Archive for novembre 2017

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Contrôle de conformité : un travail d’équipe

14h15, Eliane Jacobière, technicienne chargée du suivi des rejets industriels, ainsi que deux techniciens du service Assainissement et relations aux usagers, Thomas Guizien et Stéphane Huet de Guerville, arrivent dans l’entreprise dans laquelle ils vont réaliser un contrôle de la conformité assainissement. Ils sont tout de suite à pied d’œuvre. Le représentant de la société, qui fabrique et conçoit des éléments de façades, guide l’équipe du SyAGE dans les locaux. Objectif : repérer toutes les installations sanitaires, les équipements tels que siphons, cuves… raccordés au réseau de collecte public, ainsi que les stockages de produits polluants.

Le repérage terminé, l’équipe se scinde en deux. Thomas et Stéphane s’attaquent à la vérification du réseau des eaux usées. A l’intérieur, Stéphane verse du colorant vert fluo, la fluorescéine, dans chaque sanitaire ou évier, tour à tour. Thomas, lui, est sur la chaussée en face de l’entreprise. Il a retiré le tampon des eaux usées et celui des eaux pluviales. Les deux techniciens sont en relation par l’intermédiaire d’un écouteur et d’un micro. L’opération se déroule plusieurs fois : du colorant est versé dans un sanitaire, on observe son arrivée dans le réseau (« reçu ! », indique Thomas à son collègue pour que celui-ci « rince » la canalisation avant de tester un nouvel équipement) et on valide sur le plan du site. « S’il n’y a pas de colorant, il peut s’agir d’une fuite sur la canalisation. Si le colorant arrive dilué, on peut avoir affaire à un regard à décantation ou une fosse septique », explique le technicien.

Inspection de l’atelier

Pendant ce temps, Eliane fait le tour des locaux et notamment de l’atelier. Elle pose des questions, demande la destination de produits, l’alimentation des machines. Les ouvriers sont attentifs. Quelques bidons traînent à terre. L’agent du SyAGE recommande de les placer dans des bacs de rétention. Les chutes de tôlerie, elles, sont placées dans deux grands bacs pour récupération puis enlevées régulièrement par un ferrailleur. Au final, l’inspection n’a rien révélé d’anormal. « Les risques de pollution sont minimes dans l’atelier, notamment en raison de l’absence de siphons de sol », explique Eliane. On s’achemine donc vers une conformité et le renouvellement de l’autorisation de déversement de l’entreprise (obligatoire ; à renouveler tous les 5 ans).

Reste cependant à contrôler les canalisations des eaux pluviales. Un invité surprise va venir aider l’équipe du SyAGE : la pluie. De belles averses qui vont rythmer la vérification et en confirmer le résultat. Une vérification qui utilise une autre méthode. Fini le colorant, place aux résonnances. L’un des techniciens tape avec sa pioche sur une canalisation, tandis que le deuxième se penche pour écouter la sortie. Tout va bien, là aussi. Ce qui n’est pas toujours le cas, notamment lors des inspections qui suivent une pollution repérée par le service télégestion du SyAGE.

16h15, le diagnostic est terminé. L’équipe revient au siège du SyAGE.

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On gaine bien les canalisations

L’hiver est arrivé et le froid s’est installé. Ce dernier présente-t-il un risque pour les canalisations ? Bertrand Goulley, du service travaux du SyAGE, se veut rassurant. « Le risque de gel est écarté pour plusieurs raisons. D’abord parce que les canalisations sont placées à une profondeur minimum de 60 centimètres, profondeur calculée en fonction des températures de notre région. Ensuite, les réseaux d’assainissement sont le plus souvent placés plus bas encore, pour laisser la place aux autres réseaux (énergie, télécom…), sur lesquelles il faut intervenir plus souvent. La température des flux des eaux usées écartent également le risque de gel. Enfin, la dimension des canalisations font que seul un tiers de la surface est normalement utilisée : l’écoulement pourrait continuer même s’il y avait du gel », énumère-t-il. Et le technicien de définitivement rassurer : « Il faudrait vraiment qu’on subisse une période sibérienne pendant un mois entier pour qu’on connaisse ce phénomène ! ». Même si le dérèglement climatique est une idée communément admise, on semble se placer là dans la fiction.

Caméras dans les réseaux

Cependant, il arrive que les canalisations subissent des dégradations, pour d’autres raisons que le froid. En témoignent les travaux qui vont commencer le 27 novembre rue Camille Saint-Saëns, à Santeny, ou ceux qui s’effectueront en tout début d’année prochaine rue de la Sablière, à Yerres, et avenue de la République, à Montgeron. « Ce qui peut dégrader les réseaux est la formation d’un gaz, l’hydrogène sulfuré (H2S), dans les réseaux des eaux usées. Ce gaz attaque la structure des plus vieilles canalisations. » Ces trous peuvent provoquer des pollutions vers l’extérieur du réseau et des apports d’eau parasites dans les autres canalisations. Pour vérifier l’état du réseau, et repérer d’autres causes de détériorations comme les écrasements, perforations, joints défaillants et autres branchements pénétrants, le service Entretien aux communes du SyAGE mandate des entreprises afin d’inspecter l’état des réseaux. Ces contrôles, systématiques en cas de travaux de voirie, s’effectuent au moyen de caméras insérées dans les canalisations. Le SyAGE possède également l’un de ces petits engins depuis 2011. Il diffuse ses images sur un écran devant lequel un technicien relève les dégâts constatés.

Gaine structurante

Pour réparer ces dégradations, il existe une technique présentant bien des avantages : le gainage ou chemisage continu. Le principe ? Une conduite souple est poussée à l’intérieur de la canalisation. Elle est chauffée pour épouser la forme de la conduite, par polymérisation, devenant une gaine structurante sur une grande longueur, parfaitement étanche et délivrée des joints pouvant s’abîmer des canalisations classiques. D’autre part, la technique permet de ne pas creuser de tranchées, évitant ainsi aux utilisateurs de la voirie les désagréments liés à ce type de travaux. Enfin, le coût de ces réparations représente une économie d’environ 30 % par rapport à l’ouverture de la voirie. Elles ne sont cependant pas éligibles lorsque les dégradations sont très importantes ou que la conduite n’est plus alignée. Pour les plus petites réparations, en revanche, on n’utilise ni l’une ni l’autre de ces techniques mais on fait appel à un robot, qui peut notamment fraiser les concrétions de béton ou de graisse qui ont pu se former au fond des canalisations.

 

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Renaturation : les élus se nourrissent de l’exemple de la Mérantaise

Le 21 novembre, une délégation composée d’élus et de représentants de communes membres du SyAGE * ont effectué une visite sur le terrain de l’opération de renaturation de la Mérantaise, un affluent de l’Yvette. Ils étaient accompagnés par Marie-Pierre Pinon, chargée d’opération rivière à l’Agence de l’eau Seine-Normandie, et d’agents du syndicat, à l’origine de la visite. Cette renaturation exemplaire, effectuée par le Siahvy en 2014 et 2015, a concerné une portion de 1,5 kilomètre de la rivière, située notamment dans le centre-ville de Gif-sur-Yvette.

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » C’est avec cette citation attribuée à Antoine de Saint-Exupéry que Michel Barret (ci-contre), président du Siahvy, a souligné l’importance de la renaturation des rivières. « Aujourd’hui, nous ne lançons plus aucun chantier qui ne corresponde pas à cet enjeu », soulignait l’élu. L’objectif de la renaturation, référencée dans la Directive cadre sur l’eau de l’Union européenne en l’an 2000, est de redonner la vie aux cours d’eau et améliorer la biodiversité, en facilitant notamment le transport des sédiments et la circulation des poissons par l’intermédiaire de la suppression des obstacles construits par l’homme. Des travaux qui passent parfois par un reméandrage (changement de tracé) de la rivière, comme dans le cas de la Mérantaise, et nécessitent surtout une importante concertation avec les riverains. « Il s’agit de conjuguer l’intérêt général et les intérêts privés », reprenait le président du Siahvy. Car la peur de l’inconnue, les changements esthétiques de la rivière, la baisse de la hauteur d’eau et l’abattage d’arbres ont pu générer inquiétudes et méfiance. Sans compter les « aléas » (erreur du cadastre, découverte d’une pollution…) et les exigences réglementaires.

Mais « le bon sens a pris le dessus », comme l’indiquait Jérôme Rozanski (ci-contre), chef du service milieux naturels du Siahvy. Le porteur du projet de renaturation a décliné les travaux qui ont été effectués. Notamment ceux destinés à « rattraper » les neuf mètres de dénivelés maintenus par des ouvrages qui donnaient à la rivière un « faciès d’étang », favorisaient la vase, les moustiques et ne proposaient qu’une biodiversité limitée dans ces milieux fermés. L’ensemble de ces travaux, effectués pour un coût de 4,5 millions d’euros HT, financés à 80 % par l’Agence de l’eau Seine-Normandie, comprenait également une partie hydraulique de lutte contre les inondations. Preuve de l’efficacité des réalisations, le centre-ville de Gif-sur-Yvette a été l’un des rares secteurs à ne pas avoir subi d’inondation en juin 2016.

La prise en compte des aspects patrimoniaux été partie intégrante de la réalisation, comme sur le site de l’ancien lavoir ou du jardin botanique, sur les terrains du CNRS. La rivière, rendue au mouvement, produit dorénavant un chant d’eau vive appréciable et bénéficie du retour d’espèces végétales ou animales.  » Les habitations ont gagné quelques points de valeur, avait remarqué Michel Barret lors de la présentation. Et la mairie a profité des travaux pour raccorder certains bâtiments au réseau d’assainissement collectif. »

Le bilan apparaît donc très positif. Et l’entretien de la rivière après renaturation n’est pas plus important qu’avant, soulignait enfin Jérôme Rozanski.

A noter qu’avant la délégation invitée par le SyAGE, le Siahvy avait reçu, la semaine précédente, une visite de l’Union européenne représentée par des experts de neuf pays, venue étudier la renaturation de la Mérantaise.

La question de la renaturation des cours d’eau sera au sommaire du magazine du SyAGE, L’Eau, qui sera distribué dans les gares le 18 décembre et disponible dans toutes les mairies du bassin versant de l’Yerres et au siège du syndicat, à Montgeron, à partir de cette date.

* Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine, vice-président du SyAGE chargé de la rivière l’Yerres; Christine Cotte conseillère municipale de Boussy-Saint-Antoine chargée de l’environnement; Annie Fontgarnand, première adjointe au maire de Crosne en charge du développement durable; Michel Noël, conseiller municipal de Montgeron en charge des bâtiments, de la sécurité et de l’accessibilité et élu du SyAGE; Jacky Gérard, adjoint au maire de Quincy-sous-Sénart chargé des travaux et de la sécurité et vice-président de la Communauté d’agglomération du Val d’Yerres en charge des nuisances environnementales; Michel Pinjon, conseiller municipal de Villecresnes délégué aux subventions travaux et élu suppléant du SyAGE; Roger Davito, directeur des services techniques d’Yerres; Marc Chesnel, du service des espaces verts d’Yerres. Pour le SyAGE, étaient présents Laurence Doreau, Sandrine Lefort, Vincent Delecour, Jean-Baptiste Ferrero et Loïck Guesdon.

 

 

Inondations : des échanges pour mieux gérer l’avenir

Le 18 octobre dernier, au SyAGE,  le risque inondation a été au cœur d’échanges entre élus, représentants de l’Etat, d’entreprises et de collectivités et agents du syndicat. Objectif : mettre en commun les expériences et échanger pour mieux gérer l’avenir.

« On a été confronté à beaucoup d’incrédulité. » Le 18 octobre, Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine, partageait en introduction des travaux son expérience de la crue de juin 2016. Une manière pour la cinquantaine de participants à la journée d’échanges sur le risque Inondation, réunis au SyAGE, de se remémorer la violence des événements et la complexité de la réponse à y apporter.

Au menu de cette rencontre, pas de longs discours mais six tables d’échanges autour desquelles les participants ont travaillé sur trois thématiques : le bilan de la crue de juin 2016, la communication de crise et la culture du fleuve. Acteurs plutôt que spectateurs, les élus, représentants de l’Etat, d’entreprises et de collectivités, et agents du SyAGE, ont partagé leur expérience des événements de 2016 et mis en exergue les réussites et les manquements de leur action. L’exercice Sequana de 2016 a ainsi été salué. Il a permis une mise en place plus rapide des cellules de crise. La solidarité entre administrés a également été remarquée et louée, comme la réactivité des services publics et du SyAGE. En revanche, des difficultés ont été relevées comme l’absence de culture du risque, notamment celle de la population, le manque de matériels (embarcations, sacs de sable…), la coordination parfois imparfaite des services communaux et l’obsolescence de certaines informations contenues dans le Plan Communal de Sauvegarde (PCS).

INTOX ET CULTURE DU FLEUVE

Le deuxième atelier concernait une thématique présente en filigrane lors des débats du premier exercice : la communication. Parler le même langage, identifier dans chaque structure un référent communication et utiliser un même hashtag pour uniformiser les informations et alertes ont été les mesures les plus unanimement réclamées. La lutte contre les intox sur les réseaux sociaux a été abordée, tandis que des moyens plus traditionnels (réunions publiques de prévention, camionnettes avec haut-parleur, ambassadeurs dans les quartiers…) ont semblé indispensables, notamment en cas de rupture d’alimentation électrique.

Enfin, le troisième atelier a proposé aux acteurs de la journée de s’élever au-dessus des événements pour appréhender la question de la culture du fleuve. Après la mémoire de la crue, à entretenir au travers d’une signalétique idoine et d’événements permettant de fixer l’événement dans le temps, il s’agira de sensibiliser la population vers une réappropriation globale de la rivière, permettant de garder en tête ses dangers impondérables tout en appréciant ses attraits : paysage, balades, activités sportives et de loisirs…

La boîte à idées collective pouvait se refermer. La journée, animée par Jean-Baptiste Ferrero, directeur de la communication, et Loïck Guesdon, responsable du pôle Rivière au sein du SyAGE, avait tenu toutes ses promesses.