Archive for décembre 2017

Read More

Abeilles Aide et Entraide, l’employeur qui cultive la solidarité

Virginie Gesbert (au premier plan), directrice d’Abeilles Aide et Entraide, et Eléa Laouari, chargée d’insertion, dans l’une des serres du site.

A Abeilles Maraîchères, on cultive 52 espèces de légumes, parfois anciennes, et 132 variétés. Bios. Et ceux qui les cultivent ont des parcours avec autant de variété. Mais tous ces cas d’espèces ont un point commun : leur difficulté à accéder ou à retrouver un emploi.

L’établissement, situé à Crosne, est officiellement un « chantier d’insertion » mais ce terme ne satisfait pas Virginie Gesbert, la directrice de l’association Abeilles Aide et Entraide, dont il dépend. La jeune femme préfère utiliser celui d’employeur solidaire. Solidarité à destination des 20 salariés qui travaillent, en moyenne, sur le site qui, outre la culture de légumes, de la graine au produit final, comprend également un poulailler et une activité espaces verts. Et, plus globalement, solidarité envers les 300 demandeurs d’emploi que l’association accueille chaque année dans ses deux antennes, pour les orienter, leur trouver des formations et, majoritairement, les salarier*. Avec des contrats, réalisés chez des personnes physiques ou morales, plus ou moins longs : parfois, deux heures mensuelles se révèlent un bon début pour reprendre pied. « Nous les accompagnons dans un projet professionnel, dans un projet de vie, souligne Virginie Gesbert. La première étape de ce parcours est de retrouver la confiance en soi. Souvent, ils n’ont pas travaillé depuis longtemps et beaucoup ont connu des épisodes de vie difficiles. La seconde est de les intéresser et les mobiliser. La troisième est de travailler sur un projet professionnel évolutif. »

Employeur multiservice

Thierry et Ibrahim nettoyaient les légumes destinés aux paniers vendus par l’association.

L’éventail des emplois proposés par Abeilles Aide et Entraide est large. Ils se rencontrent dans les domaines du nettoyage (de plus en plus, grâce aux marchés publics), des petits travaux (maçonnerie, peinture…), de la manutention, des espaces verts… C’est dans ce domaine que le SyAGE confie à l’association des opérations d’arrachage de renouée du Japon, plante fortement invasive. « Nous tenons à être multiservice, reprend Virginie Gesbert. Et de plus en plus. Par exemple, nous venons d’être contacté par une entreprise pour de la mise sous plis : c’est formidable car c’est une activité qui convient à des personnes qui ont des problèmes de santé et n’ont donc pas accès aux missions plus physiques. » Abeilles Maraîchère, comme chantier d’insertion, peut proposer des CDD d’insertion de six mois renouvelables et 26 à 35 heures mensuelles, qui permettent d’accélérer beaucoup de démarches, notamment de logement. Les autres contrats de l’association sont pour leur grande majorité des CDD d’usage (en « extra »), mensuels et qui peuvent comprendre peu d’heures de travail. Ce qui n’empêche pas les « sorties positives » de l’association, c’est-à-dire les demandeurs d’emploi qui quittent la structure pour un CDI, des CDD de plus de six mois, une formation qualifiante ou même un départ en retraite. Ces sorties positives sont largement majoritaires, représentant, par exemple, 71 % en 2016, en incluant les CDD de moins de six mois et les entrées en formation non qualifiante. Parmi elles, 24 % ont concerné des emplois durables (CDI et CDD de plus de six mois).

Paniers de légumes à vendre

Des « paniers » de légumes sont vendus par Abeilles Maraîchère chaque semaine.

Parmi ces sorties heureuses, figurent de belles histoires, comme celle de cet homme âgé de 40 ans, qui se trouvait dans une situation catastrophique à son arrivée à l’association. Abimé par problèmes d’alcool et comportementaux  hérités d’un contexte familial dramatique mais conscient d’avoir gâché les quarante premières années de sa vie, il a adhéré au parcours professionnel proposé par l’équipe permanente de l’association (16 postes), suivi une formation qualifiante qui a débouché sur un recrutement. Ou encore celle de cette femme à qui Abeilles a proposé d’abord un travail puis un poste de chef d’équipe. « Je voulais d’abord refuser car je ne m’en sentais pas capable, témoigne-t-elle dans le rapport d’activité 2016 de l’association. J’ai avancé dans ma vie, j’ai du travail stable et je dors bien. » La belle histoire, tout le monde peut aussi l’écrire en achetant les paniers de légumes qu’Abeilles Maraîchère propose chaque semaine**.

* Abeilles Aide et Entraide est une Association Intermédiaire. A but non lucratif, elle embauche des demandeurs d’emploi de la Communauté d’agglomération Val d’Yerres – Val de Seine pour les mettre à disposition, à titre onéreux, de donneurs d’ordre, personnes physiques ou morales. Chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’euros en 2017. Son siège administratif se situe à Yerres : tél. 01 69 48 88 43. Elle compte des antennes à Draveil et Epinay-sous-Sénart.

** Paniers à 8 ou 13 euros, chaque semaine. Adhésion à l’année. Egalement vente directe, au 5, rue des bâtisseurs, à Crosne, le mercredi, de 16 h à 19 h et les jeudi et vendredi, de 9 h à 17 h. Téléphone : 09 67 21 18 40 et 06 08 10 96 75.

Read More

Esat de Rosebrie : une ruche de métiers adaptés

Les brebis solognotes qui entretiennent à la belle saison les sites du SyAGE ne sont pas loin, dans leur prairie de deux hectares agrémentée d’un abri. De là, elles peuvent observer les locaux de l’Esat* de Rosebrie, où 160 personnes en situation de handicap mental ou psychique** travaillent. Cinq activités, et beaucoup plus de métiers, leur sont proposés : sous-traitance industrielle (montage, stockage, étiquetage…) ; blanchisserie industrielle (600 à 700 kilos de draps, vêtements professionnels… lavés chaque jour) ; entretien de locaux ; restauration collective (1 800 à 2 000 repas par jour) ; et Espaces verts (aménagement, entretien, ruches, éco-pâturage). « La majorité sont fiers d’avoir une activité professionnelle, de faire partie de la vie sociale, explique Evelyne Cocot (photo ci-contre), directrice de l’établissement qui fait partie de l’Apogei 94***. Notre mission est de permettre aux personnes n’ayant pas la possibilité de travailler dans un milieu ordinaire, de le faire. »

Un gabarit pour compter

Certains d’entre eux passent deux heures dans les transports pour arriver dans les locaux, situés à Mandres-les-Roses. D’autres habitent sur place, dans des hébergements en cours de réaménagement et d’extension. D’autres encore vivent chez des proches qui les conduisent, tandis qu’une minorité vient au volant de leur voiture. « Il y a autant de situations qu’il y a de travailleurs, reprend Evelyne Cocot. Il y a des personnes polyvalentes, d’autres monotâches, qui seraient perturbées si on leur demandait de changer. On s’adapte à ce qu’ils savent faire. Certains finissent par rejoindre le milieu ordinaire en vrai professionnel dans leur métier. » Ces adaptations s’observent sur le poste de travail. Dans l’atelier de sous-traitance industrielle, par exemple, des gabarits ont été confectionnés pour les travailleurs ne sachant pas compter. Des colonnes et des points leur permettent de visualiser le nombre de produits à rassembler avant de les mettre en sachet. Côté restauration collective, la légumerie se révèle particulièrement active, ce qui permet de proposer des crudités fraîches, découpées à la main. Une plus-value pour les deux menus du midi et le menu du soir, déclinés en plusieurs régimes (sans sel, hypocalorique, diabétique…) La cuisine de l’Esat fait d’ailleurs l’objet de visites de la part de structures voulant dupliquer cet équipement et son mode de fonctionnement en partenariat avec une entreprise de restauration collective, qui y détache des salariés. De son côté, l’équipe Espaces verts bénéficie de tous les outils professionnels mais les moniteurs qui les encadrent (il y en a une vingtaine toutes activités confondues à l’Esat) ne confient les plus potentiellement dangereux qu’à certains des travailleurs, préalablement formés.

Paradis des animaux

C’est parmi cette équipe que l’on retrouve les soigneurs des brebis « employées » par le SyAGE. Ils sont capables de les attraper, de soigner leurs ongles, de vérifier l’eau à leur disposition, de repailler leur abri… « Ils adorent les animaux, certains s’accroupissent et les brebis viennent autour, raconte Evelyne Cocot. Il y a également ici trois chats stérilisés par l’Esat et nourris par les travailleurs, par exemple. Ce qui est embêtant, c’est la mort des animaux. Ca marque beaucoup. C’est un moment difficile mais aussi celui d’en discuter avec eux. » L’équipe médico-sociale, composée notamment d’une psychologue et d’une psycho-motricienne, peut alors venir en renfort des moniteurs. En plus de l’éco-pastoralisme, le SyAGE confie également à l’Esat de Rosebrie l’entretien de chemins (taillage de haies, ramassage de feuilles, fauchage, ramassage de détritus…) dans treize communes différentes. Et ce n’est pas fini puisque de nouveaux pensionnaires devraient venir aider les « solognotes » dans leur tâche. Il s’agirait de plus petits modèles (40 kilos), venues des Landes.

Esat de Rosebrie : tél.: 01 45 10 26 00.

* Etablissement et services d’aide par le travail.

** On distingue le handicap mental (déficience intellectuelle, retard mental) du handicap psychique (troubles comportementaux).

*** L’Apogei 94 compte quatre grands pôle d’activité : travail et insertion économique (6 établissements, dont l’Esat de Rosebrie, ouvert en 1975) ; hébergement et insertion sociale (11) ; enfance éducation (5) ; établissements médicalisés (4). L’association parentale revendique 650 salariés.

Read More

Cure de jouvence pour le lavoir d’Epinay-sous-Sénart

Le lavoir d’Epinay-sous-Sénart, situé avenue du 8 mai 1945,  se refait une beauté. Le chantier a débuté mardi dernier et devrait durer jusqu’à la fin de l’année, voire plus en cas d’intempérie.

Le bâtiment, qui s’était dégradé au fil du temps, va se doter d’une nouvelle toiture. Les tuiles ayant trop souffert, elles seront remplacées par de nouvelles, « vieillies » pour que leur apparence s’approche des originales, tandis que la charpente en bois sera traitée. Particularité de cette dernière, tout le coffrage avait été réalisé à l’aide d’ardoises. Le bois, on le retrouve également le long du bassin, là où les lavandières s’agenouillaient pour baigner le linge dans le bassin. Lui aussi sera traité et enduit d’une couche protectrice.

Mur de meulières

Les murs du vénérable édifice auront droit également à une attention appuyée. Sa façade d’entrée, composée de deux murs situés de chaque côté de la vanne d’arrivée d’eau, sera rejointée et grattée afin de faire ressortir les meulières. Même chose pour le muret situé en face, qui sera en plus décaissé et débarrassé de la chaux qui le recouvre. Les deux entrées du lavoir seront fermées par des portes pour éviter que des graffitis ne viennent détériorer de nouveau l’ensemble, comme cela a eu lieu encore depuis le début des travaux. De même, les murs seront enduits d’une solution anti-graffiti. A l’intérieur, ils seront grattés puis recouverts d’une nouvelle couche de chaux.

Au centre, le bassin fera l’objet d’un grand nettoyage, qui fera ressortir les pavais se trouvant au fond. Et devrait retrouver un niveau d’eau s’approchant de celui que les lavandières connaissaient alors. Pour l’instant, si le niveau manque, le bruit de l’eau est bien présent, ce qui laisse à penser qu’elle provient non de la rivière (la prise d’eau se situant trop haut) mais d’une ou plusieurs sources se trouvant dans le coteau.

Une histoire trouble

Le lavoir, qui avait déjà été restauré dans les années 1990, possède une histoire un peu trouble. On ne connaît pas exactement son année d’édification. « Les archives signalent la destruction d’un lavoir dans la commune en 1815, œuvre des armées ennemies qui occupent la commune après Waterloo. Ce n’est qu’en 1820 que l’Etat paiera les dommages de guerre à la commune. Les indemnités servent à rétablir le lavoir et le hangar qui l’abrite », raconte Sylvie Petitfils, archiviste de la mairie d’Epinay-sous-Sénart. En 1889, une délibération municipale fait état d’un projet de transformation de l’équipement, qui est « continuellement envahi par les eaux mal dirigées à Rochopt par l’usinier ». On envisage alors un déplacement et un agencement sur le modèle du lavoir de Mandres-les-Roses, avec « plancher mobile et crémaillère ». Mais les fonds manquent pour sa réalisation et, aujourd’hui, on ignore encore si elle a finalement eu lieu. Une chose est sûre, comme tous les autres lavoirs, celui d’Epinay a ensuite perdu peu à peu de son utilité à partir des années 60, de l’arrivée de l’eau courante dans les habitations et du développement des machines à laver le linge.

Read More

Renouée du Japon : lutte ancienne, méthode nouvelle

La renouée du Japon n’est pas la bienvenue sur les berges de l’Yerres et du Réveillon et une campagne de lutte contre cette espèce invasive vient de débuter à Brunoy, menée par le SyAGE. Cette espèce n’est en effet pas une invitée très respectable. Envahissante, ses racines peuvent descendre à plus de trois mètres sous la surface du sol, lui permettant de coloniser des linéaires importants de berge. Elle y impose ses massifs très denses et élimine les espèces indigènes, avec pour conséquence le recul de la biodiversité et l’encombrement du paysage. De plus, la renouée laisse en hiver le sol nu en surface, ce qui peut provoquer une érosion et une déstabilisation des berges.

Une méthode qui fait ses preuves

Le nouveau chantier de destruction de l’espèce, situé sur la berge d’un bras mort de l’Yerres, dans le parc Morel d’Arleux, a débuté depuis quelques jours. Il concerne un site de 300 m² de renouée. L’enjeu est de taille, tant la plante est difficile à éradiquer. Mais le SyAGE expérimente une nouvelle méthode, qui a fait ses preuves lors de la campagne de lutte en 2016 : la technique du criblage – concassage. Elle est plus rapide, nécessite moins de main d’œuvre que l’arrachage et n’utilise aucun produit phytosanitaire. Concrètement, un engin, muni d’un godet cribleur-concasseur, extrait et broie les matériaux qui constituent le sol, les rhizomes (tiges souterraines) de renouée étant les principaux visés, avant de les remettre sur place. « La technique permet d’abîmer les rhizomes suffisamment pour que les blessures s’infectent et que les racines meurent une fois remises en place, explique Vincent Delecour, du service Aménagement et Protection des Milieux du SyAGE. Par ailleurs, réaliser ces opérations en bord de rivière, dans un sol régulièrement saturé en eau, permet de diminuer la reprise des rhizomes de la plante. » Une fois le travail de criblage – concassage effectué, le sol est recouvert d’un textile naturel biodégradable, en coquilles de noix de coco broyées, puis de matériaux sains, propices à la revégétalisation. Cette opération est réalisée avec le partenariat financier du Département de l’Essonne.

Visite d’une délégation de Grand Paris Sud

Jeudi, une équipe du Grand Paris Sud (agglomération qui regroupe 24 communes sur l’Essonne et la Seine-et-Marne), menée par Dominique Sauvage, responsable des Espaces verts du secteur Centre Essonne, est venue visiter le chantier. « C’est la première fois que l’on vient observer cette technique, expliquait Dominique Sauvage. Sur notre territoire, la renoué a colonisé principalement des lits de rivière. Pour l’éliminer, nous procédons à des fauchages, quatre fois par an, voire plus. » Visiblement convaincue par l’expérience, la délégation pourrait mettre en pratique cette méthode, notamment sur leur grand projet de réaménagement du Cirque de l’Essonne.

Des campagnes depuis 2012

Pour sa part, le SyAGE a réalisé en 2012 une campagne de terrain qui a permis de localiser 45 sites de renouée genre Fallopia aux abords de l’Yerres, du Réveillon, de Villeneuve-Saint-Georges à Varennes-Jarcy. 5 580 m² avaient alors été relevés par le service Aménagement et Protection des Milieux du syndicat. S’en suivirent plusieurs campagnes destinées à « maîtriser » le développement de la plante. La première en 2012, par arrachage, confinement par la pose d’un géotextile et plantation (prunelier, cornouiller et aubépine) avait concerné deux stations à Montgeron et Villeneuve-Saint-Georges sur plus de 1 000 m². En 2013, une station de 120 m² avait été traitée toujours par arrachage, puis déblai des sols infestés et plantation (roseaux) à Yerres. En 2016, le site de 300 m² se trouvait à Yerres. Parallèlement, le SyAGE a développé depuis 2014 un partenariat avec l’association Abeilles Aides et Entraides, de Yerres, pour procéder à des arrachages réguliers sur des petites stations de 50 m².