Archive for mars 2017

Un verger sort de terre à Montgeron et Villeneuve-Saint-Georges

Marie Madeleine, Belle de Pontoise et Comtesse de Paris ont pris leurs quartiers à Montgeron. Derrière ces noms se dissimulent des variétés de pommiers et de poiriers. En partenariat avec les Ville de Montgeron et de Villeneuve-Saint-Georges, le SyAGE a en effet supervisé un chantier de création d’un verger accessible au public et gratuit.

Sur cet espace de 6000m², des espèces de pommiers, poiriers et noyers ont été plantées ainsi que différents arbustes et buissons : églantiers, mûriers, cassissiers, sureaux ou encore néfliers. L’association des Croqueurs de Pommes d’Ile-de-France a apporté son expertise pour l’aménagement du verger et pour le choix des végétaux, les variétés locales et rustiques ayant été privilégiées.

Les deux communes concernées ont financé la fourniture des végétaux. De son côté le SyAGE a mis en œuvre et suivi les travaux de création du verger ainsi que la mise en place d’un obstacle (merlon et fossé) pour empêcher le passage de véhicules à moteur, notamment de quads. Le syndicat a également en charge l’entretien régulier des lieux (fauchage, ramassage des déchets…). Ce projet a par ailleurs bénéficié d’une subvention de 16000 euros environ de la part de l’Agence des Espaces Verts d’Ile-de-France.

Outre son but pédagogique, ce verger permet de valoriser cette parcelle, sur laquelle des problèmes de dégradations et de nuisances ont pu être observés. Il permet également de favoriser la biodiversité sur les bords de l’Yerres. Mais il faudra attendre quelques années avant que les arbres ne donnent des fruits.

 

Pollution des eaux : l’activité humaine en cause

Dans les pays en développement, entre 80% et 90% des eaux usées sont rejetés dans la nature sans avoir été traitées. Aggravée par une démographie galopante, cette pollution menace la santé publique et les espèces sauvages.

La qualité des ressources en eau douce est de plus en plus menacée par la pollution liée à l’activité humaine. En 2000, les objectifs du millénaire pour le développement adoptés par l’ONU affichaient une réelle ambition dans le domaine de l’eau : réduire de 50% la proportion de population n’ayant pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des services d’assainissement de base. Plus de 15 ans après, les résultats demeurent décevants. Environ 1,8 milliards de personnes continuent de consommer une eau contaminée par des matières fécales, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et l’Unicef. Or ces pollutions organiques contiennent des microbes qui peuvent provoquer des maladies.  L’enjeu sanitaire est donc de taille : la diarrhée représente la deuxième cause de mortalité pour les enfants de moins de 5 ans selon l’OMS.

De nouveaux objectifs ont été décidés pour la période 2015-2030, incluant l’eau comme l’une des 17 priorités retenues. L’une des visée est ainsi « d’améliorer la qualité de l’eau en réduisant la pollution, en éliminant l’immersion de déchets et en réduisant au minimum les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses, en diminuant de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et en augmentant considérablement à l’échelle mondiale le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau. »

Outre les pollutions organiques, les cours d’eau, les plans d’eau, les nappes souterraines et les eaux littorales sont touchés par la pollution chimique due aux nombreux usages agricoles, industriels ou encore domestiques de cette ressource. Les engrais et pesticides utilisés dans l’agriculture pénètrent dans le sol puis dans les eaux souterraines et de surface. Les produits de nettoyage, les peintures et pesticides employés par les particuliers contiennent également des produits chimiques aux conséquences néfastes lorsqu’ils sont déversés dans la nature. Quant aux résidus de médicaments dans les eaux usées, leur danger reste à évaluer. Enfin les activités industrielles rejettent notamment des métaux et des hydrocarbures, ce type de pollution ayant cependant fortement diminué.

En France,  la qualité des eaux s’améliore pour certains polluants (phosphates notamment). Ainsi 50 % des masses d’eau de surface et deux tiers des masses d’eau souterraine présentent un bon état chimique. Les proportions restantes contiennent des nitrates, des pesticides et autres micropolluants.

Le partage de l’eau

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Les ressources en eau sont souvent transfrontalières et si elles peuvent être sources de conflits, de nombreux Etats empruntent aujourd’hui la voie de la coopération…

Nous avions consacré un précédent numéro de notre magazine à la « guerre de l’eau » tant sont nombreux les conflits – politiques voire militaires – qui ont pour cause première l’accès ou la maîtrise de la ressource hydrique. Ces tensions s’expliquent par le fait que sur les 197 pays que compte la planète, 9 d’entre eux contrôlent 60% des ressources en eau.

Si les inquiétudes liées au réchauffement climatique ont pu exacerber certains de ces conflits, elles ont également favorisé des prises de conscience qui ont débouché sur des approches beaucoup plus pacifiques de la problématique de l’eau.

Dans de nombreuses régions du monde, on a vu apparaître des organisations supra-étatiques qui œuvrent à développer des principes de gestion intégrée par bassin. C’est au fond la même approche que celle du SyAGE.

Eau, paix, sécurité…

C’est pour pouvoir offrir à leurs citoyens ces trois éléments, qui constituent le socle de base d’une vie décente, que de nombreux pays ont décidé de surmonter leurs éventuels différends pour construire des démarches coopératives de développement.

On peut par exemple citer l’OMVS (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal) qui regroupe le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée et dont les objectifs sont à la fois ambitieux et variés : construction de barrage, stockage de la ressource, lutte contre la salinisation, irrigation, modernisation des réseaux de transport et limitation du gaspillage dû aux fuites, etc…

Déconflictualiser la question de l’eau

Même au Moyen-Orient – qui reste pourtant une véritable poudrière militaire et diplomatique – les experts israéliens et palestiniens qui discutent du volet « eau » lors des négociations israélo-palestiniennes ont tenté d’exclure la question de l’eau des conflits armés, tâchant d’apporter une réponse plus technique que politique à cette problématique vitale pour les deux protagonistes : désalinisation de la mer, réduction des pertes d’eau, projet de canal entre la mer Morte et la mer Rouge… Malheureusement, l’eau reste un puissant levier de pression dans ce conflit.

Une telle attitude est le seul choix rationnel possible dans la mesure où, à l’intérieur d’un même ensemble hydrographique, l’adoption d’une approche locale est une absurdité. Comme nous l’avons souvent dit dans ces colonnes à propos du SyAGE et de l’intercommunalité : l’eau ne connaît pas les frontières humaines et obéit à sa propre logique qui est globale et systémique.

Budget 2017 : des engagements tournés vers l’avenir

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Crédit : 3.0 production

Le 17 janvier dernier, les élus siégeant au comité syndical adoptaient à l’unanimité le budget primitif pour l’année 2017. L’occasion pour nous de vous présenter comment les opérations conduites tout au long de l’année par le SyAGE se concrétisent grâce à la mutualisation des moyens, rendue possible par l’ensemble des collectivités adhérentes.

Nous évoquons souvent dans notre magazine les multiples actions entreprises par le SyAGE pour protéger la ressource en eau, mais comment toutes ces réalisations voient-elles le jour ? S’agissant d’investissements parfois conséquents, comme certains chantiers d’assainissement ou les aménagements réalisés au bord de l’Yerres, ces opérations d’envergure peuvent être mises en œuvre grâce à la structure même de notre syndicat : l’intercommunalité. Acte politique s’il en est, le budget détermine les grandes orientations choisies dans l’exercice des compétences des collectivités territoriales, tel que le SyAGE.

Des financements variés pour protéger la ressource en eau
Les moyens dont dispose le Syndicat pour mener à bien ses missions sont issus en grande partie des recettes liées à ses activités propres. Ainsi, la redevance d’assainissement constitue l’un des principaux leviers pour pouvoir financer les opérations de travaux concernant les eaux usées. Calculée selon le volume d’eau consommé par foyer, elle permet à la fois d’entreprendre des travaux neufs mais aussi de réaliser des opérations de réhabilitation et de maintenance sur les ouvrages afin d’assurer le bon fonctionnement du réseau d’assainissement géré par le SyAGE.

La contribution des communes représente également une part importante du budget du Syndicat. Compte tenu des délégations des compétences au SyAGE, chaque commune ou collectivité adhérente verse ainsi une somme qui varie selon le nombre d’habitants et la nature même des compétences exercées sur son propre territoire. Au nombre de 3 (Gestion des Eaux et des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations (GEMAPI), eaux pluviales et mise en œuvre du SAGE), celles-ci touchent à différents domaines directement liés à la mission principale dévolue à notre collectivité : la protection de la ressource en eau.

Concernant les compétences GEMAPI et gestion des eaux pluviales, en 2017, le coût de cet taxe par habitant sur les commune situées à l’aval du bassin versant, est resté stable par rapport à l’année dernière (51,03 €/Hab. en 2017 et 51.02 € en 2016). Dans une moindre mesure, les subventions dont bénéficie le SyAGE servent à soutenir sa politique d’investissement et de fonctionnement pour mener à bien ses objectifs.

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Poursuite des objectifs en 2017
Déjà engagée depuis plusieurs années, la concrétisation de certaines actions nécessite une préparation longue et minutieuse avant de débuter les travaux  proprement dits. C’est le cas de la restauration de la continuité écologique, qui vise à favoriser l’écoulement de la rivière, en supprimant ou en aménageant certains ouvrages hydrauliques, faisant obstacles à la faune et la flore aquatique. Ce grand dossier écologique se poursuivra cette année encore grâce aux études conduites par le SyAGE pour définir les aménagements futurs. Autre sujet d’importance pour le Syndicat en 2017, la poursuite des investissements dans le domaine de la gestion des eaux pluviales avec la réalisation d’importants chantiers pour limiter les effets du ruissellement en milieu urbain. De nouvelles opérations de travaux vont ainsi être engagées dans plusieurs communes membres pour atteindre cet objectif. Au registre des inondations fluviales, la stratégie du SyAGE se poursuivra cette année en s’appuyant particulièrement sur l’expérience de la crue du printemps 2016. Sensibiliser, fédérer, surveiller et prévenir resteront les maitres mots pour limiter les conséquences de ces phénomènes sur les habitants de la vallée de l’Yerres.

Ile Panchout : le chemin recyclé

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Actuellement fermée au public, l’île Panchout à Yerres s’offre une cure de beauté. Supervisés par le SyAGE, des travaux y sont réalisés pour remettre le chemin en état, dans le cadre du projet Liaison Verte. Ce chantier s’accompagne d’une opération de revalorisation de la végétation des bords de rivière.

Finies les dalles de béton sur l’Île Panchout, à Yerres ! Place à un tout nouveau chemin en grave. Pas si nouveau en réalité car les anciennes dalles ont été retirées, concassées puis réintégrées sur les 600 mètres de promenade. Ce recyclage in situ évite la mise en charge et le transport de matériaux.

L’opération de broyage est impressionnante, la machine avalant entre 300 et 500 tonnes de béton par jour. Avant de disperser la nouvelle couche de grave concassée, il a notamment fallu retirer les racines puis poser un géotextile en guise de sous-couche pour renforcer la résistance du chemin. Ses abords vont également être ré-engazonnés.

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En parallèle, une opération de restauration de la ripisylve (végétation caractéristique des berges de cours d’eau) est également menée par le syndicat. Des ouvertures ont été créées dans la haie de lauriers palmes qui longe la rivière. A ces mêmes endroits, divers arbres et arbustes indigènes ont été plantés : aubépines, noisetiers, églantiers, aulnes…

Pour les promeneurs une déviation est mise en place, permettant de circuler du marché couvert jusqu’au site des deux rivières. Que les enfants soient rassurés, l’île sera rouverte pour la traditionnelle chasse aux œufs organisée par la commune.

Inondations : améliorer la conscience du risque

Deux territoires, deux regards. Franck Hufschmitt, chef du service Milieux aquatiques et risques associés au Syndicat des Eaux et de l’Assainissement Alsace-Moselle et Alexia Giroud, animatrice PAPI* au SyAGE évoquent la faible conscience du risque d’inondation et les actions mises en place pour la développer.

Votre territoire subit-il des crues récurrentes ?P24_25_confluences_alexia_giroud_blog

Alexia Giroud : Sur notre territoire, nous avons annuellement de petites crues hivernales qui ne débordent pas forcément et des crues plus importantes qui se produisent environ une fois tous les 10 ans. La dernière qui date de juin 2016 a provoqué des inondations dommageables dans les différentes vallées de notre territoire. Les crues résultent d’une combinaison de facteurs. De fortes pluies sur plusieurs semaines consécutives font déborder les cours d’eau. A cela s’ajoutent les terres agricoles en amont, très drainées, qui évacuent l’eau vers la rivière déjà surchargée et, en aval, l’urbanisation excessive qui empêche l’infiltration dans les sols. Ces phénomènes de ruissellement qu’ils soient agricoles ou urbains viennent aggraver les débordements des cours d’eau.

Franck Hufschmitt : Nous connaissons principalement deux types d’inondations. En hiver, il se produit des remontées lentes de rivières principales, qui ne sont cependant pas fréquentes, la dernière marquante remontant à 2010. En revanche, depuis les années 2000, nous sommes régulièrement confrontés à des épisodes de coulées d’eau boueuse répartis sur l’ensemble de notre territoire. Celles-ci sont le résultat d’un phénomène de ruissellement des eaux de pluie et de débordements des petits affluents. De violents orages ont ainsi eu lieu en mai et juin 2016 en Alsace entraînant des inondations torrentielles et provoquant beaucoup de dégâts. Chaque année, la période à fort risque se situe entre mai et juillet.

La population est-elle bien préparée aux inondations ?

F.H. : Nous avons réalisé une étude qui montrait que dans les zones touchées 2 à 3 fois par an par ces coulées d’eau, la population était davantage préparée. Elle constatait même une réduction de la vulnérabilité qui s’est faite spontanément dans ces zones. Les gens ont par exemple mis en place des batardeaux. Alors qu’une 2004, le coût d’une inondation par habitant s’élevait à 11 000 euros environ, en 2006, il était descendu à 6000 euros. En revanche, la conscience du franck_hufschmitt_blogrisque reste difficile à développer lorsqu’il n’y a pas d’événements majeurs pour marquer les esprits. L’an dernier par exemple, les habitants de Wasselone n’étaient pas du tout préparés à la coulée de boue qui a envahi la ville en quelques minutes.

A.G. : Du côté des décideurs, la problématique fait doucement son chemin. Des exercices de gestion de crise comme Sequana, qui simulait une crue majeure en Ile-de-France, en mars 2016 y contribuent. De plus, les gestionnaires de réseau d’électricité, de télécommunications, de gaz, et assainissement  commencent aussi à se coordonner et à échanger les informations pour permettre une meilleure anticipation pré-crue et surtout une réponse plus efficace post-crue.

En ce qui concerne la population, ceux que nous sensibilisons sont généralement ceux qui sont concernés et qui ont déjà eu les pieds dans l’eau. Le message est difficile à faire passer d’autant plus qu’il y a beaucoup de mouvements de population en Ile-de-France. Souvent les gens se sentent protégés par les équipements déjà en place comme les barrages ou parce qu’ils vivent en hauteur. Ils oublient la puissance d’un tel phénomène. Et il est encore plus difficile de leur faire prendre conscience des effets indirects d’une inondation, par exemple l’arrêt des stations d’épuration ou les pannes d’électricité qui peuvent survenir sur un quartier hors zone inondable. De plus avoir conscience du risque ne signifie pas forcément l’intégrer dans sa vie quotidienne. Et sur la liste des priorités, les crues ne viennent pas en premier.

Quelles actions avez-vous mises en place pour améliorer la prise en compte du risque et la prévention ?

A.G. : Dans le cadre du PAPI*, nous avons développé un outil pédagogique sur le thème de l’inondation qui a vocation à être diffusé dans les collèges. Nous avons aussi organisé quelques exercices de gestion de crise à destination des élus dans les communes urbaines de l’aval. Pour le PAPI complet, nous souhaitons en organiser de façon plus fréquente et couvrir l’ensemble du bassin versant afin de mieux préparer les acteurs locaux à la gestion de crise. D’autres pistes existent, par exemple mobiliser davantage les associations de proximité qui connaissent bien le terrain et ses problématiques socio-économiques pour qu’elles relaient nos messages de prévention auprès de la population. Nous envisageons également de diffuser de l’information auprès des entreprises à la fois sur le risque et sur les actions qu’elles peuvent mettre en place pour mieux se protéger et réduire leurs dommages.

F.H. : Dans le cadre des trois PAPI, portés par le syndicat, nous organisons un Salon de l’inondation départemental pour informer le public et promouvoir des solutions d’anticipation et de protection. Nous avons également signé une convention avec un centre d’initiation à la nature pour mener des actions de sensibilisation vers les scolaires ce que nous n’avions pas encore fait jusqu’à présent. Pour toucher des entreprises, nous travaillons avec la Chambre de commerce et d’industrie qui organisent des ateliers auxquels nous sommes conviés. Là encore, comme pour les particuliers, les industries qui sont implantées sur le territoire depuis longtemps ou qui ont été victimes d’une crue ont plus conscience du risque et ont mis en place des dispositifs de protection. Nous travaillons par ailleurs en étroite collaboration avec la Chambre d’agriculture concernant le problème d’érosion des sols. L’objectif est d’effectuer un diagnostic pour savoir exactement par où les eaux de ruissellement s’écoulent et s’engouffrent dans les habitations. Nous incitons par ailleurs les agriculteurs à mettre en place des mosaïques de cultures, à développer les zones humides et les techniques de cultures simplifiées sans labour pour améliorer l’infiltration de l’eau dans les sols.

*Programme d’actions de prévention des inondations.

Zones humides : 3 questions à Nicolas Guillen, maire d’Ozouer-le-Voulgis

Présentes en Île-de-France, les zones humides offrent de multiples visages. A Ozouer-le-Voulgis, en Seine-et-Marne, elles sont liées à la présence de cours d’eau. Rencontre avec Nicolas Guillen, le maire de ce village.

Quelles sortes de zones humides se trouvent sur le territoire de votre commune ?

La Direction régionale de l’environnement a établi une cartographie des zones humides en Ile-de-France. Celles que nous avons sont situées près des cours d’eau.P_18-21_focus_interview On les retrouve au niveau des berges de l’Yerres qui s’écoule au sud de notre commune, le long d’anciens rus (petits ruisseaux) et de réseaux de drainage. Il existe également des zones humides supposées, dites de classe 3, dont le caractère humide reste à vérifier.

Quelles actions avez-vous mises en œuvre concernant ces milieux ?

Du point de vue réglementaire, dans le cadre du Plan local d’urbanisme (PLU), nous avons identifié les zones humides avérées. Elles sont de deux types : naturelles et agricoles. Elles figurent ainsi déjà sur notre plan de zonage. Nous menons aussi des actions qui ne visent pas directement et spécifiquement ces écosystèmes mais qui contribuent à les préserver. Par exemple, la commune s’est engagée depuis déjà 2 ans dans le zéro phyto, qui est désormais obligatoire. Nous prenons également soin de ne pas faucher les berges de l’Yerres avant la fin du mois de juin pour permettre au cycle complet des végétaux d’avoir lieu. Enfin, dans le cadre d’une intervention sur un barrage, nous allons effectuer une renaturation des berges de cette rivière.

Pourquoi est-il important, selon vous, de les protéger ?

Cela paraît évident d’intégrer la présence de zones humides dans tout ce qui se fait aujourd’hui en matière d’aménagement et d’environnement. Nous avons la chance de bénéficier d’un cadre de vie privilégié : une commune qui possède les caractéristiques d’un petit village briard, la présence de l’Yerres et d’un domaine forestier. Les zones humides font tout simplement partie de ce paysage et de ce patrimoine naturel à préserver. Ces milieux ne sont pas encore suffisamment connus de la population. Nous avons des utilisateurs qui en profitent, qui ont conscience de la qualité de ce cadre naturel et de la nécessité de le protéger. Mais ils n’ont pas encore forcément identifié le fonctionnement des zones humides, leur complexité ni l’utilité du cycle de l’eau.

Zones humides : des beautés si fragiles

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Quel est le point commun entre l’île de Noirmoutier, les marais salants de Guérande, les Rives du Lac Léman et la Baie du Mont Saint-Michel ? Réponse : ces sites sont des zones humides. Abritant une riche biodiversité, ils rendent aussi de nombreux services à l’homme.

Marécages, marais, étangs, tourbières, estuaires, deltas, plaines alluviales, mangroves… les zones humides présentent des visages multiples. Pour pouvoir les identifier, des critères ont été établis comme la présence de plantes hygrophiles (roseaux, nénuphars, baldingères, carex…). En l’absence de végétation, la morphologie des sols peut toutefois suffire à désigner une telle zone. L’humidité étant l’élément central de ces écosystèmes, les terrains doivent en effet être en contact avec l’eau. Autrement dit, ils doivent être, selon la définition du code de l’environnement (Art. L.211-1), « habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire. » Parfois, la zone humide est trop altérée et ces critères ne sont plus visibles. Les périodes d’inondation peuvent alors constituer un indice. Mais surtout, ce sont les carottages qui vont permettre d’évaluer les fluctuations de la présence de l’eau.

Des écosystèmes menacés

P_18-21_focus_5Entre 1960 et 1990, 50% des zones humides ont été détruites ou dégradées. Dans ces années-là, des grands plans d’aménagements et une intensification de l’urbanisation ont entraîné le drainage des marais, la modification des cours d’eau, l’assèchement des terrains pour créer des routes, des parkings… L’agriculture fait alors aussi sa révolution avec la mécanisation l’abattage des haies, l’utilisation massive de produits phytosanitaires. A cela s’ajoutent la pollution, la prolifération d’espèces envahissantes et les événements climatiques exceptionnels. Un cocktail funeste pour les zones humides qui enregistrent un triste record, celui des milieux naturels parmi les plus menacés au monde.

Méconnus, ces espaces sont par ailleurs souvent perçus comme des terrains non productifs et sans intérêt. A tort car les services qu’ils rendent à l’environnement et à l’homme sont nombreux. Les zones humides servent d’étape migratoire, de lieu de reproduction, d’abri, d’hivernage et de nourrissage pour de nombreuses espèces d’oiseaux, de batraciens et de poissons. Elles abritent également des espèces végétales rares. Environ 50% des espèces d’oiseaux d’eau et 30 % des plantes menacées dépendent de ces milieux. Véritables éponges naturelles, elles jouent par ailleurs un rôle essentiel dans la régulation des eaux. En stockant et retenant l’eau, elles limitent les crues.  A l’inverse, elles la restituent à la nature en cas de manque et rechargent les nappes souterraines grâce à l’infiltration dans les sols. Enfin, filtres naturels, elles épurent les eaux et limitent les pollutions. Les conséquences de leur disparition sont bien reconnues : une baisse de la capacité de rétention des eaux lors des crues, une accentuation des pollutions, un impact sur la flore et sur la faune privée d’abri, de nourriture et de lieu pour se reproduire.

Une utilité économique

Pêcheurs, éleveurs de coquillages et crustacés, fabricants de matériaux de construction à base de bois et de roseau mais aussi agriculteurs pour le fourrage et le pâturage… ils sont nombreux à profiter des matières premières fournies par ces milieux très productifs. Du maintien de ces écosystèmes dépend donc celui de ces activités économiques. Sans oublier les fonctions paysagères, sociales et culturelles des milieux humides utilisés comme lieux de détente, de loisirs et de découverte. Bien souvent, leur importance devient perceptible lorsqu’il est trop tard…Marais salant de Noirmoutier

Les organismes internationaux et les Etats ont cependant pris la mesure des dangers qui pèsent sur les zones humides et de l’intérêt qu’il y a à les protéger. Au niveau international, le label Ramsar (lire ci-contre) offre une reconnaissance des zones humides et des efforts fournis pour les préserver mais elle n’apporte pas d’autre protection réglementaire. Au niveau européen et national, ce sont la directive cadre sur l’eau de 2000  et la loi sur l’eau de 1992, créant les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), qui mettent en place une protection. Dans ce cadre, la France s’est doté depuis 19925 de plusieurs plans nationaux d’action en faveur des milieux humides, le dernier portant sur la période 2014-2018. A travers différentes actions concrètes, l’objectif est d’améliorer la prise en compte des zones humides dans l’aménagement urbain, dans les pratiques agricoles, dans les politiques publiques de gestion de l’espace (risque inondation, captage, eaux souterraines, gestion par bassin versant…).

Une date : 2 février

C’est ce jour-là, en 1971, que 18 pays signent la Convention relative aux zones humides d’importance internationale à Ramsar, en Iran. Une date désignée depuis « Journée mondiale des zones humides » et célébrée chaque année par des manifestations de sensibilisation. Fondée à l’origine sur la protection des habitats des oiseaux, la Convention a élargi son champ de compétence. Ce traité international engage les Etats membres à conserver et à utiliser de façon durable leurs milieux humides et prévoit la création d’un réseau mondial de zones humides. Aujourd’hui, il regroupe 169 parties contractantes, soit 2260 sites labellisés Ramsar couvrant plus de 215 000 000 d’hectares. La France, qui ne l’a ratifiée qu’en 1986, en compte 45 en métropole et en outre-mer, soit plus de 3,6 millions d’hectares.

Les vigies de la qualité de l’eau

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C’est un petit local technique qui, au premier regard, ne paie pas de mine jouxtant d’un côté l’Yerres, de l’autre le Réveillon. A l’intérieur, pourtant, l’activité ne faiblit pas. En flux continu, une station de mesure de la qualité de l’eau enregistre en effet une multitude de données qu’elle transmet ensuite au SyAGE. Objectif : surveiller l’état des rivières.

« Abbaye » et « P.Y. ». Au SyAGE, ce sont les noms qu’on leur donne. Ces deux stations de mesure de la qualité de l’eau sont placées à des endroits stratégiques : l’une mesurant le Réveillon est située à sa confluence avec l’Yerres, l’autre mesurant l’Yerres est installée à sa confluence avec la Seine. Et elles ne chôment pas. En permanence, elles récoltent plusieurs sortes de données grâce à des sondes plongées dans un bac d’eau : ammonium (NH4), turbidité (quantité de particules en suspension dans l’eau), dioxygène dissous, conductivité (quantité d’ions présents), pH (indicateur de l’acidité), température. Sans oublier le débit des cours d’eau calculé à partir des mesures de hauteur et de vitesse effectuées par d’autres sondes (sonde à ultrasons située en hauteur et sonde immergée piézométrique à membrane).

P1090120Ces données sont transmises à distance par télégestion au SyAGE. Chaque jour, les deux techniciens du service Contrôle des Milieux Naturels (CMN) du syndicat peuvent ainsi les consulter depuis un poste d’ordinateur. Les informations brutes qui arrivent sont ensuite traitées. Certaines sont validées tandis que les valeurs aberrantes (erreurs, dysfonctionnements,…) sont supprimées. « Chaque mois, nous établissons un bilan que nous envoyons aux acteurs concernés : les élus des différentes collectivités, l’Onema (Agence française pour la biodiversité), la police de l’eau ou encore les Fédérations de pêche », explique Thomas Ladjili, l’un des deux techniciens du service CMN.

Les stations de mesure permettent de connaître en temps réel l’évolution de ces différents paramètres et de repérer d’éventuels problèmes. « L’ammonium est le principal indicateur physico-chimique de pollution par les eaux usées notamment. Un pic de cette valeur peut donc indiquer des rejets dans le cours d’eau. » Une fois cette anomalie notée, place au travail de terrain pour confirmer la pollution par des prélèvements et en trouver l’origine. Sur l’écran d’autres pics sont plus anodins. « La pluie, par exemple, a une influence sur l’état de l’eau. Elle diminue la conductivité et augmente la turbidité. »

Les sondes testées tous les mois

En cas de pic de valeur, Thomas Ladjili reçoit aussi une alerte sur son téléphone portable. Ces alarmes peuvent toutefois concerner d’autres dysfonctionnements, « par exemple une pompe qui ne fonctionne plus ou un manque d’eau dans le bac dans lequel sont plongées les sondes. » Très sollicitées, les stations de mesures ont en effet besoin d’être entretenues en permanence. « Toutes les semaines nous venons nettoyer les sondes et les bacs qui s’encrassent. Tous les mois nous effectuons également des tests pour contrôler le bon fonctionnement des sondes. » Une maintenance préventive qui au fil du temps permet de réduire la maintenance corrective.

Récemment, « Abbaye », âgée de 10 ans, a même eu droit à une cure de jouvence. Au programme : remplacement du système de mesure de débit qui comprend l’installation de nouvelles sondes de vitesse, une sonde de hauteur piézométrique et toute l’électronique dont ces sondes ont besoin (cliquez sur les photos ci-dessous).

Ces stations de mesure s’inscrivent pleinement dans le cadre des programmes de surveillance de l’état des eaux des bassins requis par la directive cadre sur l’eau de 2000 visant à atteindre un objectif de bon état des eaux. Une troisième station, installée plus en amont de l’Yerres, viendra prochainement compléter ce dispositif.