Archive for juin 2018

Read More

La renaturation au cœur de la visite du Siarce

Jeudi 14 juin, le Siarce, Syndicat Intercommunal d’Aménagement, de Rivières et du Cycle de l’Eau, basé à Corbeil-Essonnes, a rendu visite au SyAGE. Une rencontre de travail sur le thème de la renaturation des cours d’eau mais aussi des promenades piétonnes en bord de rivière. Au programme : l’observation des sites de Varennes-Jarcy, objet de l’étude de renaturation du cours d’eau l’Yerres au niveau du moulin de Vaux-la-Reine ; le projet de transformation du plan d’eau envasé de la base de loisirs de Brunoy en une zone humide; la création d’un platelage surélevé en bois le long de la zone humide de Chalandray et l’écopaturage mis en œuvre à proximité…
Martin Sahaghian, ingénieur au Siarce, faisait partie de la délégation du syndicat*. « Nous essayons autant que possible d’échanger avec nos voisins, expliquait-il. Que cela soit ceux qui opèrent à l’amont de notre territoire sur le même bassin hydrographique, par exemple : le Smore (cela nous a été très utile lors de la crue de 2016) ou le Siarja (gestionnaire du plus gros tributaire de l’Essonne, la Juine), ou ceux de bassins versants voisins (Sagea, SyAGE, Sivoa…) dont les contextes présentent des similitudes et des différences qu’il est toujours intéressant de comparer. » Ces différences entre l’Essonne (Siarce), et l’Yerres (SyAGE) ne manquent pas. « Il me semble que l’Yerres est beaucoup plus capricieuse que l’Essonne, qui est un cours d’eau plutôt paisible du point de vue hydrologique, reprend l’ingénieur. Il me semble aussi que l’emprise humaine en fond de vallée est bien plus forte sur l’Yerres que sur l’Essonne. » Ce qui n’empêche pas le scientifique d’être assuré que la journée de découverte « enrichira » les projets du Siarce, à commencer par l’un des grands chantiers du syndicat, celui de « la restauration du fonctionnement naturel de la moyenne vallée de l’Essonne ».
Pour Sandrine Lefort, chef du service Aménagement et Protection des Milieux du SyAGE, « cette rencontre a permis au Siarce de découvrir notre patrimoine naturel mais aussi historique avec la visite de zones humides, de mares restaurées (mare Hoffmann à Yerres) mais aussi d’anciens moulins (moulin de Vaux-la-Reine à Varennes-Jarcy). En retour, cette journée a été l’occasion pour le SyAGE de prendre la mesure du travail qui l’attend pour renaturer les cours d’eau de l’Yerres et du Réveillon. En effet, le Siarce, de par sa technicité et son expérience (plusieurs ouvrages ont déjà été effacés sur le cours d’eau de l’Essonne et les berges renaturées) a pu apporter de précieux conseils aux agents du SyAGE présents ce jour. »

* Le Siarce était représenté par Annabelle Rosel, chef du service Rivière et Milieu Naturel, Alexandre Gerbaud, technicien milieux aquatiques, et Martin Sahaghian ; le SyAGE par Sandrine Lefort, Laurence Doreau, Jade Landes et Vincent Delecour, du service Aménagement et Protection des Milieux.

Read More

Crue : panique sur la faune de la prairie

Panique sur la prairie pour les insectes lors de la crue de janvier 2018 sur l’Île des Prévôts.

22 janvier 2018, des précipitations un tantinet interminables s’abattent sur l’île de France.
Il pleut tout de même depuis deux mois sur le bassin versant de l’Yerres, le cumul de précipitations risque de poser problème tôt ou tard. Hypothèse confirmée, quinze litres d’eau tombés au mètre carré entre le 22 décembre 2017 et le 15 janvier 2018 (précisément 151 mm), soit l’équivalent de trois mois de précipitations. C’est un record, la situation est exceptionnelle !
La réaction de l’Yerres (et du Réveillon) ne se fait pas attendre, le niveau d’eau monte au rythme de 2 cm/h, recouvrant lentement mais sûrement les points bas du lit majeur de l’Yerres. L’île des Prévôts, à Crosne, n’échappe pas à ce phénomène naturel. Le site est d’abord recouvert en périphérie, puis intégralement dès le pic de crue, atteint le 24 janvier à 12h39.
A cette heure, le niveau d’eau s’élève à 34,57 m au-dessus du niveau de la mer et une nappe d’eau d’environ 50 cm d’épaisseur noie intégralement le sanctuaire naturel. Les dégâts sont minimes mais à y regarder de plus près, l’heure est à la survie ! On observe des scènes de panique parmi la faune de la prairie.
Passons les scènes de piétinement qui animent le microcosme des herbes hautes à l’arrivée de la crue. Jusqu’ici bien tranquilles dans leurs galeries sous-terraines ou planquées dans l’humidité tiède du tapis de feuilles mortes, des milliers de « bestioles » prennent leurs pattes à leur cou et se mettent à l’abri des eaux plus qu’envahissantes.
Pour les plus mobiles, renards, campagnols et autres couleuvres, la crue « lente » du mois de janvier n’est qu’une perturbation temporaire les obligeant à quitter leur territoire. Passée l’inondation, et après quelques rafistolages légers, ils devraient pouvoir regagner leurs logis rapidement.
Pour les autres, en particulier pour la microfaune du sol, la crue peut-être beaucoup plus problématique.
Parmi les invertébrés du sol, on trouve les voyageurs opportunistes qui profitent du phénomène pour gagner et diversifier de nouveaux espaces via tout objet flottant non identifié (brindilles, troncs, bois divers, déchets…)* Comme le montre la photo, on observe également les irréductibles sédentaires, escargots des jardins, cloportes, scolopendres, araignées et fourmis, qui se réfugient en hauteur dans la végétation non immergée. Cette stratégie est risquée, encore faut-il choisir une brindille ou un buisson suffisamment haut pour ne pas finir noyés. Enfin, on dénombre les autres, qui pris au dépourvu, faute de mobilité et/ou d’opportunisme, succombent. La mortalité est difficile à évaluer. Elle est probablement plus importante qu’elle n’est visible, les trois quarts de la faune du sol étant constitués d’invertébrés de l’ordre du millimètre. Quoi qu’il en soit, leurs cadavres ne seront pas perdus, consommés par les « nécrophages » survivants du sol, ou dégradés en matières organiques.

Panique sur la prairie pour les insectes lors de la crue de janvier 2018 sur l’Île des Prévôts.

Après l’inondation, à partir du 26 janvier, vient la décrue, avec son lot ici et là de découvertes macabres, cadavres inertes de campagnols échoués et chapelets d’escargots détrempés. C’est troublant, cette petite faune terrestre noyée. Toutefois, passée cette première vision, souvent émotionnelle, il faut voir avant tout dans la crue, un phénomène bénéfique à la biodiversité, propice aux processus naturels et primordiaux que sont le brassage génétique des populations animales, la colonisation de nouveaux sites, la sélection naturelle, grâce notamment aux voyageurs opportunistes et aux individus les plus audacieux décrits plus hauts.
Pour la rivière et sa vallée, d’un point de vue écologique, la crue est l’assurance d’une dynamique indispensable. Les suivis naturalistes futurs nous permettront probablement de le confirmer.
Vincent Delecour, du service Valorisation des Milieux Naturels du Syage
* Le terme approprié pour qualifier ce mode dissémination est hydrochorie, littéralement « dispersion grâce à l’eau ».

Texte et photos : Vincent Delecour

Read More

Le SyAGE citoyen et solidaire

Le SyAGE s’occupe de l’assainissement et de la rivière sur son territoire. Mais le syndicat ne s’arrête pas là et élargit souvent tant ses compétences que son secteur géographique pour des actions caritatives ou solidaires. Petit panorama du SyAGE citoyen.

BENIN
Des latrines pour Bopa
Entre le Bénin et le SyAGE existe une relation suivie de plusieurs années, sous l’impulsion notamment d’Eric Chalaux, directeur général adjoint du syndicat, dont des agents se rendent dans ce petit pays de l’Afrique de l’ouest depuis de nombreuses années. Que viennent-ils faire ? Apporter l’expertise du SyAGE, bien sûr, dans les domaines des inondations et, surtout, de l’assainissement.
Franck Moritz a participé à un voyage de travail bénévole en 2012, à Grand-Popo et Bopa. Le professionnel, qui oeuvre au laboratoire du syndicat, a travaillé sur la thématique des crues. « Nous avons relevé les traces de crues, pour installer des échelles limnimétriques et travaillé sur la topographie et la cartographie des lieux », se souvient le jeune homme. Des analyses bactériennes ont également été menées dans un cours d’eau. A Bopa, c’est l’installation de latrines qui a mobilisé les agents du SyAGE. Le travail préparatoire a nécessité la rencontre des chefs de village, des fonctionnaires béninois et des élus locaux afin de déterminer le type de latrines envisagé et leur localisation.
Récupération des matières solides
C’est ce grand projet, porté la commune de Crosne, l’Association des ressortissants de Bopa et le Comité de jumelage de Crosne, et financé notamment par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et le conseil départemental de l’Essonne, qui a occasionné les voyages suivants, en 2014 et 2017. Deux types de latrines ont été retenus. Les premières, dites Ecosan, permettent de recueillir les matières solides séchées grâce à des plaques en métal et des cendres, afin de servir d’engrais. Une utilisation particulièrement utile dans cette région essentiellement agricole et qui a l’avantage supplémentaire de ne pas souffrir de contre-indications religieuses ou culturelles locales. Des toilettes auto-ventilées, dites VIP, avec des cuves étanches à vidanger, sont également installées dans les écoles de la commune, en complément d’Ecosan, pour alimenter les potagers que possèdent les établissements scolaires.
Les écoles équipées
Patrice Le Négaret faisait partie de ce dernier voyage en date, en juin de l’année dernière. S’il a fallu en partie relancer le projet, à la suite du renouvellement de l’équipe municipale de Bopa et des techniciens en charge du projet, cette visite a également permis de lancer très concrètement la phase prioritaire d’équipement des écoles de la commune. « Les travaux ont été réalisés, nous sommes en phase de réception de chantier », explique le professionnel, qui travaille désormais pour Grand Paris sud mais continue de s’investir dans ce projet. Au total, une dizaine de latrines sont installées dans quatre écoles, accompagnées de postes de lavage de mains, tandis que 70 autres, de type Ecosan, sont prévus dans onze hameaux de la commune qui regroupent 3 450 habitants. « Cela paraît peu mais ce n’est pas culturel d’utiliser des latrines, reprend Patrice Le Négaret. C’est pourquoi équiper les écoles est important : les enfants pourront en parler à leurs parents et leur expliquer notamment le fonctionnement des Ecosan. » Une expérience qui enrichit également beaucoup ses bénévoles français. « C’est une expérience extraordinaire. On apporte quelque chose de très important car cela participe à la diminution de la mortalité infantile. L’équipement est très attendu par la population. Et on crée de gros liens en très peu de temps », se félicite le technicien.
Ce travail s’accompagne de l’installation d’un réseau de bornes fontaines, porté notamment par Aquassistance (Suez) sur cette même zone.

Handi-eaux est une manifestation qui a pour vocation de sensibiliser des jeunes handicapés à l’eau.

HANDI-EAUX
L’eau ludique et pédagogique
Handi-eaux est une manifestation qui a pour vocation de sensibiliser des jeunes handicapés à l’eau. Initiée par Robert Jousse, un salarié de Suez environnement, elle a fêté sa dixième édition en 2018.
Au menu de cette journée à laquelle participe une centaine de jeunes handicapés (155 en 2018, nouveau record), issus notamment des instituts médico-éducatifs des Vallées et de la Cerisaie, à Brunoy, plusieurs activités dont la pêche, la piscine et le canoë-kayak. C’est pour cette dernière que le SyAGE, partenaire de l’événement, se mobilise. Les agents du syndicat préparent les berges et la rivière puis surveillent les participants le jour J afin que les sorties se passent au mieux.
« C’est une journée très appréciée et le canoë en est l’un des temps forts », souligne Jean-François Laurent, directeur de l’IME La Vallée. Mais Handi-eaux ne se limite pas à cette seule journée. « Nos enseignants effectuent un travail pédagogique sur le thème de l’eau avant la journée, à travers une sensibilisation à l’utilisation de l’eau au quotidien et à sa préservation. Nous tenons à ces deux dimensions, pédagogique et ludique. » L’événement se prolonge même pour certains très concrètement, grâce à une nouvelle activité, apparue il y a deux ans : la plongée. Plusieurs jeunes pensionnaires se sont en effet inscrits au Neptune club de Brunoy pour poursuivre et parfaire leur pratique.
Autre bienfait de Handi-eaux, le regard porté sur le syndicat a changé. « J’ai bien sûr une autre vision du SyAGE par rapport à sa participation à cette journée mais aussi depuis la crue de 2016. Je me suis inscrit au Siryac * et je vais sur son site régulièrement », témoigne Jean-François Laurent.
*Le Siryac est un service gratuit du SyAGE qui informe par messages les abonnés sur les inondations.

Le verger du Moulin de Senlis a une vocation solidaire (ici, lors d’une animation en avril 2018).

VERGER DU MOULIN DE SENLIS
Des fruits pour tous
Des pommes, des poires, des noyers… offerts par la nature et par le SyAGE, c’est pour bientôt. Le syndicat a en effet créé, en mars 2017, un verger sur le site du Moulin de Senlis, à Montgeron, en partenariat avec la commune et celle de Villeneuve-Saint-Georges et l’expertise de l’association des Croqueurs de pomme.
Sur 6 000 m², s’étendent sur le terrain des pommiers, des poiriers, des noyers, donc, mais aussi des églantiers, mûriers, cassissiers, sureaux, néfliers… Autant d’espèces qui, à terme, donneront des fruits qui seront disponibles pour le public. Le SyAGE a mis en œuvre et suivi les travaux de création du verger et s’occupe de l’entretien des lieux.

CLASSES D’EAU
L’eau nouvelle génération
Depuis une dizaine d’années, le SyAGE s’est engagé envers l’Agence de l’eau Seine Normandie (AESN) à être le relais « Classes d’eau » pour 18 communes de Seine-et-Marne et d’Essonne. Ce dispositif finance des projets pédagogiques sur le thème de l’eau, qui s’étalent le plus souvent sur une semaine (quinze jours pour les maternelles) et comportent des expositions, expérimentations, visites… « Nous distribuons les dossiers, aidons les enseignants à remplir, expliquons le dispositif », énumère Nadine Bellon, en charge du sujet au SyAGE. L’esprit des Classes d’eau est de sensibiliser les jeunes générations et les enseignants à la protection de la ressource en eau et de l’environnement en général. L’AESN finance ces projets à hauteur de 600 euros, le SyAGE ajoute à cette somme 350 euros. 28 dossiers ont été traités par le syndicat en 2017. Les dossiers sont à retirer entre septembre et décembre.

Read More

Anniversaire festif pour Handi-Eaux

La dixième édition d’Handi Eaux s’est déroulée hier, sous le soleil, à Brunoy. Cette édition anniversaire a permis d’atteindre un record, avec 155 participants, jeunes handicapés des Instituts médico-éducatifs (IME) de Brunoy, Draveil, Varennes-Jarcy, Vert-Saint-Denis, du Centre d’initiation au travail et aux loisirs de Montgeron, de l’ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) et le Sessad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) de l’Yerres et d’un institut parisien d’autistes. Ils étaient accompagnés par 70 bénévoles et encadrants, issus notamment de Suez, d’associations de pêcheurs, des pompiers de Paris ou du SyAGE. La dizaine d’agents du syndicat mobilisée a ainsi installé des pontons d’accostage et assuré l’encadrement de l’activité canoë-kayak avec deux bateaux, après avoir préparé les berges les jours précédents. Outre cette activité de kayak, très appréciée par les jeunes, la journée comportait des initiations à la plongée (avec le Neptune-club de Brunoy et ses moniteurs habilités) et des jeux sur la grande pelouse située derrière la piscine de Soulins, à Brunoy, notamment des jeux de bulles spectaculaires. L’activité pêche a cependant dû être annulée, à cause du fort courant de l’Yerres, conséquence des pluies des derniers jours. L’événement a également donné lieu à une célébration officielle de l’initiative prise il y a dix ans par Robert Jousse, un salarié de Suez, qui reste l’un des grands partenaires de Handi Eaux. Nathalie Guesdon, directrice générale des services du SyAGE, et Jean-Baptiste Ferrero, directeur de la communication, y ont participé.
« Handi-Eaux représente une formidable opération de partage, de dynamisme et de volonté », soulignait Françoise Balu, adjointe à la culture et au handicap de la mairie de Brunoy et cheville ouvrière de l’événement depuis ses débuts. La Francilienne émettait également un souhait, celui de réussir à ce que ces jeunes jouent un rôle lors des Jeux olympiques de 2024, « sous la forme de chants ou de danses, pendant la cérémonie d’ouverture ou de clôture. » Derrière la Francilienne, 40 jeunes de l’établissement La Cerisaie, à Brunoy, se préparait à effectuer une petite balade à kayak. S’ils se rendent régulièrement à la piscine, l’excitation d’aller sur une embarcation sur la rivière se lisait sur les visages de beaucoup. « C’est une journée très conviviale, riche en sport et très attendue par les jeunes », témoignait une enseignante spécialisée de l’institut. Cette année, peu de peur de s’élancer sur l’eau, tout le monde étant « pris dans le flot ». Autres petits moments de bonheur de la journée, des pensionnaires croisaient des camarades et éducateurs d’un établissement qu’ils avaient quitté. « Ils aiment ces retrouvailles », soulignait l’enseignante.
La journée se terminait par un goûter et un goût de satisfaction pour les organisateurs, qui espèrent une onzième édition avec encore d’avantage de jeunes et d’établissements, l’année prochaine.

Read More

Pour avoir l’alarme à l’œil

Elles seront sept et permettront de mieux prévenir les inondations et les habitants. Des stations de mesure hydraulique vont être installées sur les affluents de l’Yerres.

L’Yvron dans son lit, avant la crue (voir photo dessous)

Yvron, Visandre, Avon, Marsange, Bréon, Barbançonne, Beuvron et Réveillon. Voici les noms des affluents de l’Yerres. Ces petits cours d’eau cachent parfois bien leur jeu. Et ont une influence sur les crues que l’on ne soupçonne pas toujours. Ainsi, l’Yvron, qui ne dépasse habituellement pas 1,5 mètre de large, s’est étendu pendant la crue de janvier 2018 au point de prendre quasiment la taille… de la Seine ! D’un point de vue général, « les affluents contribuent de façon importante aux crues de l’Yerres », note Alexia Giroud, animatrice Papi au sein du SyAGE. C’est dans le cadre du Papi (programme d’actions de prévention des inondations) que des stations de mesure hydraulique (elles mesureront le débit et le niveau d’eau) vont être installées aux confluences de l’Yerres et de ses affluents (excepté le ru de Beuvron, particulièrement petit). « Suffisamment en amont des confluences, pour que les équipements ne se trouvent pas sous l’influence directe des éventuelles remontées de l’Yerres », précise Olivier Delécluse, chef du service Télégestion et Traitement des Informations. En plus de ces stations, quatre nouveaux équipements seront installés sur l’Yerres (portant le nombre total de stations sur ce cours d’eau à quinze) et un autre sur la Ménagerie, un affluent du Réveillon. Les données seront transmises directement au SyAGE en quasi temps réel et permettront de mieux connaître comment les affluents contribuent aux crues de l’Yerres.
Mieux connaître pour mieux prévenir
« Le but de ces installations est d’acquérir des connaissances sur la formation et la propagation des crues », souligne Olivier Delécluse. Car en dehors de modèles mathématiques théoriques, on ne connaît pas réellement la manière dont se comportent ces cours d’eau et, surtout, leur influence sur la crue de l’Yerres. « Le connaître nous permettra d’anticiper ce qui se passera ensuite à l’aval, reprend Alexia Giroud. Aujourd’hui, nous avons plusieurs stations sur l’Yerres. Lorsque le niveau d’eau dépasse un certain seuil sur celle de Courtomer, par exemple, nous savons que l’onde de crue mettra environ 24 h pour arriver à Boussy-Saint-Antoine. Avec ces nouvelles stations, nous aurons plus de données pour évaluer les crues de l’Yerres et nous aurons plus de temps pour prendre des mesures de régulation et prévenir l’Etat, les maires et les habitants avec la diffusion de bulletins d’alerte car certaines stations seront très en amont de la rivière. » « Idéalement, et dans un futur plus lointain, le but est également d’alimenter un modèle dynamique de prévision des crues et des inondations et d’étendre le Siryac* », complète Olivier Delécluse.

L’Yvron peut s’étendre de façon spectaculaire en cas de crue, ici en 2016.

Outre ce gain de temps et d’information sur les crues, les données des stations de mesure pourraient également être une source d’évolution de la réglementation urbanistique. D’autre part, le SyAGE, qui s’occupera de l’installation et de l’entretien de tous ces équipements, va également installer neuf pluviomètres et sept piézomètres (mesure des nappes), qui permettront encore d’affiner les prévisions de crues en fonction des précipitations mais aussi de la saturation des nappes. Enfin, il est prévu d’équiper, en amont, les huit cours d’eau avec des échelles limnimétriques, dont les données seront relevées à des échéances à définir par des acteurs locaux, les « sentinelles », sur la base du volontariat et du bénévolat.
Le calendrier de réalisation et la localisation de ces différents équipements se précisent et l’enveloppe budgétaire devrait s’établir aux alentours de 650 000 euros HT, dont 80 % devraient être pris en charge par l’Etat (50 %), via le Fonds Barnier, et par les départements de Seine-et-Marne et de l’Essonne. Quant au calendrier, une fois le dossier validé et les marchés publics attribués, les constructions pourraient débuter en 2019, en trois phases d’une année. La première concernera l’installation des pluviomètres ; la seconde les stations sur l’Yerres, pour terminer par l’implantation des stations sur les affluents et des piézomètres.
*Siryac est le service d’information sur les crues du Syage. Il est gratuit. On peut s’y abonner sur le site www.syage.org