Cure de jouvence pour le lavoir d’Epinay-sous-Sénart

Cure de jouvence pour le lavoir d’Epinay-sous-Sénart

Publié le 7 décembre 2017

Le lavoir d’Epinay-sous-Sénart, situé avenue du 8 mai 1945,  se refait une beauté. Le chantier a débuté mardi dernier et devrait durer jusqu’à la fin de l’année, voire plus en cas d’intempérie.

Le bâtiment, qui s’était dégradé au fil du temps, va se doter d’une nouvelle toiture. Les tuiles ayant trop souffert, elles seront remplacées par de nouvelles, « vieillies » pour que leur apparence s’approche des originales, tandis que la charpente en bois sera traitée. Particularité de cette dernière, tout le coffrage avait été réalisé à l’aide d’ardoises. Le bois, on le retrouve également le long du bassin, là où les lavandières s’agenouillaient pour baigner le linge dans le bassin. Lui aussi sera traité et enduit d’une couche protectrice.

Mur de meulières

Les murs du vénérable édifice auront droit également à une attention appuyée. Sa façade d’entrée, composée de deux murs situés de chaque côté de la vanne d’arrivée d’eau, sera rejointée et grattée afin de faire ressortir les meulières. Même chose pour le muret situé en face, qui sera en plus décaissé et débarrassé de la chaux qui le recouvre. Les deux entrées du lavoir seront fermées par des portes pour éviter que des graffitis ne viennent détériorer de nouveau l’ensemble, comme cela a eu lieu encore depuis le début des travaux. De même, les murs seront enduits d’une solution anti-graffiti. A l’intérieur, ils seront grattés puis recouverts d’une nouvelle couche de chaux.

Au centre, le bassin fera l’objet d’un grand nettoyage, qui fera ressortir les pavais se trouvant au fond. Et devrait retrouver un niveau d’eau s’approchant de celui que les lavandières connaissaient alors. Pour l’instant, si le niveau manque, le bruit de l’eau est bien présent, ce qui laisse à penser qu’elle provient non de la rivière (la prise d’eau se situant trop haut) mais d’une ou plusieurs sources se trouvant dans le coteau.

Une histoire trouble

Le lavoir, qui avait déjà été restauré dans les années 1990, possède une histoire un peu trouble. On ne connaît pas exactement son année d’édification. « Les archives signalent la destruction d’un lavoir dans la commune en 1815, œuvre des armées ennemies qui occupent la commune après Waterloo. Ce n’est qu’en 1820 que l’Etat paiera les dommages de guerre à la commune. Les indemnités servent à rétablir le lavoir et le hangar qui l’abrite », raconte Sylvie Petitfils, archiviste de la mairie d’Epinay-sous-Sénart. En 1889, une délibération municipale fait état d’un projet de transformation de l’équipement, qui est « continuellement envahi par les eaux mal dirigées à Rochopt par l’usinier ». On envisage alors un déplacement et un agencement sur le modèle du lavoir de Mandres-les-Roses, avec « plancher mobile et crémaillère ». Mais les fonds manquent pour sa réalisation et, aujourd’hui, on ignore encore si elle a finalement eu lieu. Une chose est sûre, comme tous les autres lavoirs, celui d’Epinay a ensuite perdu peu à peu de son utilité à partir des années 60, de l’arrivée de l’eau courante dans les habitations et du développement des machines à laver le linge.

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