Archives pour “L’eau dans tous ses états”

Read More

Élaborer une vision du bassin versant de l’Yerres plus résilient en 2054

Sous la houlette de Jumaanah Khodabocus, l’animatrice de la Commission Locale de l’Eau (CLE) du bassin versant de l’Yerres, portée par le SyAGE, trois commissions thématiques ont été organisées en février et mars, à Rozay-en-Brie, Tournan-en-Brie et Brie-Comte-Robert. Un temps de concertation et de travail en groupe, encadrés par le bureau d’études AsCA qui a réuni des élus, des professionnels de l’eau et des représentants du milieu associatif, sur les problématiques d’adaptation au changement climatique à l’horizon 2054.

Les trois commissions thématiques s’inscrivent dans le cadre de la révision du Schéma d’Aménagement de Gestion des Eaux (SAGE) de l’Yerres. Elles font suite aux trois ateliers d’arpentage photographiques qui se sont déroulés en fin 2020. Elles associent l’ensemble des acteurs à la réflexion afin d’enrichir les discussions et de prendre en compte tous les points de vue.

La première commission thématique concernait les fonctionnalités des milieux aquatiques et patrimoine commune face au changement climatique. La seconde : lien nappes / rivière face au changement climatique. Et la troisième était centrée sur l’eau et les aménagements face au changement climatique.

Le bureau d’études AsCA encadrait ces trois commissions qui ont rassemblé à chaque fois une trentaine de participants, en présentiel et en visio-conférence. Après une présentation du SAGE, ces derniers dressaient le décor territorial 2054, volontairement pessimiste.

Hausse des températures de 1 à 2°C, augmentation de la fréquence et de l’intensité des sécheresses, peu d’évolution des précipitations, éitage plus sévère, inquiétude quant à la recharge des nappes, des événements extrêmes plus fréquents.

Les participants travaillaient ensuite dans trois groupes différents, ainsi qu’un autre en visioconférence (Lien sensibles à la nature, facteurs de cohésion sociale / le rapport technique à la nature / la dynamique participative). Dans ce décor, quels difficultés le SAGE devra t-il surmonter et sur quels éléments pourra t-il s’appuyer pour traiter les enjeux de votre groupe. L’après-midi était consacré à la restitution des travaux de chaque groupe.

Les commissions thématiques sont les deux temps forts de la phase d’élaboration de la révision du SAGE de l’Yerres, avec les ateliers d’arpentage qui ont eu lieu à la fin de l’année dernière. Elles associent l’ensemble des acteurs à la réflexion afin d’enrichir les discussions et de prendre en compte tous les points de vue.

Une coproduction prospective qui permettra d’alimenter la vision stratégique à long terme (Yerres Climat 2054) et une réflexion opérationnelle (Objectif Yerres 2027) du prochain SAGE de l’Yerres. Un travail collaboratif qui sera restitué par le bureau d’études lors de la CLE élargi à la fin du premier semestre 2021.

Read More

Dossier : les inondations

L’inondation, c’est l’affaire de tous !

L’inondation est le premier risque naturel majeur en Île-de-France. Il n’existe pas de solution miracle pour empêcher une crue majeure de se produire, malgré tous les aménagements qui ont pu être réalisés au cours des précédentes décennies.

Il est donc essentiel d’apprendre à vivre avec ce risque en mettant tout en œuvre collectivement et individuellement pour réduire au maximum les conséquences des inondations. Les dramatiques crues qui ont dévasté l’arrière-pays niçois en octobre dernier, nous le rappellent cruellement.

Une inondation est un phénomène complexe, dynamique et systémique qui, pour être gérée efficacement, doit être abordée à l’échelle du bassin versant d’un cours d’eau en considérant les phénomènes qui l’alimentent et l’aggravent tels que la densification de l’urbanisation, l’imperméabilisation des sols, le ruissellement agricole ou la vulnérabilité des enjeux, ….Mais la gestion d’une inondation ne pourrait être pertinente sans la réactivité de tout un bassin de vie, qui se construit avec la mémoire des évènements passés, l’anticipation et la préparation.

Le risque de crue est avéré sur le bassin versant de l’Yerres. Des repères de crue de 1875 sont observables constituant ainsi une vraie mémoire dans l’histoire du cours d’eau.

C’est pourquoi le SyAGE a inscrit ce phénomène depuis près d’une vingtaine d’années au cœur de ses préoccupations et met en œuvre des actions visant à réduire son impact sur la sécurité humaine, les biens, l’environnement, les activités économiques et le patrimoine.

Qu’est-ce qu’une crue ?

La crue est un phénomène naturel et important pour le fonctionnement des rivières, caractérisé par une montée plus ou moins brutale du niveau d’un cours d’eau. Elle se traduit par l’augmentation de son débit, de sa vitesse et de la hauteur d’eau en écoulement. Une crue n’est pas synonyme d’inondation.La vie naturelle d’un cours d’eau alterne entre les périodes de basses eaux et de hautes eaux. Cette alternance permet l’auto-curage des lits (lit mineur, lit majeur), la régénération des espèces végétales et animales mais aussi de jouer un rôle d’enrichissement des terrains en matières organiques, grâce au dépôt des matières en suspension charriés par les eaux.

Les crues modèlent les fonds des vallées et créent une mosaïque de paysages (marais, bras morts, prairies inondables…). Elles sont essentielles à la « respiration » du cours d’eau et sont donc bénéfiques à bien des égards.

Au fil du temps, l’urbanisation et la modification de l’occupation des sols ont accentué ces phénomènes de crue, créant ainsi des inondations.

Dans son ouvrage de référence, Les inondations en France du VIe siècle à nos jours (1858-1864), Maurice Champion fait mention «de nombreuses traces d’inondations, mais la plupart relatées sans désignation de lieux et de rivières, dont la première inondation connue en 583, émanant du témoignage de Grégoire de Tours, évêque et historien du VIe siècle.

Les inondations ne datent donc pas d’hier !

Quelques définitions pour mieux appréhender les différentes problématiques

Qu’est-ce qu’une inondation ?

L’inondation est une submersion rapide ou lente d’une zone pouvant être habitée. C’est le débordement des eaux, hors de son lit mineur, lors d’une crue. Lors des épisodes de crue, le cours d’eau sort de son lit mineur pour envahir son lit majeur, provoquant des inondations. L’inondation caractérise le dommage du point de vue de l’homme.

Lit mineur

Le lit mineur d’un cours d’eau est la zone où les eaux s’écoulent en temps normal. Ce lit est souvent délimité par des berges et par une ripisylve (végétation bordant les milieux aquatiques).

Lit majeur

Le lit majeur est situé de part et d’autre du lit mineur d’un cours d’eau et désigne l’espace maximal susceptible d’être occupé par la rivière lors du débordement des eaux. Il s’agit donc d’une zone ponctuellement inondable, où l’installation d’infrastructures et d’activités humaines est soumise à un risque naturel.

Différentes types d’inondations

Inondations par débordement de cours d’eau

On parle d’inondation par débordement de cours d’eau lorsque la rivière sort de son lit habituel. Celle-ci découle de deux phénomènes : les crues lentes de plaines et les crues rapides et torrentielles.

L’inondation par « crue lente de plaine » intervient lorsqu’un fleuve ou une rivière sort lentement de son lit mineur et envahit son lit moyen, voire son lit majeur (ex crue de l’Yerres en 2018).

Les crues rapides et torrentielles se produisent principalement en zone montagneuse ou de relief marqué et surviennent à l’issue de précipitations intenses ou en période de fonte des neiges.

Inondations par remontée de nappe

L’inondation est provoquée par la montée du niveau de la nappe phréatique jusqu’à la surface du sol.

Le ruissellement pluvial

Cela se produit lorsque les eaux de pluie ne peuvent pas ou plus s’infiltrer dans le sol. Les orages forts et localisés provoquent régulièrement des inondations par ruissellement, parfois sans qu’elles soient nécessairement proches des rus ou des zones naturellement humides.

La submersion marine

Ce sont des inondations rapides et de courtes durées de la zone côtière par la mer lors de conditions météo et océaniques défavorables.

L’aléa

L’aléa désigne un phénomène naturel plus ou moins prévisible, hors de contrôle. Dans le cas de l’inondation, il se définit en termes d’intensité (vitesse, hauteur d’eau…) et de probabilité d’occurrence (crue décennale, centennale…).

Les enjeux

Les enjeux caractérisent les biens, les activités économiques ou les êtres humains situés en zone inondable qui risqueraient d’être affectés en cas de crue.

La vulnérabilité

La vulnérabilitédes enjeux représente leur sensibilité aux dommages potentiels. 50 cm d’eau dans une zone très urbanisée provoqueront plus de dégâts et de perturbation que 3m d’eau dans un secteur inhabité. C’est la fragilité d’un enjeu face à un aléa.

Le risque

Le risque est l’éventualité d’occurrence d’un événement dommageable. Il est évalué en croisant, sur un secteur donné, l’aléa et les enjeux. L’aléa est alors perçu comme un danger.

Crue 1910 lavoir de Senlis (Société d’Histoire Locale de Montgeron)

AGIR AVANT L’INONDATION

Face au caractère récurrent des crues, l’impossibilité physique de s’en prémunir et l’ampleur des enjeux, il est essentiel d’anticiper pour réduire la vulnérabilité des enjeux.

Parmi les mesures prises ou à prendre, on peut citer :

Les mesures individuelles sur les bâtiments existants

  • Prévision de dispositifs temporaires pour occulter les bouches d’aération, les portes (mise en place de batardeaux),
  • Amarrage des cuves,
  • Installation de clapets anti-retour,
  • Choix des équipements et techniques de constructions en fonction du risque (matériaux imputrescibles),
  • Mise hors d’eau du tableau électrique, des installations de chauffage, des centrales de ventilation et de climatisation,
  • Création d’un réseau électrique descendant ou séparatif pour les pièces inondables.

Pour aller plus loin : consulter le guide du SyAGE Inondations : comment réagir face au risque :

PENDANT L’INONDATION

Avant l’arrivée des eaux :

  • Posez vos batardeaux et obturez toutes les entrées d’eau.
  • Prévoyez le stationnement de votre véhicule hors de la zone inondable
  • Informez-vous (commune, site internet du SyAGE, radio, télévision…).
  • Coupez les réseaux de gaz, de chauffage et d’électricité.
  • Surélevez vos meubles, mettez vos objets de valeur et papiers hors d’eau
  • Mettez les matériels dangereux ou polluants (aérosols, batteries, pots de peinture, engrais, solvants) hors d’eau.
  • Vérifiez votre kit de secours.
  • Pensez à vos animaux domestiques.
  • Soyez à l’écoute des consignes des interlocuteurs privilégiés (maire, service de prévision des crues…).

Pendant la crue :

  • Informez-vous.
  • Ne circulez pas en voiture
  • Ne consommer pas l’eau du robinet
  • N’évacuez pas les lieux avant l’ordre des autorités
  • Ne vous engagez pas à pied ou en voiture sur une route inondée : 30 cm d’eau  suffisent pour soulever et emporter un véhicule.

Agir après :

Réintégrez votre logement uniquement avec l’accord des autorités

Assurez-vous de l’accessibilité de votre logement auprès des services de secours ou de la mairie

Ne consommez pas l’eau du robinet avant avis favorable de la mairie.

Réalisez un inventaire des dégâts en prenant des photos et contactez votre assurance afin de connaître la démarche à suivre.

Ne réenclenchez le gaz et l’électricité qu’après avoir fait contrôler votre installation par un professionnel

Informez-vous auprès de la mairie pour connaître les démarches liées aux catastrophes naturelles

La crue centennale n’a pas lieu tous les 100 ans ! Les connaissances scientifiques permettent d’estimer la probabilité de survenue d’un aléa. Un crue centennale d’un fleuve ou d’une rivière est une crue qui a 1 probabilité sur 100 de se produire chaque année (crue décennale 1 probabilité sur 10 de se produire chaque année). Cette statistique témoigne de la rareté d’un évènement et ne veut pas dire qu’il a lieu une fois par siècle. 

 

Inondation 2016 aux Thibaudières à Boussy-Saint-Antoine

LES SEPT COMPOSANTES DE LA PRÉVENTION DES RISQUES

1/ La connaissance du risque

Conscient des forts enjeux socio-économiques du territoire, le SyAGE porte depuis plus de 30 ans l’ambition d’une gestion efficace des inondations fluviales à l’échelle de son champ d’action.

À l’échelle du bassin versant de l’Yerres, face aux risques d’inondations par débordements des cours d’eau, le SyAGE pilote depuis 2003, des Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Le PAPI est un véritable outil opérationnel décliné à l’échelle du territoire de la vallée de l’Yerres, il favorise la concertation de tous les acteurs locaux avec pour ambition commune, de réduire au maximum les conséquences sur l’ensemble des communes touchées par ces phénomènes.

« Le PAPI d’intention (2013) avait déjà fourni un capital d’informations très conséquent permettant une bonne vision de la vulnérabilité du territoire. Cette base solide s’est enrichie par l’analyse détaillée de la crue de juin 2016 » précise Pierre Bretaudeau, animateur du PAPI de l’Yerres.

En effet, cette dernière, a d’autant plus d’importance, qu’elle représente un évènement majeur, actuel, vécu par tous les acteurs locaux, encore en mémoire et alimenté d’un grand nombre d’éléments quantitatifs (photographiques , vidéo et témoignages). « Elle va, d’une part, renforcer la modélisation issue du diagnostic approfondi, et d’autre part, illustrer, sans commune mesure, les impacts d’un évènement qui, pour certaines parties du territoire, se définit comme la crue historique jamais connue. L’étude de la crue de juin 2016, élargit la connaissance à l’ensemble des affluents du bassin versant. En prévision d’instrumenter les axes hydrographiques secondaires, cette action intègre une approche factuelle, fondée sur l’observation de terrain et les témoignages de personnes ressources, pour en délimiter, de la manière la plus réaliste possible, une enveloppe de crue ».

Des campagnes topographiques sur ces axes secondaires sont envisagées afin d’améliorer la connaissance de la morphologie des sous-bassins versants et de préciser les contours de la zone inondable. Cette information précieuse sur des zones jamais prospectées, fera l’objet d’un porté à connaissance auprès des élus locaux qui fournira un support supplémentaire de sensibilisation à la prise en compte du risque inondation dans l’urbanisme.

2/ Surveillance et alerte

« La surveillance et la prévision constituant les premiers maillons de la gestion de crise sont essentiels à deux titres; améliorer l’expertise sur le réseau hydrographique et renforcer les délais d’anticipation afin d’atténuer l’impact d’une inondation » indiqueSandrine Criscione, directrice de la GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) au SyAGE.

La surveillance des niveaux d’eau s’effectue, depuis de nombreuses années, au travers de deux systèmes complémentaires que sont le réseau de mesures électroniques et les échelles limnimétriques permettant une lecture visuelle de terrain.

Aujourd’hui, environ une quarantaine d’échelles composent le réseau pour la surveillance des fluctuations de niveau sur le réseau hydrographique principal. Leur utilité a d’ailleurs été mise à l’honneur, en juin 2016, en relayant l’information sur l’évolution de la crue alors que plusieurs sondes électroniques étaient hors service.

La Télégestion: un outil au service de la prévision des crues

Le SyAGE assure la prévision et surveillance des crues grâce au service de Télégestion. Depuis l’installation de la supervision en 1999, le nombre d’ouvrages et de stations de mesures reliés à la supervision n’a cessé de croître au fil des ans pour dépasser la centaine.

La télésurveillance permet au SyAGE d’anticiper un phénomène de crue à plus d’une journée et de mettre en jeu la régulation des barrages afin d’atténuer les conséquences de la crue.

L’alerte

En France, l’Etat est en charge de la vigilance « crues ». Celle-ci permet de prévenir les autorités et le public d’un  niveau de risque de crue(s) dans les 24 heures à venir. Elle est coordonnée avec le dispositif de vigilance météorologique mis en place par Météo-France depuis 2001, et qui couvre l’ensemble des risques d’origine météorologique, en les localisant par département. Les deux vigilances permettent aux autorités locales, notamment les préfets et les maires, ainsi qu’au public, de se mettre en situation de réagir de manière appropriée, et de gérer la situation dans de meilleures conditions.

Aux avant-postes lorsqu’une crue se déclare, les équipes du SyAGE sont en mesure d’alerter très rapidement communes, services de secours et les habitants d’un potentiel impact du débordement des cours d’eau. La surveillance des hauteurs et des fluctuations du niveau d’eau, rendue possible grâce aux équipements répartis le long des rivières, permet d’anticiper l’importance des évènements à venir.

Bulletin de crue

Au premier rang de l’information, le bulletin de crue généré par le SyAGE est le support de communication mis en œuvre dès que les premiers risques de débordement apparaissent. « Il est adressé aux 11 communes riveraines de l’Yerres et du Réveillon (Essonne et Val de Marne), aux partenaires institutionnels ainsi qu’aux services de secours. Cette démarche devrait s’étendre aux communes riveraines en aval de Courtomer » précise Sandrine Criscione.

 Ce bulletin regroupe toute l’information technique sur l’évènement afin que chaque destinataire puisse engager les moyens de sauvegarde ou de secours nécessaires au regard de ses prérogatives. Il fut fortement mobilisé durant les évènements de juin 2016 pouvant aller jusqu’à deux éditions par jour. Le retour d’expérience de l’ensemble des acteurs locaux fait état de la pertinence de ce support tant d’un point de vue qualitatif que quantitatif. Mis en direct sur le site internet, il est également consulté par les communes de Seine et Marne.

SIRYAC

Le SyAGE s’est doté depuis 2002 d’un système d’alerte (Système d’information des riverains de l’Yerres pour l’alerte de crue) afin d’avertir directement et rapidement les riverains de l’Yerres dans l’Essonne et le Val-de-Marne des risques de crues et de montées des eaux. Ce service gratuit est exclusivement réservé aux usagers habitant directement en zone inondable. Il vous avertira, par téléphone, avant que les premiers débordements aient lieu afin que vous puissiez prendre toutes les dispositions nécessaires dans votre habitation.

App-Syage

L’application permet à chaque habitant du territoire d’être destinataire du bulletin de crue et ainsi d’être informé régulièrement du niveau de la rivière et de recevoir des messages mais aussi de signaler des incidents relatifs à la rivière (embâcle important, pollution, inondation…) et de prévenir les difficultés. Vous recevez ensuite un accusé de réception du signalement puis des notifications sur la prise en charge de l’incident jusqu’à sa résolution.

3/Information et développement de la culture des risques

Sensibilisation des populations

La communication du SyAGE autour de la thématique des inondations fluviales ne se limite pas à des actions réalisées face à une situation de crise ou vis-à-vis d’une vigilance particulière. Tout au long de l’année, sur l’ensemble des supports d’information édité par le service communication, la conscience du risque est entretenue au travers de nombreux articles parus dans notre magazine L’O par exemple, ou faisant l’objet d’une émission dédiée à ces sujets comme ce fut le cas du n°1 d’H2O, diffusé sur la chaîne YouTube du SyAGE.

L’ensemble de ces actions de communication œuvre pour le maintien de la culture du risque sur le territoire que l’on sait, par retour d’expérience, limitée et sujette à une nette propension à l’oubli.

Repère de crues

Véritable témoin de l’histoire du cours, d’eau, le repère de crue matérialise le niveau des Plus Hautes Eaux Connues (PHEC) d’un événement majeur. Plusieurs repères de crue ont été installés en partenariat avec les services de l’État, des collectivités ou des départements.

Au-delà de leur rôle premier dans la mémoire du cours d’eau, ce sont de très bons indicateurs pour apprécier l’ampleur de l’aléa. A titre d’exemple, l’observation quotidienne des repères de crue sur le terrain du 31 mai au 4 juin 2016, a permis au SyAGE de comparer l’occurrence de l’épisode hydraulique en cours avec celui de la crue de 1978.

L’État joue un rôle majeur en mettant à la disposition des collectivités les connaissances disponibles en matière de risque inondation. Le porté à connaissance (PAC), dispositif obligatoire comprend l’ensemble des données compilées par les services de l’État à la demande du préfet lorsque celui-ci a reçu de la part d’une structure porteuse de Schéma de cohérence territoriale (Scot) ou de Plan local d’urbanisme (PLU), copie de la décision de prescription d’un de ces documents d’urbanisme.

Dans le domaine des inondations, le préfet peut mettre à disposition toute étude de connaissance en lien avec l’exposition du territoire : le dossier départemental des risques majeurs (DDRM), les atlas de zones inondables (AZI), la cartographie du risque issue de la directive inondation dans les territoires à risque d’inondation important (TRI). D’autres éléments de connaissances existent comme les limites de crues historiques, les études d’aléas hydrauliques réalisées en particulier dans le cadre de l’élaboration des plans de préventions des risques (PPR) inondation (PPRi). Le préfet communique aussi aux collectivités territoriales les contenus du plan de gestion des risques d’inondation (PGRI), du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) et des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage).

Les Sdage et les Sage ne créent pas de réglementation liée à l’occupation des sols mais ils infléchissent les documents d’urbanisme à travers leur contenu et le rapport de compatibilité pour une meilleure problématique liée à l’eau.

L’élu local peut lui aussi agir par la délivrance des certificats d’urbanisme, permis de construire et permis d’aménager mais aussi par la rédaction des outils de planification tels que les Scot, les PLU(i) et/ou les cartes communales que son territoire soit doté ou non d’un PPRi.

Assistance des communes à la rédaction de leur PCS et DICRIM

L’approbation dans la vallée de l’Yerres d’un PPRi, a rendu obligatoire, pour les collectivités concernées, la réalisation d’un plan communal de sauvegarde (PCS). Tous les moyens humains, matériels et logistiques ainsi que les schémas organisationnels liés à la sécurité civile quel que soit le risque doivent être consignés dans ce document et de manière plus synthétique dans un livret intitulé le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM), à destination des populations.

« Le SyAGE a ainsi accompagné de manière assidue, en partenariat avec la Direction départementale des Territoires de la Seine-et-Marne, les communes pour la rédaction de leurs PCS. Ces dernières années, vingt-huit communes ont pu bénéficier de cette assistance qui a conduit à quinze arrêtés municipaux officialisant leurs PCS et quatre pour le DICRIM » souligne Pierre Bretaudeau.

4/ Aménagement du territoire

A chaque crue majeur, les impacts matériels et ceux liés aux activités économiques sont très conséquents notamment en Ile de France où les enjeux offrent une densité sans pareil. La vallée de l’Yerres n’est pas épargnée de conséquences et malgré ce constat parfois catastrophique, le risque inondation reste le parent pauvre des politiques de développement du territoire.

A titre d’exemple, le PPRI de l’Yerres n’affiche en zone inondable aucune prescription sur le bâti existant afin d’en diminuer la vulnérabilité. Seules des recommandations comme l’installation des équipements électriques au-dessus de la PHEC, sont identifiées. Aucune mesure d’accompagnement n’est prévue pour encourager le particulier à s’engager dans les travaux de réhabilitation.

Un PPRi interdépartemental

La vallée de l’Yerres est exposée depuis tout temps aux inondations par débordement de son cours d’eau principal et de ses affluents sur les départements de Seine-et-Marne, de l’Essonne et du Val-de-Marne. Les principales crues de l’Yerres, même si elles ne sont pas forcément bien documentées, sont là pour le rappeler.

Afin d’assurer une gestion globale du risque inondation du bassin de l’Yerres, l’arrêt de prescription du PPRi de l’Yerres a été pris le 6 novembre 2008 sur les trois départements concernés (Seine-et-Marne, Essonne, Val-de-Marne).

Le PPRi réglemente l’occupation des sols et les modalités de construction en fonction du risque naturel d’inondation. Ce document est réalisé par l’État en association avec les communes. Le PPRi approuvé après enquête publique vaut servitude d’utilité publique et s’impose à tous.

SAGE de l’Yerres

Le Schéma d’Aménagement et de gestion des Eaux (SAGE) de l’Yerres est un autre levier dans le domaine de la prévention des inondations.

Soucieux de répondre aux objectifs du bon état des eaux défini par la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), l’ensemble des acteurs locaux, élus, représentants de différents secteurs socio-économiques et services administratifs, se sont réunis au sein d’une Commission Locale de l’Eau (CLE), en 2002 afin d’officialiser l’élaboration du SAGE de l’Yerres. Cet outil met en œuvre une politique de gestion optimisée de la ressource en eau et des milieux aquatiques dont plusieurs enjeux prioritaires tels l’amélioration de la gestion des inondations.

Contrat de bassin de l’Yerres amont et aval

Le SyAGE s’est engagé dès 2010 dans la mise en œuvre de contrats de bassin, en synergie avec les objectifs d’atteinte de bon état des cours d’eau et pour ancrer davantage sa politique de préservation des milieux aquatiques. Le contrat aval comprend notamment un enjeu sur la gestion des eaux pluviales urbaines à la source pour réduire le risque inondation en complémentarité avec le PAPI.

Renaturation
Prévue par la Directive cadre sur l’eau (DCE), la renaturation des cours d’eau permet une recolonisation de la faune et de la flore. Elle contribue à l’amélioration de la capacité de rétention des crues. Le SyAGE qui intervient à l’échelle du bassin versant, agit ainsi dans ce domaine en faveur des communes qui subissent des débordements.

5/ Réalisation de travaux de mise en sécurité

La réduction de la vulnérabilité des enjeux sur un territoire est l’affaire de tous. La conscience collective a ainsi alimenté des initiatives en ce sens. Certaines collectivités ayant des zones urbanisées localisées en zones inondables, dans les axes d’écoulement préférentiels, ont engagé la démarche de rachat de parcelles et destruction de bâtiments, répondant à cet objectif. Portée par la commune de Crosne dans les années 2000, cette démarche se met en place depuis 2010 à Villeneuve-Saint-Georges. En effet, cette dernière, en partenariat avec le Conseil départemental du Val-de-Marne, de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et du SyAGE, a souhaité engager la requalification environnementale, urbaine et sociale du quartier Belleplace/Blandin. Une fois cette démarche d’acquisition foncière aboutie, le SyAGE, en tant que maître d’ouvrage, mettra en œuvre un vaste projet d’aménagement des berges pour redonner à ce site sa vocation première de milieu naturel humide et de zone d’expansion des crues.

Les ouvrages « rivière » de protection fixe

Outre la prévention et la prévision, certains équipements répondent davantage à des problématiques plus locales de protection. Ce fut le constat de deux zones à risque avéré sur lesquelles le SyAGE a réalisé des aménagements adéquats : la digue du ru du Gord (communes d’Epinay-sous-Sénart/Boussy-Saint-Antoine) et le barrage du ru d’Oly (communes de Montgeron/Vigneux-sur-Seine).

Les ouvrages «assainissement»: leur rôle dans les inondations

La prévention des inondations se retrouve également dans la gestion des eaux pluviales. En effet, les inondations dues au ruissellement urbain sont récurrentes notamment sur les parties essonnienne et val de marnaise du territoire de l’Yerres, occasionnant des dégâts importants. Pour faire face à ces phénomènes, dont l’origine se trouve en grande partie dans l’imperméabilisation des sols, de nombreux ouvrages de stockage ont été construits en amont des secteurs sinistrés. Le SyAGE propriétaire et gestionnaire de ce patrimoine, compte environ 90 ouvrages de rétention des eaux pluviales.

Leur rôle principal est de stocker les eaux de pluies lorsque les réseaux arrivent à saturation afin de limiter les débordements sur voirie ou bâtiments occasionnant les inondations. Ils régulent ainsi les débits reçus en amont avant de les restituer à l’aval lorsque la capacité de l’exutoire le permet. L’ensemble de ces ouvrages a été conçu pour réguler au mieux les pluies ayant une période de retour de 10 ans.

Outre les bassins de stockage, un second équipement des réseaux d’assainissement joue en faveur de la prévention des inondations; les postes anti crue (PAC). Principalement composés d’une vanne et d’une station de pompage, la récupération des eaux de pluie s’effectue par un réseau dédié de collecte (branchement particulier ou par un avaloir) et de transport (collecteurs) avant rejet au milieu naturel.

Projet de réalisation de la zone d’extension des crues d’Armanvilliers

Le projet de ZEC d’Armanvilliers (Seine-et-Marne), porté par le SyAGE, est en phase préliminaires. Les études faune/flore/habitat devrait se terminer à la fin de l’année. La maîtrise d’œuvre de la ZEC est en cours d’élaboration. Elle permettra d’améliorer la gestion des écoulements des eaux pluviales et réduire les risques d’inondation.

Exercice gestion crise SyAGE novembre 2020

6/Préparation et gestion de crise

Aux termes de la loi, la direction des opérations de secours appartient aux autorités détentrices du pouvoir de police, à savoir le maire lorsque le sinistre concerne sa commune, à travers la mise en place d’un Plan communal de sauvegarde (PCS), et au préfet si plusieurs communes sont concernées ou si un plan ORSEC est déclenché.

PGCI

Le SyAGE a mis en place un Plan de Gestion de Crise Inondation (PGCI) il y a déjà plusieurs années dans le cadre du PAPI. Cet outil permet d’avoir une approche réfléchie et circonstanciée de la crue.

Il met l’accent sur les étapes d’une montée en puissance passant des mécanismes de déclenchement de la cellule de crise interne aux moyens logistiques, informatiques et humains mis en œuvre pour répondre à l’évolution de la situation. Son opérationnalité se concentre dans l’attribution des fonctions et des responsabilités de chaque membre de l’organigramme. De manière plus détaillée, des fiches réflexes précisent les missions telles que la gestion des véhicules, les taches affectées à la cellule assainissement…

Il intègre également des éléments indispensables du Plan de Continuité de l’activité (PCA) afin d’assurer les ressources suffisantes pour garantir l’exercice des services courants minimums du SyAGE.

Au final, le PGCI n’est pas un ouvrage qui s’étudie au moment de la survenance de la crise, mais un aide-mémoire pour ne rien oublier. Ce plan sera donc lu et connu de tous ceux qui participeront au dispositif.

Par sa vision systémique de la crue au sein de son territoire, le syndicat tient une place incontournable dans le paysage de la gestion de crise. Au fur et à mesures des préparations, qu’il s’agisse d’exercices cadres communaux, exercices de terrain multi acteurs ou de SEQUANA EU, une coordination pertinente de l’ensemble des praticiens de la gestion de crise a commencé à se dessiner. Cette configuration permet à chacun de trouver des réflexes instantanés d’anticipation, de planification et de communication pour permettre une organisation de la gestion de crise promouvant une certaine résilience.

7/ Une approche globale

La prévention contre les inondations nécessite une approche globale de la prévention des risques naturels. C’est la fonction des PAPI qui reposent un partenariat entre les services de l’État et les acteurs locaux. Il décline des actions dans l’ensemble des composantes de la prévention des risques d’inondation. Le PAPI est porté par le SyAGE depuis plus d’une dizaine d’années. Il permet une approche globale et une gestion intégrée des risques inondations, en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine, les biens, les activités économiques et l’environnement en s’appuyant sur une série de mesures mises en œuvre sur tout le périmètre concerné. Le PAPI de l’Yerres (2018-2023) dispose d’un budget de 2,4 millions d’euros (HT).

Résilience 
La résilience d’un territoire est sa capacité à récupérer un fonctionnement normale suite aux 
conséquences d’un phénomène naturel. Le risque inondation diminue après la catastrophe si une réflexion s’engage pour adapter la conception des réhabilitations des constructions endommagées et améliorer 
l’organisation de la protection des biens et des personnes. Cette capacité de rebondir passe par des
actions à court, moyen et long terme.  

Culture du fleuve
C’est ce que désignent les spécialistes comme une connaissance plus approfondie  et précise des atouts mais aussi des contraintes impondérables liées à la proximité d’un cours d’eau. Il est important de 
sensibiliser les habitants du territoire à cette culture du fleuve, qui est aussi la culture du risque et de tendre vers une réappropriation globale de la rivière avec ses atouts (paysage, balade, activités
sportives et de loisirs…) mais aussi ses dangers inhérents.  
Chiffres 
Les dégâts causés par les inondations représentent environ 80% des coûts imputables aux risques 
naturels, soit 250 millions € par an.  

En France, 17 millions d’habitants et 9 millions d’emploi se trouvent dans des zones inondables
(sources ministère de l’Écologie) 

850 000 habitants en zones inondables en Île-de-France

1,5 milliard d’euros (bassin de la Seine et de la Loire) pour les inondations de 2016 . 
C’est le plus important niveau de dédommagement depuis le régime de catastrophe naturelle en 1981     

1 personne sur 4 en France est potentiellement exposée au risque inondation  

1 emploi sur 3 en France est potentiellement exposé au risque inondation 

20 000 victimes des inondations par an dans le monde   

1 commune sur 3 concernée par le risque inondation, dont 300 grandes agglomérations.   
Read More

Valenton : renaturation du ru de Gironde

La ville de Valenton réalise la troisième phase du réaménagement du parc Jacques Duclos depuis plusieurs mois, ainsi que des travaux de renaturation du ru de Gironde.

Cet aménagement est scindé en deux opérations distinctes. D’une part la restauration des abords du château et d’autre part la renaturation du ru de Gironde, financée par le SyAGE (164 000€), par le biais de subventions de l’Agence de l’eau Seine Normandie. Le lit du ru a fait l’objet d’un reméandrage et les portions bétonnées ont été supprimées.

La restructuration du ru de Gironde vise à redonner un profil et un fonctionnement naturel au ru de Gironde dont le linéaire et les caractéristiques ont été fortement remaniés au fur et à mesure de l’urbanisation de la ville.

Concrètement, l’actuelle portion du ru de Gironde qui traverse le parc a été re-méandrée sur 250 mètres de longueur. Exempt de béton et autres matériaux artificiels, le nouveau tracé du ru permet des profils et des dynamiques d’écoulement diversifiés plus naturels.

Dernièrement, afin de vérifier l’imperméabilité du sol remanié, un test d’écoulement a été réalisé par l’équipe en charge de cette opération.

Aucune infiltration n’a été observée, les travaux de renaturation vont donc se poursuivre début 2021, avec le modelage des berges en pentes douces et la confection d’un lit en grave calcaire.

En outre, l’aménagement sur le ru de Gironde fait partie d’un projet visant à faire du cours d’eau un axe de trame Bleue sur tout le territoire.

Read More

Un inventaire naturaliste dans une zone humide à Brunoy

Missionnée par le SyAGE dans le cadre d’un inventaire naturaliste, Oriane Josserand, chargée d’études fauniste chez Biotope, réalise un diagnostic écologique sur un site délimité autour du barrage de l’Abbaye à Brunoy.

L’inventaire naturaliste concerne « un site à potentialité » à Brunoy. La naturaliste est chargée de l’étude faune flore, habitats et zones humides. « D’étudier la présence ou l’absence d’habitats naturels et d’espèces qui présentent des enjeux locaux de conservation ou qui sont protégés dans ce secteur défini ». L’étude vise à dresser un inventaire exhaustif et d’établir une liste des espèces protégées et menacées.

L’inventaire naturaliste a nécessité un important travail préparatoire de recherches avant les observations sur le terrain. « Il s’appuie à la fois sur une analyse bibliographique de la zone caractéristique, en se basant sur d’anciennes études des espèces potentiellement connues mais aussi de données faunistiques communales issues de bases de données naturalistes telles Cettia (Agence Régionale de la Biodiversité) et Faune Île-de-France (LPO) ».

Le travail de recherches s’est ensuite accompagné de prospections de terrain, en prenant en compte des cycles de vie des différentes espèces.

Durant l’hiver, Oriane Josserand s’est rendue sur le site du barrage de l’Abbaye pour recenser les oiseaux migrateurs qui se reproduisent généralement plutôt de février à avril-mai, les oiseaux sédentaires (période de reproduction entre le mois décembre à janvier) comme les rouges-gorges ou les pics-verts ainsi que les oiseaux hivernant.

La naturaliste a effectué également une prospection nocturne en mars pour les amphibiens. « Ces derniers vivent cachés dans l’eau en période de reproduction. L’observation de nuit avec une lampe frontale est la plus adaptée ». Il faut savoir que les amphibiens sont protégés par la loi en France métropolitaine (arrêté du 19 novembre 2007), car ce groupe d’espèces est facilement impacté par les aménagements du territoire. Il est ainsi interdit de toucher ou de manipuler les amphibiens. « Ce groupe d’espèces est menacé à cause de la disparition progressive des zones humides».

L’inventaire naturaliste de la zone humide de Brunoy va permettre « de déterminer les éléments à enjeux (faible, moyen, fort) des différentes espèces protégées ou menacées ainsi que des habitats d’espèces présents sur les aires d’études. Ces enjeux seront localisés sur des cartes ».

Un outil qui contribuera à mieux recenser et connaître cette biodiversité afin de mieux la protéger.

C’est quoi une zone humide ?

La loi sur l’eau définit les zones humides comme «les terrains, exploités ou non habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année».

Les milieux humides présentent de multiples facettes et se caractérisent par une biodiversité exceptionnelle. Ils abritent en effet de nombreuses espèces végétales et animales. Par leurs différentes fonctions, ils jouent un rôle primordial dans la régulation de la ressource en eau, l’épuration et la prévention des crues.

Read More

Campagne de prélèvements biologiques dans l’Yerres pour mesurer la qualité de l’eau

Le bureau d’études PEMA (groupe Pingat) a réalisé des prélèvements de macro-invertébrés dans l’Yerres et certains de ses affluents, durant l’été, pour évaluer la qualité de l’eau.

La campagne de prélèvements dite IBGN (Indice Biologique  Global Normalisé) est réalisée chaque année dans plusieurs stations comme celle effectuée en août dernier à Combs-la-Ville, sous le pont du diable. « Différents types de substrats où sont susceptibles de se développer plusieurs larves sont prélevés dans la rivière » explique Marine Bedard.

Accompagnée de deux stagiaires, Mathieu et Fatou, la chargée d’études hydrobiologiste a ainsi ramassé des larves, des plantes aquatiques, des petits cailloux et des racines dans son surber. Les prélèvements sont assurés selon un plan défini en fonction de normes précises. Les échantillons seront ensuite triés, déterminés et comptabilisés et permettront de mesurer l’état biologique de la rivière.

C’est quoi des macro-invertébrés ?

Ce sont des petits animaux vivant au fond de la rivière, sur et dans les sédiments, visibles à l’œil nu et sans colonne vertébrale : des larves d’insectes (larve, nymphe, adulte), des mollusques, des crustacés, des vers… 

Pourquoi prélever les macro-invertébrés aquatiques ?

Ils sont couramment utilisés pour déterminer la qualité biologique des cours d’eau en raison de leur sensibilité aux changements de la qualité de l’environnement.

Pour les études de qualité d’eau, les macro-invertébrés aquatiques sont classés en plusieurs groupes en fonction de leur capacité à tolérer la pollution de l’eau : du plus sensible à la pollution, au plus tolérant à la pollution.

Read More

Un exercice de gestion de crise

L’exercice de de gestion de crise s’est tenu jeudi 26 novembre dans les locaux du SyAGE, mais aussi sur le terrain, en fonction des décisions prises par les acteurs.

Organisé par la direction GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Préventions Inondation) et l’animateur du PAPI (Programmes d’Action,s Prévention des Inondations) de l’Yerres, l’exercice interne s’est déroulé normalement malgré les conditions sanitaires liées à la Covid 19, avec le concours de l’entreprise Suez pour le volet assainissement.

L’exercice comportait deux sessions avec un changement d’équipe autour d’un scénario durant lequel plusieurs événements s’enchainaient. Il était piloté par quatre animateurs supervisé par plusieurs observateurs du syndicat.

Plusieurs directions ont participé à l’élaboration du scénario et des cartes. Le service Moyens et Bâtiments a assuré toute la partie logistique et le CODIR a validé les conditions de réalisation et la communication aux agents.

Deux débriefings ont été organisés durant l’après-midi afin de recueillir le ressenti de tous les participants qui se sont fortement impliqués dans cet exercice qui s’inscrivait dans l’action du PAPI de l’Yerres.

L’exercice qui s’inscrit dans les actions du PAPI de l’Yerres visait à rappeler les missions du SyAGE pendant une crue, faire connaître le PGCI, tester les fiches réflexes, observer et évaluer la mise en application du document, former aux outils de communication et de régulation et d’identifier les axes tous les axes d’amélioration.

Paris et la Seine se réchauffent plus vite que la planète

Les températures de la Seine et de l’air à Paris ont augmenté de plus de 2,5 °C depuis 1870, soit bien plus que le réchauffement du globe, évalué dans le même temps à 0,8 °C.

Je vous parle d’un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître. Jusqu’aux années 50, la Seine gelait souvent en hiver. Aujourd’hui, la température du fleuve ne descend pratiquement plus jamais en-dessous de 1 °C. Voilà l’une des preuves que son réchauffement est un fait. Pire, la hausse de sa température est bien plus rapide que celle mesurée pour l’ensemble du globe. Selon les études menées notamment par William Thomas, expert technique de la DRIEE * d’Île-de-France, la température de la Seine depuis 1870 a augmenté, en tendance, de plus de 2,5 °C (2,9 °C en données brutes entre 1870 et 2017, soit respectivement des températures moyennes de 11,9 °C et 14,8 °C), tandis que la planète ne se réchauffait dans le même temps « que » de 0,8 °C (chiffre du GIEC et de Météo-France). Cette « surperformance », dont on se serait bien passé, se retrouve également sur terre, puisque les données recueillies au parc Montsouris, à Paris, ont relevé une même hausse de plus de 2,5 °C (voir le schéma 2 **). Cette dernière hausse peut néanmoins avoir été légèrement amplifiée par le glissement progressif du parc Montsouris vers le milieu urbain, où les températures sont plus élevées.

Le record pour la canicule de 2003

« Tous ces constats montrent que le réchauffement climatique est une réalité, confirme William Thomas. Et que si plusieurs facteurs influencent la température de l’eau, le principal d’entre eux est la température de l’air. En fait, une élévation de température de l’air de 1 °C entraîne une augmentation de 1 °C de la température de l’eau. » Les années où ont été relevées les températures les plus élevées dans la Seine sont, sans surprise, proches de nous. Mais ce n’est pas l’été 2018 qui se distingue au premier rang, même si des mesures de restriction d’eau ont été prises sur le Réveillon, le 3 août, en raison d’un débit du cours d’eau inférieur au niveau de crise, mais celui de 2003. « La canicule de 2003 est la plus grave en intensité, avec une température maximum de 27 °C et une durée de 44 jours au-delà de 24 °C. » En comparaison, en 2018, le maximum a été de 26,1 ° pour 38 jours au-dessus de 24 °. Viennent ensuite les étés 2006, 1995 et 1976.

Bouleversements attendus

Les conséquences de cette hausse des températures de la Seine sont multiples. « Elle entraîne des modifications des équilibres chimiques de l’eau, comme une diminution de l’oxygène et, de fait, modifie aussi l’état piscicole, floristique et faunistique, ajoute William Thomas. A titre d’exemple, les salmonidés (truites et saumons) vivent et se multiplient difficilement au-delà de 21,5 °C, tandis que des poissons thermorésistants, comme l’ablette, proliféreront, comme l’a démontré une étude récente du Piren Seine ***. » Autant de changements auxquels nous devrons nous habituer, même leur ampleur surprennent même les spécialistes. « Je travaille et surveille la qualité de la Seine et de ses affluents depuis 38 ans, et l’évolution de la température me surprend de plus en plus… », confirme William Thomas.

*Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’Energie.
** Les données manquantes (guerres, arrêts des mesures par Météo-France…) n’empêchent pas le calcul de la tendance d’évolution des températures. Plus de 200.000 enregistrements de température venant d’une dizaine de partenaires, dont le SyAGE, ont été collectés et exploités par William Thomas.
*** Programme Interdisciplinaire de Recherche sur l’eau et l’environnement du bassin de la Seine.

Plus d’écarts thermiques sur l’Yerres et le Réveillon
Si on ne bénéficie de données de température sur l’Yerres et le Réveillon que sur une période beaucoup plus courte (depuis 2000 pour l’Yerres et depuis 2008 pour le Réveillon), plusieurs données sont observables en comparaison de ces deux rivières et de la Seine. Tout d’abord, le Réveillon est plus frais que l’Yerres, lui-même plus frais que la Seine, avec des écarts moyens de 3 °C pendant l’été. En revanche, l’hiver, ces différences sont quasiment nulles. De même, les variations journalières des températures des deux rivières se révèlent importantes, jusqu’à 10 °C entre le jour et la nuit. « Ces écarts sont largement influencés par les nappes souterraines voisines et par l’ensoleillement pour ces rivières peu profondes et peu ombragées », explique encore William Thomas. A l’inverse, l’écart thermique de la Seine se réduit à 1 °C.

Lingette : l’ennemie des canalisations prospère

Yoann Weyant, à gauche, et Philippe Danger, de Suez, sont confrontés chaque année d’avantage au problème.

Les lingettes sont devenues depuis une vingtaine d’années des objets de grande consommation. Pratiques, elles n’en sont pas moins redoutables pour les canalisations quand on les jette dans les toilettes. Collectivités et fabricants ne semblent pas en mesure de trouver une solution à ce problème dont la note pourrait être salée.

« Un amas de détritus de 16 mètres de haut pour deux mètres de diamètre, constitué de serpillières, de serviettes hygiéniques, de couches ou encore de lingettes (…) de 60 tonnes a été découvert(e) (…) dans un siphon du collecteur d’eaux usées passant sous la Seine, au niveau de Vigneux-sur-Seine. » Cet article paru dans le Parisien le 6 décembre 2017 relate un fait d’ampleur exceptionnelle mais qui appartient bien à la routine pour les syndicats en charge de l’assainissement, comme le SyAGE. « Entre 2008 et 2017, les interventions destinées à déboucher des pompes ont été multipliées par 2,5 fois », souligne Yoann Weyant, responsable du service Usines à Suez, délégataire du service public pour le syndicat. Ceci rien que dans les 116 postes de relevage (qui permettent aux effluents d’avancer quand les conditions, gravitaires notamment, ne sont pas remplies) dénombrées dans le réseau des eaux usées du SyAGE. De 102 en 2008, on est ainsi passé à 294 interventions en 2017, alors même que des pompes capables de gérer en partie le problème de ces amoncellements ont été installées. « Certains de ces matériels déchiquettent les amas mais ils se reforment ensuite. La technologie a ses limites », relève Philippe Danger, expert technique chez Suez.
En cause donc dans une très grande majorité des cas, ces fameuses lingettes qui ont envahi les tiroirs des foyers, qu’elles soient destinées à la toilette des bébés ou au nettoyage de la cuisine ou des salles de bain, et qui sont jetées dans les toilettes. Mais aussi aux rouleaux de papier toilettes, annoncés solubles dans l’eau mais qui se recoagulent, aux serviettes hygiéniques et autres tampons. Autant de matières filamenteuses qui ne se dégradent pas rapidement et qui, au contact des cheveux, de la graisse et d’autres matières encore, finissent par former dans les canalisations ce qu’on appelle des filasses (ou « fatbergs », contraction de « fat », graisse, et « iceberg », pour les Anglo-Saxons), ces fameux amas qui ont des conséquences désastreuses sur les réseaux. Pour reprendre l’exemple des 60 tonnes de l’article du Parisien, le journal raconte qu’il avait fallu intervenir pendant six mois toutes les nuits au moyen de cutter et de crochets afin de venir à bout du monstre.

Le poste « PY » situé à Villeneuve-Saint-Georges est particulièrement exposé : le 27 février, 30 débouchages de pompes ont dû être réalisés.

Des coûts d’exploitation des réseaux en hausse
Ces interventions ont, bien sûr, un coût. En moyenne, sur les pompes gérées par Suez sur le territoire du SyAGE, les interventions durent deux heures, effectuées par deux agents. De même, les nouvelles technologies utilisées pour limiter le nombre de filasses se paient également. Idem pour les réparations de matériel. « Il y a trois conséquences : les coûts d’exploitation des réseaux augmentent ; les investissements à réaliser sont plus onéreux ; le coût des traitements des déchets est plus important », résume Yoann Weyant, qui se refuse cependant à chiffrer ces hausses. « En tous cas, tout cela va entraîner une augmentation du prix de l’eau », assure Philippe Danger. Plus préoccupant encore, les déchets agglomérés peuvent être dangereux pour l’homme. L’été, ils peuvent dégager de l’hydrogène sulfuré, très corrosif et mortel pour l’homme à partir d’une certaine concentration et dans un espace confiné comme les réseaux de canalisations.
Mais alors, que faire pour inverser la tendance et éviter que les lingettes aient de si graves conséquences ? La première réflexion relève du bon sens : ne plus jeter ces matières dans les toilettes. Cela semble évident mais, par manque d’éducation ou d’information, beaucoup ne se prive pas du geste. Que ce soit en zone pavillonnaire ou en cité HLM, comme des études menées par Suez l’ont montré. Même si la prise de conscience et le changement d’habitudes peuvent se révéler plus délicats à obtenir parmi les habitants des étages des grands ensembles que parmi ceux des maisons individuelles. La raison ? Lorsqu’une pompe est bouchée, la montée en charge peut entraîner l’arrêt du fonctionnement de la machine et, en conséquence, la remontée des eaux usées chez l’habitant, à moins que leur installation soit munie d’un clapet. Une expérience qui donne à réfléchir.

Quelle responsabilité pour les fabricants ?
Si le SyAGE et Suez ont édité des supports d’information sur la question, à l’instar de nombre de collectivités, la responsabilité n’appartient-elle pas en premier lieu aux fabricants de lingettes et autres produits incriminés ? « Nos adhérents sont tout à fait conscients des problématiques engendrées par une mauvaise utilisation des lingettes, assure l’Association française des industries de détergence, de l’entretien et des produits d’hygiène industrielle (Afise). Ils se sont d’ailleurs engagés dès 2016 auprès de collectivités afin de développer une campagne d’informations auprès des consommateurs pour les informer des bons gestes à adopter. Malheureusement, ces campagnes menées à titre expérimental dans plusieurs collectivités (Dijon, Annecy, Nevers, Strasbourg) n’ont pas apporté d’améliorations significatives. » L’association, basée à Paris, ajoute que « d’autres engagements sont à l’étude avec d’autres secteurs professionnels ». Par ailleurs, dans un article de L’Express en date du 10 août 2017, l’Afise avait chiffré « l’économie d’eau permise par les lingettes à plus de 5 millions de mètres cubes par an, soit la consommation d’une ville de 100 000 habitants ». Un chiffre en trompe l’oeil selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) qui, dans le même article, soulignait que la fabrication des lingettes nécessitait elle-même l’utilisation de beaucoup d’eau…
De plus, l’étiquetage sur les paquets de lingettes et, plus largement, de textiles sanitaires, peut porter à confusion dans l’esprit des consommateurs, beaucoup comprenant la mention bio-dégradable, ce qui n’est pas synonyme de soluble dans l’eau. Certains indiquent même sur l’emballage que la lingette peut être jetée dans les toilettes. « La plupart des lingettes portent la mention « ne pas jeter dans les toilettes », souvent assortie d’un pictogramme, souligne l’Afise. Dans le cas où les lingettes ont été développées pour pouvoir être jetées dans les toilettes, (on trouve) la mention « flushable ou peut être jetée dans les toilettes ». » Ces lingettes, précise encore l’Afise, « respectent les critères techniques développés par l’association Edana (association de fabricants de non tissés) dans ses lignes directrices ». L’Edana (European Disposal and Nonwoven Association), basée à Bruxelles, définit le non tissé comme un « produit manufacturé fait d’un voile ou d’une nappe de fibres individuelles, orientées directement ou au hasard, liées par friction, cohésion ou adhésion ». Son conseil d’administration est composé de dirigeants des grandes multinationales comme Unilever, Procter & Gamble, Kimberly-Clark, Johnson & Johnson, BASF, DuPont de Nemours…

Des procès aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, un procès retentissant oppose depuis 2015 six collectivités et services publics du Minnesota aux principales entreprises qui fabriquent des lingettes (voir le site www.nomorewipes.com). En jeu, des dommages intérêts pour la détérioration des canalisations par les lingettes, ce que les fabricants nient, et la reconnaissance de la dangerosité de ces textiles. La bataille judiciaire fait rage, à coup d’expertises et de contre-expertises, si bien que les débats ont été repoussés jusqu’à présent. D’autres procès se tiennent contre ces mêmes fabricants. Le préjudice des gestionnaires de réseaux aux USA est estimé à 1 milliard de dollars par an, selon the National Association of Clean Water Agencies, repris par le Washington Post. Certains se terminent en faveur de ces derniers, comme celui qui a opposé la ville de Perry (Iowa) à une association de fabricants (l’Inda), faute de préjudice avéré. « Malgré les grands titres dans les journaux, il n’y a aucune preuve que les produits jetables à la poubelle causent des bouchages ou des problèmes d’entretien des réseaux », se félicitait en substance le président de l’Inda après l’abandon des poursuites, en août 2017 (www.businesswire.com). Plus déterminant, un tribunal fédéral aura à juger un recours des fabricants contre le district de Colombia, qui a légiféré sur la notion de « jetable aux toilettes » et les exigences de dissolution des produits nécessaires pour prétendre à ce label. En France, il n’y aurait à ce jour aucun procès de ce type.

Read More

Castor en Île-de-France : nouvelle découverte

Thierry Führer a décidément de la pugnacité. Alors que c’était déjà lui qui avait découvert la première preuve de la présence du castor en Essonne, en mai 2016, il a récidivé vendredi dernier. Cette fois, il ne s’agit plus d’un petit érable boulotté (grignoté) mais d’un site « travaillé » régulièrement, avec plusieurs arbres imposants abattus et de nombreuses autres branches coupées « en crayon », la manière caractéristique du rongeur qui avait pourtant disparu d’Île-de-France depuis deux siècles !

Alexandre Gerbaud (à gauche) et Thierry Führer ont récolté de multiples preuves de la présence du castor sur l’Essonne.

Le surveillant rivière du Siarce * apporte donc une nouvelle preuve du retour du castor, lui qui avait failli le voir en mai 2016. Ce jour-là, l’animal avait plongé près de lui sans qu’il ait le temps de le distinguer. Si cette observation visuelle manque toujours, il est désormais certain que le castor est de retour. Et ce vendredi décisif ouvre de nouvelles perspectives. « La hutte qui avait été découverte à Echarcon était inoccupée, confie Alexandre Gerbaud, technicien milieux aquatiques du Siarce. Cette fois, on a de grandes chances d’observer le castor sur ce site. Je pense que le portrait, c’est pour 2018 ! » Ce que l’on sait aujourd’hui, grâce aux traces relevées depuis 2016 tout le long de l’Essonne et notamment lors de la grosse campagne de prospection menée par plusieurs organismes dont le Siarce et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en février et mars 2017, c’est que « l’animal est un castor d’Europe** et qu’il est très probable qu’il soit venu de la Loire, où il a été réintroduit au XXe siècle, à travers la forêt d’Orléans qui fait la jonction entre les bassins hydrographiques de la Loire et de la Seine », reprend Alexandre Gerbaud. On sait également qu’il y a plusieurs individus, les traces étant très éloignées les unes des autres, et que le milieu très propice des berges de l’Essonne, avec ses boisements alluviaux et son peu d’urbanisation, devrait faciliter son acclimatation et sa reproduction.

Lieu tenu secret

La zone découverte vendredi témoigne d’une activité encore jamais observée pour le castor en Île-de-France depuis sa recolonisation. (Photo Siarce)

Le lieu de la découverte de vendredi restera secret, pour ne pas déranger les animaux et éviter un afflux d’observateurs sur zone, tant l’animal suscite l’intérêt. Car les enjeux de son retour dépassent le seul aspect zoologique. « S’il revient, c’est la preuve que la rivière présente une meilleure habitabilité alors qu’elle avait été extrêmement fragilisée dans le passé par l’exploitation de la tourbe et l’implantation de peupleraies », relève Thierry Führer. Le maintien ou la réapparition de l’écrevisse à pattes blanches et de l’œnanthe fluviale avaient déjà témoigné de l’amélioration sensible de la qualité de l’eau. C’est donc la vision du milieu naturel qui change avec le castor. De même, l’animal peut être considéré comme un « ingénieur des éco-systèmes ». « C’est une espèce qui occupe le haut de la pyramide et peut recréer des milieux, faire revenir d’autres espèces. Par exemple, en coupant des arbres, ce qui ouvre des puits de lumière », abonde Alexandre Gerbaud. De quoi pardonner au castor les petites inondations et dégâts sur les peupleraies et arbres fruitiers qu’il occasionnerait. « Mais sur 95 % du territoire, il y aura zéro impact, rassure Thierry Führer. Et on en reparlera quand il y aura 100 familles installées, s’il n’y en a que dix, ça ne posera aucun problème. » Preuve de cette importance écologique, un arrêté préfectoral a été pris le 30 juin 2017 pour interdire le piégeage mortel sur les bords de la rivière dans 21 communes de l’Essonne où « cette espèce (le castor) est présente de manière avérée au vu du dynamisme de la phase de recolonisation qui est en cours. »

Des traces sur l’Yerres ?

La zone découverte vendredi témoigne d’une activité encore jamais observée pour le castor en Île-de-France depuis sa recolonisation. (Photo Siarce)

Mais puisque le rongeur est arrivé si près de Paris, peut-on imaginer qu’il continue sa remontée vers la capitale par l’Yerres et la Seine ? « Les traces s’arrêtent en amont de Corbeil-Essonnes, qui paraît être un obstacle infranchissable du fait de son urbanisation, analyse Alexandre Gerbaud. Sans compter les nombreux ouvrages hydrauliques. Il est donc hautement improbable qu’il soit allé en Seine mais restons prudents sur sa capacité de dispersion et d’adaptation. » Cependant, pour atteindre l’Essonne, le castor a dû passer par la Ferté-Alais, où personne ne l’a vu, et franchir des ouvrages. Et certaines parties de l’Yerres seraient favorables, selon les deux hommes. Alors ? « Rien n’est impossible, tranche Thierry Führer. En tous cas, je regarderai maintenant quand je serai sur l’Orge et l’Yerres si je ne vois pas des branches un peu blanches et des arbres coupés. Car il faut être très vigilant, tant qu’on ne cherche pas, les traces ne se remarquent pas. » Selon Paul Hurel, animateur du Réseau castor Île-de-France mis en place par l’ONCFS, le chemin le plus facile pour l’animal pour rejoindre la Seine passerait plutôt par le Loing. Sa présence sur cette rivière est avérée jusqu’au pont autoroutier de l’A 19, près de Montargis. La grosse crue de 2016 pourrait l’avoir poussé vers l’aval, vers Nemours.

En cas d’observation de l’animal ou de découvertes de traces, contactez le Réseau castor Île-de-France à cette adresse : paul.hurel@oncfs.gouv.fr

* Le Syndicat intercommunal d’aménagement des rivières et du cycle de l’eau est basé à Corbeil-Essonnes. Tél. : 01 60 89 82 20.

** Il existe aussi un castor du canada, classé comme espèce exotique envahissante. L’hypothèse que ce soit cette espèce qui se trouve en Essonne est écartée par les deux hommes du Siarce et Paul Hurel.

Read More

Contrôle de conformité : un travail d’équipe

14h15, Eliane Jacobière, technicienne chargée du suivi des rejets industriels, ainsi que deux techniciens du service Assainissement et relations aux usagers, Thomas Guizien et Stéphane Huet de Guerville, arrivent dans l’entreprise dans laquelle ils vont réaliser un contrôle de la conformité assainissement. Ils sont tout de suite à pied d’œuvre. Le représentant de la société, qui fabrique et conçoit des éléments de façades, guide l’équipe du SyAGE dans les locaux. Objectif : repérer toutes les installations sanitaires, les équipements tels que siphons, cuves… raccordés au réseau de collecte public, ainsi que les stockages de produits polluants.

Le repérage terminé, l’équipe se scinde en deux. Thomas et Stéphane s’attaquent à la vérification du réseau des eaux usées. A l’intérieur, Stéphane verse du colorant vert fluo, la fluorescéine, dans chaque sanitaire ou évier, tour à tour. Thomas, lui, est sur la chaussée en face de l’entreprise. Il a retiré le tampon des eaux usées et celui des eaux pluviales. Les deux techniciens sont en relation par l’intermédiaire d’un écouteur et d’un micro. L’opération se déroule plusieurs fois : du colorant est versé dans un sanitaire, on observe son arrivée dans le réseau (« reçu ! », indique Thomas à son collègue pour que celui-ci « rince » la canalisation avant de tester un nouvel équipement) et on valide sur le plan du site. « S’il n’y a pas de colorant, il peut s’agir d’une fuite sur la canalisation. Si le colorant arrive dilué, on peut avoir affaire à un regard à décantation ou une fosse septique », explique le technicien.

Inspection de l’atelier

Pendant ce temps, Eliane fait le tour des locaux et notamment de l’atelier. Elle pose des questions, demande la destination de produits, l’alimentation des machines. Les ouvriers sont attentifs. Quelques bidons traînent à terre. L’agent du SyAGE recommande de les placer dans des bacs de rétention. Les chutes de tôlerie, elles, sont placées dans deux grands bacs pour récupération puis enlevées régulièrement par un ferrailleur. Au final, l’inspection n’a rien révélé d’anormal. « Les risques de pollution sont minimes dans l’atelier, notamment en raison de l’absence de siphons de sol », explique Eliane. On s’achemine donc vers une conformité et le renouvellement de l’autorisation de déversement de l’entreprise (obligatoire ; à renouveler tous les 5 ans).

Reste cependant à contrôler les canalisations des eaux pluviales. Un invité surprise va venir aider l’équipe du SyAGE : la pluie. De belles averses qui vont rythmer la vérification et en confirmer le résultat. Une vérification qui utilise une autre méthode. Fini le colorant, place aux résonnances. L’un des techniciens tape avec sa pioche sur une canalisation, tandis que le deuxième se penche pour écouter la sortie. Tout va bien, là aussi. Ce qui n’est pas toujours le cas, notamment lors des inspections qui suivent une pollution repérée par le service télégestion du SyAGE.

16h15, le diagnostic est terminé. L’équipe revient au siège du SyAGE.