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Eco-pâturage : matinée pédagogique pour des étudiants agricoles

Dans le cadre de ses opérations de gestion des milieux naturels fragiles, le SyAGE a développé depuis plusieurs années des actions d’éco-pâturage. Cette solution permet l’entretien de ces espaces et ce, de manière économique, écologique et citoyenne.
A cette occasion, les élèves de première année de BTS Aménagements Paysagers du CFPPA* de Bougainville de Brie-Comte- Robert ont effectué ce matin une balade pédagogique sur les bords de l’Yerres. Cette visite a été animée par Vincent Delecour (du service Aménagement et protection des milieux naturels du SyAGE), Alain Divo (spécialiste de l’éco-pâturage et fondateur de la société EcoTerra) et Sylvain Fabiani (Chef de secteur du service entretien de l’entreprise Mabillon du Groupe SEGEX).

L’initiative : un facteur clé de réussite

Cette matinée a permis de sensibiliser les étudiants sur l’importance de la mise en place de solutions alternatives pour la gestion des parcs, jardins et paysages afin de préserver et d’enrichir la faune et la flore. « Bien que les élèves soient confrontés à des études de cas réels à l’école, c’est important pour eux de rencontrer des professionnels et institutions sur le terrain » assure Margaux Quiniou, formatrice au CFPPA de Bougainville et professionnelle dans l’aménagement écologique. Pour quatre spécialistes, l’un des facteurs clés de réussite dans ce domaine est la prise d’initiative : « Lorsque j’ai proposé pour la première fois à mon entreprise d’intégrer une solution d’éco-pâturage pour nos clients cette initiative n’a pas été immédiatement comprise. Mais aujourd’hui, on prend conscience que c’est un véritable vecteur de différenciation » confie Sylvain Fabiani.
Ce moment d’échange a beaucoup été apprécié par les étudiants, qui ont pu poser de nombreuses questions. Romain, par exemple, apprenti chez France Environnement, est désormais convaincu par le fait que l’environnement doit être entretenu par des solutions alternatives, gages du maintien et de l’enrichissement de la biodiversité des sites concernés.

*Centre de formation professionnelle et de promotion agricole.

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Crue : panique sur la faune de la prairie

Panique sur la prairie pour les insectes lors de la crue de janvier 2018 sur l’Île des Prévôts.

22 janvier 2018, des précipitations un tantinet interminables s’abattent sur l’île de France.
Il pleut tout de même depuis deux mois sur le bassin versant de l’Yerres, le cumul de précipitations risque de poser problème tôt ou tard. Hypothèse confirmée, quinze litres d’eau tombés au mètre carré entre le 22 décembre 2017 et le 15 janvier 2018 (précisément 151 mm), soit l’équivalent de trois mois de précipitations. C’est un record, la situation est exceptionnelle !
La réaction de l’Yerres (et du Réveillon) ne se fait pas attendre, le niveau d’eau monte au rythme de 2 cm/h, recouvrant lentement mais sûrement les points bas du lit majeur de l’Yerres. L’île des Prévôts, à Crosne, n’échappe pas à ce phénomène naturel. Le site est d’abord recouvert en périphérie, puis intégralement dès le pic de crue, atteint le 24 janvier à 12h39.
A cette heure, le niveau d’eau s’élève à 34,57 m au-dessus du niveau de la mer et une nappe d’eau d’environ 50 cm d’épaisseur noie intégralement le sanctuaire naturel. Les dégâts sont minimes mais à y regarder de plus près, l’heure est à la survie ! On observe des scènes de panique parmi la faune de la prairie.
Passons les scènes de piétinement qui animent le microcosme des herbes hautes à l’arrivée de la crue. Jusqu’ici bien tranquilles dans leurs galeries sous-terraines ou planquées dans l’humidité tiède du tapis de feuilles mortes, des milliers de « bestioles » prennent leurs pattes à leur cou et se mettent à l’abri des eaux plus qu’envahissantes.
Pour les plus mobiles, renards, campagnols et autres couleuvres, la crue « lente » du mois de janvier n’est qu’une perturbation temporaire les obligeant à quitter leur territoire. Passée l’inondation, et après quelques rafistolages légers, ils devraient pouvoir regagner leurs logis rapidement.
Pour les autres, en particulier pour la microfaune du sol, la crue peut-être beaucoup plus problématique.
Parmi les invertébrés du sol, on trouve les voyageurs opportunistes qui profitent du phénomène pour gagner et diversifier de nouveaux espaces via tout objet flottant non identifié (brindilles, troncs, bois divers, déchets…)* Comme le montre la photo, on observe également les irréductibles sédentaires, escargots des jardins, cloportes, scolopendres, araignées et fourmis, qui se réfugient en hauteur dans la végétation non immergée. Cette stratégie est risquée, encore faut-il choisir une brindille ou un buisson suffisamment haut pour ne pas finir noyés. Enfin, on dénombre les autres, qui pris au dépourvu, faute de mobilité et/ou d’opportunisme, succombent. La mortalité est difficile à évaluer. Elle est probablement plus importante qu’elle n’est visible, les trois quarts de la faune du sol étant constitués d’invertébrés de l’ordre du millimètre. Quoi qu’il en soit, leurs cadavres ne seront pas perdus, consommés par les « nécrophages » survivants du sol, ou dégradés en matières organiques.

Panique sur la prairie pour les insectes lors de la crue de janvier 2018 sur l’Île des Prévôts.

Après l’inondation, à partir du 26 janvier, vient la décrue, avec son lot ici et là de découvertes macabres, cadavres inertes de campagnols échoués et chapelets d’escargots détrempés. C’est troublant, cette petite faune terrestre noyée. Toutefois, passée cette première vision, souvent émotionnelle, il faut voir avant tout dans la crue, un phénomène bénéfique à la biodiversité, propice aux processus naturels et primordiaux que sont le brassage génétique des populations animales, la colonisation de nouveaux sites, la sélection naturelle, grâce notamment aux voyageurs opportunistes et aux individus les plus audacieux décrits plus hauts.
Pour la rivière et sa vallée, d’un point de vue écologique, la crue est l’assurance d’une dynamique indispensable. Les suivis naturalistes futurs nous permettront probablement de le confirmer.
Vincent Delecour, du service Valorisation des Milieux Naturels du Syage
* Le terme approprié pour qualifier ce mode dissémination est hydrochorie, littéralement « dispersion grâce à l’eau ».

Texte et photos : Vincent Delecour

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L’île Panchout poursuit sa mue

A Yerres, les travaux de renaturation de l’île Panchout se poursuivent. Entièrement conçus et réalisés par le Syage, ils ont atteint l’étape de la plantation des nouvelles espèces indigènes à la suite de la livraison, hier, des premiers arbustes sur le site, fournis par un pépiniériste franciliens. Ces cornouillers, tilleuls, charmilles, noisetiers, viornes, aubépines et aussi charmes et érables, qui seront au total 70, bénéficient d’une implantation de type « sauvage » (pas d’alignement, pas de géométrie particulière).
Hier, les agents du SyAGE Serge Brotin, Cédric Barrier et Benjamin Quinton ont procédé aux premières plantations de cette deuxième phase, qui a commencé le 21 février (voir nos articles des 20 février et 8 mars). Après avoir préparé les fosses, ils ont installé des viornes lantanes et aubépines, qui produiront cet été de jolies fleurs en forme de boules couleur crème, assez odorantes. Ne dépassant pas 3 mètres de hauteur pour le moment, ces arbres et arbustes atteindront jusqu’à 15 mètres d’ici quelques années. Pour assurer une bonne reprise une fois implantés, les agents du SyAGE veilleront sur eux durant toute la saison de végétation 2018 (arrosage, binage…).
La dernière phase de la renaturation de l’île Panchout se déroulera l’hiver prochain et concernera un autre secteur géographique du site.

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On gaine bien les canalisations

L’hiver est arrivé et le froid s’est installé. Ce dernier présente-t-il un risque pour les canalisations ? Bertrand Goulley, du service travaux du SyAGE, se veut rassurant. « Le risque de gel est écarté pour plusieurs raisons. D’abord parce que les canalisations sont placées à une profondeur minimum de 60 centimètres, profondeur calculée en fonction des températures de notre région. Ensuite, les réseaux d’assainissement sont le plus souvent placés plus bas encore, pour laisser la place aux autres réseaux (énergie, télécom…), sur lesquelles il faut intervenir plus souvent. La température des flux des eaux usées écartent également le risque de gel. Enfin, la dimension des canalisations font que seul un tiers de la surface est normalement utilisée : l’écoulement pourrait continuer même s’il y avait du gel », énumère-t-il. Et le technicien de définitivement rassurer : « Il faudrait vraiment qu’on subisse une période sibérienne pendant un mois entier pour qu’on connaisse ce phénomène ! ». Même si le dérèglement climatique est une idée communément admise, on semble se placer là dans la fiction.

Caméras dans les réseaux

Cependant, il arrive que les canalisations subissent des dégradations, pour d’autres raisons que le froid. En témoignent les travaux qui vont commencer le 27 novembre rue Camille Saint-Saëns, à Santeny, ou ceux qui s’effectueront en tout début d’année prochaine rue de la Sablière, à Yerres, et avenue de la République, à Montgeron. « Ce qui peut dégrader les réseaux est la formation d’un gaz, l’hydrogène sulfuré (H2S), dans les réseaux des eaux usées. Ce gaz attaque la structure des plus vieilles canalisations. » Ces trous peuvent provoquer des pollutions vers l’extérieur du réseau et des apports d’eau parasites dans les autres canalisations. Pour vérifier l’état du réseau, et repérer d’autres causes de détériorations comme les écrasements, perforations, joints défaillants et autres branchements pénétrants, le service Entretien aux communes du SyAGE mandate des entreprises afin d’inspecter l’état des réseaux. Ces contrôles, systématiques en cas de travaux de voirie, s’effectuent au moyen de caméras insérées dans les canalisations. Le SyAGE possède également l’un de ces petits engins depuis 2011. Il diffuse ses images sur un écran devant lequel un technicien relève les dégâts constatés.

Gaine structurante

Pour réparer ces dégradations, il existe une technique présentant bien des avantages : le gainage ou chemisage continu. Le principe ? Une conduite souple est poussée à l’intérieur de la canalisation. Elle est chauffée pour épouser la forme de la conduite, par polymérisation, devenant une gaine structurante sur une grande longueur, parfaitement étanche et délivrée des joints pouvant s’abîmer des canalisations classiques. D’autre part, la technique permet de ne pas creuser de tranchées, évitant ainsi aux utilisateurs de la voirie les désagréments liés à ce type de travaux. Enfin, le coût de ces réparations représente une économie d’environ 30 % par rapport à l’ouverture de la voirie. Elles ne sont cependant pas éligibles lorsque les dégradations sont très importantes ou que la conduite n’est plus alignée. Pour les plus petites réparations, en revanche, on n’utilise ni l’une ni l’autre de ces techniques mais on fait appel à un robot, qui peut notamment fraiser les concrétions de béton ou de graisse qui ont pu se former au fond des canalisations.