Abeilles Aide et Entraide, l’employeur qui cultive la solidarité

Abeilles Aide et Entraide, l’employeur qui cultive la solidarité

Publié le 15 décembre 2017

Virginie Gesbert (au premier plan), directrice d’Abeilles Aide et Entraide, et Eléa Laouari, chargée d’insertion, dans l’une des serres du site.

A Abeilles Maraîchères, on cultive 52 espèces de légumes, parfois anciennes, et 132 variétés. Bios. Et ceux qui les cultivent ont des parcours avec autant de variété. Mais tous ces cas d’espèces ont un point commun : leur difficulté à accéder ou à retrouver un emploi.

L’établissement, situé à Crosne, est officiellement un « chantier d’insertion » mais ce terme ne satisfait pas Virginie Gesbert, la directrice de l’association Abeilles Aide et Entraide, dont il dépend. La jeune femme préfère utiliser celui d’employeur solidaire. Solidarité à destination des 20 salariés qui travaillent, en moyenne, sur le site qui, outre la culture de légumes, de la graine au produit final, comprend également un poulailler et une activité espaces verts. Et, plus globalement, solidarité envers les 300 demandeurs d’emploi que l’association accueille chaque année dans ses deux antennes, pour les orienter, leur trouver des formations et, majoritairement, les salarier*. Avec des contrats, réalisés chez des personnes physiques ou morales, plus ou moins longs : parfois, deux heures mensuelles se révèlent un bon début pour reprendre pied. « Nous les accompagnons dans un projet professionnel, dans un projet de vie, souligne Virginie Gesbert. La première étape de ce parcours est de retrouver la confiance en soi. Souvent, ils n’ont pas travaillé depuis longtemps et beaucoup ont connu des épisodes de vie difficiles. La seconde est de les intéresser et les mobiliser. La troisième est de travailler sur un projet professionnel évolutif. »

Employeur multiservice

Thierry et Ibrahim nettoyaient les légumes destinés aux paniers vendus par l’association.

L’éventail des emplois proposés par Abeilles Aide et Entraide est large. Ils se rencontrent dans les domaines du nettoyage (de plus en plus, grâce aux marchés publics), des petits travaux (maçonnerie, peinture…), de la manutention, des espaces verts… C’est dans ce domaine que le SyAGE confie à l’association des opérations d’arrachage de renouée du Japon, plante fortement invasive. « Nous tenons à être multiservice, reprend Virginie Gesbert. Et de plus en plus. Par exemple, nous venons d’être contacté par une entreprise pour de la mise sous plis : c’est formidable car c’est une activité qui convient à des personnes qui ont des problèmes de santé et n’ont donc pas accès aux missions plus physiques. » Abeilles Maraîchère, comme chantier d’insertion, peut proposer des CDD d’insertion de six mois renouvelables et 26 à 35 heures mensuelles, qui permettent d’accélérer beaucoup de démarches, notamment de logement. Les autres contrats de l’association sont pour leur grande majorité des CDD d’usage (en « extra »), mensuels et qui peuvent comprendre peu d’heures de travail. Ce qui n’empêche pas les « sorties positives » de l’association, c’est-à-dire les demandeurs d’emploi qui quittent la structure pour un CDI, des CDD de plus de six mois, une formation qualifiante ou même un départ en retraite. Ces sorties positives sont largement majoritaires, représentant, par exemple, 71 % en 2016, en incluant les CDD de moins de six mois et les entrées en formation non qualifiante. Parmi elles, 24 % ont concerné des emplois durables (CDI et CDD de plus de six mois).

Paniers de légumes à vendre

Des « paniers » de légumes sont vendus par Abeilles Maraîchère chaque semaine.

Parmi ces sorties heureuses, figurent de belles histoires, comme celle de cet homme âgé de 40 ans, qui se trouvait dans une situation catastrophique à son arrivée à l’association. Abimé par problèmes d’alcool et comportementaux  hérités d’un contexte familial dramatique mais conscient d’avoir gâché les quarante premières années de sa vie, il a adhéré au parcours professionnel proposé par l’équipe permanente de l’association (16 postes), suivi une formation qualifiante qui a débouché sur un recrutement. Ou encore celle de cette femme à qui Abeilles a proposé d’abord un travail puis un poste de chef d’équipe. « Je voulais d’abord refuser car je ne m’en sentais pas capable, témoigne-t-elle dans le rapport d’activité 2016 de l’association. J’ai avancé dans ma vie, j’ai du travail stable et je dors bien. » La belle histoire, tout le monde peut aussi l’écrire en achetant les paniers de légumes qu’Abeilles Maraîchère propose chaque semaine**.

* Abeilles Aide et Entraide est une Association Intermédiaire. A but non lucratif, elle embauche des demandeurs d’emploi de la Communauté d’agglomération Val d’Yerres – Val de Seine pour les mettre à disposition, à titre onéreux, de donneurs d’ordre, personnes physiques ou morales. Chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’euros en 2017. Son siège administratif se situe à Yerres : tél. 01 69 48 88 43. Elle compte des antennes à Draveil et Epinay-sous-Sénart.

** Paniers à 8 ou 13 euros, chaque semaine. Adhésion à l’année. Egalement vente directe, au 5, rue des bâtisseurs, à Crosne, le mercredi, de 16 h à 19 h et les jeudi et vendredi, de 9 h à 17 h. Téléphone : 09 67 21 18 40 et 06 08 10 96 75.

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