue au Syndicat de l’Orge. Explications avec Steven Bouget, chef de ce service.

 
 
 
 

« Le SyAGE a deux stations de mesure : la première est située à Villeneuve-Saint-Georges, à la confluence entre l’Yerres et la Seine, et la deuxième se trouve au Parc des Deux Rivières à Yerres, sur le Réveillon.

Nous projetons de construire une troisième station de mesure de la qualité de l’eau, plus en amont, à Évry-Grégy-sur-Yerres, ville située géographiquement entre les deux contrats de bassins pilotés par le SyAGE. Cela nous permettrait de mesurer les éventuelles pollutions en transit vers l’aval, et donc de fournir de précieuses informations afin d’améliorer la qualité de l’eau sur l’ensemble du bassin versant.

Outre cette problématique stratégique, il nous a semblé essentiel de solliciter des retours d’expériences du Syndicat de l’Orge afin de mener ce projet à bien. En effet, les services de cette structure possèdent et gèrent 5 stations de mesure sur l’Orge aval. Ils possèdent donc un savoir-faire technique indéniable, qu’ils ont été ravis de nous faire partager.

La station que nous sommes allés visiter se situe dans la commune d’Arpajon. Elle est reliée au réseau d’eaux usées et à celui d’eau potable. C’est un avantage non négligeable, car cela permet de nettoyer les instruments de mesure, et d’évacuer facilement les réactifs utilisés pour mesurer la qualité de l’eau.

De plus, le système de pompage en place est relativement simple, du fait de la proximité avec le cours d’eau et du faible dénivelé, et donc d’un coût assez faible. Suite aux soucis que nous avons eus sur notre station de Villeneuve-Saint-Georges, connaître l’existence de ce type de pompe nous a été très utile.

Enfin, on nous a conseillé d’éviter les pièces de tuyauterie sur-mesure, car elles rendent les opérations de maintenance plus compliquées et surtout plus coûteuses.

Les agents que nous avons rencontrés étaient tous très professionnels et compétents. Nous les avons invité à nous demander, à leur tour des conseils, et nous les convierons avec plaisir à l’inauguration de notre future station ! »