Archives pour “De l’eau et des hommes”

« La nature, c’est un état d’esprit. »

Pablo Carrion, responsable de la Maison de l'environnement Val d'Yerres Val de Seine, à Montgeron. Septembre 2016

« Quand j’avais 7 ans, j’attrapais les guêpes avec deux doigts pour les observer de près. » Depuis, Pablo Carrion n’a jamais cessé de scruter la nature pour mieux la comprendre. Responsable de la Maison de l’environnement de la Communauté d’agglomération Val d’Yerres Val de Seine depuis son inauguration en 2009, il s’efforce jour après jour de transmettre sa passion aux adultes comme aux enfants.

Sorties nature, ateliers compost, interventions auprès d’écoliers, fête du fruit, conférences… A la tête de la Maison de l’environnement, Pablo Carrion n’a pas le temps de s’ennuyer. Le rôle de cette structure : faire découvrir la nature au grand public et le sensibiliser au respect de l’environnement. Une éducation qui, selon lui, ne doit pas se résumer à des prescriptions. « Sinon, les gens vont appliquer les bons gestes mais de façon automatique. En leur expliquant le pourquoi, les incidences et les effets plus larges de telle ou telle action, j’essaie de les inciter à se poser des questions pour qu’ils deviennent des éco-citoyens autonomes. » Une éducation qui passe aussi par le terrain et par le contact direct. « Lors des sorties scolaires, je propose souvent aux enfants de toucher l’écorce des arbres, de sentir l’humus pour leur faire comprendre qu’ils sont des êtres vivants et sensibles dans cet environnement lui-même vivant et sensible. »

Plus qu’un métier, l’éducation à la nature est pour lui « un état d’esprit, une attitude » qu’il cultive depuis toujours. « J’ai su très tôt que je voulais étudier la biologie à l’université. Mais je ne me voyais pas pour autant chercheur. J’avais besoin d’être davantage sur le terrain que dans un laboratoire. » Le plaisir de transmettre est venu ensuite, lorsqu’il a commencé à travailler dans la vulgarisation scientifique. « Aujourd’hui, j’ai la chance de vivre un métier en phase avec ma passion et ma façon de voir le monde. » Intéressé par la faune et la flore en général, Pablo Carrion est surtout un mordu d’oiseaux. « J’ai accumulé beaucoup de livres d’ornithologie et je sors souvent pour les observer. A leur chant, j’arrive à savoir de quelle espèce locale il s’agit. »

Savourer l’instant présent

Au fil du temps, son cheminement scientifique et technique est aussi devenu philosophique. « Mon travail ne doit pas seulement consister à observer, décrire, expliquer. J’essaie aussi modestement de poser la question du sens de la vie, d’amener les gens à réfléchir à leur rapport à l’environnement, aux êtres vivants et à la place de la nature dans notre société. » A la frénésie de la vie moderne et aux multiples sollicitations quotidiennes, Pablo Carrion oppose ainsi le recul, la réflexion, le goût de l’instant et du lieu. « Nous avons souvent l’outrecuidance de vouloir nous extraire du temps pour tout voir, tout faire, tout entendre, tout lire. Il faut apprendre à se poser, à regarder les choses sous un autre angle. C’est aussi cela l’objectif des sorties nature. »

La récente fusion des communautés d’agglomération Sénart Val de Seine et Val d’Yerres a élargi sa zone d’intervention, passée de 3 à 9 communes. De quoi réjouir ce passionné, qui a déjà en germes de nouvelles idées d’animations mêlant nature… et philosophie !

Pour en savoir plus sur la Maison de l’environnement, cliquez ici.

« C’est uniquement l’addition des initiatives locales qui permettra d’arriver à un résultat global ».

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Maire de la commune de Crosne depuis 2014, Michaël Damiati a bien voulu nous recevoir pour nous parler d’environnement.

 

Pourquoi avez-vous signé la charte du Champigny, relative à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires dans le cadre de l’entretien des espaces publics ?

La nappe des calcaires de Champigny est la principale ressource régionale d’eaux souterraines. Il est de ma responsabilité en tant qu’élu de m’interroger sur la meilleure façon de la préserver. En signant cette charte, la commune de Crosne s’engage à tendre vers un objectif « zéro phyto ». Pour cela, nous travaillons de concert avec différents acteurs dont le SyAGE, qui nous fournissent de précieux conseils pour optimiser nos pratiques.

Aujourd’hui, les espaces naturels urbains sont majoritairement aménagés et entretenus de façon ornementale, à l’aide notamment de produit phyto-sanitaires. Or leurs effets sur la santé du public sont encore méconnus. C’est pourquoi il est important de pouvoir proposer aux administrés des solutions alternatives.

Cette démarche mérite d’être accompagnée d’un vrai effort de communication sur le sujet, afin que nos concitoyens ne la confondent pas avec une négligence d’entretien des espaces verts.

 
Que voudriez-vous dire aux communes pour les inciter à s’engager dans cette démarche ?

Je voudrai leur dire que nous sommes tous tributaires de la nappe de Champigny. Ainsi, c’est uniquement l’addition des initiatives locales qui permettra d’arriver à un résultat global.

Les modes de vies et de consommation que nous avons eus ces cinquante dernières années sont aujourd’hui largement remises en question. Ils méritent donc d’être revus et améliorés car il est de notre devoir de transmettre aux jeunes générations un environnement le plus propre possible.

 
Quelle place est consacrée à l’environnement dans le travail quotidien d’un maire ?

Il est essentiel d’avoir un cap bien déterminé, et de multiplier les actions quotidiennes de façon à le maintenir. Par exemple, à Crosne, la question de l’impact sur l’environnement dans les projets d’urbanisme est cruciale. Ainsi, nous utilisons fréquemment des matériaux isolants, comme ça a été notamment le cas lors des récents travaux sur le gymnase. Dans les bâtiments publics, nous avons installé des systèmes permettant à la lumière de se déclencher automatiquement lorsqu’un mouvement est détecté, et de s’éteindre lorsque plus personne n’est dans la pièce.

Nous veillons aussi à observer une gestion attentive de la consommation d’électricité et de carburant. C’est pour cela que nous allons prochainement rénover notre parc automobile par un ensemble de véhicules propres.

De manière générale, il me semble qu’il faut que nous soyons exemplaires, pour pouvoir tranquillement être pédagogues sur ces sujets.

 

 

Confluences : de l’Orge à l’Yerres

Confluences est une série d’interviews croisées qui a pour ambition de confronter les points de vue des différents acteurs de l’environnement à travers le monde. Après avoir rencontré deux acteurs du SAGE, aujourd’hui, nous laissons la parole à Laura Stoll et Vincent Delecour, tous deux chargés de la valorisation du patrimoine naturel au Syndicat de l’Orge et au SyAGE.

 

Pouvez-vous nous présenter vos parcours ?photo-perso

Laura Stoll – J’ai toujours voulu me diriger vers un métier me permettant d’exercer ma passion : le dessin. C’est pourquoi, après un baccalauréat littéraire option arts plastiques, j’ai validé un BTS Design d’Espace à l’Ecole de Condé, puis un BTSA d’Aménagement Paysager.

Cette expérience m’a permis de me familiariser avec un domaine qui m’était inconnu jusqu’alors, conciliant l’art et l’écologie. C’est à ce moment-là que j’ai su que le métier de paysagiste allait me convenir parfaitement.

Après plusieurs stages, j’ai finalement été admise à l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles. Dès la deuxième année de formation, j’ai choisi l’alternance afin de comprendre concrètement quelles sont les exigences de ce métier. C’est pourquoi j’ai postulé et été engagée en tant qu’apprentie au Syndicat de l’Orge à la rentrée 2015.

 

Vincent Delecour – Tout petit déjà, j’accompagnais mon père lors de promenades dans la nature. C’est là que j’ai découvert ma vocation. Adolescent, j’ai suivi un cursus lié à l’environnement : après une seconde agricole, j’ai validé un BTA Gestion de la Faune Sauvage, puis un BTSA Gestion et Protection de la Nature.

Alors que j’étais en âge d’effectuer mon service militaire, j’ai choisi d’opter pour le statut d’ « objecteur de conscience » – ancêtre du service civil – et l’ai effectué durant 12 mois au sein d’une association de protection de la nature ( la LPO ). Suite à cette première mission, j’y ai continué mon parcours en occupant le poste de garde technicien d’espaces naturels protégés en Charente-Maritime pendant 6 ans.

Après cette période, j’ai voulu élargir mes compétences en validant une Licence Professionnelle « Usages et Qualité de l’eau ». Ce qui m’a conduit par la suite à occuper le poste de responsable de l’équipe Rivière au SyAGE, puis de technicien chargé de la valorisation du patrimoine naturel.

 
Quelles sont les particularités floristiques des abords de votre rivière ?

L. S. – À l’image des bords de l’Yerres, ceux de l’Orge ne contiennent que peu d’espèces rares. Cependant, nous devons faire face à la prolifération d’espèces invasives comme la Renouée du Japon. Pour y remédier, nous procédons notamment à des broyages suivis par l’installation de bâches opaques qui neutralisent la lumière du soleil nécessaire à leur développement. D’autre part, nous procédons régulièrement à des renaturations de berges en replantant des espèces hélophytes pionnières afin de relancer l’écosystème indigène.

Nous travaillons aussi sur les abords de la rivière. Ceux-ci voient se côtoyer un grand nombre de milieux (prairies inondables, boisements, prairies sèches, etc) auxquels correspondent des flores variées. La qualité des sols participe à cette diversité. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre en compte leurs caractéristiques dans la gestion de ces espaces. Par exemple, un sol chargé en azote verra se développer spontanément un panel d’espèces nitrophiles. Et la fauche de ce type de végétation nécessitera une évacuation immédiate des déchets chargés en azote.

 

Vincent-web V.D. – Les bords de l’Yerres sont principalement constitués d’une nature dite « ordinaire ». Elle mérite pour autant toute notre attention car elle compose la quasi-totalité des écosystèmes terrestres et aquatiques. À ce titre, elle est notre principal indicateur de l’état général de notre environnement.

D’autre part, de nombreuses « oasis de nature » ponctuent le linéaire de la rivière. Je pense à des espaces comme l’île des Prévôts à Crosne, la roselière de Chalandray à Montgeron, la Mare Hoffmann à Yerres, les vieilles peupleraies d’Épinay-sous-Sénart ou encore le ru de Rochopt situé dans la même commune. Tous ces endroits recèlent un charme paysager unique et un intérêt patrimonial et pédagogique évident.

La gestion différenciée que nous appliquons sur les berges de l’Yerres permet de maintenir un corridor écologique où la faune et à la flore s’épanouissent et circulent librement d’un réservoir de biodiversité à l’autre.

 
 

Quel est le défi auquel vous êtes confronté dans votre travail quotidien ?

L.S. – Quand je suis arrivée à mon poste, il a d’abord fallu que je fasse mes preuves. J’y suis parvenu grâce à la confiance que m’a accordée mon maître de stage et au professionnalisme de toute la structure. Depuis, il s’agit de tenir le rythme, plutôt intense, entre les cours et le Syndicat.

Mais, plus globalement, le défi du Service Paysage du Syndicat de l’Orge est de concevoir un espace public autour de la rivière, agréable et accessible à tous. Pour cela, nous avons notamment mis en place des installations permettant l’accueil des personnes à mobilité réduite.

V.D. – Les bords de l’Yerres ne doivent pas être aménagés et entretenus de façon ornementale, comme si l’on avait à faire à une nature qu’il fallait « domestiquer ». Faire évoluer ce point de vue est le principal défi auquel je suis confronté dans mon travail quotidien.

Aussi pour changer les mentalités, il faut d’abord développer les connaissances des riverains sur le patrimoine naturel de la vallée. C’est pour cela qu’au SyAGE, nous multiplions les actions de sensibilisation (participation à des salons, conseils aux services techniques des communes concernant la gestion écologique des espaces naturels, panneaux pédagogiques, publication d’un journal trimestriel, etc).

De la Terre jusqu’aux étoiles : rencontre avec Hubert Reeves

 

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© John Foley

L’astrophysicien et président d’honneur d’Humanité et Biodiversité Hubert Reeves nous a fait l’honneur d’une rencontre. L’occasion pour nous d’en savoir un peu plus sur ce brillant savant qui fait rimer découverte de l’espace et protection de notre environnement …

 

Est-ce votre qualité de témoin de l’infiniment grand qui vous rend d’autant plus sensible à la fragilité, à la précarité et donc au caractère précieux de notre environnement ?

Hubert Reeves – En effet, j’ai voulu exercer un métier qui me fasse une place dans le monde scientifique. La recherche est passionnante qui mène à un accroissement des connaissances le plus objectivement possible. J’ai choisi l’astrophysique pour les mathématiques, leur logique, leur beauté formelle… Donc je suis devenu astrophysicien et si c’était à refaire, je ferais de même !

On me dit souvent que j’ai fait rêver. Les étoiles illuminent le ciel mais aussi la vie des gens. Oui mais, prenant conscience des problèmes terrestres, j’ai maintenant tendance à ramener tout le monde sur Terre… D’autant que je suis grand-père et que je voudrais pouvoir préserver mes petits-enfants, et tous les petits-enfants, du sort qui les attend si nous, les adultes d’aujourd’hui, restons passifs.

 

À l’approche de la COP21, cette nécessité d’agir n’a jamais été aussi pressante …

Face au dérèglement climatique, dû aux émissions de gaz à effet de serre, doublé de la perte de biodiversité – érosion liée à une exploitation outrancière des richesses naturelles – il est grand temps de changer d’ère !

L’astrophysicien que je reste est aussi un citoyen qui s’efforce de montrer combien la présence des humains sur Terre qui résulte de tant d’évènements cosmiques, doit être préservée.

 

Hubert Reeves

Astrophysicien

www.hubertreeves.info

Président d’honneur de Humanité et Biodiversité

www.humanite-biodiversite.fr

 

 

 

 

3 questions à Nadine Bellon, coordinatrice au SyAGE pour le dispositif classe d’eau de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie

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Qu’est-ce qu’une classe d’eau ?

La classe d’eau est un module éducatif dont l’objectif est de responsabiliser différents publics à la protection de l’eau. Véritable éducation à la citoyenneté, la classe d’eau permet ainsi d’acquérir les informations de base sur la façon dont l’eau est gérée et sur la répartition des rôles dans ce domaine. Elle est également l’occasion de s’intéresser à l’état des ressources en eau dans le monde. Basée sur une pédagogie active, la classe d’eau associe visites sur le terrain, rencontres avec des acteurs de l’eau, travail en groupe et productions collectives. D’autres formules sont proposées à divers publics. Pour avoir des informations sur celles-ci, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie.


Quel est le rôle du SyAGE dans l’organisation des classes d’eau ?

Le SyAGE est votre interlocuteur privilégié pour la création des classes d’eau, sur les 18 communes du territoire historique du Syndicat. Il permet aux organisateurs des classes d’eau de disposer d’informations de proximité et de bénéficier d’une subvention supplémentaire accordée par nos soins.

C’est pourquoi j’assiste les établissements et les enseignants pour le montage pédagogique, administratif et financier du projet et en m’assurant du bon renseignement du formulaire de candidature à la classe d’eau (que vous pouvez vous procurer en me contactant).

Quels conseils donneriez-vous aux enseignants qui veulent organiser ce type d’événement ?

L’objectif des classes d’eau est de sensibiliser aujourd’hui les usagers de demain.

Pour l’organisation de votre classe d’eau, n’hésitez pas à privilégier la découverte de l’environnement local. Les bords de l’Yerres, par exemple, sont des milieux permettant à petits et grands de découvrir, au grand air, la faune et la flore de notre vallée. La visite d’une caserne de pompiers vous permettra de comprendre la façon dont est utilisée l’eau dans le cadre des services de secours. Ou encore une immersion en forêt de Sénart vous fournira de précieux renseignements sur l’écosystème forestier.

Les cartographes

« Que nul n’entre s’il n’est géomètre ». Si cette citation ornait le fronton de l’Académie de Platon à Athènes, elle pourrait tout aussi bien apparaître à l’entrée du service Cartographie du SyAGE. Rencontre avec une équipe chargée de faire perdurer cette noble discipline au sein du Syndicat.

Marion, Pascal et Stéphane m’ont donné rendez-vous dans le quartier des Mardelles à Brunoy. « Ce sera l’occasion pour toi de découvrir ce qu’est la descente en espace confiné, m’a dit préalablement Pascal, doyen du groupe, alors que nous discutions au téléphone. Personnellement, j’adore ça ! »

Je les retrouve en bas de la résidence, à proximité du Réveillon. Vêtus d’un équipement de sécurité impressionnant (lampes, casques, chaussures, harnais), Marion et Pascal s’apprêtent à descendre dans une fosse à sable pour en obtenir les cotes exactes, tandis que Stéphane veille à leur sécurité.

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Une fosse à sable est un ouvrage permettant de filtrer les hydrocarbures des eaux pluviales, avant que celles-ci ne rejoignent le milieu naturel. Retranscrire les mesures de cette fosse permettra de déterminer très précisément son schéma de fonctionnement. Celui-ci sera alors intégré dans la base cartographique du SyAGE.

Sur les centaines de fosses à sable présentes dans le territoire des 18 communes, la plupart ont été construites avant 1985, alors que l’informatique n’avait pas encore investie le domaine cartographique. C’est pourquoi il est nécessaire d’en refaire les mesures pour ensuite les intégrer à Elyx, la base cartographique du SyAGE, afin de renseigner au mieux les équipes techniques.

Thibault, 4ème membre de l’équipe, est le géomaticien du groupe : il est le spécialiste de la manipulation de données géographiques. Il s’assure de la bonne gestion du SIG et de la résolution de tous les problèmes inhérents à son utilisation.

En ce qui concerne les nouveaux ouvrages, les prestataires extérieurs du Syndicat sont chargés des relevés de terrain sur la zone où vont avoir lieu les travaux. Puis, une fois ces travaux finalisés, l’entreprise dessine les plans de récolement – plans qui décrivent les travaux réellement réalisés à la fin d’un chantier, par opposition aux « plans de projet » qui décrivent les travaux prévus.

Au service des services

Le travail du service Cartographie est essentiel pour toutes les équipes du SyAGE. Que ce soit pour le service Travaux, pour lequel de nombreux relevés topographiques sont effectués en vue d’études préliminaires aux chantiers ; pour les services Assainissement et Relations aux Usagers et Assainissement et Aménagement Durable, afin de niveler les réseaux d’un secteur donné ; ou encore pour le pôle Mise en œuvre du SAGE, pour lequel Stéphane, Marion et Pascal effectuent des profils de rivière.

Dans toute entreprise publique ou privée, il est des centres névralgiques qui ne se voient pas au premier abord, mais sans qui la structure ne pourrait pas fonctionner. Le service Cartographie en est un. Depuis près de 10 ans maintenant, l’équipe d’Isabelle Contamine, parcoure le territoire par monts et par vaux pour recenser et cartographier le patrimoine du Syndicat de la manière la plus exacte possible.

Les juristes

Vendredi, 8H30 du matin, un timide ciel bleu fait son apparition au-dessus du bâtiment du Syndicat. J’ai rendez-vous avec Déborah Raspaud et Kevin Le Merlus, juristes au SyAGE, qui m’emmènent assister à une expertise qu’ils vont effectuer à Mandres-les-roses. Reportage.

« J’ai toujours eu un intérêt marqué pour le service public, me dit Kévin, alors que nous roulons sur la Nationale 6. C’est ce qui m’a poussé à faire un Master 2 en Droit Public Général, puis de travailler en cour administrative d’appel, avant d’intégrer les effectifs du Syndicat il y a 2 ans et demi ».

Déborah, quant à elle, a commencé sa mission au Syndicat il y a quelques semaines. La diversité des problématiques rencontrées enthousiasme cette travailleuse acharnée, titulaire d’un Master 2 en urbanisme et droit de l’environnement.

 

Une expertise au service du riverain

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L’expertise effectuée ce matin fait suite à un refoulement d’eaux usées chez une habitante. Nous retrouvons chez cette dernière un expert de l’assurance, chargé par ses supérieurs d’évaluer les dégâts et de trouver l’origine des désordres.

Dans cette affaire, la direction juridique a deux missions : l’information et l’expertise. Il s’agit d’abord de comprendre ce qu’il s’est passé et d’en rendre compte à la Mandrionne à qui ils vont rendre visite.

Ensuite, puisque le SyAGE a compétence en matière d’assainissement dans cette commune, sa responsabilité est potentiellement engagée. Aussi, les connaissances juridiques approfondies de Kevin et Déborah s’avèrent-elles extrêmement précieuses pour défendre les intérêts du Syndicat.

A l’issue de la réunion, tous ont convenu que le refoulement des eaux usées était causé par une obstruction du réseau, combiné à une absence de clapet anti-retour sur l’habitation se trouvant en-deçà de la chaussée . Or, comme l’indique le Règlement Sanitaire Départemental et le règlement établi par le SyAGE concernant le service public de l’assainissement collectif (article 11.3), « tout  appareil  d’évacuation  se  trouvant  à un niveau inférieur à celui de la chaussée dans laquelle se trouve le collecteur public devra être muni  d’un dispositif  anti-refoulement  contre  le reflux des eaux usées ». C’est pourquoi les juristes conseillent à l’habitante de procéder aux installations nécessaires pour éviter à l’avenir ce genre de désagréments.

Alors que nous rentrons au Syndicat, Kevin et Déborah m’expliquent toute la diversité de leurs missions : aux expertises effectuées tout au long de l’année, s’ajoutent le conseil aux différents services du Syndicat, les litiges et autres réclamations de contentieux, ou encore la veille juridique (suivi des nouvelles dispositions légales et réglementaires). Notre sortie matinale n’est donc que le début d’une longue et passionnante journée au service de l’intérêt général.

Accompagner les communes dans la prévention des inondations

En avril 2013, Alexia Giroud a été embauchée par le SyAGE au titre d’animatrice du PAPI d’intention de l’Yerres. Qu’est-ce que le PAPI? Pourquoi cette pétillante jeune femme a-t-elle intégré les effectifs du Syndicat ? Quelles sont ses missions ? Voilà ce que nous allons vous expliquer …

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Pourvu de plus de 400 km de cours d’eau, le bassin-versant de l’Yerres a une superficie telle qu’elle aurait de quoi en décourager certains. Ce n’est pourtant pas le cas d’Alexia qui, depuis deux ans maintenant, entreprend de l’étudier avec intelligence et soin.

Précédemment ingénieur d’études en hydraulique fluviale, ayant mené bénévolement des missions humanitaires, Alexia s’est bâtie au fil des années un solide bagage théorique et pratique. Elle était donc la candidate idéale pour intégrer un poste à responsabilité, mêlant études hydrauliques approfondies et communication sur le terrain.

 
 
 

Qu’est-ce que le PAPI?

Le PAPI est un Programme d’Actions de Préventions des Inondations, qui inclut 17 actions réparties selon 7 axes thématiques abordant sous des angles variés la question du risque inondation. Ce dispositif est un véritable outil de contractualisation entre l’Etat et les collectivités dans le but de mettre en place des aménagements visant à réduire les risques d’inondation sur le territoire d’un bassin-versant.

Dès 2011, le SyAGE a fait acte de candidature auprès de l’Etat, afin de porter un PAPI d’intention comportant des actions d’études et de communication. Le PAPI d’intention est un programme préparatoire dont l’objectif est de connaître en profondeur le territoire de l’Yerres. En effet, si les caractéristiques techniques de l’aval du cours d’eau sont parfaitement connues des services du Syndicat, celles de l’amont nécessitent des études plus poussées afin d’agir de manière cohérente sur l’ensemble des rivières. Le PAPI d’intention durera jusqu’en décembre 2015, et il sera suivi d’un PAPI complet qui déroulera tout un programme d’actions permettant de limiter les conséquences dommageables du risque inondation.

 

Au service des communes

Polyvalence, voilà le maître mot. Car même si la thématique à travailler demeure la même, les différentes approches obligent Alexia à composer avec de multiples acteurs du territoire.

En effet, outre les études de terrain, Alexia s’emploie à accompagner les communes dans l’élaboration d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS), dispositif répondant à la mise en place d’une organisation communale opérationnelle déployée en cas de gestion de crises majeurs.

A l’accompagnement des élus dans la prise de conscience du risque s’ajoute celui des scolaires et des habitants de la vallée. Ainsi seront mis en place prochainement différents outils pédagogiques permettant aux collégiens de prendre conscience du risque inondation. A titre d’exemple, sont déjà installés différents repères de crues, sont imprimés puis distribués des guides pratiques sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire en cas d’inondation, etc…

Pour Alexia, l’objectif premier de sa mission est de faire comprendre aux acteurs locaux que la rivière est vivante, et qu’il faut l’intégrer dans nos modes de vies actuels.

Pédagogie : les collégiens et l’eau

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Portrait d’une enseignante pas comme les autres …

Sylvie Pagnot est une jeune professeur de Physique-Chimie au collège Bellevue à Crosne. En 2008, elle apprend l’existence du dispositif « classes d’eau » par le biais d’un collègue d’école primaire. Aussitôt, Sylvie se rapproche du SyAGE, car c’est le Syndicat qui est le relais de l’Agence Seine-Normandie pour l’organisation des classes d’eau, de Villeneuve-Saint-Georges à Varennes-Jarcy. Depuis ce temps, l’enseignante organise des classes d’eau régulièrement …

« Les classes d’eau sont un plaisir, fait pour ouvrir les yeux des collégiens sur la rareté de l’eau », nous raconte-t- elle. Si ce plaisir est principalement réservé aux élèves de 5ème car la thématique de l’eau est centrale dans leur programme, il n’est pas pour autant uniquement cantonné à la matière que Madame Pagnot enseigne.

L’eau : un sujet transversal

En effet, un souci de transversalité pousse la professeur de Physique-Chimie à s’associer avec les autres enseignants, pour permettre aux élèves d’avoir un panorama complet sur le sujet abordé. Ainsi, Sylvie nous donne l’exemple des fontaines du savant arabe Al-Djazari.

Les fontaines d’Al-Djazari sont des pompes à eau inventées au 12ème après JC, permettant de tirer l’eau d’un puits, d’un courant d’eau ou d’une rivière. Étudier leur fonctionnement et le contexte dans lequel elles ont été créées recouvre plusieurs matières, dont l’histoire, la géographie, la physique-chimie, la SVT ou encore la Technologie.

Pour cette professeur de Physique-Chimie, les classes d’eau ont un autre avantage : celui de mettre un pied dans la pratique. « Le but, c’est de faire formuler une hypothèse aux élèves, dit-elle. Ils l’éprouvent. Et si elle ne fonctionne pas, ils doivent être capables de dire pourquoi ». Amener les jeunes collégiens à construire eux-mêmes la théorie à partir de la pratique, voilà l’ambition pédagogique de Madame Pagnot. Ambition qui porte ses fruits car, nous dit-elle en souriant : « Les élèves apprennent bien mieux en se trompant ! »

Enseignante motivée et heureuse du succès de ses élèves, Sylvie Pagnot confesse que si pendant une année, elle ne peut pas organiser de classes d’eau pour ses élèves, elle s’arrange toujours pour leur faire visiter les locaux du Syndicat …

 

Le SyAGE, lieu de rencontres et d’échanges

 

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Le jeudi 5 mars 2015 en matinée s’est déroulée au Syndicat une causerie organisée par le Graine IDF. Quatre conférenciers se sont relayés pour présenter leurs méthodes et outils de sensibilisation autour du thème « la qualité de l’eau », et répondre aux interrogations qu’ils suscitent.

Pablo Carrion, de la Maison de l’Environnement de la Communauté d’agglomération de Sénart Val-de-Seine nous a parlé de la mare attenant au bâtiment, comme outil pédagogique à destination des scolaires. Laetitia Mondion du SyAGE a expliqué ses missions d’animateur de bassin sur la sensibilisation au programme « zéro-phyto ». Enfin, Alexandre Pierrin nous a exposé la façon de mobiliser les 15-25 ans aux enjeux d’une ressource en eau de qualité.

Retrouvez ci-dessous le déroulé en temps réel de cette matinée, fait grâce aux comptes Twitter du SyAGE ,de Nicolas S. et du Graine IDF.