Le grand réseau des vigies de l’environnement

Le grand réseau des vigies de l’environnement

Publié le 25 octobre 2018

Qu’y a-t-il de commun entre Jamira, habitante du Malawi, Thomas, président du Visov*, et l’une des futures sentinelles du SyAGE sur l’Yerres ? Réponse : tous font partie d’un réseau informel, celui des vigies de l’environnement, qui partagent la volonté d’informer sur les phénomènes naturels graves pour éviter ou limiter leurs effets.

Jamira, comme le raconte Le Monde dans un article paru le 5 juin, participe à un réseau d’alerte précoce des crues. Chaque matin, comme d’autres volontaires ailleurs au Malawi, elle vient relever le niveau de l’eau de la rivière qui passe dans son village. Lorsque la jauge indique un niveau dangereux, elle lance l’alerte au téléphone à des référents situés dans les villages en aval, qui peuvent appeler à l’aide de leur vuvuzela à l’évacuation des habitants en cas de nécessité. Financé notamment par le Fonds vert pour le Climat (Nations unies), ce réseau nécessite du matériel (jauges, téléphones, torches) et un effort de formation des volontaires, tous bénévoles. Son efficacité a été éprouvée à plusieurs reprises dans cet Etat très pauvre, qui manque d’infrastructures et subit de plein fouet les effets de la déforestation et des changements climatiques.

Le SyAGE aura ses « sentinelles »
De son côté, le SyAGE aura ses propres « sentinelles » à l’horizon 2020. Comme Jamira, ces hommes et femmes bénévoles et volontaires relèveront les niveaux d’eau, cette fois aux confluences de l’Yerres et de ses affluents (Yvron, Visandre, Avon, Marsange, Bréon, Barbançonne, Beuvron, et Réveillon). L’objectif est de mesurer précisément les contributions respectives des affluents aux crues de l’Yerres et de mieux comprendre comment les pics de crue se forment. Pour cela, des règles limnimétriques seront installées sur les têtes de bassin-versant, les volontaires relevant les niveaux à intervalles réguliers. Mais ce projet a d’autres objectifs. « L’idée est de faire prendre conscience aux habitants de l’existence du cours d’eau et des risques d’inondations, explique Olivier Delecluse, chef du service Télégestion et Traitement des informations du SyAGE. Cette connaissance pourra faire tâche d’encre quand les sentinelles diffuseront les informations au sein de leur propre réseau. »

Visov et ses « chasseurs » d’information
Réseau toujours, avec les Volontaires Internationaux en Soutien Opérationnel Virtuel (Visov). Mis en place en 2012 et officiellement créé deux ans plus tard, Visov regroupe une centaine** de « chasseurs d’information » sur les réseaux sociaux. « Notre but est de prendre l’information pour la transformer ensuite en renseignements, précise Thomas Loison, président de Visov depuis janvier 2018. Pour cela, on la collecte, la vérifie et la filtre avant de la mettre à disposition des autorités dans un classeur virtuel, afin de permettre d’orienter les actions. » L’outil principal de Visov ? Les réseaux sociaux. Ce sont les messages postés sur ces medias qui permettent aux volontaires de prendre connaissance des faits. Le travail sur les secteurs concernés par une catastrophe, naturelle ou pas, passe par l’analyse des pages locales, qui permettent par exemple, en cas de crues, de constater les maisons inondées ou les comportements inadaptés. « Nous pouvons ainsi signaler à l’autorité compétente que la pose de barrières est devenue nécessaire à tel endroit et rappeler des consignes de sécurité sur les réseaux, reprend le Nancéien. Plus largement, l’objectif est de diffuser des conseils de prévention, détecter des images et vidéos permettant de mieux comprendre la crise. Il est également possible de détecter des personnes en danger et qui communiqueraient via les réseaux sociaux. »

* Volontaires internationaux en soutien opérationnel visuel.
** Pour rejoindre Visov, vous pouvez poser votre candidature sur www.visov.org. Une bonne connaissance des réseaux sociaux est indispensable.

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