Dossier : les inondations

Dossier : les inondations

Publié le 17 février 2021

L’inondation, c’est l’affaire de tous !

L’inondation est le premier risque naturel majeur en Île-de-France. Il n’existe pas de solution miracle pour empêcher une crue majeure de se produire, malgré tous les aménagements qui ont pu être réalisés au cours des précédentes décennies.

Il est donc essentiel d’apprendre à vivre avec ce risque en mettant tout en œuvre collectivement et individuellement pour réduire au maximum les conséquences des inondations. Les dramatiques crues qui ont dévasté l’arrière-pays niçois en octobre dernier, nous le rappellent cruellement.

Une inondation est un phénomène complexe, dynamique et systémique qui, pour être gérée efficacement, doit être abordée à l’échelle du bassin versant d’un cours d’eau en considérant les phénomènes qui l’alimentent et l’aggravent tels que la densification de l’urbanisation, l’imperméabilisation des sols, le ruissellement agricole ou la vulnérabilité des enjeux, ….Mais la gestion d’une inondation ne pourrait être pertinente sans la réactivité de tout un bassin de vie, qui se construit avec la mémoire des évènements passés, l’anticipation et la préparation.

Le risque de crue est avéré sur le bassin versant de l’Yerres. Des repères de crue de 1875 sont observables constituant ainsi une vraie mémoire dans l’histoire du cours d’eau.

C’est pourquoi le SyAGE a inscrit ce phénomène depuis près d’une vingtaine d’années au cœur de ses préoccupations et met en œuvre des actions visant à réduire son impact sur la sécurité humaine, les biens, l’environnement, les activités économiques et le patrimoine.

Qu’est-ce qu’une crue ?

La crue est un phénomène naturel et important pour le fonctionnement des rivières, caractérisé par une montée plus ou moins brutale du niveau d’un cours d’eau. Elle se traduit par l’augmentation de son débit, de sa vitesse et de la hauteur d’eau en écoulement. Une crue n’est pas synonyme d’inondation.La vie naturelle d’un cours d’eau alterne entre les périodes de basses eaux et de hautes eaux. Cette alternance permet l’auto-curage des lits (lit mineur, lit majeur), la régénération des espèces végétales et animales mais aussi de jouer un rôle d’enrichissement des terrains en matières organiques, grâce au dépôt des matières en suspension charriés par les eaux.

Les crues modèlent les fonds des vallées et créent une mosaïque de paysages (marais, bras morts, prairies inondables…). Elles sont essentielles à la « respiration » du cours d’eau et sont donc bénéfiques à bien des égards.

Au fil du temps, l’urbanisation et la modification de l’occupation des sols ont accentué ces phénomènes de crue, créant ainsi des inondations.

Dans son ouvrage de référence, Les inondations en France du VIe siècle à nos jours (1858-1864), Maurice Champion fait mention «de nombreuses traces d’inondations, mais la plupart relatées sans désignation de lieux et de rivières, dont la première inondation connue en 583, émanant du témoignage de Grégoire de Tours, évêque et historien du VIe siècle.

Les inondations ne datent donc pas d’hier !

Quelques définitions pour mieux appréhender les différentes problématiques

Qu’est-ce qu’une inondation ?

L’inondation est une submersion rapide ou lente d’une zone pouvant être habitée. C’est le débordement des eaux, hors de son lit mineur, lors d’une crue. Lors des épisodes de crue, le cours d’eau sort de son lit mineur pour envahir son lit majeur, provoquant des inondations. L’inondation caractérise le dommage du point de vue de l’homme.

Lit mineur

Le lit mineur d’un cours d’eau est la zone où les eaux s’écoulent en temps normal. Ce lit est souvent délimité par des berges et par une ripisylve (végétation bordant les milieux aquatiques).

Lit majeur

Le lit majeur est situé de part et d’autre du lit mineur d’un cours d’eau et désigne l’espace maximal susceptible d’être occupé par la rivière lors du débordement des eaux. Il s’agit donc d’une zone ponctuellement inondable, où l’installation d’infrastructures et d’activités humaines est soumise à un risque naturel.

Différentes types d’inondations

Inondations par débordement de cours d’eau

On parle d’inondation par débordement de cours d’eau lorsque la rivière sort de son lit habituel. Celle-ci découle de deux phénomènes : les crues lentes de plaines et les crues rapides et torrentielles.

L’inondation par « crue lente de plaine » intervient lorsqu’un fleuve ou une rivière sort lentement de son lit mineur et envahit son lit moyen, voire son lit majeur (ex crue de l’Yerres en 2018).

Les crues rapides et torrentielles se produisent principalement en zone montagneuse ou de relief marqué et surviennent à l’issue de précipitations intenses ou en période de fonte des neiges.

Inondations par remontée de nappe

L’inondation est provoquée par la montée du niveau de la nappe phréatique jusqu’à la surface du sol.

Le ruissellement pluvial

Cela se produit lorsque les eaux de pluie ne peuvent pas ou plus s’infiltrer dans le sol. Les orages forts et localisés provoquent régulièrement des inondations par ruissellement, parfois sans qu’elles soient nécessairement proches des rus ou des zones naturellement humides.

La submersion marine

Ce sont des inondations rapides et de courtes durées de la zone côtière par la mer lors de conditions météo et océaniques défavorables.

L’aléa

L’aléa désigne un phénomène naturel plus ou moins prévisible, hors de contrôle. Dans le cas de l’inondation, il se définit en termes d’intensité (vitesse, hauteur d’eau…) et de probabilité d’occurrence (crue décennale, centennale…).

Les enjeux

Les enjeux caractérisent les biens, les activités économiques ou les êtres humains situés en zone inondable qui risqueraient d’être affectés en cas de crue.

La vulnérabilité

La vulnérabilitédes enjeux représente leur sensibilité aux dommages potentiels. 50 cm d’eau dans une zone très urbanisée provoqueront plus de dégâts et de perturbation que 3m d’eau dans un secteur inhabité. C’est la fragilité d’un enjeu face à un aléa.

Le risque

Le risque est l’éventualité d’occurrence d’un événement dommageable. Il est évalué en croisant, sur un secteur donné, l’aléa et les enjeux. L’aléa est alors perçu comme un danger.

Crue 1910 lavoir de Senlis (Société d’Histoire Locale de Montgeron)

AGIR AVANT L’INONDATION

Face au caractère récurrent des crues, l’impossibilité physique de s’en prémunir et l’ampleur des enjeux, il est essentiel d’anticiper pour réduire la vulnérabilité des enjeux.

Parmi les mesures prises ou à prendre, on peut citer :

Les mesures individuelles sur les bâtiments existants

  • Prévision de dispositifs temporaires pour occulter les bouches d’aération, les portes (mise en place de batardeaux),
  • Amarrage des cuves,
  • Installation de clapets anti-retour,
  • Choix des équipements et techniques de constructions en fonction du risque (matériaux imputrescibles),
  • Mise hors d’eau du tableau électrique, des installations de chauffage, des centrales de ventilation et de climatisation,
  • Création d’un réseau électrique descendant ou séparatif pour les pièces inondables.

Pour aller plus loin : consulter le guide du SyAGE Inondations : comment réagir face au risque :

PENDANT L’INONDATION

Avant l’arrivée des eaux :

  • Posez vos batardeaux et obturez toutes les entrées d’eau.
  • Prévoyez le stationnement de votre véhicule hors de la zone inondable
  • Informez-vous (commune, site internet du SyAGE, radio, télévision…).
  • Coupez les réseaux de gaz, de chauffage et d’électricité.
  • Surélevez vos meubles, mettez vos objets de valeur et papiers hors d’eau
  • Mettez les matériels dangereux ou polluants (aérosols, batteries, pots de peinture, engrais, solvants) hors d’eau.
  • Vérifiez votre kit de secours.
  • Pensez à vos animaux domestiques.
  • Soyez à l’écoute des consignes des interlocuteurs privilégiés (maire, service de prévision des crues…).

Pendant la crue :

  • Informez-vous.
  • Ne circulez pas en voiture
  • Ne consommer pas l’eau du robinet
  • N’évacuez pas les lieux avant l’ordre des autorités
  • Ne vous engagez pas à pied ou en voiture sur une route inondée : 30 cm d’eau  suffisent pour soulever et emporter un véhicule.

Agir après :

Réintégrez votre logement uniquement avec l’accord des autorités

Assurez-vous de l’accessibilité de votre logement auprès des services de secours ou de la mairie

Ne consommez pas l’eau du robinet avant avis favorable de la mairie.

Réalisez un inventaire des dégâts en prenant des photos et contactez votre assurance afin de connaître la démarche à suivre.

Ne réenclenchez le gaz et l’électricité qu’après avoir fait contrôler votre installation par un professionnel

Informez-vous auprès de la mairie pour connaître les démarches liées aux catastrophes naturelles

La crue centennale n’a pas lieu tous les 100 ans ! Les connaissances scientifiques permettent d’estimer la probabilité de survenue d’un aléa. Un crue centennale d’un fleuve ou d’une rivière est une crue qui a 1 probabilité sur 100 de se produire chaque année (crue décennale 1 probabilité sur 10 de se produire chaque année). Cette statistique témoigne de la rareté d’un évènement et ne veut pas dire qu’il a lieu une fois par siècle. 

 

Inondation 2016 aux Thibaudières à Boussy-Saint-Antoine

LES SEPT COMPOSANTES DE LA PRÉVENTION DES RISQUES

1/ La connaissance du risque

Conscient des forts enjeux socio-économiques du territoire, le SyAGE porte depuis plus de 30 ans l’ambition d’une gestion efficace des inondations fluviales à l’échelle de son champ d’action.

À l’échelle du bassin versant de l’Yerres, face aux risques d’inondations par débordements des cours d’eau, le SyAGE pilote depuis 2003, des Programmes d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Le PAPI est un véritable outil opérationnel décliné à l’échelle du territoire de la vallée de l’Yerres, il favorise la concertation de tous les acteurs locaux avec pour ambition commune, de réduire au maximum les conséquences sur l’ensemble des communes touchées par ces phénomènes.

« Le PAPI d’intention (2013) avait déjà fourni un capital d’informations très conséquent permettant une bonne vision de la vulnérabilité du territoire. Cette base solide s’est enrichie par l’analyse détaillée de la crue de juin 2016 » précise Pierre Bretaudeau, animateur du PAPI de l’Yerres.

En effet, cette dernière, a d’autant plus d’importance, qu’elle représente un évènement majeur, actuel, vécu par tous les acteurs locaux, encore en mémoire et alimenté d’un grand nombre d’éléments quantitatifs (photographiques , vidéo et témoignages). « Elle va, d’une part, renforcer la modélisation issue du diagnostic approfondi, et d’autre part, illustrer, sans commune mesure, les impacts d’un évènement qui, pour certaines parties du territoire, se définit comme la crue historique jamais connue. L’étude de la crue de juin 2016, élargit la connaissance à l’ensemble des affluents du bassin versant. En prévision d’instrumenter les axes hydrographiques secondaires, cette action intègre une approche factuelle, fondée sur l’observation de terrain et les témoignages de personnes ressources, pour en délimiter, de la manière la plus réaliste possible, une enveloppe de crue ».

Des campagnes topographiques sur ces axes secondaires sont envisagées afin d’améliorer la connaissance de la morphologie des sous-bassins versants et de préciser les contours de la zone inondable. Cette information précieuse sur des zones jamais prospectées, fera l’objet d’un porté à connaissance auprès des élus locaux qui fournira un support supplémentaire de sensibilisation à la prise en compte du risque inondation dans l’urbanisme.

2/ Surveillance et alerte

« La surveillance et la prévision constituant les premiers maillons de la gestion de crise sont essentiels à deux titres; améliorer l’expertise sur le réseau hydrographique et renforcer les délais d’anticipation afin d’atténuer l’impact d’une inondation » indiqueSandrine Criscione, directrice de la GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) au SyAGE.

La surveillance des niveaux d’eau s’effectue, depuis de nombreuses années, au travers de deux systèmes complémentaires que sont le réseau de mesures électroniques et les échelles limnimétriques permettant une lecture visuelle de terrain.

Aujourd’hui, environ une quarantaine d’échelles composent le réseau pour la surveillance des fluctuations de niveau sur le réseau hydrographique principal. Leur utilité a d’ailleurs été mise à l’honneur, en juin 2016, en relayant l’information sur l’évolution de la crue alors que plusieurs sondes électroniques étaient hors service.

La Télégestion: un outil au service de la prévision des crues

Le SyAGE assure la prévision et surveillance des crues grâce au service de Télégestion. Depuis l’installation de la supervision en 1999, le nombre d’ouvrages et de stations de mesures reliés à la supervision n’a cessé de croître au fil des ans pour dépasser la centaine.

La télésurveillance permet au SyAGE d’anticiper un phénomène de crue à plus d’une journée et de mettre en jeu la régulation des barrages afin d’atténuer les conséquences de la crue.

L’alerte

En France, l’Etat est en charge de la vigilance « crues ». Celle-ci permet de prévenir les autorités et le public d’un  niveau de risque de crue(s) dans les 24 heures à venir. Elle est coordonnée avec le dispositif de vigilance météorologique mis en place par Météo-France depuis 2001, et qui couvre l’ensemble des risques d’origine météorologique, en les localisant par département. Les deux vigilances permettent aux autorités locales, notamment les préfets et les maires, ainsi qu’au public, de se mettre en situation de réagir de manière appropriée, et de gérer la situation dans de meilleures conditions.

Aux avant-postes lorsqu’une crue se déclare, les équipes du SyAGE sont en mesure d’alerter très rapidement communes, services de secours et les habitants d’un potentiel impact du débordement des cours d’eau. La surveillance des hauteurs et des fluctuations du niveau d’eau, rendue possible grâce aux équipements répartis le long des rivières, permet d’anticiper l’importance des évènements à venir.

Bulletin de crue

Au premier rang de l’information, le bulletin de crue généré par le SyAGE est le support de communication mis en œuvre dès que les premiers risques de débordement apparaissent. « Il est adressé aux 11 communes riveraines de l’Yerres et du Réveillon (Essonne et Val de Marne), aux partenaires institutionnels ainsi qu’aux services de secours. Cette démarche devrait s’étendre aux communes riveraines en aval de Courtomer » précise Sandrine Criscione.

 Ce bulletin regroupe toute l’information technique sur l’évènement afin que chaque destinataire puisse engager les moyens de sauvegarde ou de secours nécessaires au regard de ses prérogatives. Il fut fortement mobilisé durant les évènements de juin 2016 pouvant aller jusqu’à deux éditions par jour. Le retour d’expérience de l’ensemble des acteurs locaux fait état de la pertinence de ce support tant d’un point de vue qualitatif que quantitatif. Mis en direct sur le site internet, il est également consulté par les communes de Seine et Marne.

SIRYAC

Le SyAGE s’est doté depuis 2002 d’un système d’alerte (Système d’information des riverains de l’Yerres pour l’alerte de crue) afin d’avertir directement et rapidement les riverains de l’Yerres dans l’Essonne et le Val-de-Marne des risques de crues et de montées des eaux. Ce service gratuit est exclusivement réservé aux usagers habitant directement en zone inondable. Il vous avertira, par téléphone, avant que les premiers débordements aient lieu afin que vous puissiez prendre toutes les dispositions nécessaires dans votre habitation.

App-Syage

L’application permet à chaque habitant du territoire d’être destinataire du bulletin de crue et ainsi d’être informé régulièrement du niveau de la rivière et de recevoir des messages mais aussi de signaler des incidents relatifs à la rivière (embâcle important, pollution, inondation…) et de prévenir les difficultés. Vous recevez ensuite un accusé de réception du signalement puis des notifications sur la prise en charge de l’incident jusqu’à sa résolution.

3/Information et développement de la culture des risques

Sensibilisation des populations

La communication du SyAGE autour de la thématique des inondations fluviales ne se limite pas à des actions réalisées face à une situation de crise ou vis-à-vis d’une vigilance particulière. Tout au long de l’année, sur l’ensemble des supports d’information édité par le service communication, la conscience du risque est entretenue au travers de nombreux articles parus dans notre magazine L’O par exemple, ou faisant l’objet d’une émission dédiée à ces sujets comme ce fut le cas du n°1 d’H2O, diffusé sur la chaîne YouTube du SyAGE.

L’ensemble de ces actions de communication œuvre pour le maintien de la culture du risque sur le territoire que l’on sait, par retour d’expérience, limitée et sujette à une nette propension à l’oubli.

Repère de crues

Véritable témoin de l’histoire du cours, d’eau, le repère de crue matérialise le niveau des Plus Hautes Eaux Connues (PHEC) d’un événement majeur. Plusieurs repères de crue ont été installés en partenariat avec les services de l’État, des collectivités ou des départements.

Au-delà de leur rôle premier dans la mémoire du cours d’eau, ce sont de très bons indicateurs pour apprécier l’ampleur de l’aléa. A titre d’exemple, l’observation quotidienne des repères de crue sur le terrain du 31 mai au 4 juin 2016, a permis au SyAGE de comparer l’occurrence de l’épisode hydraulique en cours avec celui de la crue de 1978.

L’État joue un rôle majeur en mettant à la disposition des collectivités les connaissances disponibles en matière de risque inondation. Le porté à connaissance (PAC), dispositif obligatoire comprend l’ensemble des données compilées par les services de l’État à la demande du préfet lorsque celui-ci a reçu de la part d’une structure porteuse de Schéma de cohérence territoriale (Scot) ou de Plan local d’urbanisme (PLU), copie de la décision de prescription d’un de ces documents d’urbanisme.

Dans le domaine des inondations, le préfet peut mettre à disposition toute étude de connaissance en lien avec l’exposition du territoire : le dossier départemental des risques majeurs (DDRM), les atlas de zones inondables (AZI), la cartographie du risque issue de la directive inondation dans les territoires à risque d’inondation important (TRI). D’autres éléments de connaissances existent comme les limites de crues historiques, les études d’aléas hydrauliques réalisées en particulier dans le cadre de l’élaboration des plans de préventions des risques (PPR) inondation (PPRi). Le préfet communique aussi aux collectivités territoriales les contenus du plan de gestion des risques d’inondation (PGRI), du schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) et des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage).

Les Sdage et les Sage ne créent pas de réglementation liée à l’occupation des sols mais ils infléchissent les documents d’urbanisme à travers leur contenu et le rapport de compatibilité pour une meilleure problématique liée à l’eau.

L’élu local peut lui aussi agir par la délivrance des certificats d’urbanisme, permis de construire et permis d’aménager mais aussi par la rédaction des outils de planification tels que les Scot, les PLU(i) et/ou les cartes communales que son territoire soit doté ou non d’un PPRi.

Assistance des communes à la rédaction de leur PCS et DICRIM

L’approbation dans la vallée de l’Yerres d’un PPRi, a rendu obligatoire, pour les collectivités concernées, la réalisation d’un plan communal de sauvegarde (PCS). Tous les moyens humains, matériels et logistiques ainsi que les schémas organisationnels liés à la sécurité civile quel que soit le risque doivent être consignés dans ce document et de manière plus synthétique dans un livret intitulé le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM), à destination des populations.

« Le SyAGE a ainsi accompagné de manière assidue, en partenariat avec la Direction départementale des Territoires de la Seine-et-Marne, les communes pour la rédaction de leurs PCS. Ces dernières années, vingt-huit communes ont pu bénéficier de cette assistance qui a conduit à quinze arrêtés municipaux officialisant leurs PCS et quatre pour le DICRIM » souligne Pierre Bretaudeau.

4/ Aménagement du territoire

A chaque crue majeur, les impacts matériels et ceux liés aux activités économiques sont très conséquents notamment en Ile de France où les enjeux offrent une densité sans pareil. La vallée de l’Yerres n’est pas épargnée de conséquences et malgré ce constat parfois catastrophique, le risque inondation reste le parent pauvre des politiques de développement du territoire.

A titre d’exemple, le PPRI de l’Yerres n’affiche en zone inondable aucune prescription sur le bâti existant afin d’en diminuer la vulnérabilité. Seules des recommandations comme l’installation des équipements électriques au-dessus de la PHEC, sont identifiées. Aucune mesure d’accompagnement n’est prévue pour encourager le particulier à s’engager dans les travaux de réhabilitation.

Un PPRi interdépartemental

La vallée de l’Yerres est exposée depuis tout temps aux inondations par débordement de son cours d’eau principal et de ses affluents sur les départements de Seine-et-Marne, de l’Essonne et du Val-de-Marne. Les principales crues de l’Yerres, même si elles ne sont pas forcément bien documentées, sont là pour le rappeler.

Afin d’assurer une gestion globale du risque inondation du bassin de l’Yerres, l’arrêt de prescription du PPRi de l’Yerres a été pris le 6 novembre 2008 sur les trois départements concernés (Seine-et-Marne, Essonne, Val-de-Marne).

Le PPRi réglemente l’occupation des sols et les modalités de construction en fonction du risque naturel d’inondation. Ce document est réalisé par l’État en association avec les communes. Le PPRi approuvé après enquête publique vaut servitude d’utilité publique et s’impose à tous.

SAGE de l’Yerres

Le Schéma d’Aménagement et de gestion des Eaux (SAGE) de l’Yerres est un autre levier dans le domaine de la prévention des inondations.

Soucieux de répondre aux objectifs du bon état des eaux défini par la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), l’ensemble des acteurs locaux, élus, représentants de différents secteurs socio-économiques et services administratifs, se sont réunis au sein d’une Commission Locale de l’Eau (CLE), en 2002 afin d’officialiser l’élaboration du SAGE de l’Yerres. Cet outil met en œuvre une politique de gestion optimisée de la ressource en eau et des milieux aquatiques dont plusieurs enjeux prioritaires tels l’amélioration de la gestion des inondations.

Contrat de bassin de l’Yerres amont et aval

Le SyAGE s’est engagé dès 2010 dans la mise en œuvre de contrats de bassin, en synergie avec les objectifs d’atteinte de bon état des cours d’eau et pour ancrer davantage sa politique de préservation des milieux aquatiques. Le contrat aval comprend notamment un enjeu sur la gestion des eaux pluviales urbaines à la source pour réduire le risque inondation en complémentarité avec le PAPI.

Renaturation
Prévue par la Directive cadre sur l’eau (DCE), la renaturation des cours d’eau permet une recolonisation de la faune et de la flore. Elle contribue à l’amélioration de la capacité de rétention des crues. Le SyAGE qui intervient à l’échelle du bassin versant, agit ainsi dans ce domaine en faveur des communes qui subissent des débordements.

5/ Réalisation de travaux de mise en sécurité

La réduction de la vulnérabilité des enjeux sur un territoire est l’affaire de tous. La conscience collective a ainsi alimenté des initiatives en ce sens. Certaines collectivités ayant des zones urbanisées localisées en zones inondables, dans les axes d’écoulement préférentiels, ont engagé la démarche de rachat de parcelles et destruction de bâtiments, répondant à cet objectif. Portée par la commune de Crosne dans les années 2000, cette démarche se met en place depuis 2010 à Villeneuve-Saint-Georges. En effet, cette dernière, en partenariat avec le Conseil départemental du Val-de-Marne, de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et du SyAGE, a souhaité engager la requalification environnementale, urbaine et sociale du quartier Belleplace/Blandin. Une fois cette démarche d’acquisition foncière aboutie, le SyAGE, en tant que maître d’ouvrage, mettra en œuvre un vaste projet d’aménagement des berges pour redonner à ce site sa vocation première de milieu naturel humide et de zone d’expansion des crues.

Les ouvrages « rivière » de protection fixe

Outre la prévention et la prévision, certains équipements répondent davantage à des problématiques plus locales de protection. Ce fut le constat de deux zones à risque avéré sur lesquelles le SyAGE a réalisé des aménagements adéquats : la digue du ru du Gord (communes d’Epinay-sous-Sénart/Boussy-Saint-Antoine) et le barrage du ru d’Oly (communes de Montgeron/Vigneux-sur-Seine).

Les ouvrages «assainissement»: leur rôle dans les inondations

La prévention des inondations se retrouve également dans la gestion des eaux pluviales. En effet, les inondations dues au ruissellement urbain sont récurrentes notamment sur les parties essonnienne et val de marnaise du territoire de l’Yerres, occasionnant des dégâts importants. Pour faire face à ces phénomènes, dont l’origine se trouve en grande partie dans l’imperméabilisation des sols, de nombreux ouvrages de stockage ont été construits en amont des secteurs sinistrés. Le SyAGE propriétaire et gestionnaire de ce patrimoine, compte environ 90 ouvrages de rétention des eaux pluviales.

Leur rôle principal est de stocker les eaux de pluies lorsque les réseaux arrivent à saturation afin de limiter les débordements sur voirie ou bâtiments occasionnant les inondations. Ils régulent ainsi les débits reçus en amont avant de les restituer à l’aval lorsque la capacité de l’exutoire le permet. L’ensemble de ces ouvrages a été conçu pour réguler au mieux les pluies ayant une période de retour de 10 ans.

Outre les bassins de stockage, un second équipement des réseaux d’assainissement joue en faveur de la prévention des inondations; les postes anti crue (PAC). Principalement composés d’une vanne et d’une station de pompage, la récupération des eaux de pluie s’effectue par un réseau dédié de collecte (branchement particulier ou par un avaloir) et de transport (collecteurs) avant rejet au milieu naturel.

Projet de réalisation de la zone d’extension des crues d’Armanvilliers

Le projet de ZEC d’Armanvilliers (Seine-et-Marne), porté par le SyAGE, est en phase préliminaires. Les études faune/flore/habitat devrait se terminer à la fin de l’année. La maîtrise d’œuvre de la ZEC est en cours d’élaboration. Elle permettra d’améliorer la gestion des écoulements des eaux pluviales et réduire les risques d’inondation.

Exercice gestion crise SyAGE novembre 2020

6/Préparation et gestion de crise

Aux termes de la loi, la direction des opérations de secours appartient aux autorités détentrices du pouvoir de police, à savoir le maire lorsque le sinistre concerne sa commune, à travers la mise en place d’un Plan communal de sauvegarde (PCS), et au préfet si plusieurs communes sont concernées ou si un plan ORSEC est déclenché.

PGCI

Le SyAGE a mis en place un Plan de Gestion de Crise Inondation (PGCI) il y a déjà plusieurs années dans le cadre du PAPI. Cet outil permet d’avoir une approche réfléchie et circonstanciée de la crue.

Il met l’accent sur les étapes d’une montée en puissance passant des mécanismes de déclenchement de la cellule de crise interne aux moyens logistiques, informatiques et humains mis en œuvre pour répondre à l’évolution de la situation. Son opérationnalité se concentre dans l’attribution des fonctions et des responsabilités de chaque membre de l’organigramme. De manière plus détaillée, des fiches réflexes précisent les missions telles que la gestion des véhicules, les taches affectées à la cellule assainissement…

Il intègre également des éléments indispensables du Plan de Continuité de l’activité (PCA) afin d’assurer les ressources suffisantes pour garantir l’exercice des services courants minimums du SyAGE.

Au final, le PGCI n’est pas un ouvrage qui s’étudie au moment de la survenance de la crise, mais un aide-mémoire pour ne rien oublier. Ce plan sera donc lu et connu de tous ceux qui participeront au dispositif.

Par sa vision systémique de la crue au sein de son territoire, le syndicat tient une place incontournable dans le paysage de la gestion de crise. Au fur et à mesures des préparations, qu’il s’agisse d’exercices cadres communaux, exercices de terrain multi acteurs ou de SEQUANA EU, une coordination pertinente de l’ensemble des praticiens de la gestion de crise a commencé à se dessiner. Cette configuration permet à chacun de trouver des réflexes instantanés d’anticipation, de planification et de communication pour permettre une organisation de la gestion de crise promouvant une certaine résilience.

7/ Une approche globale

La prévention contre les inondations nécessite une approche globale de la prévention des risques naturels. C’est la fonction des PAPI qui reposent un partenariat entre les services de l’État et les acteurs locaux. Il décline des actions dans l’ensemble des composantes de la prévention des risques d’inondation. Le PAPI est porté par le SyAGE depuis plus d’une dizaine d’années. Il permet une approche globale et une gestion intégrée des risques inondations, en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine, les biens, les activités économiques et l’environnement en s’appuyant sur une série de mesures mises en œuvre sur tout le périmètre concerné. Le PAPI de l’Yerres (2018-2023) dispose d’un budget de 2,4 millions d’euros (HT).

Résilience 
La résilience d’un territoire est sa capacité à récupérer un fonctionnement normale suite aux 
conséquences d’un phénomène naturel. Le risque inondation diminue après la catastrophe si une réflexion s’engage pour adapter la conception des réhabilitations des constructions endommagées et améliorer 
l’organisation de la protection des biens et des personnes. Cette capacité de rebondir passe par des
actions à court, moyen et long terme.  

Culture du fleuve
C’est ce que désignent les spécialistes comme une connaissance plus approfondie  et précise des atouts mais aussi des contraintes impondérables liées à la proximité d’un cours d’eau. Il est important de 
sensibiliser les habitants du territoire à cette culture du fleuve, qui est aussi la culture du risque et de tendre vers une réappropriation globale de la rivière avec ses atouts (paysage, balade, activités
sportives et de loisirs…) mais aussi ses dangers inhérents.  
Chiffres 
Les dégâts causés par les inondations représentent environ 80% des coûts imputables aux risques 
naturels, soit 250 millions € par an.  

En France, 17 millions d’habitants et 9 millions d’emploi se trouvent dans des zones inondables
(sources ministère de l’Écologie) 

850 000 habitants en zones inondables en Île-de-France

1,5 milliard d’euros (bassin de la Seine et de la Loire) pour les inondations de 2016 . 
C’est le plus important niveau de dédommagement depuis le régime de catastrophe naturelle en 1981     

1 personne sur 4 en France est potentiellement exposée au risque inondation  

1 emploi sur 3 en France est potentiellement exposé au risque inondation 

20 000 victimes des inondations par an dans le monde   

1 commune sur 3 concernée par le risque inondation, dont 300 grandes agglomérations.   

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