Archive for décembre 2020

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Une vingtaine de repères de crue installés

Dans le cadre du PAPI de l’Yerres, une vingtaine de repères de la crue de juin 2016 sont en cours d’installation. Ces repères rappellent les plus hautes eaux de cette crue majeure sur l’Yerres et ses affluents. C’est à la fois un outil de sensibilisation au risque inondation pour le grand public mais aussi un repère historique pour les professionnels.

« Après la crue de juin 2016, des agents volontaires du SyAGE ont parcouru la vallée de l’Yerres, du Réveillon et des autres affluents pour constater et mesurer des laisses de crue (traces laissées par l’eau sur divers parois comme les clôtures, les murs…) » indique Pierre, animateur du PAPI de l’Yerres.

Plus d’une centaine de laisses ont ainsi été constatées. Par la suite, ces laisses ont été nivelées, c’est à dire qu’une équipe de topographe a mesuré l’altitude précise ainsi que les données de localisation, dans le cadre du PAPI d’intention.

Entre temps, grâce à ces données, le modèle hydraulique de l’Yerres, du Réveillon et de la Ménagerie a été utilisé afin de reconstituer la crue de juin 2016.

Depuis la labellisation du PAPI complet, les communes traversées par l’Yerres, le Réveillon, le ru de la Ménagerie ainsi que celui de la Visandre ont été contactées afin d’autoriser la pose de repères sur leur territoire.

Les repères de crues ont été installés dans plusieurs villes à l’aval du bassin versant : Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), Montgeron, Brunoy, Yerres, Épinay-sous-Sénart, Quincy-sous-Sénart, Varennes-Jarcy (Essonne) et à l’amont en Seine-et-Marne : Lésigny (ru de la Ménagerie), Ozoir-la-Ferrière (ru de la Ménagerie), Evry-Grigy-sur-Yerres, Soignolles-en-Brie, Chaumes-en-Brie, Courtomer, Bernay (ru de la Visandre), Lumigny-Nesles-Ormeaux, Pézarches, Vaudoy ( ru de la Visandre), Chevry-Cossigny (ru de Réveillon).

D’autres repères de crues seront installés dans les prochains mois à Boussy-Saint-Antoine et dans les communes seine-et-marnaises de Rozay-en-Brie, d’Argentières et d’Ozouer-le-Voulgis, avant la fin de l’année 2020.

Il existe deux types de repères de crue historiques :

  • Les repères historiques (rond et violet) qui sont basés sur des laisses de crue.
  • Les repères pédagogiques (carré et bleu) : qui sont basés sur la modélisation de la crue.
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Une future zone d’expansion des crues à Ozoir-la-Ferrière

La réalisation d’une zone d’expansion de crue en forêt d’Armainvilliers s’inscrit dans le PAPI d’intention de l’Yerres depuis 2005. Il prévoit un aménagement structurant d’envergure sur l’axe du ru de la Ménagerie pour réduire le risque inondation.

Le projet de la ZEC en forêt d’Armainvilliers est en cours d’élaboration.

Les études faune/flore/habitat devraient se terminer à la fin de l’année. La maîtrise d’œuvre de la ZEC est en cours d’élaboration. La ZEC permettra d’améliorer la gestion des écoulements des eaux pluviales et réduire les risques d’inondation.

Historique du projet

Le ralentissement dynamique des écoulements demeure le thème phare du dispositif PAPI (Programme d’Actions de Préventions de Inondations) de l’Yerres qu’il convient de privilégier davantage à une échelle globale par des opérations sur l’ensemble du réseau hydrographique.

Au centre de ce mécanisme, les zones d’expansion des crues qui offrent une rétention supplémentaire, temporelle et mobilisable uniquement pour des évènements d’une intensité donnée. « Pour des raisons d’acceptabilité économique, seule la crue fréquente a été prise en compte. Pour une crue centennale, les volumes de stockage auraient été colossaux impliquant un ouvrage structurant plus que démesuré. Pour le PAPI la crue fréquente devient donc la crue de projet » indique Pierre Brétaudeau, animateur du PAPI de l’Yerres.

En préambule à l’identification de zones d’expansion de crue, définir les affluents les plus contributifs à la formation et à la propagation des crues de l’Yerres sembla opportun pour une localisation plus pertinente des futures zones d’écrêtement.

À cet aspect géographique, vient s’ajouter la définition d’un objectif raisonnable de réduction. Pour ce faire, le SyAGE prit le parti de diminuer de 30% les dommages des secteurs définis les plus à risque. Sur cette base, un volume théorique de rétention fut déduit avoisinant les 350 000 m3

Partant de ces postulats et comme seul critère de sélection la morphologie du terrain naturel, 48 sites furent identifiés. Après les filtres liés aux contraintes environnementales, à la présence d’enjeux ou au manque de données sur les affluents, seuls 8 sites le long et l’Yerres et 2 sur le Réveillon-Ménagerie furent retenus.

Aménagement structurant d’envergure

Leur aménagement s’est envisagé selon deux hypothèses: mise en place de techniques douces (brèche, arasement de berges) ou aménagement plus lourd (réduction de section, surélévation de la ligne d’eau). Au final, la simulation hydraulique, intégrant les potentiels sites, conclut à un volume de stockage additionnel de 80 000 m3 par la première option et de 270 000m3 par la seconde. Leurs incidences hydrauliques sur les secteurs urbanisés sont peu significatives tant sur l’abaissement de la ligne d’eau qui se résume à quelques centimètres que sur la réduction de débit. Il y a ainsi une inadéquation entre le volume de stockage mobilisable et l’objectif initial. Il apparait que le lit majeur de l’Yerres est déjà fortement mobilisé en cas de crue fréquente. Le potentiel de zones d’expansion de crues sur l’Yerres ne permet donc pas, dans les conditions envisagées, un écrêtement suffisant et par voie de conséquence, d’agir efficacement sur la réduction de dommages en cas d’inondation.

Sans aménagement structurant d’envergure, la capacité de stockage de la vallée ne sera pas suffisante pour répondre à l’objectif de réduction.

Les conclusions sans appel de l’étude, ont encouragé le SyAGE à approfondir la démarche par un scénario alternatif pouvant exaucer l’ambition de réduire avec efficacité les impacts d’une crue fréquente. Non inscrit dans le programme originel du PAPI d’intention, la poursuite de la démarche définie une étude complémentaire dans le but de s’assurer de l’exhaustivité des solutions envisageables sur le bassin versant. Une partie du décalage dans l’exécution du PAPI d’intention est imputable à cette étude supplémentaire qui conditionna par la suite l’analyse multicritères.

Objectif réduction des dommages de 30%

Les scénarios alternatifs envisagés en complément de la démarche d’identification des zones d’expansion des crues se sont orientés vers des aménagements d’ouvrages structurants type barrages sur l’axe de l’Yerres et du Réveillon et des protections amovibles.

Les solutions explorées par l’étude d’identification des zones d’expansion de crue ne permettent pas un écrêtement de débit significatif pour atteindre un réel objectif de réduction de la vulnérabilité du territoire. Face à cette situation, le SyAGE a souhaité approfondir la démarche, dans le cadre d’une étude complémentaire, en jugeant de la faisabilité d’ouvrages structurants et de solutions de proximité. Visant un aménagement plus important, l’objectif de réduction des dommages de 30% fut revu à la hausse. À ces scénarios alternatifs, une analyse multicritères fut consacrée pour en déterminer l’efficacité et l’efficience.

Étude complémentaire préalable

L’étude s’est portée sur 3 propositions d’aménagement:

  • un ouvrage structurant sur l’axe de l’Yerres
  • un ouvrage structurant sur l’axe de la Ménagerie
  • des protections amovibles pour les quartiers identifiés à risque important d’inondation.

Étude de l’ouvrage structurant sur l’axe de la Ménagerie

Le site de la forêt d’Armainvilliers sur le ru de la Ménagerie, commune d’Ozoir-la-Ferrière, fait l’objet depuis 2005 d’un projet de stockage, porté par le SIAR dans le but de réduire les débordements sur le secteur de la gare RER, qui figure parmi les secteurs les plus vulnérables du territoire. Les études menées à cette époque, définissant la réalisation d’un merlon perpendiculaire au cours d’eau sur les deux rives (côte 109.80 m NGF), avaient conduit à la mise en place partielle de l’aménagement (rive gauche uniquement). L’inachèvement des travaux ne permet pas d’obtenir une incidence hydraulique significative sur la partie aval du cours d‘eau.

En 2013, la labellisation du PAPI d’intention a remis à l’ordre du jour le projet en l’intégrant à l’étude d’identification des zones naturelles d’expansion de crues. Une modélisation plus fine et complète, intégrant la totalité du cours d’eau et pas uniquement le secteur de la gare. Elle démontra que sur la base du projet initial, l’aménagement du merlon rive droite et gauche à la côte 110 m NGF, écrêtait uniquement les crues d’occurrence inférieure à 10 ans. Pour viser l’objectif de la crue de projet (crue d’occurrence 10 à 30 ans) l’aménagement fut renforcé. Ainsi, une rehausse de 20 cm a été pensé sur son intégralité (les deux rives) portant la côte à 110.2 m NGF. La simulation de ce scénario conduit à un stockage total de près de 70 000 m3 pour un débit écrêté à 1,7 m3/s au lieu de 2,5 m3/s avec un temps de vidange estimé à deux jours.

L’ouvrage tel qu’il est proposé occasionne une baisse de la ligne d’eau aval de 40 cm, limitant significativement, de l’ordre de 30%, les impacts des inondations sur la zone pavillonnaire aval. Au-delà de la faisabilité de ces aménagements, assurer par l’étude complémentaire, l’analyse multicritères se consacre à en vérifier les efficacités et les efficiences.

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Entretien courant sur les affluents de l’Yerres

Le SyAGE a procédé à l’entretien courant des affluents de l’Yerres en octobre et novembre derniers dans une vingtaine de communes seine-et-marnaises.

Les travaux d’entretien concernent tout ce qui peut entraver au bon écoulement des cours d’eau :

  • L’élagage sélectif
  • L’abattage d’arbres morts ou menaçant de tomber dans la rivière
  • L’enlèvement d’embâcles
  • L’enlèvement de déchets

L’entretien du ru de la Barbançonne a été réalisé sur 2 400ml du 30 octobre au 4 novembre sur les communes de Presles-en-Brie et de Gretz-Armainvilliers

L’entretien du ru de la Marsange a été réalisé sur 16 000 ml du 16 au 27 novembre sur les communes de Favières, Neufmoutiers-en-Brie, Villeneuve-le-Comte, Villiers-sur-Morin et Coutevroult

L’entretien du ru de Bréon et de Certeau ont été réalisés sur 9 100 ml du 21 au 29 octobre sur les communes de Marles-en-Brie, la Houssaye-en-Brie et Crèvecœur-en-Brie.

L’entretien du ru de Beuvron a été réalisé sur 2 900 ml du 5 au 9 novembre sur la commune de Touquin.

L’entretien du ru d’Avon a été réalisé sur 4 800 ml du 6 au 9 octobre sur les communes d’Aubepierre-Ozouer-le-Repos et de Mormant (Avon amont), de Verneuil-l’Etang et Guignes (Avon aval)

L’entretien du ru d’Yvron a été réalisé sur 1 5900 ml du 21 septembre au 5 octobre sur les communes de la Chapelle-Iger, Pécy, Gastin ; sur le ru de Vallières et ses affluents (ru de Mélenfroy et Marnaucon).

L’entretien du ru de la Visandre a été réalisé sur 4 800 ml du 10 au 12 novembre sur les communes de Jouy- le-Châtel et de Bannost-Villegagnon.

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Une vallée si pittoresque !

Pas de territoire sans culture et la vallée de l’Yerres n’échappe pas à cette règle.

L’adjectif pittoresque, est souvent désigné pour décrire la Vallée de l’Yerres. On retrouve même ce terme dans la loi « Paysage » de 1930, au titre de laquelle la basse vallée de l’Yerres a été classée et qui « s’intéresse plus particulièrement aux monuments naturels et aux sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général ». 

Ce que beaucoup ignorent, c’est que ce mot pittoresque, venant de l’italien pittoresco, désigne un paysage ou un décor « digne d’être peint ». Et il est vrai que les berges de l’Yerres et leurs environs ont beaucoup inspiré les peintres.

Parmi ceux-ci, les impressionnistes sont sans doute les plus connus pour avoir trainé leurs toiles et leurs chevalets à Yerres, Montgeron, Brunoy par exemple. Quoique né à Paris, Caillebotte est quasiment un « enfant du pays » et Monet a immortalisé les dindons du château de Rottembourg ou l’arrivée du train dans la gare de Montgeron. Renoir et Paul Flandrin fréquentèrent également la région. Mais avant les impressionnistes, Corot ou Delacroix avaient couché sur leurs toiles des paysages de Brunoy ou de la Forêt de Sénart.

D’autres plasticiens, peut-être un peu moins connus du grand public, ont également puisé leur inspiration dans les remous de la rivière ou le balancement des saules. Ne citons pour mémoire que Dunoyer de Segonzac, dont la maison de famille est aujourd’hui occupée par la Mairie de Boussy Saint Antoine ; Marie Laurencin, la muse d’Apollinaire ou Maurice Eliot.

Les sculpteurs aussi…

Les sculpteurs ne furent pas en reste et pas des moindres. Ainsi, Jean Dubuffet qui fonda à Périgny sur Yerres la fameuse Closerie Falbala dont l’étrange et fantasque architecture bicolore se détache harmonieusement sur le vert des arbres. Très proche de la nature et notamment des animaux, c’est à Brunoy que Maurice Prost conçut et réalisa nombre de ses sculptures animalières aux courbes art-déco très reconnaissables. Et enfin, Paul Landowski, créateur du fameux « Christ Rédempteur » qui domine la baie de Rio de Janeiro, a également travaillé à Combs-la-Ville.

La vallée ayant pu, jusqu’à aujourd’hui, rester relativement préservée, on peut comprendre pourquoi, si près de Paris, autant de plasticiens y sont venus chercher l’inspiration.

Mais cet environnement paisible n’a pas attiré que des peintres ou des sculpteurs. Dès le XIXe siècle, le fameux comédien Talma, qui en son temps révolutionna et dépoussiéra l’art dramatique, venait se ressourcer à Brunoy où il a donné son nom au Lycée ainsi qu’à la passerelle qui enjambe l’Yerres. Plus canaille et plus près de nous, l’écrivain Francis Carco, surnommé « le romancier des apaches », du fait de sa passion pour la pègre Montmartroise, y vécut quelques temps, au 17 rue des Vallées.

A Yerres, rue de Concy, vécut Pierre Larousse auquel on doit le fameux dictionnaire et qui s’était établi non loin de la gare de Montgeron, pour pouvoir se rendre plus facilement à Paris. Enfin, c’est à Brunoy que naquit  Hubert Bonisseur de La Bath, mieux connu sous son identité d’espion : OSS 117. Ce personnage, dû à la plume de Jean Bruce, et que ses aventures entraînaient aux quatre coins du monde, trouvait son origine sur les paisibles berges de l’Yerres.

La culture va au-delà de l’art..

Mais la culture ce n’est pas seulement l’art et la créativité d’un lieu peut s’exprimer de bien d’autres façons. Ainsi, assez difficile à classer quoiqu’étant un créateur en son genre, Ceslaw Bojarski, ingénieur polonais poussé à l’exil par la guerre, vécut paisiblement dans un pavillon de Montgeron avant de devenir célèbre comme étant un des plus grands faussaires de l’histoire de la fausse monnaie.

Plus sérieusement, la vallée de l’Yerres, qui chemine depuis la Brie jusqu’à la Seine et où l’on trouve des traces d’occupation humaine remontant au paléolithique a eu le temps de bâtir un ensemble de traditions que la proximité de la Capitale a peu à peu érodé.

Néanmoins, si le patois briard n’est plus guère qu’un objet d’étude pour quelques linguistes érudits et si plus personne ne chante « Mes ouës j’ons menés dans l’pré de mon père » accompagné à l’accordéon, il nous reste tout au moins, pour nous consoler, quelques savoureux et remarquables éléments de la culture locale : le Brie, le Fougerus, la moutarde de Meaux, la Niflette – délicieuse petite tarte à la crème -, le Crosne du Japon qui doit son nom à la commune essonnienne et enfin, quoiqu’avec modération, le cidre ou la bière Briarde. N’oublions pas non plus, la confiture de rose, un peu de douceur dans un monde de brutes.

Quelques éléments de patois Briard :

  • Ahouillé : fatigué
  • Bacuter : travailler maladroitement
  • Chifarme : rhume, grippe, maladie saisonnière
  • Goulaffre : Gros mangeur, goinfre. 
  • Ostiner : importuner, embêter. Il est toujours en train d’ostiner le chat.
  • Raouste : forte averse
  • Rifriouler : Être très content et le faire voir. 
  • Tafouillon (en -) : En petit tas désordonné. 
  • Tôgnée : bagarre, esclandre
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L’Yerres, une rivière calme mais irrégulière

Le bassin versant de l’Yerres présente les caractéristiques d’une rivière de plaine, comme celle des grands bassins versants voisins du Morin, de l’Yvette, de l’Orge ou de la Bièvre.

La pente moyenne du linéaire de l’Yerres est faible. Comme son débit annuel moyen, ce qui explique ses nombreuses boucles.

A l’amont, le territoire hydrographique concerne 85 communes de Seine-et-Marne. Il couvre une zone essentiellement agricole de 850 km2 pour une population d’environ 200 000 habitants. On comptabilise 8 cours d’eaux que sont l’Yerres, encore peu sinueuse, et ses affluents majeurs l’Etang de Beuvron, la Visandre, l’Yvron, le Bréon, l’Avon, La Marsange, la Barbançonne.

A l’aval, le territoire hydrographique concerne 23 communes sur trois départements (Seine-et-Marne, Essonne et Val-de-Marne. Il s’étire sur une zone plus urbanisée quatre fois moins importante (204 km2) mais accueille une population plus nombreuse (300 000 habitants). On recense 2 cours d’eau, l’Yerres et le Réveillon et leurs principaux affluents : le ru du Cornillot, le ru d’Oly et la Ménagerie.

Rivière peu abondante

L’Yerres  est une rivière très irrégulière, beaucoup plus que l’Essonne. Elle présente de très importantes fluctuations saisonnières de débit, avec des hautes eaux d’hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau de 2,23 à 3,71 m3/s, de décembre à début avril inclus (avec un maximum en février), et des basses eaux d’été de mai à novembre.  En période d’étiage*, le débit peut chuter à 0, en cas de période sèche. Soit 100 fois moins que celui de l’Orge par exemple.

Les crues sont assez importantes et créent des menaces,  notamment pour l’aval du bassin.

L’Yerres est une rivière peu abondante, alimentée par des précipitations réduites. La lame d’eau * éculée dans son bassin versant est de 109 mm annuellement. Soit une des plus faibles de France, nettement inférieure tant à la moyenne de la totalité du bassin de la Seine (220 mm), qu’à la moyenne d’ensemble de la France. Le bassin apparait comme particulièrement sec par rapport aux autres petites rivières du sud-est et de l’est de l’Île-de-France.

Zones « poinçonnées » par des gouffres

La nappe calcaire de Champigny est la principale ressource d’eau souterraine d’Île-de-France. Elle est constituée de plusieurs couches et  s’étend sur un territoire beaucoup plus vaste que notre bassin versant mais ce dernier est entièrement contenu dans la nappe de Champigny.  Les nappes ont des liens importants avec les rivières car elles sont alimentées en partie par leur infiltration dans des secteurs localisés sur notre territoire (vallée de l’Yerres, Pays de Brie, Val d’Europe…) et dans les zones « poinçonnées » par des gouffres. C’est une particularité de notre bassin versant qui  en compte plusieurs notamment à proximité de Nangis. Les gouffres constituent des zones d’entrée directe des eaux superficielles dans la nappe.

Celle-ci  s’écoule depuis les points hauts vers  les points bas en direction de ses trois principaux exutoires (la résurgence de la basse vallée de l’Yerres, les sources du Provinois et la Fosse de Melun).

La nappe souterraine joue également un rôle essentiel dans le déclenchement des crues et des inondations (porosité et état de surface des sols au moment des pluies, saturation de la nappe alluviale…).

*Etiage : débit minimal d’un cours d’eau

*Lame d’eau : mesure d’écoulement des précipitations sur le bassin versant

Chiffres

Le bassin versant de l’Yerres en chiffres

  • Superficie totale : 1032 km2
  • 776 km de cours d’eau
  • 1 rivière, 21 affluents
  • 1 région : Île-de-France
  • 3 départements : Essonne, Val-de-Marne, Seine-et-Marne
  • 118 communes concernées
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Vallée de la Brie, une biodiversité riche et diversifiée

Le bassin versant de l’Yerres s’étire sur 1 030 km² dans le plateau de la Brie. Un vaste territoire qui offre une grande diversité de paysages et de sites naturels et renferme une biodiversité foisonnante qui font la richesse et le charme de la vallée de la Brie.

 Vu du ciel, la vallée de la Brie dessine une grande trame verte composée de plusieurs centaines d’hectares de massifs forestiers et une trame bleue avec l’Yerres et ses affluents.

La forêt de Sénart, la vallée de l’Yerres, la basse vallée de l’Yerres, la forêt de la Grange, la forêt d’Armainvilliers, la forêt de Crécy-la-Chapelle, la basse vallée du Bréon, la forêt de Malvoisine bénéficient d’un classement  Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF). Une labellisation du ministère de l’Environnement en raison de leur caractère remarquable. Ces massifs forestiers offrent à la fois de beaux cadres naturels et un grand réservoir de biodiversité.

L’un des sites naturels les plus emblématiques du territoire est sans conteste la vallée de l’Yerres. Elle jouit d’une double protectionZNIEFF et « Loi paysage* ». La zone concernée s’étend de Varennes-Jarcy à Villeneuve-Saint-Georges. C’est la plus haute protection pour le patrimoine naturel. L’Yerres constitue un intérêt particulier pour ce secteur protégé car elle abrite deux espèces de poissons patrimoniales, le Brochet et la Bouvière mais également l’Anguille, seule espèce migratrice et protégée au niveau national. Les odonates (demoiselles et libellules) comme la Grande aeschne affectionnent particulièrement les berges de la rivière. La ripisylve (végétations des bords de cours d’eau) et les boisements sont utilisés par sept espèces de chiroptères (chauves-souris) dont la Pipistrelle de Kuhl, la Pipistrelle de Nathusius et le Murin de Daubenton, espèces protégées et rares en Île-de-France. Les prairies aux alentours sont appréciées par plusieurs espèces d’orthoptères (familles des sauterelles et grillons) comme la Zygène de la filipendule, rare en Île-de-France. Une biodiversité remarquable mais qui n’est pas représentative de l’ensemble du territoire.

317 000 visiteurs en 2018

L’île de loisirs du Port aux Cerises à Vigneux offre un superbe cadre de verdure et de loisirs. C’est un vaste espace de 163 hectares composé d’un plan d’eau d’une trentaine d’hectares. Il a reçu le Prix du paysage en 2009. 317 000 visiteurs ont été accueillis en 2018. C’est le premier site touristique de l’Essonne.

La Maison Caillebotte et son parc à Yerres, qui a été labellisée Espace arboré remarquable en 2017, attire également un large public. Le parc renferme de nombreux arbres magnifiques dont un cèdre du Liban de 45 m et un platane à trois troncs de 43 m, qui ont près de 200 ans.

Dans la même commune, l’île Panchout à Yerres, labellisée « Espace Naturel Sensible » par le Département. Il s’agit d’un espace dont le caractère naturel est menacé et rendu vulnérable en raison de la pression urbaine ou du développement des activités ou de loisirs, ou qui revêt un intérêt particulier pour la qualité du site ou de sa biodiversité. Le site fait le bonheur des amoureux de la nature. Des vaches highland y assurent un éco-pâturage, alternative écologique à l’entretien mécanique ou chimique.

Autre zone sanctuarisée, la plaine de Chalandray à Montgeron (Loi paysage). Outre son intérêt écologique, elle joue aussi un rôle de tampon essentiel lors de la montée des eaux.

150 essences d’arbres venus des cinq continents

Toujours à l’aval de la rivière, plusieurs sites méritent le détour. L’île des Prévots à Crosne est protégée depuis 1982 pour son intérêt écologique. Elle abrite également un refuge ornithologique.

La liaison verte des bords de l’Yerres et du Réveillon est également un espace fréquenté et apprécié. Elle est aménagée par le SyAge depuis 1997 grâce à la création de plusieurs itinéraires et de promenades et d’ouvrages de franchissement afin de rendre la rivière plus accessible au public sur une quarantaine de kilomètres.  

Dans le Val-de-Marne, le Chemin des Roses à Servon (ENS) a été aménagé sur l’ancienne voie ferrée de la ligne de Vincennes, long de 16 km qui relie Servon à Yèbles, en passant par les communes de Brie-Comte-Robert, Grisy-Suisnes, Coubert, Solers et Soignolles-en-Brie.

En amont de la rivière, le parc du Val des Dames à Gretz-Armainvilliers est également un site incontournable. L’arboretum du Val des Dames s’étend sur 16 hectares et renferme quelque 150 essences d’arbres parfois âgées de plusieurs siècles, originaires des cinq continents. Il a été créé il y a près d’un siècle par le docteur Hutinel, membre de l’académie de médecine.

*Loi paysage : Loi qui vise à mettre en valeur des paysages, qu’ils soient naturels ou aménagés, simples ou spectaculaires.

Le SyAGE aménage la Liaison verte en bordure d’Yerres depuis plus de vingt ans
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Crue de 2016 : une vingtaine de repères de crue en cours d’installation

Dans le cadre du PAPI (Programme d’Actions de Prévention des Inondations) de l’Yerres porté par le SyAGE, une vingtaine de repères de la crue de juin 2016 sont en cours d’installation. Ces repères rappellent les plus hautes eaux de cette crue majeure sur l’Yerres et ses affluents. C’est à la fois un outil de sensibilisation au risque inondation pour le grand public mais aussi un repère historique pour les professionnels.

« Après la crue de juin 2016, des agents volontaires du SyAGE ont parcouru la vallée de l’Yerres, du Réveillon et des autres affluents pour constater et mesurer des laisses de crue (traces laissées par l’eau sur divers parois comme les clôtures, les murs…) » indique Pierre Brétaudeau, animateur du PAPI de l’Yerres. Un vrai travail de fourmi.

Plus d’une centaine de laisses ont ainsi été constatées. Par la suite, ces laisses ont été nivelées, c’est à dire qu’une équipe de topographe a mesuré l’altitude précise ainsi que les données de localisation, dans le cadre du PAPI d’intention.

Entre temps, grâce à ces données, le modèle hydraulique de l’Yerres, du Réveillon et de la Ménagerie a été utilisé afin de reconstituer la crue de juin 2016.

Depuis la labellisation du PAPI complet, les communes traversées par l’Yerres, le Réveillon, le ru de la Ménagerie et celui de la Visandre ont été contactées afin d’autoriser la pose de repères sur leur territoire.

Il existe deux types de repères de crue historiques :

  • Les repères historiques (rond et violet) qui sont basés sur des laisses de crue.
  • Les repères pédagogiques (carré et bleu) : qui sont basés sur la modélisation de la crue.
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Un inventaire naturaliste dans une zone humide à Brunoy

Missionnée par le SyAGE dans le cadre d’un inventaire naturaliste, Oriane Josserand, chargée d’études fauniste chez Biotope, réalise un diagnostic écologique sur un site délimité autour du barrage de l’Abbaye à Brunoy.

L’inventaire naturaliste concerne « un site à potentialité » à Brunoy. La naturaliste est chargée de l’étude faune flore, habitats et zones humides. « D’étudier la présence ou l’absence d’habitats naturels et d’espèces qui présentent des enjeux locaux de conservation ou qui sont protégés dans ce secteur défini ». L’étude vise à dresser un inventaire exhaustif et d’établir une liste des espèces protégées et menacées.

L’inventaire naturaliste a nécessité un important travail préparatoire de recherches avant les observations sur le terrain. « Il s’appuie à la fois sur une analyse bibliographique de la zone caractéristique, en se basant sur d’anciennes études des espèces potentiellement connues mais aussi de données faunistiques communales issues de bases de données naturalistes telles Cettia (Agence Régionale de la Biodiversité) et Faune Île-de-France (LPO) ».

Le travail de recherches s’est ensuite accompagné de prospections de terrain, en prenant en compte des cycles de vie des différentes espèces.

Durant l’hiver, Oriane Josserand s’est rendue sur le site du barrage de l’Abbaye pour recenser les oiseaux migrateurs qui se reproduisent généralement plutôt de février à avril-mai, les oiseaux sédentaires (période de reproduction entre le mois décembre à janvier) comme les rouges-gorges ou les pics-verts ainsi que les oiseaux hivernant.

La naturaliste a effectué également une prospection nocturne en mars pour les amphibiens. « Ces derniers vivent cachés dans l’eau en période de reproduction. L’observation de nuit avec une lampe frontale est la plus adaptée ». Il faut savoir que les amphibiens sont protégés par la loi en France métropolitaine (arrêté du 19 novembre 2007), car ce groupe d’espèces est facilement impacté par les aménagements du territoire. Il est ainsi interdit de toucher ou de manipuler les amphibiens. « Ce groupe d’espèces est menacé à cause de la disparition progressive des zones humides».

L’inventaire naturaliste de la zone humide de Brunoy va permettre « de déterminer les éléments à enjeux (faible, moyen, fort) des différentes espèces protégées ou menacées ainsi que des habitats d’espèces présents sur les aires d’études. Ces enjeux seront localisés sur des cartes ».

Un outil qui contribuera à mieux recenser et connaître cette biodiversité afin de mieux la protéger.

C’est quoi une zone humide ?

La loi sur l’eau définit les zones humides comme «les terrains, exploités ou non habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année».

Les milieux humides présentent de multiples facettes et se caractérisent par une biodiversité exceptionnelle. Ils abritent en effet de nombreuses espèces végétales et animales. Par leurs différentes fonctions, ils jouent un rôle primordial dans la régulation de la ressource en eau, l’épuration et la prévention des crues.

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Campagne de prélèvements biologiques dans l’Yerres pour mesurer la qualité de l’eau

Le bureau d’études PEMA (groupe Pingat) a réalisé des prélèvements de macro-invertébrés dans l’Yerres et certains de ses affluents, durant l’été, pour évaluer la qualité de l’eau.

La campagne de prélèvements dite IBGN (Indice Biologique  Global Normalisé) est réalisée chaque année dans plusieurs stations comme celle effectuée en août dernier à Combs-la-Ville, sous le pont du diable. « Différents types de substrats où sont susceptibles de se développer plusieurs larves sont prélevés dans la rivière » explique Marine Bedard.

Accompagnée de deux stagiaires, Mathieu et Fatou, la chargée d’études hydrobiologiste a ainsi ramassé des larves, des plantes aquatiques, des petits cailloux et des racines dans son surber. Les prélèvements sont assurés selon un plan défini en fonction de normes précises. Les échantillons seront ensuite triés, déterminés et comptabilisés et permettront de mesurer l’état biologique de la rivière.

C’est quoi des macro-invertébrés ?

Ce sont des petits animaux vivant au fond de la rivière, sur et dans les sédiments, visibles à l’œil nu et sans colonne vertébrale : des larves d’insectes (larve, nymphe, adulte), des mollusques, des crustacés, des vers… 

Pourquoi prélever les macro-invertébrés aquatiques ?

Ils sont couramment utilisés pour déterminer la qualité biologique des cours d’eau en raison de leur sensibilité aux changements de la qualité de l’environnement.

Pour les études de qualité d’eau, les macro-invertébrés aquatiques sont classés en plusieurs groupes en fonction de leur capacité à tolérer la pollution de l’eau : du plus sensible à la pollution, au plus tolérant à la pollution.

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Un exercice de gestion de crise

L’exercice de de gestion de crise s’est tenu jeudi 26 novembre dans les locaux du SyAGE, mais aussi sur le terrain, en fonction des décisions prises par les acteurs.

Organisé par la direction GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Préventions Inondation) et l’animateur du PAPI (Programmes d’Action,s Prévention des Inondations) de l’Yerres, l’exercice interne s’est déroulé normalement malgré les conditions sanitaires liées à la Covid 19, avec le concours de l’entreprise Suez pour le volet assainissement.

L’exercice comportait deux sessions avec un changement d’équipe autour d’un scénario durant lequel plusieurs événements s’enchainaient. Il était piloté par quatre animateurs supervisé par plusieurs observateurs du syndicat.

Plusieurs directions ont participé à l’élaboration du scénario et des cartes. Le service Moyens et Bâtiments a assuré toute la partie logistique et le CODIR a validé les conditions de réalisation et la communication aux agents.

Deux débriefings ont été organisés durant l’après-midi afin de recueillir le ressenti de tous les participants qui se sont fortement impliqués dans cet exercice qui s’inscrivait dans l’action du PAPI de l’Yerres.

L’exercice qui s’inscrit dans les actions du PAPI de l’Yerres visait à rappeler les missions du SyAGE pendant une crue, faire connaître le PGCI, tester les fiches réflexes, observer et évaluer la mise en application du document, former aux outils de communication et de régulation et d’identifier les axes tous les axes d’amélioration.