Archives pour “Le saviez-vous ?”

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Classes d’eau : le collège Bellevue au SyAGE

Dans le cadre des classes d’eau, dispositif financé par l’Agence de l’eau Seine Normandie et, dans les limites de son territoire, par le Syage, deux classes de cinquième du collège Bellevue, de Crosne, sont venues dans les locaux du SyAGE, vendredi. Au menu de leur matinée, deux films présentant le SyAGE et les métiers exercés au sein du syndicat, puis deux visites dans les locaux. Dans le laboratoire, Franck Moritz, technicien du service Contrôle des Milieux Naturels, leur a expliqué son travail, notamment les prélèvements effectués et les différentes pollutions que l’on peut rencontrer dans la rivière. Dans la salle de télégestion, Riad Béchar a partagé son expérience de mesure des mouvements de la rivière et indiqué comment réguler la hauteur des cours d’eau au moyen des barrages. Cette venue dans le locaux du syndicat avait été précédée par une sortie sur le terrain pendant laquelle Serge Brotin, du service Gestion et Entretien des Rivières du SyAGE, a expliqué aux collégiens les écosystèmes des berges de l’Yerres. Plus largement, Sylvie Pagnot, professeure coordinatrice, et ses collègues présents vendredi au SyAGE, Jessica Pavard, Alexis Aymes et Lionel Bourguet, ont réalisé toute la semaine dernière un travail sur l’eau. « Tous les cours ont été sur ce thème. Les élèves ont un gros travail à effectuer, en réalisant un classeur », souligne Sylvie Pagnot. Un effort important qui n’exclut pas le plaisir. « Les gamins aiment bien ces visites, reprend la professeure. Ça leur change de leur quotidien ». Les élèves de ces deux classes de cinquième peuvent se réjouir puisque le dispositif Classes d’eau leur permettront d’effectuer une dernière sortie, en mai, pour assister au spectacle des Grandes eaux du château de Versailles.

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Croqueurs de pommes : 70 ans après, les fruits anciens de retour sur les étals

Il faut être passionné pour tailler une trentaine d’arbres dans le froid et sous la pluie, un après-midi terne de décembre. Ça tombe bien, Claude Ollivier, président des Croqueurs de pommes Île-de-France, l’est, tout comme les membres de l’association qui l’accompagnaient ce jour-là dans le parc du Gros buisson, à Vigneux-sur-Seine. « Nous reconstituons un verger, comme celui qui était là il y a longtemps, explique le président. Certains poiriers dans le parc ont bien 100 ou 150 ans ! »

Un arrêté ministériel libérateur

Les Croqueurs de pommes ont pour objectif la conservation du patrimoine fruitier, toutes espèces confondues (cerisier, abricotier, prunier…), comme leur nom ne l’indique pas. Un combat qui a connu une grande victoire le 18 août dernier, jour de parution d’un arrêté du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation qui élargit le « catalogue » des espèces d’arbres fruitiers pouvant être commercialisées en France. « C’est un événement essentiel ! Rendez-vous compte : les fruits qui faisaient le délice de nos grands-parents étaient interdits de vente en France depuis 1947. Nos instances gouvernementales avaient limité la commercialisation à environ 80 variétés de pommes pour ne proposer que des fruits standardisés, la plupart cultivés chez nous mais d’origine étrangère, telles la golden, américaine, et les granny smith et pink lady, toutes deux australiennes, raconte Claude Ollivier. Cela a duré 70 ans ! Et nous, qui n’étions considéré que comme de « gentils collectionneurs », nous avons eu une influence sur cette décision et nous en sommes fiers. » Mais pourquoi les fruits anciens n’ont-ils donc pas encore débarqué sur les étals des grandes surfaces ? « La nouvelle est encore peu connue, nous l’apprenons à certains professionnels. Sur le marché de Rungis, on ne trouve encore que les fruits du catalogue, remarque le président. De toute façon, on ne trouvera la plupart des variétés anciennes qu’en circuit court. Elles vont revenir petit à petit. Il faut d’abord attendre que les jeunes arbres soient greffés par les pépiniéristes professionnels qui les proposeront ensuite aux arboriculteurs et aux particuliers. »

2 250 variétés de pommes différentes en France

Preuve de la considération dont jouit l’association, les Croqueurs de pommes collaborent avec l’Institut de recherche en horticulture et semences pour l’inventaire des espèces et des variétés de fruits sur le territoire, débuté en 2010. « On dénombre par exemple déjà plus de 2 250 variétés de pommes et 1 100 de poires  alors que l’inventaire ne couvre pour l’instant que 55 % du territoire. » Cette connaissance se veut très précise puisque les chercheurs arrivent maintenant à séquencer le génome des arbres fruitiers. Celui du pommier domestique, réalisé en 2010 par un consortium international qui comprend l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra), permettra de créer de nouvelles variétés de pommes. L’association apporte également son concours pour remonter dans le temps des filiations, au-delà de l’époque où la science doit s’arrêter, faute d’informations. Un membre de l’association spécialiste de pomologie (science des fruits comestibles), Henri Fourey, peut alors aider les chercheurs avec sa collection de 1 350 ouvrages sur le sujet.

Henri Fourey (à gauche) et Claude Ollivier (avec un chapeau) mettent volontiers en pratique leur expertise.

Par ailleurs, l’association a apporté son expertise pour la création du verger situé rue du Moulin de Senlis, à cheval sur les communes de Montgeron et de Villeneuve-Saint-Georges. Ce verger compte une vingtaine d’arbres et 140 arbustes : pommiers, poiriers, néfliers, framboisiers, noyers… Créé en 2017 sur un terrain appartenant au SyAGE, il bénéficie d’une gestion différenciée, dont l’objectif est de bénéficier à la faune tout en proposant un accueil satisfaisant du public grâce à l’entretien des chemins et de leurs abords. Les arbres de plein vent (au contraire des formes palissées, plus basses et souvent adossées à un mur) ne produiront des fruits que dans les 10 à 15 années à venir. En revanche, dès la première année du verger, on a pu y trouver des mûres, des groseilles, du cassis et quelques cerises. « Tous les fruits sont destinés à la consommation libre des visiteurs, précise Vincent Delecour, qui a porté le projet au sein du syndicat. Ce qui fait de ce verger une réalisation inscrite dans la logique de développement durable. »

Classes d’eau : sensibiliser les enfants à la protection de cette ressource

28, c’est le nombre de dossiers classes d’eau de l’Agence de l’Eau Seine Normandie (AESN) pris en charge cette année par le SyAGE. Proposé par toutes les agences de l’eau, ce dispositif éducatif concerne tous les niveaux scolaires. Il vise ainsi à responsabiliser le jeune public et à le sensibiliser à la préservation de l’eau.

Comment est gérée cette ressource ? Qui sont les acteurs de l’eau ? Quels sont les bons gestes à adopter ? Qu’est-ce que le cycle de l’eau ? Ce sont autant de questions qui peuvent être abordées à cette occasion.

La classe d’eau comporte des visites sur le terrain, des rencontres avec des professionnels de l’eau, des spectacles et animations pédagogiques, un travail en groupe et des productions collectives, notamment un journal de bord détaillant les différentes activités. Pour les établissements scolaires, elle constitue un temps fort d’une ou deux semaines dans l’année qui a généralement lieu au printemps.

Le SyAGE est l’une des structures relais de l’AESN sur le territoire. « Je joue un rôle d’intermédiaire entre l’Agence de l’Eau et les écoles qui veulent monter une ou plusieurs classes d’eau. J’aide les enseignants à constituer leur dossier et je leur transmets les directives de l’agence », explique Nadine Bellon, en charge du dispositif au Syndicat. Une fois remplis, les dossiers sont transmis à l’AESN pour une première validation, puis soumis à une commission qui examine le projet avant de l’accepter ou de demander d’éventuels ajustements. Les critères à remplir sont stricts : les sorties doivent se dérouler sur le territoire environnant ; certaines structures comme les aquariums ou les zoos ne sont pas autorisées, etc.

Pour ce dispositif, l’AESN apporte une aide financière de 600 euros par dossier tandis que le SyAGE complète avec une subvention de 350 euros par dossier.

Inondations : le SyAGE récompensé pour son outil pédagogique

Le SyAGE a remporté le prix de la culture du risque inondation du bassin Seine-Normandie dans la catégorie « formation, pédagogie, éducation » pour son outil « Les pieds dans l’eau ». Ce concours est organisé par le préfet coordonnateur de bassin dans le cadre de la mise en œuvre du Plan de Gestion des Risques d’Inondation (PGRI) avec l’appui de la Direction Régionale et Interdépartementale de l’Environnement et de l’Énergie d’Île-de-France (DRIEE) et du prestataire Mayane en charge de l’assistance à maîtrise d’ouvrage.

Le Grand Prix « Culture du risque inondation » s’adresse à tous les acteurs du bassin versant Seine Normandie (collectivités territoriales, associations, établissements publics, syndicats mixtes, entreprises privées, entreprises publiques, etc.). Il vise à valoriser des actions réalisées ou en cours de réalisation permettant d’accroître la conscience du risque inondation sur le territoire.

A l’issue d’une journée d’échanges, quatre prix ont été décernés dans quatre catégories : le prix de l’information citoyenne, le prix artistique et culturel, le prix des acteurs économiques, enfin le prix de la formation, pédagogie, éducation. En lice dans cette dernière catégorie, le SyAGE a été distingué pour la réalisation d’un outil pédagogique lors de la cérémonie de remise des prix qui s’est tenue hier à Paris.

Intitulé « Les pieds dans l’eau », l’outil du SyAGE est proposé clé en main aux enseignants de collège. Au total, 8 ateliers ont été imaginés, certains ayant été fabriqués en interne, d’autres par l’association « Le temps presse », spécialisée dans la conception d’outils pédagogiques.  « Un jeu de rôle avec des cartes permet ainsi aux élèves de découvrir les difficultés de la gestion de crise, de comprendre le rôle de chaque acteur, leur coordination et les moyens qu’ils peuvent mettre en œuvre », explique Alexia Giroud, animatrice PAPI (Programme d’Actions de Prévention des Inondation) au SyAGE.

Un outil complet et concret

Qu’est-ce qu’un bassin versant ? A quoi servent les zones d’expansion des crues ou les toitures végétalisées ? Comment se comporte un cours d’eau selon sa morphologie ? Toutes ces questions et bien d’autres sont aussi abordées à l’aide de maquettes, cartes magnétiques, photographies, vidéo, etc. Grâce à ces supports multiples et à des situations ancrées sur le territoire, le SyAGE propose aux équipes pédagogiques un outil complet et concret. A cette partie théorique s’ajoute un jeu d’énigmes sur le terrain, passant notamment par la plaine de Chalandray.

Le défi était de taille : comment diffuser des messages souvent très techniques à un jeune public. « Nous avons choisi de nous adresser à des collégiens de 5e parce que cette thématique inondation figure dans plusieurs matières au programme, précise Alexia. Elle est par exemple évoquée en géographie dans le cadre de la gestion urbaine, en sciences de la vie et de la terre à propos de la morphologie du paysage, en technologie à travers la mécanique des ouvrages, etc. »

Les ateliers ont été testés en 2016 par une classe de 5e du collège Bellevue de Crosne et un premier bilan positif a été dressé en juin avec les enseignants, désireux de renouveler l’expérience. Quelques modifications ont alors été apportées pour s’adapter au mieux au public visé. Les retours sur la crue de mai-juin 2016 ont également permis de faire évoluer cet outil et d’y inclure les images filmées par les drones. Une seconde phase de test s’est déroulée cette année dans le même établissement scolaire et avec le même niveau de classe. Les collégiens Thomas, Pauline, Coline et Lola ont apprécié la dimension pratique et ludique des ateliers : « Cela nous change des cours classiques dans lesquels les professeurs nous expliquent et nous montrent les phénomènes. Ici, c’est davantage nous qui agissons en groupe pour comprendre ce qui se passe et pour trouver ensemble une explication. »

Un développement de cet outil à plus grande échelle dans plusieurs collèges du territoire est envisagé en 2018, dans le cadre du PAPI complet qui sera présenté en commission mixte inondation  à la fin de cette année.

Coopération décentralisée : améliorer l’assainissement au Bénin

Des agents du SyAGE sont partis au Bénin dans le cadre d’un projet de coopération décentralisée. L’objectif de cette mission est d’améliorer l’assainissement par la mise en place de latrines dans des écoles et des villages.

Ce sont 4 écoles de Bopa au Bénin qui ont été équipées de 18 latrines entre février et avril dans le cadre de ce projet de co-développement pour un coût de 24 300 euros, financé par la commune de Crosne et par le Département de l’Essonne. A partir d’octobre, d’autres travaux devraient débuter pour créer 70 latrines dans 11 villages ruraux rattachés à cette commune béninoise, ce qui représente environ 100 000 habitants. Le coût de cette seconde phase est estimé à 110 500 euros, financé par la Ville de Crosne et par l’Agence de l’Eau Seine Normandie, le SyAGE assurant le suivi technique.

« Dans les écoles, il s’agit de latrines sèches équipées de fosses de 6 mètres cubes environ curées une fois par an. Dans les villages, nous prévoyons de mettre en place des latrines écologiques ECOSAN. Ce type de latrines sèches permet de valoriser les déchets en les transformant en fertilisant pour les sols et les cultures. Le projet sanitaire s’accompagne donc d’un projet agricole », explique Éric Chalaux, directeur général adjoint chargé des services techniques du SyAGE. Au-delà des réalisations concrètes, l’enjeu est aussi de sensibiliser les Béninois à la protection de l’eau, à l’usage et à l’entretien des installations d’assainissement et, plus largement, à la salubrité publique.

Cette initiative est portée par plusieurs partenaires : l’association des ressortissants de Bopa, la commune de Crosne, le comité de jumelage de Crosne, Aquassistance, la commune de Bopa, les partenaires financiers (Conseil Départemental de l’Essonne et Agence de l’Eau Seine Normandie) et le SyAGE.

Le Syndicat prend ainsi en charge la conception du projet. « En tant que maître d’ouvrage, il s’occupe également de la passation du marché et du financement de la partie non subventionnée de la maîtrise d’œuvre. Enfin, il désigne également le maître d’œuvre pour suivre le chantier sur place et assurera une activité de conseil auprès de la commune de Bopa », détaille Éric Chalaux.

Les précédentes missions d’agents du SyAGE dans ce pays en 2009, 2012 et 2014 avaient notamment permis d’effectuer un état des lieux de l’assainissement, de dresser un atlas cartographique, de déterminer les besoins de la population, les objectifs du projet, les emplacements les plus pertinents pour les futures latrines et leur dimensionnement, enfin d’identifier les gestionnaires locaux de ces équipements.

Cette coopération en faveur de l’assainissement constitue le second volet d’un projet plus large entre Crosne et Bopa, débuté en novembre 2009. Le premier volet visait à étendre le réseau d’adduction d’eau potable de la commune béninoise vers les 11 villages ruraux. Au total, ce sont 7km de réseau d’eau et 11 bornes fontaines qui ont été installés par l’ONG Aquassistance, aidée par Suez pour le financement.

Découvrez la mission en images…

A chaque saison sa faune et sa flore : le printemps

 

L’Yerres et ses environs abritent une biodiversité exceptionnelle. Mais d’une saison à l’autre, la faune et la flore changent. Au printemps, la nature se réveille et certaines espèces font leur grand retour…

Côté faune…

Beaucoup d’animaux endormis dans la vallée de l’Yerres durant l’hiver sortent de leur torpeur au printemps. C’est le cas des batraciens, comme le Crapaud commun qui entre dans sa période de ponte, des Hérissons d’Europe ou encore des serpents qui avaient disparu depuis l’automne, réfugiés dans des souches d’arbres, des tas de feuilles ou des cavités. Dans les zones humides, les mares et les marécages, le faible niveau d’eau actuel dû à des précipitations peu abondantes ces derniers mois risque néanmoins de compromettre le développement des têtards.

Beaucoup d’oiseaux pointent à nouveau le bout de leur bec. Symboles du printemps, les hirondelles reviennent s’installer dans la vallée pour se reproduire. De même, fidèles à leurs aires de reproduction, les Fauvettes à tête noire sont de retour sur le territoire, leurs nids étant situés dans le feuillage des arbustes ou des buissons. D’avril à juin, le Martin-pêcheur niche pour sa part dans un terrier creusé dans la berge de la rivière à environ un mètre au-dessus de l’eau. Après leurs parades nuptiales hivernales, les cannes colvert pondent leurs œufs entre mars et mi-juin dans la végétation riveraine de l’Yerres. Pour cette raison, les berges ne sont pas fauchées à cette période de l’année.

Autre emblème de la saison, le Coucou gris a la particularité de ne pas construire de nid, préférant déposer ses œufs dans ceux des autres espèces d’oiseaux, notamment les passereaux et les Fauvettes à tête noire. La Rousserolle verderolle, de retour d’Afrique subsaharienne au mois de mai, fait aussi partie de ses victimes. Elle fréquente les buissons et les hélophytes poussant sur les berges des cours d’eau et des plans d’eau. A l’inverse, le Tarin des aulnes, présent sur notre territoire en automne et en hiver, rejoint les montagnes de basse et moyenne altitudes dans l’Est de la France et dans le Nord de l’Europe pour se reproduire.

C’est également l’heure du réveil pour les abeilles sauvages et domestiques, les bourdons, les libellules et pour une multitude d’insectes. Une aubaine pour les oiseaux migrateurs insectivores de retour dans notre vallée tels que la Rousserolle verderolle et la Fauvette à tête noire.

Côté flore…

Tandis que les oiseaux profitent du couvert végétal pour cacher leur nid, les insectes tirent profit de la floraison variée. Le Tussilage, surnommé « pas d’âne », est une plante vivace dont les fleurs jaunes figurent parmi les premières à sortir, à l’instar des Primevères, et dont les fruits sont appelés akènes.

D’une couleur, identique, le Pissenlit commun, appelé or du pré, réjouit les amateurs de miel… de pissenlit ! La Cardamine des prés accueille quant à elle l’Aurore, un papillon qui vient butiner son nectar et y pondre ses œufs tandis que les chenilles, une fois écloses, dévorent cette plante.

Outre les couleurs des fleurs à cette saison, la nature arbore un camaïeu de verts, les diverses plantes, arbres et arbustes déployant les feuilles qui leur servent de véritables panneaux solaires.

 

Prochain épisode : la faune et la flore en été…

Les vigies de la qualité de l’eau

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C’est un petit local technique qui, au premier regard, ne paie pas de mine jouxtant d’un côté l’Yerres, de l’autre le Réveillon. A l’intérieur, pourtant, l’activité ne faiblit pas. En flux continu, une station de mesure de la qualité de l’eau enregistre en effet une multitude de données qu’elle transmet ensuite au SyAGE. Objectif : surveiller l’état des rivières.

« Abbaye » et « P.Y. ». Au SyAGE, ce sont les noms qu’on leur donne. Ces deux stations de mesure de la qualité de l’eau sont placées à des endroits stratégiques : l’une mesurant le Réveillon est située à sa confluence avec l’Yerres, l’autre mesurant l’Yerres est installée à sa confluence avec la Seine. Et elles ne chôment pas. En permanence, elles récoltent plusieurs sortes de données grâce à des sondes plongées dans un bac d’eau : ammonium (NH4), turbidité (quantité de particules en suspension dans l’eau), dioxygène dissous, conductivité (quantité d’ions présents), pH (indicateur de l’acidité), température. Sans oublier le débit des cours d’eau calculé à partir des mesures de hauteur et de vitesse effectuées par d’autres sondes (sonde à ultrasons située en hauteur et sonde immergée piézométrique à membrane).

P1090120Ces données sont transmises à distance par télégestion au SyAGE. Chaque jour, les deux techniciens du service Contrôle des Milieux Naturels (CMN) du syndicat peuvent ainsi les consulter depuis un poste d’ordinateur. Les informations brutes qui arrivent sont ensuite traitées. Certaines sont validées tandis que les valeurs aberrantes (erreurs, dysfonctionnements,…) sont supprimées. « Chaque mois, nous établissons un bilan que nous envoyons aux acteurs concernés : les élus des différentes collectivités, l’Onema (Agence française pour la biodiversité), la police de l’eau ou encore les Fédérations de pêche », explique Thomas Ladjili, l’un des deux techniciens du service CMN.

Les stations de mesure permettent de connaître en temps réel l’évolution de ces différents paramètres et de repérer d’éventuels problèmes. « L’ammonium est le principal indicateur physico-chimique de pollution par les eaux usées notamment. Un pic de cette valeur peut donc indiquer des rejets dans le cours d’eau. » Une fois cette anomalie notée, place au travail de terrain pour confirmer la pollution par des prélèvements et en trouver l’origine. Sur l’écran d’autres pics sont plus anodins. « La pluie, par exemple, a une influence sur l’état de l’eau. Elle diminue la conductivité et augmente la turbidité. »

Les sondes testées tous les mois

En cas de pic de valeur, Thomas Ladjili reçoit aussi une alerte sur son téléphone portable. Ces alarmes peuvent toutefois concerner d’autres dysfonctionnements, « par exemple une pompe qui ne fonctionne plus ou un manque d’eau dans le bac dans lequel sont plongées les sondes. » Très sollicitées, les stations de mesures ont en effet besoin d’être entretenues en permanence. « Toutes les semaines nous venons nettoyer les sondes et les bacs qui s’encrassent. Tous les mois nous effectuons également des tests pour contrôler le bon fonctionnement des sondes. » Une maintenance préventive qui au fil du temps permet de réduire la maintenance corrective.

Récemment, « Abbaye », âgée de 10 ans, a même eu droit à une cure de jouvence. Au programme : remplacement du système de mesure de débit qui comprend l’installation de nouvelles sondes de vitesse, une sonde de hauteur piézométrique et toute l’électronique dont ces sondes ont besoin (cliquez sur les photos ci-dessous).

Ces stations de mesure s’inscrivent pleinement dans le cadre des programmes de surveillance de l’état des eaux des bassins requis par la directive cadre sur l’eau de 2000 visant à atteindre un objectif de bon état des eaux. Une troisième station, installée plus en amont de l’Yerres, viendra prochainement compléter ce dispositif.

A chaque saison, sa faune et sa flore : l’hiver

Ambiance rivière

L’Yerres et ses abords abritent une riche biodiversité. Mais d’une saison à l’autre, la faune et la flore varient. L’hiver est la saison où la nature sommeille.

Côté faune…

Depuis l’automne déjà, hérissons, batraciens, insectes et serpents sont entrés en léthargie sous des tas de feuilles, dans des souches d’arbres ou encore dans des cavités. Ils resteront dans cet état jusqu’au printemps.  Si vous en apercevez encore en activité, c’est qu’ils auront sans doute été dérangés dans leur sommeil. Pour certains, tel le hérisson, un réveil peut alors être fatal.

L’écureuil roux en revanche n’hiberne pas. Pour affronter l’hiver, il ralentit son activité et puise dans les réserves qu’il a effectuées en automne. Quant au ragondin, toujours en éveil lui aussi, il supporte difficilement les hivers trop rigoureux qui entraînent parfois une certaine mortalité.

Les oiseaux, comme les hirondelles, les martinets ou encore les fauvettes, ont également migré vers le Sud depuis longtemps. Ne restent que les moineaux domestiques, les verdiers d’Europe, les chardonnerets élégants qui fréquentent les jardins et les mangeoires, sans oublier le Tarin des aulnes présent dans les aulnes et saules le long de la rivière. Les canards colverts sont en pleine parade nuptiale pour former un couple. C’est à cette période que le plumage du mâle se pare de belles couleurs brillantes, notamment de vert au niveau de la tête.

En hiver, certaines prairies inondées peuvent attirer des espèces en migration comme les vanneaux, les bécassines, les canards ou encore les sarcelles qui viennent s’y reposer et se nourrir. Une halte assez exceptionnelle, l’Yerres n’étant pas située dans les grands couloirs de migration des oiseaux.

Enfin, si vous vous aventurez plutôt du côté de la Seine, peut-être pourrez-vous observer les dortoirs que forment les cormorans dans les grands arbres à cette saison.

Ambiance rivière

Côté flore…

Adieu fleurs, feuilles et verdure… La flore fait grise mine. L’hiver est plutôt l’époque des baies. En hauteur dans les arbres, le gui, prisé pour décorer les foyers à Noël, arbore  un feuillage vert vif et des boules translucides à cette saison (vertes en été). Pour sa floraison il faudra patienter jusqu’en mars. On peut aussi trouver ces fruits charnus sur les églantiers, les aubépines ou encore les fusains.

Prochaine épisode : la faune et la flore au printemps…

 

 

 

Ambiance rivière

 

Eaux usées : opération « coup de jeune » à Vigneux

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Une gaine enduite de résine est déroulée depuis le regard de visite* dans la canalisation à réhabiliter. Celle-ci est ensuite mise sous pression pour se plaquer contre la paroi intérieure.

Près de 250 mètres de réseau d’eaux usées réhabilités en seulement 3 jours à Vigneux-sur-Seine. Ce chantier éclair, supervisé par le service Entretien aux Communes du SyAGE, a pu être réalisé grâce à la technique du chemisage continu. Explications.

Pour rénover un réseau d’assainissement, deux possibilités existent en fonction de l’état des canalisations : ouvrir une tranchée ou intervenir sans avoir à creuser. C’est cette seconde technique qui a été choisie pour les 250 mètres de réseau d’eaux usées à réhabiliter rue de la Longueraie à Vigneux-sur-Seine. Première étape : une inspection vidéo dans le tronçon concerné pour évaluer son état. Ce diagnostic a permis de voir que des racines s’étaient infiltrées, gênant l’écoulement des eaux usées. Un robot de fraisage est alors entré en action pour les couper et le réseau a été nettoyé.

p1070993Un nouveau tuyau dans l’ancien

« Le chemisage continu consiste ensuite à dérouler une gaine enduite de résine depuis le regard de visite* dans la canalisation à réhabiliter. Celle-ci est ensuite mise sous pression pour se plaquer contre la paroi intérieure », explique Fabien Gavet, conducteur de travaux au sein de l’entreprise mandatée pour ce chantier. Contrôlé à distance, un robot muni de lampes UV passe à son tour pour durcir la résine imprégnée dans la gaine (polymérisation). Résultat : un nouveau tuyau rigide et totalement étanche est ainsi créé à l’intérieur de l’ancien.

Délais et coûts réduits

Par rapport à une ouverture de tranchée, les avantages de cette technique sont nombreux : un délai de chantier fortement réduit, un coût limité, des travaux occasionnant moins de gênes et de conséquences pour l’environnement. « Cette technique est adaptée pour des p1080039défauts d’étanchéité et d’usure mais elle ne pourra pas être employée si la structure de base est trop endommagée », indique Alexis Rolaz, technicien réseaux du service Entretien aux Communes.

Outre les canalisations d’assainissement, les regards de visite ont aussi retrouvé une seconde jeunesse. Au programme : lavage, projection d’un enduit pour rétablir l’étanchéité et limiter la corrosion. La nouvelle surface à l’aspect peau d’orange permet notamment d’éviter l’accrochage des détritus.

*Accès permettant de contrôler et d’entretenir un système d’assainissement.

Draveil : des aménagements pour lutter contre les inondations pluviales

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Une meilleure gestion des eaux de pluie contribue à réduire le risque d’inondation. A Draveil, d’importants travaux, organisés et supervisés par le SyAGE, s’inscrivent dans cet objectif. Ces chantiers d’envergure s’accompagnent d’un projet de mesure compensatoire. L’ensemble de ces opérations a impliqué plusieurs services du Syndicat.

Près de l’étang Laveyssière, des coups métalliques réguliers résonnent. Un engin frappe sur une palplanche tout autour des ouvrages en construction jusqu’à atteindre la couche calcaire du sol. Au même moment, à l’ouest du plan d’eau et à quelques mètres du port de plaisance, des tractopelles s’activent pour déblayerp10704902 le terrain et esquisser la future frayère. Ces deux chantiers concomitants font partie d’un grand projet de gestion des eaux pluviales chapeauté par le SyAGE.

A plusieurs reprises ces dernières années, le quartier de la Villa à Draveil a en effet connu des inondations importantes touchant les voies publiques et les habitations. Provoqués par le ruissellement des eaux de pluie, ces phénomènes se sont répétés lors de fortes précipitations. Afin de remédier à ce problème, des aménagements, effectués en plusieurs phases et gérés par le SyAGE, ont été conçus et mis en œuvre.

Le réseau de collecte des eaux pluviales

Depuis fin juin 2016, des entreprises de travaux sont intervenues dans l’avenue Maignan et le long d’une partie du boulevard Charles-De-Gaulle. Ces chantiers ont d’abord consisté à redimensionner et à poser de nouvelles canalisations acheminant les eaux pluviales. Au total, plus de 600 mètres de réseau ont été aménagés jusqu’à l’entrée de l’île de Loisirs du Port aux Cerises, aux abords de l’étang Laveyssière. Sur ce parcours, plusieurs autres installations ont également été réalisées. Ainsi, des intercepteurs équipés de surverses permettront d’orienter les eaux de pluie dans la direction

adéquate. Autre exemple : les instruments de mesure (capteurs, sondes…). « Ils servent notamment à mesurer le débit, la hauteur de l’eau et à détecter les ouvertures et fermetures de clapets, le tout à distance », explique Amira Kaddour, chargée d’opérations d’assainissement au service Travaux du SyAGE.

La roselière de l’étang Laveyssière

Une partie des eaux de pluie ainsi collectées termine sa course dans l’étang Laveyssière. Afin de prévenir les cas de pollutions diverses, ces eaux doivent être traitées avant de pouvoir rejoindre le plan d’eau. Deux étapes de filtration sont donc prévues. Un premier ouvrage tampon, long de 15 mètres, sert de prétraitement. Il permet de retenir certains polluants (hydrocarbures, huiles, matières solides, etc.), notamment grâce à un système de siphon. Les eaux ainsi nettoyées poursuivent leur trajet pour atteindre une lagune de dissipation. Dans cette zone située en bordure de l’étang, une roselière a été conçue pour épurer naturellement les eaux pluviales, grâce à des plantations de diverses espèces de roseaux et à des roches calcaires formant un merlon. « Pour obtenir un massif hétérogène, plusieurs espèces ont été plantées selon la profondeur de l’eau : des roseaux communs, des baldingères et des glycéries », précise Vincent Delecour, chargé de la valorisation du patrimoine naturel au sein du SyAGE. Au niveau du merlon de roches, un regard permettra ensuite aux agents du service Contrôle des Milieux Naturels du Syndicat d’effectuer des prélèvements pour évaluer la qualité des eaux rejetées dans l’étang.

La frayère à brochets

« Pour réaliser la lagune de dissipation et la roselière, il a fallu remblayer une partie de l’étang. La police de l’eau*a donc demandé une mesure pour compenser le volume d’eau occupé », indique Vincent Delecour. « Cette compensation consiste en la réhabilitation d’une frayère à brochet située sur un bras mort de Seine qui sera, à terme, remis en eau », poursuit Amira Kaddour. Cet habitat naturel sert de refuge aux poissons et aux batraciens pour leur reproduction.

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L’entreprise prestataire en charge de la roselière s’occupe également de la frayère, en particulier du terrassement. Les agents du service Gestion et Entretien des Milieux Naturels sont quant à eux intervenus pour déboiser. « Laisser entrer la lumière est indispensable pour le développement de la végétation aquatique et de la biodiversité. Les plantes indigènes déjà présentes, comme les roseaux et le carex vont ensuite se réapproprier l’espace », souligne Vincent Delecour.

L’ensemble des chantiers actuellement en cours dans l’île de Loisirs devraient se terminer au cours du premier semestre 2017.

*Service de la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (DRIEE) d’Ile-de-France chargé notamment du contrôle des installations, ouvrages, travaux ou activités ayant un impact sur le milieu aquatique, avec lequel le SyAGE a travaillé lors de la conception du projet.