Esat de Rosebrie : une ruche de métiers adaptés

Esat de Rosebrie : une ruche de métiers adaptés

Publié le 13 décembre 2017

Les brebis solognotes qui entretiennent à la belle saison les sites du SyAGE ne sont pas loin, dans leur prairie de deux hectares agrémentée d’un abri. De là, elles peuvent observer les locaux de l’Esat* de Rosebrie, où 160 personnes en situation de handicap mental ou psychique** travaillent. Cinq activités, et beaucoup plus de métiers, leur sont proposés : sous-traitance industrielle (montage, stockage, étiquetage…) ; blanchisserie industrielle (600 à 700 kilos de draps, vêtements professionnels… lavés chaque jour) ; entretien de locaux ; restauration collective (1 800 à 2 000 repas par jour) ; et Espaces verts (aménagement, entretien, ruches, éco-pâturage). « La majorité sont fiers d’avoir une activité professionnelle, de faire partie de la vie sociale, explique Evelyne Cocot (photo ci-contre), directrice de l’établissement qui fait partie de l’Apogei 94***. Notre mission est de permettre aux personnes n’ayant pas la possibilité de travailler dans un milieu ordinaire, de le faire. »

Un gabarit pour compter

Certains d’entre eux passent deux heures dans les transports pour arriver dans les locaux, situés à Mandres-les-Roses. D’autres habitent sur place, dans des hébergements en cours de réaménagement et d’extension. D’autres encore vivent chez des proches qui les conduisent, tandis qu’une minorité vient au volant de leur voiture. « Il y a autant de situations qu’il y a de travailleurs, reprend Evelyne Cocot. Il y a des personnes polyvalentes, d’autres monotâches, qui seraient perturbées si on leur demandait de changer. On s’adapte à ce qu’ils savent faire. Certains finissent par rejoindre le milieu ordinaire en vrai professionnel dans leur métier. » Ces adaptations s’observent sur le poste de travail. Dans l’atelier de sous-traitance industrielle, par exemple, des gabarits ont été confectionnés pour les travailleurs ne sachant pas compter. Des colonnes et des points leur permettent de visualiser le nombre de produits à rassembler avant de les mettre en sachet. Côté restauration collective, la légumerie se révèle particulièrement active, ce qui permet de proposer des crudités fraîches, découpées à la main. Une plus-value pour les deux menus du midi et le menu du soir, déclinés en plusieurs régimes (sans sel, hypocalorique, diabétique…) La cuisine de l’Esat fait d’ailleurs l’objet de visites de la part de structures voulant dupliquer cet équipement et son mode de fonctionnement en partenariat avec une entreprise de restauration collective, qui y détache des salariés. De son côté, l’équipe Espaces verts bénéficie de tous les outils professionnels mais les moniteurs qui les encadrent (il y en a une vingtaine toutes activités confondues à l’Esat) ne confient les plus potentiellement dangereux qu’à certains des travailleurs, préalablement formés.

Paradis des animaux

C’est parmi cette équipe que l’on retrouve les soigneurs des brebis « employées » par le SyAGE. Ils sont capables de les attraper, de soigner leurs ongles, de vérifier l’eau à leur disposition, de repailler leur abri… « Ils adorent les animaux, certains s’accroupissent et les brebis viennent autour, raconte Evelyne Cocot. Il y a également ici trois chats stérilisés par l’Esat et nourris par les travailleurs, par exemple. Ce qui est embêtant, c’est la mort des animaux. Ca marque beaucoup. C’est un moment difficile mais aussi celui d’en discuter avec eux. » L’équipe médico-sociale, composée notamment d’une psychologue et d’une psycho-motricienne, peut alors venir en renfort des moniteurs. En plus de l’éco-pastoralisme, le SyAGE confie également à l’Esat de Rosebrie l’entretien de chemins (taillage de haies, ramassage de feuilles, fauchage, ramassage de détritus…) dans treize communes différentes. Et ce n’est pas fini puisque de nouveaux pensionnaires devraient venir aider les « solognotes » dans leur tâche. Il s’agirait de plus petits modèles (40 kilos), venues des Landes.

Esat de Rosebrie : tél.: 01 45 10 26 00.

* Etablissement et services d’aide par le travail.

** On distingue le handicap mental (déficience intellectuelle, retard mental) du handicap psychique (troubles comportementaux).

*** L’Apogei 94 compte quatre grands pôle d’activité : travail et insertion économique (6 établissements, dont l’Esat de Rosebrie, ouvert en 1975) ; hébergement et insertion sociale (11) ; enfance éducation (5) ; établissements médicalisés (4). L’association parentale revendique 650 salariés.

Un commentaire

  1. C’est en effet un esat qui s’occupe de tout et de rien. Sinon, je loue particulièrement leur effort pour mener à bien leur travail.

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