Croyance et mythologie – épisode 1 : la naissance du Gange

Publié le 31 août 2015

 

De tout temps, l’eau a été un élément propice à l’imagination et à la rêverie. Chaque civilisation s’y mirant a vu se refléter en ses yeux ses peurs, ses espérances et ses rêves les plus fous. Et, ce faisant, a fait reposer le socle de ses croyances, de ses mythologies et de ses religions, sur sa surface. Que ce soit les hindouistes, les musulmans ou les chrétiens, tous puisent aux sources des fleuves pour créer les légendes qui irrigueront l’imaginaire de leur religion…

Long de 3000 km et pourvu d’un bassin-versant de plus de 900 000 km², le Gange est sans conteste le plus grand des sept fleuves sacrés de l’Inde. Si, géographiquement parlant, son cours débute au pied de l’Himalaya, mythologiquement parlant, l’affaire est tout autre…
L’histoire de la Ganga (le nom du Gange en langue sanskrit étant un nom féminin) est racontée dans le Râmâyana, l’un des écrits fondamentaux de la religion hindouiste.

Ganga n’arrosait jadis que le séjour des dieux. En ce temps-là, le roi d’une cité indienne offrit avec faste le sacrifice d’un cheval aux dieux en vue de s’assurer la souveraineté du monde. Soudain le cheval fut entraîné sous terre par une figure démoniaque. Le roi ordonna alors aux 60 000 soldats de son armée d’ouvrir le sol à la recherche du ravisseur. Ils atteignirent vite le monde souterrain et furent surpris de voir le cheval occupé à paître sous la garde d’un célèbre sage bouddhiste. Celui-ci vit sa méditation perturbée par leur arrivée. De colère, il les réduisit en cendres par un simple regard.


Une eau purificatrice

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Désemparé par ce coup du sort, le fils du roi se rendit auprès d’un devin pour lui demander s’il était possible de donner à son oncle et son armée des hommages funéraires digne de ce nom. Ce dernier lui apprit qu’il fallait pour cela faire descendre sur terre les eaux de la Ganga afin qu’elle purifie les cendres des morts, permettant ainsi à ceux-ci d’aller au ciel. Le fils du roi et ses descendants pratiquèrent pendant des milliers d’années un régime d’austérité afin d’attirer l’attention de Brahma, dieu suprême de la religion hindouiste, qui finalement, consentit à sa prière.

Mais Ganga risquait de provoquer un cataclysme sur terre si sa chute du domaine des dieux n’était pas amortie de quelque manière que ce soit. C’est pourquoi le dieu Shiva accepta de recevoir Ganga dans les plis de sa chevelure.

Enfin la Ganga descendit sur terre et se divisa alors en sept affluents, puis finalement en milliers de canaux pour couvrir les cendres dispersées des 60 000 défunts. C’est ainsi que se forma le Delta du Gange. Ce dernier couvre maintenant une superficie de plus de 100 000 km² et s’étend jusqu’au Bangladesh.


 
 

Classé par l’UNESCO au titre de « patrimoine mondial de l’humanité » en 1985, le Delta du Gange est une zone extrêmement fertile (on y produit notamment du jute, du thé et du riz) et très riche en biodiversité (le Tigre du Bengale et le Dauphin du Gange figurent parmi les animaux remarquables de ce delta).

Dans le prochain épisode de « Croyance et mythologie », nous parlerons de la place prépondérante de l’eau dans l’histoire de Moïse, telle qu’elle est racontée dans l’Ancien Testament. Restez connecté !

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