Construire aux bords de l’Yerres : fantasme ou réalité ?

Publié le 2 février 2015

illustration-2

 

La vallée de l’Yerres est faite d’un terreau si particulier qu’il permet à d’étonnants talents d’émerger…

Sylvain Pasquier a vécu pendant 4 ans à Yerres, période pendant laquelle il a effectué des études d’architecture à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette. Son projet de fin d’études était consacré à la construction de logements collectifs et individuels en zones inondables. En plein sur les bords de l’Yerres à Montgeron, le terrain sur lequel ont pris place les logements de Sylvain sont situés en majorité dans les zones rouges et roses du PPRI, zones où toute construction nouvelle est interdite sauf exceptions et autorisations exceptionnelles.

 

Une architecture résiliente

Purement théorique, le projet du jeune architecte Yerrois avait néanmoins pour ambition de donner à réfléchir sur de nouvelles manières de construire en zones inondables. En effet, des constructions classiques à cet endroit ne feraient qu’augmenter l’imperméabilité des sols et favoriseraient ainsi les risques d’inondation. Tandis que les constructions résilientes permettraient de réduire l’étalement urbain et ainsi de suivre l’objectif du développement durable.

Prenant acte de cette difficulté structurelle, S. Pasquier a proposé une technique de construction adaptée au terrain : chacune des maisons est construite sur un bâti flottant, sans ciment en dessous, à partir de matériaux traditionnels privilégiant les structures en bois. De part et d’autres des structures, des piliers permettent d’alimenter les bâtiments par des gaines flexibles en électricité, eau courante et gaz, et les empêche de dériver lorsqu’il flotte. Ce système « sur pilotis »permet aux bâtiments de supporter une montée des eaux de 5,5 mètres.

 

zones-ppri

Les zones rouges et roses du PPRI de l’Yerres, situées entre la rue du Moulin de Senlis et le Parking Foch à Montgeron, déterminent le lieu où le projet de Sylvain Pasquier devait prendre place.

 

Des modèles au-delà de nos frontières

Fortement inspiré par les techniques de construction ayant cours aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, par exemple, Sylvain Pasquier pense que la réglementation française doit être adaptée afin de pouvoir construire dans des endroits situés en zones PPRI. En effet, les deux pays cités précédemment choisissent de considérer le problème autrement. Plutôt que de lutter contre l’inondation, ils ont pris le parti de s’adapter grâce àdes techniques de constructions inédites. C’est de cette façon que le programme « Living With Water » est né.

 Sylvain Pasquier a vu couronner son projet par Le Prix des Lecteurs dans la revue « Le courrier de l’Architecte », édition 2011. C’est une étape importante pour ce Yerrois de cœur qui nous a confié avoir vu sa vocation émerger au sortir de la tempête Xynthia qui a frappée plusieurs pays entre février et mars 2010. En effet, « en voyant les ravages matériels et humains causés par ce drame, nous raconte-t-il, je me suis demandé pourquoi nous n’adaptions pas nos maisons aux aléas du climat ».

2 commentaires

  1. Demogeot

    Le souci avec les « zones inondables » n’est pas de les rendre constructibles (il y a des solutions techniques pour cela) mais au contraire de les préserver (biodiversité , « couloir écologique » paysages…) voire de leur restituer leur caractère « naturel » (cf certains traitements des berges, « artificialisation du « lit majeur » de la rivière : circulations, parkings…)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *