Katarina Dear : des jardins flottants dans la ville

Katarina Dear : des jardins flottants dans la ville

Publié le 10 juillet 2018

Katarina Dear figure dans le top 10 des femmes nommées « leaders en devenir » par le programme Women4climate, qui a pour but de lutter contre le dérèglement climatique. La Parisienne de naissance a pour projet d’installer sur le canal Saint-Martin, à Paris, des radeaux végétalisés dépolluants, via son association Nature&Us. Les premiers exemplaires devraient être lancés au second semestre de cette année.

Jean-Baptiste Ferrero : En quoi consiste votre projet ?

Katarina Dear : L’objet des radeaux végétalisés est d’avoir des radeaux sur un canal ou une rivière et, sur ces radeaux, il y a des plantes qui ont plusieurs fonctions : diminuer le CO2, diminuer la température dans les villes et, grâce aux racines immergées dans l’eau de filtrer, de purifier l’eau mais également d’offrir un espace protégé permettant à la faune et à la flore de s’y développer.

JBF : Pourquoi avoir choisi le canal Saint-Martin ?

KD : La ville de Paris a organisé un appel à projets par le biais des budgets participatifs et comme je me promenais au bord du canal en me demandant quelle idée je pourrais trouver pour améliorer ma ville, j’ai eu l’idée d’améliorer la qualité de l’eau notamment en utilisant les plantes.

JBF : D’où est venue cette idée ?

KD : J’ai toujours été intéressée par l’écologie et j’ai souvent entendu parler de l’utilisation des plantes pour traiter les eaux usées par exemple ou pour filtrer l’eau dans les piscines naturelles.

« Peut-être les femmes ont-elles une forme de sensibilité protectrice »

JBF : Une telle solution serait-elle applicable sur l’Yerres par exemple ?

KD : Cette solution est utilisable sur une rivière en fonction, bien sûr, des conditions de courant ou de pente. On peut aussi l’utiliser sur des lacs.

JBF : Quel est le coût de cette opération ?

KD : Le budget s’élève à environ vingt mille euros et pour cette somme, on peut installer environ 50 mètres carrés de radeaux végétalisés.

JBF : Vous êtes donc plutôt optimiste et vous faites partie des gens qui pensent que l’on peut encore agir sur notre environnement ?

KD : (rires) Oui tout à fait ! Je pense que c’est important de sa battre, de mener des initiatives. Il ne faut pas être défaitiste et se dire que l’avenir de la planète est compromis. Il y a toujours des choses à faire et c’est un désir de ma part que d’améliorer les lieux dans lesquels on habite.

JBF : Vous faites partie des dix jeunes françaises dont le projet a été soutenu par l’opération internationale women4Climate. Pensez-vous que les femmes ont un rôle spécifique à jouer en matière de protection de l’environnement ?

KD : Il faut savoir que dans de nombreux pays – même si c’est moins le cas dans des pays comme la France – c’est souvent la femme qui gère les ressources de la maison et notamment l’eau. En les sensibilisant aux problématiques environnementales, on peut faire une vraie différence. Peut-être les femmes ont-elles également, un peu plus, une forme de sensibilité « protectrice » qui les pousse à préserver les choses, mais en réalité je pense que tous, hommes et femmes, peuvent et doivent contribuer à protéger l’environnement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *