Archives pour “Au fil de l’Yerres …”

Read More

La passerelle du ru du Gord remplacée

Les promeneurs du Gord seront satisfaits : la petite passerelle du ru du Gord, qui était fermée depuis plusieurs mois en raison de sa dégradation, a été remplacée ce matin par une structure provisoire. Celle-ci, d’une dimension de sept mètres sur 1,90 m, a été installée sur le site par une équipe de quatre personnes, dirigée par Antonio Domingues, de l’entreprise mandatée pour réaliser l’opération. Ne restait plus, en fin de matinée, que le comblement des accès de la passerelle avec de la grave concassée pour que riverains, joggeurs et promeneurs puissent l’emprunter. Des études sont menées actuellement par le SyAGE pour décider du sort de l’ancienne passerelle, qui sera réparée ou remplacée par une structure définitive.

 

Read More

Crue : panique sur la faune de la prairie

Panique sur la prairie pour les insectes lors de la crue de janvier 2018 sur l’Île des Prévôts.

22 janvier 2018, des précipitations un tantinet interminables s’abattent sur l’île de France.
Il pleut tout de même depuis deux mois sur le bassin versant de l’Yerres, le cumul de précipitations risque de poser problème tôt ou tard. Hypothèse confirmée, quinze litres d’eau tombés au mètre carré entre le 22 décembre 2017 et le 15 janvier 2018 (précisément 151 mm), soit l’équivalent de trois mois de précipitations. C’est un record, la situation est exceptionnelle !
La réaction de l’Yerres (et du Réveillon) ne se fait pas attendre, le niveau d’eau monte au rythme de 2 cm/h, recouvrant lentement mais sûrement les points bas du lit majeur de l’Yerres. L’île des Prévôts, à Crosne, n’échappe pas à ce phénomène naturel. Le site est d’abord recouvert en périphérie, puis intégralement dès le pic de crue, atteint le 24 janvier à 12h39.
A cette heure, le niveau d’eau s’élève à 34,57 m au-dessus du niveau de la mer et une nappe d’eau d’environ 50 cm d’épaisseur noie intégralement le sanctuaire naturel. Les dégâts sont minimes mais à y regarder de plus près, l’heure est à la survie ! On observe des scènes de panique parmi la faune de la prairie.
Passons les scènes de piétinement qui animent le microcosme des herbes hautes à l’arrivée de la crue. Jusqu’ici bien tranquilles dans leurs galeries sous-terraines ou planquées dans l’humidité tiède du tapis de feuilles mortes, des milliers de « bestioles » prennent leurs pattes à leur cou et se mettent à l’abri des eaux plus qu’envahissantes.
Pour les plus mobiles, renards, campagnols et autres couleuvres, la crue « lente » du mois de janvier n’est qu’une perturbation temporaire les obligeant à quitter leur territoire. Passée l’inondation, et après quelques rafistolages légers, ils devraient pouvoir regagner leurs logis rapidement.
Pour les autres, en particulier pour la microfaune du sol, la crue peut-être beaucoup plus problématique.
Parmi les invertébrés du sol, on trouve les voyageurs opportunistes qui profitent du phénomène pour gagner et diversifier de nouveaux espaces via tout objet flottant non identifié (brindilles, troncs, bois divers, déchets…)* Comme le montre la photo, on observe également les irréductibles sédentaires, escargots des jardins, cloportes, scolopendres, araignées et fourmis, qui se réfugient en hauteur dans la végétation non immergée. Cette stratégie est risquée, encore faut-il choisir une brindille ou un buisson suffisamment haut pour ne pas finir noyés. Enfin, on dénombre les autres, qui pris au dépourvu, faute de mobilité et/ou d’opportunisme, succombent. La mortalité est difficile à évaluer. Elle est probablement plus importante qu’elle n’est visible, les trois quarts de la faune du sol étant constitués d’invertébrés de l’ordre du millimètre. Quoi qu’il en soit, leurs cadavres ne seront pas perdus, consommés par les « nécrophages » survivants du sol, ou dégradés en matières organiques.

Panique sur la prairie pour les insectes lors de la crue de janvier 2018 sur l’Île des Prévôts.

Après l’inondation, à partir du 26 janvier, vient la décrue, avec son lot ici et là de découvertes macabres, cadavres inertes de campagnols échoués et chapelets d’escargots détrempés. C’est troublant, cette petite faune terrestre noyée. Toutefois, passée cette première vision, souvent émotionnelle, il faut voir avant tout dans la crue, un phénomène bénéfique à la biodiversité, propice aux processus naturels et primordiaux que sont le brassage génétique des populations animales, la colonisation de nouveaux sites, la sélection naturelle, grâce notamment aux voyageurs opportunistes et aux individus les plus audacieux décrits plus hauts.
Pour la rivière et sa vallée, d’un point de vue écologique, la crue est l’assurance d’une dynamique indispensable. Les suivis naturalistes futurs nous permettront probablement de le confirmer.
Vincent Delecour, du service Valorisation des Milieux Naturels du Syage
* Le terme approprié pour qualifier ce mode dissémination est hydrochorie, littéralement « dispersion grâce à l’eau ».

Texte et photos : Vincent Delecour

Read More

Anniversaire festif pour Handi-Eaux

La dixième édition d’Handi Eaux s’est déroulée hier, sous le soleil, à Brunoy. Cette édition anniversaire a permis d’atteindre un record, avec 155 participants, jeunes handicapés des Instituts médico-éducatifs (IME) de Brunoy, Draveil, Varennes-Jarcy, Vert-Saint-Denis, du Centre d’initiation au travail et aux loisirs de Montgeron, de l’ESAT (Etablissement et service d’aide par le travail) et le Sessad (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) de l’Yerres et d’un institut parisien d’autistes. Ils étaient accompagnés par 70 bénévoles et encadrants, issus notamment de Suez, d’associations de pêcheurs, des pompiers de Paris ou du SyAGE. La dizaine d’agents du syndicat mobilisée a ainsi installé des pontons d’accostage et assuré l’encadrement de l’activité canoë-kayak avec deux bateaux, après avoir préparé les berges les jours précédents. Outre cette activité de kayak, très appréciée par les jeunes, la journée comportait des initiations à la plongée (avec le Neptune-club de Brunoy et ses moniteurs habilités) et des jeux sur la grande pelouse située derrière la piscine de Soulins, à Brunoy, notamment des jeux de bulles spectaculaires. L’activité pêche a cependant dû être annulée, à cause du fort courant de l’Yerres, conséquence des pluies des derniers jours. L’événement a également donné lieu à une célébration officielle de l’initiative prise il y a dix ans par Robert Jousse, un salarié de Suez, qui reste l’un des grands partenaires de Handi Eaux. Nathalie Guesdon, directrice générale des services du SyAGE, et Jean-Baptiste Ferrero, directeur de la communication, y ont participé.
« Handi-Eaux représente une formidable opération de partage, de dynamisme et de volonté », soulignait Françoise Balu, adjointe à la culture et au handicap de la mairie de Brunoy et cheville ouvrière de l’événement depuis ses débuts. La Francilienne émettait également un souhait, celui de réussir à ce que ces jeunes jouent un rôle lors des Jeux olympiques de 2024, « sous la forme de chants ou de danses, pendant la cérémonie d’ouverture ou de clôture. » Derrière la Francilienne, 40 jeunes de l’établissement La Cerisaie, à Brunoy, se préparait à effectuer une petite balade à kayak. S’ils se rendent régulièrement à la piscine, l’excitation d’aller sur une embarcation sur la rivière se lisait sur les visages de beaucoup. « C’est une journée très conviviale, riche en sport et très attendue par les jeunes », témoignait une enseignante spécialisée de l’institut. Cette année, peu de peur de s’élancer sur l’eau, tout le monde étant « pris dans le flot ». Autres petits moments de bonheur de la journée, des pensionnaires croisaient des camarades et éducateurs d’un établissement qu’ils avaient quitté. « Ils aiment ces retrouvailles », soulignait l’enseignante.
La journée se terminait par un goûter et un goût de satisfaction pour les organisateurs, qui espèrent une onzième édition avec encore d’avantage de jeunes et d’établissements, l’année prochaine.

Read More

Pour avoir l’alarme à l’œil

Elles seront sept et permettront de mieux prévenir les inondations et les habitants. Des stations de mesure hydraulique vont être installées sur les affluents de l’Yerres.

L’Yvron dans son lit, avant la crue (voir photo dessous)

Yvron, Visandre, Avon, Marsange, Bréon, Barbançonne, Beuvron et Réveillon. Voici les noms des affluents de l’Yerres. Ces petits cours d’eau cachent parfois bien leur jeu. Et ont une influence sur les crues que l’on ne soupçonne pas toujours. Ainsi, l’Yvron, qui ne dépasse habituellement pas 1,5 mètre de large, s’est étendu pendant la crue de janvier 2018 au point de prendre quasiment la taille… de la Seine ! D’un point de vue général, « les affluents contribuent de façon importante aux crues de l’Yerres », note Alexia Giroud, animatrice Papi au sein du SyAGE. C’est dans le cadre du Papi (programme d’actions de prévention des inondations) que des stations de mesure hydraulique (elles mesureront le débit et le niveau d’eau) vont être installées aux confluences de l’Yerres et de ses affluents (excepté le ru de Beuvron, particulièrement petit). « Suffisamment en amont des confluences, pour que les équipements ne se trouvent pas sous l’influence directe des éventuelles remontées de l’Yerres », précise Olivier Delécluse, chef du service Télégestion et Traitement des Informations. En plus de ces stations, quatre nouveaux équipements seront installés sur l’Yerres (portant le nombre total de stations sur ce cours d’eau à quinze) et un autre sur la Ménagerie, un affluent du Réveillon. Les données seront transmises directement au SyAGE en quasi temps réel et permettront de mieux connaître comment les affluents contribuent aux crues de l’Yerres.
Mieux connaître pour mieux prévenir
« Le but de ces installations est d’acquérir des connaissances sur la formation et la propagation des crues », souligne Olivier Delécluse. Car en dehors de modèles mathématiques théoriques, on ne connaît pas réellement la manière dont se comportent ces cours d’eau et, surtout, leur influence sur la crue de l’Yerres. « Le connaître nous permettra d’anticiper ce qui se passera ensuite à l’aval, reprend Alexia Giroud. Aujourd’hui, nous avons plusieurs stations sur l’Yerres. Lorsque le niveau d’eau dépasse un certain seuil sur celle de Courtomer, par exemple, nous savons que l’onde de crue mettra environ 24 h pour arriver à Boussy-Saint-Antoine. Avec ces nouvelles stations, nous aurons plus de données pour évaluer les crues de l’Yerres et nous aurons plus de temps pour prendre des mesures de régulation et prévenir l’Etat, les maires et les habitants avec la diffusion de bulletins d’alerte car certaines stations seront très en amont de la rivière. » « Idéalement, et dans un futur plus lointain, le but est également d’alimenter un modèle dynamique de prévision des crues et des inondations et d’étendre le Siryac* », complète Olivier Delécluse.

L’Yvron peut s’étendre de façon spectaculaire en cas de crue, ici en 2016.

Outre ce gain de temps et d’information sur les crues, les données des stations de mesure pourraient également être une source d’évolution de la réglementation urbanistique. D’autre part, le SyAGE, qui s’occupera de l’installation et de l’entretien de tous ces équipements, va également installer neuf pluviomètres et sept piézomètres (mesure des nappes), qui permettront encore d’affiner les prévisions de crues en fonction des précipitations mais aussi de la saturation des nappes. Enfin, il est prévu d’équiper, en amont, les huit cours d’eau avec des échelles limnimétriques, dont les données seront relevées à des échéances à définir par des acteurs locaux, les « sentinelles », sur la base du volontariat et du bénévolat.
Le calendrier de réalisation et la localisation de ces différents équipements se précisent et l’enveloppe budgétaire devrait s’établir aux alentours de 650 000 euros HT, dont 80 % devraient être pris en charge par l’Etat (50 %), via le Fonds Barnier, et par les départements de Seine-et-Marne et de l’Essonne. Quant au calendrier, une fois le dossier validé et les marchés publics attribués, les constructions pourraient débuter en 2019, en trois phases d’une année. La première concernera l’installation des pluviomètres ; la seconde les stations sur l’Yerres, pour terminer par l’implantation des stations sur les affluents et des piézomètres.
*Siryac est le service d’information sur les crues du Syage. Il est gratuit. On peut s’y abonner sur le site www.syage.org

Read More

La renaturation de l’Île Panchout bat son plein

Depuis deux semaines, la deuxième phase du projet de renaturation de l’Île Panchout, à Yerres, s’est concrétisée sur le terrain et a commencé à transformer le paysage du lieu, prisé des promeneurs. Ces travaux sont réalisés par le service Gestion et Entretien des Rivières du SyAGE.
Les premières actions ont consisté en l’abattage de lauriers anciens, véritable écran végétal empêchant toute visibilité sur la rivière et de percevoir le caractère insulaire du site. Toutefois, pour limiter les vis à vis parfois disgracieux sur la rive faisant face à l’île, un rideau de lauriers a été conservé temporairement. Il sera supprimé d’ici quatre à cinq ans.
Le 7 mars, trois machines étaient en action afin de poursuivre le travail. Une pelle mécanique, manœuvrée par Cédric Barrier, a permis de déraciner les souches de laurier, de niveler le terrain et, ainsi, de préparer le terrain avant les nouvelles plantations. Un peu plus loin, Benjamin Quinton faisait disparaître les branches des arbres coupés dans une broyeuse, le broyat obtenu devant servir à pailler les plantations à venir. Enfin, Serge Brotin maniait la rogneuse, engin capable de détruire en quasi intégralité les souches les plus importantes des arbres abattus.
Mis en terre d’ici deux semaines, les arbustes « indigènes » qui remplaceront les lauriers « exotiques » seront de taille modeste, afin d’occuper rapidement les espaces dégagés. Il s’agit de cornouillers, noisetiers, viornes, aubépines, tilleuls, charmilles et érables. Au total, 70 sujets.
Ces travaux, qui devraient durer un mois, constituent la deuxième phase de ce projet de renaturation initié par le service Aménagement et Protection des Milieux du SyAGE. Un projet qui compte trois phases. La première a eu lieu en février 2017, tandis qu’une dernière phase est prévue pour l’hiver 2018-2019.

Read More

Débitmètre à ultrasons pour l’Yerres

Hier, lundi cinq mars, une équipe du SyAGE a installé un débitmètre à ultrasons à Evry – Grégy-sur-yerres, au niveau du pont qui surplombe l’Yerres. Relié à la nouvelle* station de mesure en continu de la qualité de l’eau, l’équipement se compose de deux sondes, l’une mesurant la vitesse d’écoulement du cours d’eau, l’autre la hauteur d’eau. Le débitmètre, placé sur le tablier du pont et donc hors d’eau, sera plus facile à entretenir que celles qui sont immergées. Grâce aux données recueillies, il pourra être calculé le débit de l’Yerres. Les sondes permettront également de mesurer les flux d’ammonium et de phosphate, en rapprochant cette fois le débit et la concentration des deux matières dans l’eau.
L’installation du débitmètre a nécessité l’intervention en rappel de David Chéron, chef de l’équipe des bûcherons-élagueurs du syndicat. Une action spectaculaire qui a permis de relier par câbles les sondes à la boîte de branchement pour leur connexion à la station et qui a duré plusieurs heures. L’agent du Syage mettait là son expérience au bénéfice du service Maintenance des ouvrages d’Erkan Gani et de Romain Trotoux, présents également sur place, comme Franck Moritz, du service Contrôle des Milieux Naturels du syndicat.

La station de mesure d’Evry – Grégy-sur-Yerres est en cours de mise en service (raccordements et programmation des automates), après de premiers coups de pioche donnés en juin 2017.

Renaturation des berges de l’Île Panchout à Yerres

L’île Panchout, à Yerres.

Entamés en février 2017 par une première phase de remplacement des lauriers par des noisetiers, cornouillers et autres arbustes indigènes, les travaux de renaturation des berges de l’île Panchout reprennent le 21 février pour une durée d’un mois environ.
En remplacement des lauriers encore présents, les végétaux à planter durant cette deuxième phase (Cornouiller, Erable, Tilleul, Charmille…) vont d’abord permettre de rendre à l’île Panchout son caractère insulaire en rendant l’Yerres de nouveau visible depuis la promenade, et par la suite, d’optimiser le potentiel écologique de cet espace naturel urbain en développant la biodiversité.
Fruit d’un partenariat entre la ville de Yerres et le SyAGE, ces travaux sont réalisés dans le respect complet du classement de la vallée de l’Yerres et concourent à l’amélioration du cadre de vie des Yerrois.

Tilleul à grandes feuilles.

Cette deuxième phase du projet de renaturation des berges de l’île Panchout, présente un double objectif. Dans un premier temps, il doit redonner à l’île Panchout son caractère insulaire en rendant l’Yerres de nouveau visible depuis la promenade piétonne. Dans un second temps, il doit permettre de remplacer la végétation exotique actuellement en place par des strates végétales variées, composées d’arbres et arbustes indigènes étoffant ainsi la biodiversité.

Concrètement, l’opération comportera quatre étapes :
1. Arracher et broyer sur site plusieurs centaines de lauriers et symphorines afin de supprimer cet écran végétal homogène qui empêche toute visibilité sur la rivière
2. Rogner la dizaine de souches de peupliers qui borde la Liaison Verte
3. Abattre et essoucher les arbres marqués
4. Planter et pailler environ 70 sujets d’arbres et arbustes indigènes (voir photos jointes)

Ce chantier sera également l’occasion de ramasser et d’évacuer les déchets qui se trouvent dans le sous-bois de lauriers, et également de créer quelques refuges naturels pour la petite faune terrestre.

Dans sa globalité, le projet de renaturation des berges de l’île Panchout compte 3 phases, sur trois secteurs du site différents. La première a été réalisée en février 2017. La seconde sera réalisée jusqu’au 21 mars; la troisième se déroulera au cours de l’hiver 2018/2019 et consistera à repenser la végétation en rive gauche à l’entrée de l’île ainsi que sur la petite île à l’amont du barrage de Céravennes.

Au total à l’issue des phases 1 et 2, 2 300 m² auront été renaturés sur 230 mètre-linéaires de berges, et 121 arbres et arbustes auront été plantés.
Pour garantir la réussite de ce chantier et assurer la sécurité de chacun pendant les travaux, merci de respecter le balisage de sécurité.

Vincent Delecour

Read More

Abeilles Aide et Entraide, l’employeur qui cultive la solidarité

Virginie Gesbert (au premier plan), directrice d’Abeilles Aide et Entraide, et Eléa Laouari, chargée d’insertion, dans l’une des serres du site.

A Abeilles Maraîchères, on cultive 52 espèces de légumes, parfois anciennes, et 132 variétés. Bios. Et ceux qui les cultivent ont des parcours avec autant de variété. Mais tous ces cas d’espèces ont un point commun : leur difficulté à accéder ou à retrouver un emploi.

L’établissement, situé à Crosne, est officiellement un « chantier d’insertion » mais ce terme ne satisfait pas Virginie Gesbert, la directrice de l’association Abeilles Aide et Entraide, dont il dépend. La jeune femme préfère utiliser celui d’employeur solidaire. Solidarité à destination des 20 salariés qui travaillent, en moyenne, sur le site qui, outre la culture de légumes, de la graine au produit final, comprend également un poulailler et une activité espaces verts. Et, plus globalement, solidarité envers les 300 demandeurs d’emploi que l’association accueille chaque année dans ses deux antennes, pour les orienter, leur trouver des formations et, majoritairement, les salarier*. Avec des contrats, réalisés chez des personnes physiques ou morales, plus ou moins longs : parfois, deux heures mensuelles se révèlent un bon début pour reprendre pied. « Nous les accompagnons dans un projet professionnel, dans un projet de vie, souligne Virginie Gesbert. La première étape de ce parcours est de retrouver la confiance en soi. Souvent, ils n’ont pas travaillé depuis longtemps et beaucoup ont connu des épisodes de vie difficiles. La seconde est de les intéresser et les mobiliser. La troisième est de travailler sur un projet professionnel évolutif. »

Employeur multiservice

Thierry et Ibrahim nettoyaient les légumes destinés aux paniers vendus par l’association.

L’éventail des emplois proposés par Abeilles Aide et Entraide est large. Ils se rencontrent dans les domaines du nettoyage (de plus en plus, grâce aux marchés publics), des petits travaux (maçonnerie, peinture…), de la manutention, des espaces verts… C’est dans ce domaine que le SyAGE confie à l’association des opérations d’arrachage de renouée du Japon, plante fortement invasive. « Nous tenons à être multiservice, reprend Virginie Gesbert. Et de plus en plus. Par exemple, nous venons d’être contacté par une entreprise pour de la mise sous plis : c’est formidable car c’est une activité qui convient à des personnes qui ont des problèmes de santé et n’ont donc pas accès aux missions plus physiques. » Abeilles Maraîchère, comme chantier d’insertion, peut proposer des CDD d’insertion de six mois renouvelables et 26 à 35 heures mensuelles, qui permettent d’accélérer beaucoup de démarches, notamment de logement. Les autres contrats de l’association sont pour leur grande majorité des CDD d’usage (en « extra »), mensuels et qui peuvent comprendre peu d’heures de travail. Ce qui n’empêche pas les « sorties positives » de l’association, c’est-à-dire les demandeurs d’emploi qui quittent la structure pour un CDI, des CDD de plus de six mois, une formation qualifiante ou même un départ en retraite. Ces sorties positives sont largement majoritaires, représentant, par exemple, 71 % en 2016, en incluant les CDD de moins de six mois et les entrées en formation non qualifiante. Parmi elles, 24 % ont concerné des emplois durables (CDI et CDD de plus de six mois).

Paniers de légumes à vendre

Des « paniers » de légumes sont vendus par Abeilles Maraîchère chaque semaine.

Parmi ces sorties heureuses, figurent de belles histoires, comme celle de cet homme âgé de 40 ans, qui se trouvait dans une situation catastrophique à son arrivée à l’association. Abimé par problèmes d’alcool et comportementaux  hérités d’un contexte familial dramatique mais conscient d’avoir gâché les quarante premières années de sa vie, il a adhéré au parcours professionnel proposé par l’équipe permanente de l’association (16 postes), suivi une formation qualifiante qui a débouché sur un recrutement. Ou encore celle de cette femme à qui Abeilles a proposé d’abord un travail puis un poste de chef d’équipe. « Je voulais d’abord refuser car je ne m’en sentais pas capable, témoigne-t-elle dans le rapport d’activité 2016 de l’association. J’ai avancé dans ma vie, j’ai du travail stable et je dors bien. » La belle histoire, tout le monde peut aussi l’écrire en achetant les paniers de légumes qu’Abeilles Maraîchère propose chaque semaine**.

* Abeilles Aide et Entraide est une Association Intermédiaire. A but non lucratif, elle embauche des demandeurs d’emploi de la Communauté d’agglomération Val d’Yerres – Val de Seine pour les mettre à disposition, à titre onéreux, de donneurs d’ordre, personnes physiques ou morales. Chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’euros en 2017. Son siège administratif se situe à Yerres : tél. 01 69 48 88 43. Elle compte des antennes à Draveil et Epinay-sous-Sénart.

** Paniers à 8 ou 13 euros, chaque semaine. Adhésion à l’année. Egalement vente directe, au 5, rue des bâtisseurs, à Crosne, le mercredi, de 16 h à 19 h et les jeudi et vendredi, de 9 h à 17 h. Téléphone : 09 67 21 18 40 et 06 08 10 96 75.

Read More

Esat de Rosebrie : une ruche de métiers adaptés

Les brebis solognotes qui entretiennent à la belle saison les sites du SyAGE ne sont pas loin, dans leur prairie de deux hectares agrémentée d’un abri. De là, elles peuvent observer les locaux de l’Esat* de Rosebrie, où 160 personnes en situation de handicap mental ou psychique** travaillent. Cinq activités, et beaucoup plus de métiers, leur sont proposés : sous-traitance industrielle (montage, stockage, étiquetage…) ; blanchisserie industrielle (600 à 700 kilos de draps, vêtements professionnels… lavés chaque jour) ; entretien de locaux ; restauration collective (1 800 à 2 000 repas par jour) ; et Espaces verts (aménagement, entretien, ruches, éco-pâturage). « La majorité sont fiers d’avoir une activité professionnelle, de faire partie de la vie sociale, explique Evelyne Cocot (photo ci-contre), directrice de l’établissement qui fait partie de l’Apogei 94***. Notre mission est de permettre aux personnes n’ayant pas la possibilité de travailler dans un milieu ordinaire, de le faire. »

Un gabarit pour compter

Certains d’entre eux passent deux heures dans les transports pour arriver dans les locaux, situés à Mandres-les-Roses. D’autres habitent sur place, dans des hébergements en cours de réaménagement et d’extension. D’autres encore vivent chez des proches qui les conduisent, tandis qu’une minorité vient au volant de leur voiture. « Il y a autant de situations qu’il y a de travailleurs, reprend Evelyne Cocot. Il y a des personnes polyvalentes, d’autres monotâches, qui seraient perturbées si on leur demandait de changer. On s’adapte à ce qu’ils savent faire. Certains finissent par rejoindre le milieu ordinaire en vrai professionnel dans leur métier. » Ces adaptations s’observent sur le poste de travail. Dans l’atelier de sous-traitance industrielle, par exemple, des gabarits ont été confectionnés pour les travailleurs ne sachant pas compter. Des colonnes et des points leur permettent de visualiser le nombre de produits à rassembler avant de les mettre en sachet. Côté restauration collective, la légumerie se révèle particulièrement active, ce qui permet de proposer des crudités fraîches, découpées à la main. Une plus-value pour les deux menus du midi et le menu du soir, déclinés en plusieurs régimes (sans sel, hypocalorique, diabétique…) La cuisine de l’Esat fait d’ailleurs l’objet de visites de la part de structures voulant dupliquer cet équipement et son mode de fonctionnement en partenariat avec une entreprise de restauration collective, qui y détache des salariés. De son côté, l’équipe Espaces verts bénéficie de tous les outils professionnels mais les moniteurs qui les encadrent (il y en a une vingtaine toutes activités confondues à l’Esat) ne confient les plus potentiellement dangereux qu’à certains des travailleurs, préalablement formés.

Paradis des animaux

C’est parmi cette équipe que l’on retrouve les soigneurs des brebis « employées » par le SyAGE. Ils sont capables de les attraper, de soigner leurs ongles, de vérifier l’eau à leur disposition, de repailler leur abri… « Ils adorent les animaux, certains s’accroupissent et les brebis viennent autour, raconte Evelyne Cocot. Il y a également ici trois chats stérilisés par l’Esat et nourris par les travailleurs, par exemple. Ce qui est embêtant, c’est la mort des animaux. Ca marque beaucoup. C’est un moment difficile mais aussi celui d’en discuter avec eux. » L’équipe médico-sociale, composée notamment d’une psychologue et d’une psycho-motricienne, peut alors venir en renfort des moniteurs. En plus de l’éco-pastoralisme, le SyAGE confie également à l’Esat de Rosebrie l’entretien de chemins (taillage de haies, ramassage de feuilles, fauchage, ramassage de détritus…) dans treize communes différentes. Et ce n’est pas fini puisque de nouveaux pensionnaires devraient venir aider les « solognotes » dans leur tâche. Il s’agirait de plus petits modèles (40 kilos), venues des Landes.

Esat de Rosebrie : tél.: 01 45 10 26 00.

* Etablissement et services d’aide par le travail.

** On distingue le handicap mental (déficience intellectuelle, retard mental) du handicap psychique (troubles comportementaux).

*** L’Apogei 94 compte quatre grands pôle d’activité : travail et insertion économique (6 établissements, dont l’Esat de Rosebrie, ouvert en 1975) ; hébergement et insertion sociale (11) ; enfance éducation (5) ; établissements médicalisés (4). L’association parentale revendique 650 salariés.

Read More

Cure de jouvence pour le lavoir d’Epinay-sous-Sénart

Le lavoir d’Epinay-sous-Sénart, situé avenue du 8 mai 1945,  se refait une beauté. Le chantier a débuté mardi dernier et devrait durer jusqu’à la fin de l’année, voire plus en cas d’intempérie.

Le bâtiment, qui s’était dégradé au fil du temps, va se doter d’une nouvelle toiture. Les tuiles ayant trop souffert, elles seront remplacées par de nouvelles, « vieillies » pour que leur apparence s’approche des originales, tandis que la charpente en bois sera traitée. Particularité de cette dernière, tout le coffrage avait été réalisé à l’aide d’ardoises. Le bois, on le retrouve également le long du bassin, là où les lavandières s’agenouillaient pour baigner le linge dans le bassin. Lui aussi sera traité et enduit d’une couche protectrice.

Mur de meulières

Les murs du vénérable édifice auront droit également à une attention appuyée. Sa façade d’entrée, composée de deux murs situés de chaque côté de la vanne d’arrivée d’eau, sera rejointée et grattée afin de faire ressortir les meulières. Même chose pour le muret situé en face, qui sera en plus décaissé et débarrassé de la chaux qui le recouvre. Les deux entrées du lavoir seront fermées par des portes pour éviter que des graffitis ne viennent détériorer de nouveau l’ensemble, comme cela a eu lieu encore depuis le début des travaux. De même, les murs seront enduits d’une solution anti-graffiti. A l’intérieur, ils seront grattés puis recouverts d’une nouvelle couche de chaux.

Au centre, le bassin fera l’objet d’un grand nettoyage, qui fera ressortir les pavais se trouvant au fond. Et devrait retrouver un niveau d’eau s’approchant de celui que les lavandières connaissaient alors. Pour l’instant, si le niveau manque, le bruit de l’eau est bien présent, ce qui laisse à penser qu’elle provient non de la rivière (la prise d’eau se situant trop haut) mais d’une ou plusieurs sources se trouvant dans le coteau.

Une histoire trouble

Le lavoir, qui avait déjà été restauré dans les années 1990, possède une histoire un peu trouble. On ne connaît pas exactement son année d’édification. « Les archives signalent la destruction d’un lavoir dans la commune en 1815, œuvre des armées ennemies qui occupent la commune après Waterloo. Ce n’est qu’en 1820 que l’Etat paiera les dommages de guerre à la commune. Les indemnités servent à rétablir le lavoir et le hangar qui l’abrite », raconte Sylvie Petitfils, archiviste de la mairie d’Epinay-sous-Sénart. En 1889, une délibération municipale fait état d’un projet de transformation de l’équipement, qui est « continuellement envahi par les eaux mal dirigées à Rochopt par l’usinier ». On envisage alors un déplacement et un agencement sur le modèle du lavoir de Mandres-les-Roses, avec « plancher mobile et crémaillère ». Mais les fonds manquent pour sa réalisation et, aujourd’hui, on ignore encore si elle a finalement eu lieu. Une chose est sûre, comme tous les autres lavoirs, celui d’Epinay a ensuite perdu peu à peu de son utilité à partir des années 60, de l’arrivée de l’eau courante dans les habitations et du développement des machines à laver le linge.