Archive for février 2021

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Un quizz sur les écorces de la vallée de l’Yerres

L’hiver est là, invitant la vie à se « mettre en pause ». Les oiseaux sont muets, les insectes planqués, et les arbres dénudés. Dur, dur de trouver sur quoi s’attarder. Encore que….

En effet, sous nos yeux s’offre l’opportunité d’apprendre à reconnaître quelques-uns de « nos sages boisés » à leurs écorces (et aussi à l’aide de quelques spécificités). Mais avantde nous rendre dans la vallée de l’Yerres pour les distinguer, quelques éclaircissements s’imposent. Plus qu’une simple enveloppe protectrice intégrale, l’écorce des arbres et des
arbustes compte deux couches distinctes, pour simplifier. L’écorce interne, non visible, à travers laquelle circule la sève élaborée, produit de la photosynthèse, mais aussi une source de nourriture fabriquée au sein du feuillage, distribuée à l’ensemble de l’arbre.

Et le périderme, ou écorce externe, compacte, visible, et surtout palpable. Ridée, rugueuse, lisse, crevassée, grise, argentée, brune, cette dernière présente une grande variété d’aspects, utiles notamment à l’identification des différentes essences. Précisons que cette diversité d’aspects constitue
également une multiplicité d’habitats naturels, ou plutôt de micro-habitats fort utiles à quantité d’espèces animales et végétales.

À y regarder de plus près, chaque arbre est un écosystème à part entière, à découvrir et à respecter. Mieux informés, rendons-nous dans la vallée pour un « quizz des écorces » ! Concentrons-nous sur des arbres adultes au périderme à maturité, les jeunes présentant des écorces aux reliefs et couleurs inachevés.

Saule tétard

Là tout proche de la rivière, au moins trois types d’écorces distinctes. La première, de couleur brun noirâtre, assez profondément fissurée. Deuxième indice : elle est visible sur des arbres taillés en têtards comme sur d’autres au port naturel. Alors ? Encore un indice ? Bon, elle a la particularité d’être utilisée depuis plus de deux siècles pour lutter contre la
fièvre et certaines inflammations, du fait de sa concentration en acide salicylique. Trouvé ? Réponse : c’est le Saule blanc , que l’on retrouve très souvent sur sol frais ou humide. En port libre ou en têtard, ce saule est une composante importante du paysage de la vallée.

Découvrons l’écorce de l’arbre voisin au ton gris foncé, crevassée, rugueuse, formant à l’occasion des plaques, qui lorsqu’elles sont décollées, laissent apparaître une couche interne marron gris chaud. Autre indice : on distingue ici et là parmi le branchage, des petits cônes noirâtres et rondouillards caractéristiques de l’espèce. Une petite idée ? Et bien, c’est
l’Aulne glutineux. Il est lui aussi très présent sur les berges de l’Yerres, les racines quasiment dans l’eau. L’hiver, ses graines constituent une ressource alimentaire prisée par le Tarin des aulnes, un petit passereau qui hiverne dans la vallée.
Poursuivons à quelques mètres, où une écorce tout autre s’offre à nos yeux. De couleur grisâtre, quasi lisse, présentant par endroit de fines fissures. On note également des plaques de lichen typiques jaune vert à orange. Alors ? Pour vous mettre sur la voie, on remarque sur les branches que des bourgeons noirs persistent et qu’ils sont opposés et en alternance (ils se
font face et sont en quinconce d’un étage à l’autre). Il s’agit d’un frêne commun, lui aussi fidèle des berges de l’Yerres.

Sureau noir

Un peu plus loin, et à distance de l’eau, notre attention se porte maintenant sur un arbuste à l’écorce gris chaud presque beige, verruqueuse et fendillée, se décollant à l’occasion sous forme de grandes écailles. Des branches cassées laissent apparaître leur cœur tendre spongieux. Et sur les branches les plus fortes de nombreux rejets sont parfaitement verticaux.
Alors ? Un Sureau noir ? Exactement. Il se plaît en lisière, où il côtoie d’autres sujets à l’écorce très différente, comme cet arbuste tout lisse, presque brillant, brun noirâtre aux nuances marron pourpre, et aux verrues claires et horizontales. Indice supplémentaire : des épines et des baies d’un bleu profond caractéristique. C’est, c’est, c’est… le Prunellier, qui pourrait bien être à l’origine du nom de la commune voisine d’Épinay-sous-Sénart. En effet, le nom de cette espèce très commune revient régulièrement dans la toponymie locale, de façon détournée. Avec pas moins d’une quarantaine d’espèces d’arbres et arbustes, ce « quizz des écorces » de la vallée est loin d’être achevé. Libre à vous de le poursuivre. Pour le compléter de manière ludique, munissez-vous d’une feuille de papier A4, d’un crayon de bois (ou d’un fusain), et griffonnez-la
légèrement une fois appliquée sur un tronc d’arbre de votre choix. À la manière d’un négatif photo, creux et bosses y apparaîtront.

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Dossier : les inondations

L’inondation, c’est l’affaire de tous !

L’inondation est le premier risque naturel majeur en Île-de-France. Il n’existe pas de solution miracle pour empêcher une crue majeure de se produire, malgré tous les aménagements qui ont pu être réalisés au cours des précédentes décennies.

Il est donc essentiel d’apprendre à vivre avec ce risque en mettant tout en œuvre collectivement et individuellement pour réduire au maximum les conséquences des inondations. Les dramatiques crues qui ont dévasté l’arrière-pays niçois en octobre dernier, nous le rappellent cruellement.

Une inondation est un phénomène complexe, dynamique et systémique qui, pour être gérée efficacement, doit être abordée à l’échelle du bassin versant d’un cours d’eau en considérant les phénomènes qui l’alimentent et l’aggravent tels que la densification de l’urbanisation, l’imperméabilisation des sols, le ruissellement agricole ou la vulnérabilité des enjeux, ….Mais la gestion d’une inondation ne pourrait être pertinente sans la réactivité de tout un bassin de vie, qui se construit avec la mémoire des évènements passés, l’anticipation et la préparation.

Le risque de crue est avéré sur le bassin versant de l’Yerres. Des repères de crue de 1875 sont observables constituant ainsi une vraie mémoire dans l’histoire du cours d’eau.

C’est pourquoi le SyAGE a inscrit ce phénomène depuis près d’une vingtaine d’années au cœur de ses préoccupations et met en œuvre des actions visant à réduire son impact sur la sécurité humaine, les biens, l’environnement, les activités économiques et le patrimoine.

Qu’est-ce qu’une crue ?

La crue est un phénomène naturel et important pour le fonctionnement des rivières, caractérisé par une montée plus ou moins brutale du niveau d’un cours d’eau. Elle se traduit par l’augmentation de son débit, de sa vitesse et de la hauteur d’eau en écoulement. Une crue n’est pas synonyme d’inondation.La vie naturelle d’un cours d’eau alterne entre les périodes de basses eaux et de hautes eaux. Cette alternance permet l’auto-curage des lits (lit mineur, lit majeur), la régénération des espèces végétales et animales mais aussi de jouer un rôle d’enrichissement des terrains en matières organiques, grâce au dépôt des matières en suspension charriés par les eaux.

Les crues modèlent les fonds des vallées et créent une mosaïque de paysages (marais, bras morts, prairies inondables…). Elles sont essentielles à la « respiration » du cours d’eau et sont donc bénéfiques à bien des égards.

Au fil du temps, l’urbanisation et la modification de l’occupation des sols ont accentué ces phénomènes de crue, créant ainsi des inondations.

Dans son ouvrage de référence, Les inondations en France du VIe siècle à nos jours (1858-1864), Maurice Champion fait mention «de nombreuses traces d’inondations, mais la plupart relatées sans désignation de lieux et de rivières, dont la première inondation connue en 583, émanant du témoignage de Grégoire de Tours, évêque et historien du VIe siècle.

Les inondations ne datent donc pas d’hier !

Quelques définitions pour mieux appréhender les différentes problématiques

Qu’est-ce qu’une inondation ?

L’inondation est une submersion rapide ou lente d’une zone pouvant être habitée. C’est le débordement des eaux, hors de son lit mineur, lors d’une crue. Lors des épisodes de crue, le cours d’eau sort de son lit mineur pour envahir son lit majeur, provoquant des inondations. L’inondation caractérise le dommage du point de vue de l’homme.

Lit mineur

Le lit mineur d’un cours d’eau est la zone où les eaux s’écoulent en temps normal. Ce lit est souvent délimité par des berges et par une ripisylve (végétation bordant les milieux aquatiques).

Lit majeur

Le lit majeur est situé de part et d’autre du lit mineur d’un cours d’eau et désigne l’espace maximal susceptible d’être occupé par la rivière lors du débordement des eaux. Il s’agit donc d’une zone ponctuellement inondable, où l’installation d’infrastructures et d’activités humaines est soumise à un risque naturel.

Différentes types d’inondations

Inondations par débordement de cours d’eau

On parle d’inondation par débordement de cours d’eau lorsque la rivière sort de son lit habituel. Celle-ci découle de deux phénomènes : les crues lentes de plaines et les crues rapides et torrentielles.

L’inondation par « crue lente de plaine » intervient lorsqu’un fleuve ou une rivière sort lentement de son lit mineur et envahit son lit moyen, voire son lit majeur (ex crue de l’Yerres en 2018).

Les crues rapides et torrentielles se produisent principalement en zone montagneuse ou de relief marqué et surviennent à l’issue de précipitations intenses ou en période de fonte des neiges.

Inondations par remontée de nappe

L’inondation est provoquée par la montée du niveau de la nappe phréatique jusqu’à la surface du sol.

Le ruissellement pluvial

Cela se produit lorsque les eaux de pluie ne peuvent pas ou plus s’infiltrer dans le sol. Les orages forts et localisés provoquent régulièrement des inondations par ruissellement, parfois sans qu’elles soient nécessairement proches des rus ou des zones naturellement humides.

La submersion marine

Ce sont des inondations rapides et de courtes durées de la zone côtière par la mer lors de conditions météo et océaniques défavorables.

L’aléa

L’aléa désigne un phénomène naturel plus ou moins prévisible, hors de contrôle. Dans le cas de l’inondation, il se définit en termes d’intensité (vitesse, hauteur d’eau…) et de probabilité d’occurrence (crue décennale, centennale…).

Les enjeux

Les enjeux caractérisent les biens, les activités économiques ou les êtres humains situés en zone inondable qui risqueraient d’être affectés en cas de crue.

La vulnérabilité

La vulnérabilitédes enjeux représente leur sensibilité aux dommages potentiels. 50 cm d’eau dans une zone très urbanisée provoqueront plus de dégâts et de perturbation que 3m d’eau dans un secteur inhabité. C’est la fragilité d’un enjeu face à un aléa.

Le risque

Le risque est l’éventualité d’occurrence d’un événement dommageable. Il est évalué en croisant, sur un secteur donné, l’aléa et les enjeux. L’aléa est alors perçu comme un danger.

Crue 1910 lavoir de Senlis (Société d’Histoire Locale de Montgeron)

AGIR AVANT L’INONDATION

Face au caractère récurrent des crues, l’impossibilité physique de s’en prémunir et l’ampleur des enjeux, il est essentiel d’anticiper pour réduire la vulnérabilité des enjeux.

Parmi les mesures prises ou à prendre, on peut citer :

Les mesures individuelles sur les bâtiments existants

  • Prévision de dispositifs temporaires pour occulter les bouches d’aération, les portes (mise en place de batardeaux),
  • Amarrage des cuves,
  • Installation de clapets anti-retour,
  • Choix des équipements et techniques de constructions en fonction du risque (matériaux imputrescibles),
  • Mise hors d’eau du tableau électrique, des installations de chauffage, des centrales de ventilation et de climatisation,
  • Création d’un réseau électrique descendant ou séparatif pour les pièces inondables.

Pour aller plus loin : consulter le guide du SyAGE Inondations : comment réagir face au risque :

PENDANT L’INONDATION

Avant l’arrivée des eaux :

  • Posez vos batardeaux et obturez toutes les entrées d’eau.
  • Prévoyez le stationnement de votre véhicule hors de la zone inondable
  • Informez-vous (commune, site internet du SyAGE, radio, télévision…).
  • Coupez les réseaux de gaz, de chauffage et d’électricité.
  • Surélevez vos meubles, mettez vos objets de valeur et papiers hors d’eau
  • Mettez les matériels dangereux ou polluants (aérosols, batteries, pots de peinture, engrais, solvants) hors d’eau.
  • Vérifiez votre kit de secours.
  • Pensez à vos animaux domestiques.
  • Soyez à l’écoute des consignes des interlocuteurs privilégiés (maire, service de prévision des crues…).

Pendant la crue :

  • Informez-vous.
  • Ne circulez pas en voiture
  • Ne consommer pas l’eau du robinet
  • N’évacuez pas les lieux avant l’ordre des autorités
  • Ne vous engagez pas à pied ou en voiture sur une route inondée : 30 cm d’eau  suffisent pour soulever et emporter un véhicule.

Agir après :

Réintégrez votre logement uniquement avec l’accord des autorités

Assurez-vous de l’accessibilité de votre logement auprès des services de secours ou de la mairie

Ne consommez pas l’eau du robinet avant avis favorable de la mairie.

Réalisez un inventaire des dégâts en prenant des photos et contactez votre assurance afin de connaître la démarche à suivre.

Ne réenclenchez le gaz et l’électricité qu’après avoir fait contrôler votre installation par un professionnel

Informez-vous auprès de la mairie pour connaître les démarches liées aux catastrophes naturelles

La crue centennale n’a pas lieu tous les 100 ans ! Les connaissances scientifiques permettent d’estimer la probabilité de survenue d’un aléa. Un crue centennale d’un fleuve ou d’une rivière est une crue qui a 1 probabilité sur 100 de se produire chaque année (crue décennale 1 probabilité sur 10 de se produire chaque année). Cette statistique témoigne de la rareté d’un évènement et ne veut pas dire qu’il a lieu une fois par siècle. 

 

Inondation 2016 aux Thibaudières à Boussy-Saint-Antoine

LES SEPT COMPOSANTES DE LA PRÉVENTION DES RISQUES

1/ La connaissance du risque

Conscient des forts enjeux socio-économiques du territoire, le SyAGE porte depuis plus de 30 ans l’ambition d’une gestion efficace des inondations fluviales à l’échelle de son champ d’action.

À l’échelle du bassin versant de l’Yerres, face aux risques d’inondations par débordements des cours d’eau, le SyAGE pilote depuis 2003, des Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Le PAPI est un véritable outil opérationnel décliné à l’échelle du territoire de la vallée de l’Yerres, il favorise la concertation de tous les acteurs locaux avec pour ambition commune, de réduire au maximum les conséquences sur l’ensemble des communes touchées par ces phénomènes.

« Le PAPI d’intention (2013) avait déjà fourni un capital d’informations très conséquent permettant une bonne vision de la vulnérabilité du territoire. Cette base solide s’est enrichie par l’analyse détaillée de la crue de juin 2016 » précise Pierre Bretaudeau, animateur du PAPI de l’Yerres.

En effet, cette dernière, a d’autant plus d’importance, qu’elle représente un évènement majeur, actuel, vécu par tous les acteurs locaux, encore en mémoire et alimenté d’un grand nombre d’éléments quantitatifs (photographiques , vidéo et témoignages). « Elle va, d’une part, renforcer la modélisation issue du diagnostic approfondi, et d’autre part, illustrer, sans commune mesure, les impacts d’un évènement qui, pour certaines parties du territoire, se définit comme la crue historique jamais connue. L’étude de la crue de juin 2016, élargit la connaissance à l’ensemble des affluents du bassin versant. En prévision d’instrumenter les axes hydrographiques secondaires, cette action intègre une approche factuelle, fondée sur l’observation de terrain et les témoignages de personnes ressources, pour en délimiter, de la manière la plus réaliste possible, une enveloppe de crue ».

Des campagnes topographiques sur ces axes secondaires sont envisagées afin d’améliorer la connaissance de la morphologie des sous-bassins versants et de préciser les contours de la zone inondable. Cette information précieuse sur des zones jamais prospectées, fera l’objet d’un porté à connaissance auprès des élus locaux qui fournira un support supplémentaire de sensibilisation à la prise en compte du risque inondation dans l’urbanisme.

2/ Surveillance et alerte

« La surveillance et la prévision constituant les premiers maillons de la gestion de crise sont essentiels à deux titres; améliorer l’expertise sur le réseau hydrographique et renforcer les délais d’anticipation afin d’atténuer l’impact d’une inondation » indiqueSandrine Criscione, directrice de la GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) au SyAGE.

La surveillance des niveaux d’eau s’effectue, depuis de nombreuses années, au travers de deux systèmes complémentaires que sont le réseau de mesures électroniques et les échelles limnimétriques permettant une lecture visuelle de terrain.

Aujourd’hui, environ une quarantaine d’échelles composent le réseau pour la surveillance des fluctuations de niveau sur le réseau hydrographique principal. Leur utilité a d’ailleurs été mise à l’honneur, en juin 2016, en relayant l’information sur l’évolution de la crue alors que plusieurs sondes électroniques étaient hors service.

La Télégestion: un outil au service de la prévision des crues

Le SyAGE assure la prévision et surveillance des crues grâce au service de Télégestion. Depuis l’installation de la supervision en 1999, le nombre d’ouvrages et de stations de mesures reliés à la supervision n’a cessé de croître au fil des ans pour dépasser la centaine.

La télésurveillance permet au SyAGE d’anticiper un phénomène de crue à plus d’une journée et de mettre en jeu la régulation des barrages afin d’atténuer les conséquences de la crue.

L’alerte

En France, l’Etat est en charge de la vigilance « crues ». Celle-ci permet de prévenir les autorités et le public d’un  niveau de risque de crue(s) dans les 24 heures à venir. Elle est coordonnée avec le dispositif de vigilance météorologique mis en place par Météo-France depuis 2001, et qui couvre l’ensemble des risques d’origine météorologique, en les localisant par département. Les deux vigilances permettent aux autorités locales, notamment les préfets et les maires, ainsi qu’au public, de se mettre en situation de réagir de manière appropriée, et de gérer la situation dans de meilleures conditions.

Aux avant-postes lorsqu’une crue se déclare, les équipes du SyAGE sont en mesure d’alerter très rapidement communes, services de secours et les habitants d’un potentiel impact du débordement des cours d’eau. La surveillance des hauteurs et des fluctuations du niveau d’eau, rendue possible grâce aux équipements répartis le long des rivières, permet d’anticiper l’importance des évènements à venir.

Bulletin de crue

Au premier rang de l’information, le bulletin de crue généré par le SyAGE est le support de communication mis en œuvre dès que les premiers risques de débordement apparaissent. « Il est adressé aux 11 communes riveraines de l’Yerres et du Réveillon (Essonne et Val de Marne), aux partenaires institutionnels ainsi qu’aux services de secours. Cette démarche devrait s’étendre aux communes riveraines en aval de Courtomer » précise Sandrine Criscione.

 Ce bulletin regroupe toute l’information technique sur l’évènement afin que chaque destinataire puisse engager les moyens de sauvegarde ou de secours nécessaires au regard de ses prérogatives. Il fut fortement mobilisé durant les évènements de juin 2016 pouvant aller jusqu’à deux éditions par jour. Le retour d’expérience de l’ensemble des acteurs locaux fait état de la pertinence de ce support tant d’un point de vue qualitatif que quantitatif. Mis en direct sur le site internet, il est également consulté par les communes de Seine et Marne.

SIRYAC

Le SyAGE s’est doté depuis 2002 d’un système d’alerte (Système d’information des riverains de l’Yerres pour l’alerte de crue) afin d’avertir directement et rapidement les riverains de l’Yerres dans l’Essonne et le Val-de-Marne des risques de crues et de montées des eaux. Ce service gratuit est exclusivement réservé aux usagers habitant directement en zone inondable. Il vous avertira, par téléphone, avant que les premiers débordements aient lieu afin que vous puissiez prendre toutes les dispositions nécessaires dans votre habitation.

App-Syage

L’application permet à chaque habitant du territoire d’être destinataire du bulletin de crue et ainsi d’être informé régulièrement du niveau de la rivière et de recevoir des messages mais aussi de signaler des incidents relatifs à la rivière (embâcle important, pollution, inondation…) et de prévenir les difficultés. Vous recevez ensuite un accusé de réception du signalement puis des notifications sur la prise en charge de l’incident jusqu’à sa résolution.

3/Information et développement de la culture des risques

Sensibilisation des populations

La communication du SyAGE autour de la thématique des inondations fluviales ne se limite pas à des actions réalisées face à une situation de crise ou vis-à-vis d’une vigilance particulière. Tout au long de l’année, sur l’ensemble des supports d’information édité par le service communication, la conscience du risque est entretenue au travers de nombreux articles parus dans notre magazine L’O par exemple, ou faisant l’objet d’une émission dédiée à ces sujets comme ce fut le cas du n°1 d’H2O, diffusé sur la chaîne YouTube du SyAGE.

L’ensemble de ces actions de communication œuvre pour le maintien de la culture du risque sur le territoire que l’on sait, par retour d’expérience, limitée et sujette à une nette propension à l’oubli.

Repère de crues

Véritable témoin de l’histoire du cours, d’eau, le repère de crue matérialise le niveau des Plus Hautes Eaux Connues (PHEC) d’un événement majeur. Plusieurs repères de crue ont été installés en partenariat avec les services de l’État, des collectivités ou des départements.

Au-delà de leur rôle premier dans la mémoire du cours d’eau, ce sont de très bons indicateurs pour apprécier l’ampleur de l’aléa. A titre d’exemple, l’observation quotidienne des repères de crue sur le terrain du 31 mai au 4 juin 2016, a permis au SyAGE de comparer l’occurrence de l’épisode hydraulique en cours avec celui de la crue de 1978.

L’État joue un rôle majeur en mettant à la disposition des collectivités les connaissances disponibles en matière de risque inondation. Le porté à connaissance (PAC), dispositif obligatoire comprend l’ensemble des données compilées par les services de l’État à la demande du préfet lorsque celui-ci a reçu de la part d’une structure porteuse de Schéma de cohérence territoriale (Scot) ou de Plan local d’urbanisme (PLU), copie de la décision de prescription d’un de ces documents d’urbanisme.

Dans le domaine des inondations, le préfet peut mettre à disposition toute étude de connaissance en lien avec l’exposition du territoire : le dossier départemental des risques majeurs (DDRM), les atlas de zones inondables (AZI), la cartographie du risque issue de la directive inondation dans les territoires à risque d’inondation important (TRI). D’autres éléments de connaissances existent comme les limites de crues historiques, les études d’aléas hydrauliques réalisées en particulier dans le cadre de l’élaboration des plans de préventions des risques (PPR) inondation (PPRi). Le préfet communique aussi aux collectivités territoriales les contenus du plan de gestion des risques d’inondation (PGRI), du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) et des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage).

Les Sdage et les Sage ne créent pas de réglementation liée à l’occupation des sols mais ils infléchissent les documents d’urbanisme à travers leur contenu et le rapport de compatibilité pour une meilleure problématique liée à l’eau.

L’élu local peut lui aussi agir par la délivrance des certificats d’urbanisme, permis de construire et permis d’aménager mais aussi par la rédaction des outils de planification tels que les Scot, les PLU(i) et/ou les cartes communales que son territoire soit doté ou non d’un PPRi.

Assistance des communes à la rédaction de leur PCS et DICRIM

L’approbation dans la vallée de l’Yerres d’un PPRi, a rendu obligatoire, pour les collectivités concernées, la réalisation d’un plan communal de sauvegarde (PCS). Tous les moyens humains, matériels et logistiques ainsi que les schémas organisationnels liés à la sécurité civile quel que soit le risque doivent être consignés dans ce document et de manière plus synthétique dans un livret intitulé le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM), à destination des populations.

« Le SyAGE a ainsi accompagné de manière assidue, en partenariat avec la Direction départementale des Territoires de la Seine-et-Marne, les communes pour la rédaction de leurs PCS. Ces dernières années, vingt-huit communes ont pu bénéficier de cette assistance qui a conduit à quinze arrêtés municipaux officialisant leurs PCS et quatre pour le DICRIM » souligne Pierre Bretaudeau.

4/ Aménagement du territoire

A chaque crue majeur, les impacts matériels et ceux liés aux activités économiques sont très conséquents notamment en Ile de France où les enjeux offrent une densité sans pareil. La vallée de l’Yerres n’est pas épargnée de conséquences et malgré ce constat parfois catastrophique, le risque inondation reste le parent pauvre des politiques de développement du territoire.

A titre d’exemple, le PPRI de l’Yerres n’affiche en zone inondable aucune prescription sur le bâti existant afin d’en diminuer la vulnérabilité. Seules des recommandations comme l’installation des équipements électriques au-dessus de la PHEC, sont identifiées. Aucune mesure d’accompagnement n’est prévue pour encourager le particulier à s’engager dans les travaux de réhabilitation.

Un PPRi interdépartemental

La vallée de l’Yerres est exposée depuis tout temps aux inondations par débordement de son cours d’eau principal et de ses affluents sur les départements de Seine-et-Marne, de l’Essonne et du Val-de-Marne. Les principales crues de l’Yerres, même si elles ne sont pas forcément bien documentées, sont là pour le rappeler.

Afin d’assurer une gestion globale du risque inondation du bassin de l’Yerres, l’arrêt de prescription du PPRi de l’Yerres a été pris le 6 novembre 2008 sur les trois départements concernés (Seine-et-Marne, Essonne, Val-de-Marne).

Le PPRi réglemente l’occupation des sols et les modalités de construction en fonction du risque naturel d’inondation. Ce document est réalisé par l’État en association avec les communes. Le PPRi approuvé après enquête publique vaut servitude d’utilité publique et s’impose à tous.

SAGE de l’Yerres

Le Schéma d’Aménagement et de gestion des Eaux (SAGE) de l’Yerres est un autre levier dans le domaine de la prévention des inondations.

Soucieux de répondre aux objectifs du bon état des eaux défini par la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), l’ensemble des acteurs locaux, élus, représentants de différents secteurs socio-économiques et services administratifs, se sont réunis au sein d’une Commission Locale de l’Eau (CLE), en 2002 afin d’officialiser l’élaboration du SAGE de l’Yerres. Cet outil met en œuvre une politique de gestion optimisée de la ressource en eau et des milieux aquatiques dont plusieurs enjeux prioritaires tels l’amélioration de la gestion des inondations.

Contrat de bassin de l’Yerres amont et aval

Le SyAGE s’est engagé dès 2010 dans la mise en œuvre de contrats de bassin, en synergie avec les objectifs d’atteinte de bon état des cours d’eau et pour ancrer davantage sa politique de préservation des milieux aquatiques. Le contrat aval comprend notamment un enjeu sur la gestion des eaux pluviales urbaines à la source pour réduire le risque inondation en complémentarité avec le PAPI.

Renaturation
Prévue par la Directive cadre sur l’eau (DCE), la renaturation des cours d’eau permet une recolonisation de la faune et de la flore. Elle contribue à l’amélioration de la capacité de rétention des crues. Le SyAGE qui intervient à l’échelle du bassin versant, agit ainsi dans ce domaine en faveur des communes qui subissent des débordements.

5/ Réalisation de travaux de mise en sécurité

La réduction de la vulnérabilité des enjeux sur un territoire est l’affaire de tous. La conscience collective a ainsi alimenté des initiatives en ce sens. Certaines collectivités ayant des zones urbanisées localisées en zones inondables, dans les axes d’écoulement préférentiels, ont engagé la démarche de rachat de parcelles et destruction de bâtiments, répondant à cet objectif. Portée par la commune de Crosne dans les années 2000, cette démarche se met en place depuis 2010 à Villeneuve-Saint-Georges. En effet, cette dernière, en partenariat avec le Conseil départemental du Val-de-Marne, de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et du SyAGE, a souhaité engager la requalification environnementale, urbaine et sociale du quartier Belleplace/Blandin. Une fois cette démarche d’acquisition foncière aboutie, le SyAGE, en tant que maître d’ouvrage, mettra en œuvre un vaste projet d’aménagement des berges pour redonner à ce site sa vocation première de milieu naturel humide et de zone d’expansion des crues.

Les ouvrages « rivière » de protection fixe

Outre la prévention et la prévision, certains équipements répondent davantage à des problématiques plus locales de protection. Ce fut le constat de deux zones à risque avéré sur lesquelles le SyAGE a réalisé des aménagements adéquats : la digue du ru du Gord (communes d’Epinay-sous-Sénart/Boussy-Saint-Antoine) et le barrage du ru d’Oly (communes de Montgeron/Vigneux-sur-Seine).

Les ouvrages «assainissement»: leur rôle dans les inondations

La prévention des inondations se retrouve également dans la gestion des eaux pluviales. En effet, les inondations dues au ruissellement urbain sont récurrentes notamment sur les parties essonnienne et val de marnaise du territoire de l’Yerres, occasionnant des dégâts importants. Pour faire face à ces phénomènes, dont l’origine se trouve en grande partie dans l’imperméabilisation des sols, de nombreux ouvrages de stockage ont été construits en amont des secteurs sinistrés. Le SyAGE propriétaire et gestionnaire de ce patrimoine, compte environ 90 ouvrages de rétention des eaux pluviales.

Leur rôle principal est de stocker les eaux de pluies lorsque les réseaux arrivent à saturation afin de limiter les débordements sur voirie ou bâtiments occasionnant les inondations. Ils régulent ainsi les débits reçus en amont avant de les restituer à l’aval lorsque la capacité de l’exutoire le permet. L’ensemble de ces ouvrages a été conçu pour réguler au mieux les pluies ayant une période de retour de 10 ans.

Outre les bassins de stockage, un second équipement des réseaux d’assainissement joue en faveur de la prévention des inondations; les postes anti crue (PAC). Principalement composés d’une vanne et d’une station de pompage, la récupération des eaux de pluie s’effectue par un réseau dédié de collecte (branchement particulier ou par un avaloir) et de transport (collecteurs) avant rejet au milieu naturel.

Projet de réalisation de la zone d’extension des crues d’Armanvilliers

Le projet de ZEC d’Armanvilliers (Seine-et-Marne), porté par le SyAGE, est en phase préliminaires. Les études faune/flore/habitat devrait se terminer à la fin de l’année. La maîtrise d’œuvre de la ZEC est en cours d’élaboration. Elle permettra d’améliorer la gestion des écoulements des eaux pluviales et réduire les risques d’inondation.

Exercice gestion crise SyAGE novembre 2020

6/Préparation et gestion de crise

Aux termes de la loi, la direction des opérations de secours appartient aux autorités détentrices du pouvoir de police, à savoir le maire lorsque le sinistre concerne sa commune, à travers la mise en place d’un Plan communal de sauvegarde (PCS), et au préfet si plusieurs communes sont concernées ou si un plan ORSEC est déclenché.

PGCI

Le SyAGE a mis en place un Plan de Gestion de Crise Inondation (PGCI) il y a déjà plusieurs années dans le cadre du PAPI. Cet outil permet d’avoir une approche réfléchie et circonstanciée de la crue.

Il met l’accent sur les étapes d’une montée en puissance passant des mécanismes de déclenchement de la cellule de crise interne aux moyens logistiques, informatiques et humains mis en œuvre pour répondre à l’évolution de la situation. Son opérationnalité se concentre dans l’attribution des fonctions et des responsabilités de chaque membre de l’organigramme. De manière plus détaillée, des fiches réflexes précisent les missions telles que la gestion des véhicules, les taches affectées à la cellule assainissement…

Il intègre également des éléments indispensables du Plan de Continuité de l’activité (PCA) afin d’assurer les ressources suffisantes pour garantir l’exercice des services courants minimums du SyAGE.

Au final, le PGCI n’est pas un ouvrage qui s’étudie au moment de la survenance de la crise, mais un aide-mémoire pour ne rien oublier. Ce plan sera donc lu et connu de tous ceux qui participeront au dispositif.

Par sa vision systémique de la crue au sein de son territoire, le syndicat tient une place incontournable dans le paysage de la gestion de crise. Au fur et à mesures des préparations, qu’il s’agisse d’exercices cadres communaux, exercices de terrain multi acteurs ou de SEQUANA EU, une coordination pertinente de l’ensemble des praticiens de la gestion de crise a commencé à se dessiner. Cette configuration permet à chacun de trouver des réflexes instantanés d’anticipation, de planification et de communication pour permettre une organisation de la gestion de crise promouvant une certaine résilience.

7/ Une approche globale

La prévention contre les inondations nécessite une approche globale de la prévention des risques naturels. C’est la fonction des PAPI qui reposent un partenariat entre les services de l’État et les acteurs locaux. Il décline des actions dans l’ensemble des composantes de la prévention des risques d’inondation. Le PAPI est porté par le SyAGE depuis plus d’une dizaine d’années. Il permet une approche globale et une gestion intégrée des risques inondations, en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine, les biens, les activités économiques et l’environnement en s’appuyant sur une série de mesures mises en œuvre sur tout le périmètre concerné. Le PAPI de l’Yerres (2018-2023) dispose d’un budget de 2,4 millions d’euros (HT).

Résilience 
La résilience d’un territoire est sa capacité à récupérer un fonctionnement normale suite aux 
conséquences d’un phénomène naturel. Le risque inondation diminue après la catastrophe si une réflexion s’engage pour adapter la conception des réhabilitations des constructions endommagées et améliorer 
l’organisation de la protection des biens et des personnes. Cette capacité de rebondir passe par des
actions à court, moyen et long terme.  

Culture du fleuve
C’est ce que désignent les spécialistes comme une connaissance plus approfondie  et précise des atouts mais aussi des contraintes impondérables liées à la proximité d’un cours d’eau. Il est important de 
sensibiliser les habitants du territoire à cette culture du fleuve, qui est aussi la culture du risque et de tendre vers une réappropriation globale de la rivière avec ses atouts (paysage, balade, activités
sportives et de loisirs…) mais aussi ses dangers inhérents.  
Chiffres 
Les dégâts causés par les inondations représentent environ 80% des coûts imputables aux risques 
naturels, soit 250 millions € par an.  

En France, 17 millions d’habitants et 9 millions d’emploi se trouvent dans des zones inondables
(sources ministère de l’Écologie) 

850 000 habitants en zones inondables en Île-de-France

1,5 milliard d’euros (bassin de la Seine et de la Loire) pour les inondations de 2016 . 
C’est le plus important niveau de dédommagement depuis le régime de catastrophe naturelle en 1981     

1 personne sur 4 en France est potentiellement exposée au risque inondation  

1 emploi sur 3 en France est potentiellement exposé au risque inondation 

20 000 victimes des inondations par an dans le monde   

1 commune sur 3 concernée par le risque inondation, dont 300 grandes agglomérations.   
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Ateliers d’arpentage : un travail participatif pour définir une gestion de l’eau à moyen et long terme

La Commission Locale de l’eau (CLE)* du SAGE de l’Yerres portée par le SyAGE, a organisé trois ateliers d’arpentage à Soignolles-en-Brie, à Courpalay (Seine-et-Marne) en septembre dernier et à Epinay-sous-Sénart (Seine-et-Marne), au mois d’octobre. Encadrés par un bureau d’études, ces temps d’échanges ont réuni des riverains, des élus locaux, des représentants d’associations et de l’État… qui permettront d’apporter un ancrage local à l’expertise réalisée par le cabinet AScA.

« On attend des échanges nourris sur ces enjeux sensibles. On veut donner du sens aux problématiques techniques ». Jean-Baptiste Narcy et Gaëlle Chevillotte du bureau d’études AScA ont bien planté le décor avant le début de l’arpentage, en début de matinée. Munis de leur téléphone portable, les participants, des riverains, des élus locaux et des initiés (AQUI’Brie, CAUE 77, AESN…)  devaient photographier ce qui suscitait chez eux des impressions positives ou négatives sur la place de l’eau lors du cheminement. Et ce qui évoquait des craintes ou des espoirs pour vivre dans ce lieu, avec le changement climatique.

Car cette démarche participative s’inscrit dans un temps long et un contexte de réchauffement de la planète. Yerres 2054. « Elle fait partie de l’étude de révision du SAGE de l’Yerres* » précise Jumaanah Khodabocus, animatrice du SAGE de l’Yerres. « Les trois ateliers d’arpentage font partie du lot 2 qui a été attribué au bureau d’études AsCa. Cette phase a pour objectif de définir en concertation avec les acteurs une vision de leur territoire à long terme pour pouvoir définir à moyen terme  (2027) des objectifs à atteindre en matière de gestion concertée et équilibrée de l’eau.

Continuités écologiques

L’objectif est de partager l’expertise des intervenants mais aussi le ressenti et la vision des acteurs locaux. Le premier atelier s’est déroulé à Soignolles-en-Brie (Seine-et-Marne) autour de la rivière et plus particulièrement au niveau des travaux de restauration des continuités écologiques de l’Yerres, sous la houlette de la Fédération de pêche de Seine-et-Marne qui porte le projet. Les participants se sont retrouvés ensuite durant l’après-midi partagés dans plusieurs groupes de travail. Chacun expliquait la sélection de ces deux photos prises durant l’arpentage. Les photos étaient ensuite regroupées par thématiques auxquelles un slogan était déterminé. Un travail collectif qui a permis ainsi de mettre le doigt sur des enjeux sensibles et des solutions possibles aux problématiques rencontrées.

L’opération a été reconduite à Courpalay (Seine-et-Marne) sur les questions d’espace agricole et d’aménagement au regard de la gestion de l’eau et des épisodes de ruissellement torrentiel qui touchent régulièrement la commune. Plusieurs riverains ont d’ailleurs relaté les dégâts provoqués par ces ruissellements dans leur maison.

Le troisième atelier abordait la thématique de l’eau en ville, dans le quartier des cinéastes à Epinay-sous-Sénart, qui a fait l’objet d’une importante opération de rénovation urbaine entre 2013 et 2016.

Dans ce projet, la gestion technique de l’eau a été une réussite même si ce n’est pas le cas de la grande place imperméabilisée selon les habitants du quartier qui n’est pas suffisamment ouvert sur les bords de l’Yerres et sa zone d’expansion de crue qui offrent un cadre naturel exceptionnel en milieu urbain.

Accroche locale

La concertation préalable du public est une étape obligatoire dans la procédure de révision du SAGE de l’Yerres. Elle permet aux habitants du bassin versant, aux usagers, aux riverains de s’approprier cet outil de planification et de participer à la réflexion sur la stratégie à adopter sur la stratégie à adopter sur leur territoire. « La CLE a également souhaité mettre l’accent sur la concertation des acteurs pour donner au SAGE révisé une plus forte accroche locale » indique Jumaanah Khodabocus.

Tous ces éléments vont être exploités par le bureau d’études pour son expertise qui va contribuer à identifier les enjeux et définir les grandes orientations du SAGE de l’Yerres et de fonder le socle des prochaines étapes liées à la rédaction du Plan d’Aménagement et de Gestion Durable (PAGD) qui fixe par enjeu les objectifs de gestion équilibrée des ressources.

Et ailleurs, ça marche ?

Le bureau d’études AScA a déjà réalisé des ateliers d’arpentage photographique comme celui réalisés pour la définition de stratégies d’aménagement et de développement durable sur le thème « rendre les villes perméables : les gains pour la gestion de l’eau et l’aménagement du territoire sur la métropole Aix Marseille Provence », en juin 2019. Il s’est inscrit dans le cadre d’une Assistance à maîtrise d’ouvrage auprès de la DREAL PACA, de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et de la DDT 13.

« L’idée était notamment de saisir par la photo ce qu’est habiter ou vivre la ville avec l’eau de pluie » précise Gaëlle Chevillotte, ingénieur du génie rural, des eaux et forêts chez AScA. « L’enjeu était de valoriser des interstices et interfaces du tissu urbain par le développement d’un réseau d’espaces collectifs de proximité. Au final, on a associé des techniques alternatives de gestion du pluvial et de nouvelles fonctions urbaines (mobilités douces, nature en ville…) : de l’espace résiduel à l’espace collectif. Sans ce travail participatif de terrain, tout cela n’aurait pas émergé. Cela a été une plus-value importante ».

*Qu’est-ce qu’un SAGE ?

Le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux est un outil de planification à portée règlementaire et assure un suivi rigoureux de sa mise en œuvre et du respect de ses mesures. C’est l’outil de mise en œuvre de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau (DCE) qui fixe le cadre pour la gestion de l’eau.

C’est la déclinaison du SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux)

*C’est quoi, la CLE ?

Non, cette CLE n’ouvre pas de serrure ! C’est la Commission Locale de l’Eau. Une sorte de parlement de l’eau qui assure le suivi et la mise en œuvre du SAGE. C’est une instance indépendante locale de concertation qui représente les acteurs du territoire : collectivités territoriales et établissements publics locaux, usagers, propriétaires riverains, organisations syndicales et professionnelles, associations et services de l’État. Concrètement, elle définit des axes de travail, organise le calendrier de la démarche, anime la concertation, suit la mise en œuvre du SAGE, arbitre les conflits éventuels…

La CLE n’ayant pas de personnalité morale et juridique propres, ni de moyens de fonctionnement, celle-ci doit s’appuyer sur une structure porteuse assurant le secrétariat technique, l’animation, la maîtrise d’ouvrage des études nécessaires au SAGE. Son portage administratif est assuré par le SyAGE depuis le 1er octobre 2011.

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Francisca Espinoza : « une inondation est un trauma »

Francisca Espinoza est psychologue clinicienne. Depuis plusieurs années, elle travaille sur la question du stress post-traumatique et sur la mémoire des catastrophes. Elle était intervenue en 2018, lors de la table ronde organisée par le SyAGE sur le risque inondation. Elle a accepté de répondre à nos questions autour d’une dimension qui n’est pas toujours suffisamment prise en compte : la souffrance psychologique des sinistrés et les moyens de réduire ce traumatisme.

JBF : vous êtes psychologue clinicienne, pourquoi vous êtes-vous intéressée plus spécifiquement à la façon dont les individus réagissent aux catastrophes ?

FE : je travaillais sur la question du traumatisme pendant ma thèse de doctorat ainsi que la question de la transmission de la mémoire. Et un peu par hasard j’ai découvert le site de www.memoirdescatastrophes.org consacré à la mémoire des catastrophes qui a été créé par Serge Tisseron qui est un psychiatre qui a travaillé sur la question de la transmission. Il a créé cet institut pour la mémoire des catastrophes  et il m’a invité à y participer en tant que bénévole. Et c’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à cette problématique des catastrophes naturelles.

JBF : au départ c’est donc plutôt le hasard qui vous a amené à ce sujet ?

FE : Oui. Plutôt le hasard. Mais très vite, j’ai pu rencontrer des sinistrés dans le cadre d’un projet de témoignage en vidéo et suite à ces rencontres j’ai commencé à m’y intéresser encore plus et à mesurer tous les effets psychiques provoqués par une inondation. Au début, je ne mesurais pas l’importance de ces effets. Je pensais qu’une catastrophe naturelle ne provoquait pas le même type de traumatismes que ceux engendrés dans le cadre d’une violence politique ou par la guerre. Alors effectivement, les traumatismes ne sont pas de même nature, mais une inondation peut néanmoins provoquer des effets psychiques très importants et comparables.

JBF : Sur le territoire du SyAGE, nous n’avons pas de catastrophes « dramatiques » comparables à ce qui peut se produire ailleurs en France ou dans le monde. Est-ce que pour une victime, cela change quelque chose, en termes de traumatisme, d’être victime d’une « grande » catastrophe ou d’une « petite » catastrophe ? Ou bien est-ce indifférent ?

FE : Le traumatisme est la conséquence, chez un individu, d’un trauma, le trauma étant un choc. Une inondation, par exemple, est un trauma. Le traumatisme, la conséquence pour l’individu de ce choc, va être fonction des caractéristiques de l’évènement, mais également en fonction de la personne. C’est-à-dire qu’un même évènement produira des effets psychiques différents chez des individus différents. Cela va dépendre de la façon dont l’évènement marque cette personne, de la façon dont il s’inscrit dans l’histoire personnelle de cette personne, de ses caractéristiques psychologique, de son histoire de vie, des ressources dont elle dispose pour pouvoir surmonter cet évènement. Donc effectivement l’évènement compte – ce n’est pas la même chose de subir un tsunami qu’une inondation de moindre envergure – mais si on raisonne en termes psychologiques, ce qui compte c’est comment la situation est vécue subjectivement. Il n’y a pas de réponse standard. Mais ce qui compte aussi, pour surmonter le traumatisme, ce sont les mesures qui sont mises en place par les institutions, la façon dont est gérée la catastrophe. C’est un facteur qui aide à la résilience mais aussi à la santé psychique des personnes sinistrées. On a pu constater que quand des mesures rapides sont prises par les autorités – restauration, protection des personnes, etc – cela aide à surmonter l’évènement traumatique.

JBF : Dans ce que j’appellerai les « petites » catastrophes, comme celles qui peuvent se dérouler par exemple sur notre territoire, on constate que même si une ou plusieurs personnes sont victimes de l’évènement, la « catastrophe » est presque invisible pour le grand public, parce qu’insuffisamment médiatique, spectaculaire et de ce fait, la victime se sent seule face à son traumatisme. Est-ce que cette solitude est un facteur aggravant ?

Oui ! C’est quelque chose qui ressort souvent dans les interviews des sinistrés. Ils expliquent que l’expérience traumatique est incommunicable et de ce fait, ils se sentent souvent incompris. C’est pour cela, disent-ils, qu’il est important d’en parler, non seulement avec les bénévoles mais surtout avec d’autres personnes ayant vécu la même chose, car c’est ainsi qu’ils se sentent moins seuls. Ce sentiment de solitude est, en quelque sorte, un des symptômes de cette expérience traumatique, qui est une rupture, une rupture avec la vie d’avant et dont il est difficile de se remettre.

JBF : Malheureusement, les inondations fluviales sont des phénomènes répétitifs et il est fréquent que la même personne soit amenée à vivre plusieurs fois une catastrophe. La question est donc : est-ce que l’on s’habitue à la catastrophe ? Est-ce qu’au contraire la répétition un facteur aggravant ?

Encore une fois, je ne crois pas que l’on puisse répondre de façon générale. Dans l’idéal, in faudrait s’habituer de façon résiliente, c’est-à-dire en apprenant de l’évènement et ainsi mieux se préparer pour l’avenir. Mais ce travail doit être soutenu par la société, les autorités, par le territoire car il est difficile à accomplir seul.

JBF : Suite à une inondation, quelles seraient les mesures à prendre pour éviter que les victimes ne développent des traumatismes trop importants ?

Au moment de l’évènement, il y a des secours qui arrivent immédiatement. Et de la même façon, il faut immédiatement que se mette en place un soutien et même un soin psychologique auprès des sinistrés. Cette distinction est importante. Il faut alerter les intervenants sur l’existence de ce risque psychologique, notamment parce que certains sinistrés peuvent avoir déjà vécu cela et peuvent voir d’anciennes souffrances réactivées. Ces personnes seront plus vulnérables que les autres. Donc la première chose à faire consiste à identifier ces personnes plus affectées pour les orienter vers du soin. D’autre part, il faut organiser le soutien, les liens avec la communauté. On a pu voir lors de catastrophes – et c’est ce dont témoignent les victimes – que ce qui les a le plus aidé c’est la solidarité, les liens avec les autres habitants du quartier que, peut-être ils ne connaissaient pas et qu’ils découvrent à cette occasion… Cette solidarité est quelque chose qui soutient énormément les sinistrés. C’est ce qui leur permet de remonter la pente.

JBF : une fois encore on peut voir que la solitude est un facteur aggravant du traumatisme.

Oui. C’est pour cela qu’il est important de favoriser ces liens entre les sinistrés, mais aussi avec les bénévoles et les autres habitants du territoire. Il est très important aussi de commémorer, de faire un travail de mémoire qui va également permettre d’alerter sur le risque et développer une véritable culture du risque et d’améliorer ainsi la résilience.

JBF : après une catastrophe, l’accent est souvent mis – notamment dans les médias – sur l’aspect matériel des choses : on a perdu sa maison, sa voiture, etc – mais assez peu sur la dimension psychologique ou immatérielle. Cette forme d’oubli du psychologique est-elle dangereuse ? Est-ce qu’elle peut enfermer les sinistrés dans leur silence ? Ou bien est-ce indifférent ?

Je pense que c’est une réaction normale. Dans l’urgence, ce qu’il faut prioriser c’est la nourriture et l’habitat. Mais très vite, il faut aussi prendre en considération cet aspect immatériel. Les sinistrés ont souvent la sensation d’être dépossédés. Par exemple, je me rappelle d’avoir interviewé des victimes d’une tornade qui était partagées entre le désir de retrouver leur maison et la crainte que celle-ci ait perdu son âme en perdant toutes les traces de leur vie sur place.

JBF : est-il possible de limiter de futurs traumatismes par des formations ou des sensibilisations ?

Bien sûr. C’est là tout l’intérêt de préparer la résilience. C’est tout l’intérêt du travail de mémoire : connaître les évènements passés pour mieux se préparer à l’avenir. Il faut aussi, si l’on veut diminuer le stress et le traumatisme des futurs sinistrés, faire en sorte d’accélérer, de faciliter et simplifier les aspects administratifs qui peuvent être pénibles et blessants pour les victimes. Il faut pouvoir passer à autre chose.

JBF : Il y a souvent un débat sur la question de l’information préventive. Faut-il minimiser le risque pour ne pas affoler la population ou bien au contraire faut-il tenir un discours de vérité ?

La deuxième option sans hésiter ! On ne peut pas minimiser le risque parce que c’est nous rendre plus vulnérables, à tous points de vue. Et puis c’est un droit, pour tout habitant d’un territoire de connaître les risques auxquels ils sont exposés. La meilleure façon de faire de la prévention, c’est de connaître les risques. Ce qui fait traumatisme, c’est souvent la non préparation, la surprise.

JBF – On dit beaucoup ces derniers temps, face à ces divers phénomènes naturels violents, qu’il faut désormais se réhabituer à vivre avec la nature et plus contre la nature… Pensez-vous que la relation qu’on entretient avec la Nature influe sur la perception que l’on a des catastrophes naturelles ?

J’en suis persuadée. Il y a de plus en plus de catastrophes, plus intenses et plus fréquentes et on est obligé de changer nos habitudes et nos points de vue. C’est une des conditions de la résilience : faire preuve de plus d’humilité face à la nature. Il faut aussi s’interroger sur la part humaine dans ces catastrophes dites naturelles. Nous avons souvent une part de responsabilité collective dans telle ou telle catastrophe : l’urbanisation importante, le fait d’habiter en zone inondable, tout miser sur la technologie. J’observe que nous évoluons sur ces questions, mais nous sommes lents à changer et il faudrait nous dépêcher.

JBF : Pour résumer, on peut dire que s’il est impossible de réduire à zéro le caractère traumatisant d’une catastrophe, on peut néanmoins le limiter en adoptant une posture active plutôt que de rester passif ?

Tout à fait ! Ce qui est traumatique dans une catastrophe, c’est que la personne subit, qu’elle n’a aucun pouvoir sur l’évènement. Une façon de réduire le traumatisme c’est de sortir de cette passivité et de pouvoir agir, de participer au travail de prévention de façon à pouvoir prendre la main, même partiellement sur l’évènement passé ou à venir.

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Villecresnes : réhabilitation des réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales rue de l’Étoile

Le chantier de réhabilitation du réseau des eaux usées et des eaux pluviales a démarré au mois d’octobre dernier, rue de l’Étoile à Villecresnes. L’opération qui se déroule rue de l’Étoile, depuis l’angle de la rue du Bois-Prie-Dieu jusqu’au rejet dans le Réveillon, rue de Cerçay, comprend également le redimensionnement du réseau des eaux pluviales.

« Cette opération va permettre notamment de réduire les inondations dans le quartier, où les réseaux débordaient régulièrement lors de fortes précipitations » souligne Mourad Timsi, chargé de travaux Assainissement Réseaux Publics du SyAGE.

La réhabilitation est effectuée par chemisage. Cette technique permet de limiter les coûts, en évitant une ouverture de tranchée ainsi que les délais. « Elle est adaptée pour des défauts d’étanchéité et d’usure mais elle ne peut pas être employée si la structure de base est trop endommagée » précise le chargé des travaux. Le chemisage nécessite au préalable une inspection vidéo dans le tronçon concerné pour évaluer son état. Il consiste ensuite à dérouler une gaine enduite de résine depuis le regard de visite* dans la canalisation à réhabiliter. Celle-ci est ensuite mise sous pression pour se plaquer contre la paroi intérieure. Contrôlé à distance, un robot muni de lampes UV passe à son tour pour durcir la résine imprégnée dans la gaine (polymérisation). Un nouveau tuyau rigide et totalement étanche est ainsi créé à l’intérieur de l’ancien.

Outre les canalisations d’assainissement, les branchements d’eaux usées et d’eaux pluviales sont remplacés.

La durée estimative du chantier rue de l’Étoile est de 18 mois. Le coût des travaux est de 4,5 millions d’euros (TTC). Les travaux d’eaux pluviales sont financés à 100% par le SyAGE. Ceux des eaux usées sont financés à 60% par le SyAGE et 40% par l’Agence de l’Eau Seine Normandie.

*Accès permettant de contrôler et d’entretenir un système d’assainissement.