Le SyAGE citoyen et solidaire

Le SyAGE citoyen et solidaire

Publié le 11 juin 2018

Le SyAGE s’occupe de l’assainissement et de la rivière sur son territoire. Mais le syndicat ne s’arrête pas là et élargit souvent tant ses compétences que son secteur géographique pour des actions caritatives ou solidaires. Petit panorama du SyAGE citoyen.

BENIN
Des latrines pour Bopa
Entre le Bénin et le SyAGE existe une relation suivie de plusieurs années, sous l’impulsion notamment d’Eric Chalaux, directeur général adjoint du syndicat, dont des agents se rendent dans ce petit pays de l’Afrique de l’ouest depuis de nombreuses années. Que viennent-ils faire ? Apporter l’expertise du SyAGE, bien sûr, dans les domaines des inondations et, surtout, de l’assainissement.
Franck Moritz a participé à un voyage de travail bénévole en 2012, à Grand-Popo et Bopa. Le professionnel, qui oeuvre au laboratoire du syndicat, a travaillé sur la thématique des crues. « Nous avons relevé les traces de crues, pour installer des échelles limnimétriques et travaillé sur la topographie et la cartographie des lieux », se souvient le jeune homme. Des analyses bactériennes ont également été menées dans un cours d’eau. A Bopa, c’est l’installation de latrines qui a mobilisé les agents du SyAGE. Le travail préparatoire a nécessité la rencontre des chefs de village, des fonctionnaires béninois et des élus locaux afin de déterminer le type de latrines envisagé et leur localisation.
Récupération des matières solides
C’est ce grand projet, porté la commune de Crosne, l’Association des ressortissants de Bopa et le Comité de jumelage de Crosne, et financé notamment par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et le conseil départemental de l’Essonne, qui a occasionné les voyages suivants, en 2014 et 2017. Deux types de latrines ont été retenus. Les premières, dites Ecosan, permettent de recueillir les matières solides séchées grâce à des plaques en métal et des cendres, afin de servir d’engrais. Une utilisation particulièrement utile dans cette région essentiellement agricole et qui a l’avantage supplémentaire de ne pas souffrir de contre-indications religieuses ou culturelles locales. Des toilettes auto-ventilées, dites VIP, avec des cuves étanches à vidanger, sont également installées dans les écoles de la commune, en complément d’Ecosan, pour alimenter les potagers que possèdent les établissements scolaires.
Les écoles équipées
Patrice Le Négaret faisait partie de ce dernier voyage en date, en juin de l’année dernière. S’il a fallu en partie relancer le projet, à la suite du renouvellement de l’équipe municipale de Bopa et des techniciens en charge du projet, cette visite a également permis de lancer très concrètement la phase prioritaire d’équipement des écoles de la commune. « Les travaux ont été réalisés, nous sommes en phase de réception de chantier », explique le professionnel, qui travaille désormais pour Grand Paris sud mais continue de s’investir dans ce projet. Au total, une dizaine de latrines sont installées dans quatre écoles, accompagnées de postes de lavage de mains, tandis que 70 autres, de type Ecosan, sont prévus dans onze hameaux de la commune qui regroupent 3 450 habitants. « Cela paraît peu mais ce n’est pas culturel d’utiliser des latrines, reprend Patrice Le Négaret. C’est pourquoi équiper les écoles est important : les enfants pourront en parler à leurs parents et leur expliquer notamment le fonctionnement des Ecosan. » Une expérience qui enrichit également beaucoup ses bénévoles français. « C’est une expérience extraordinaire. On apporte quelque chose de très important car cela participe à la diminution de la mortalité infantile. L’équipement est très attendu par la population. Et on crée de gros liens en très peu de temps », se félicite le technicien.
Ce travail s’accompagne de l’installation d’un réseau de bornes fontaines, porté notamment par Aquassistance (Suez) sur cette même zone.

Handi-eaux est une manifestation qui a pour vocation de sensibiliser des jeunes handicapés à l’eau.

HANDI-EAUX
L’eau ludique et pédagogique
Handi-eaux est une manifestation qui a pour vocation de sensibiliser des jeunes handicapés à l’eau. Initiée par Robert Jousse, un salarié de Suez environnement, elle a fêté sa dixième édition en 2018.
Au menu de cette journée à laquelle participe une centaine de jeunes handicapés (155 en 2018, nouveau record), issus notamment des instituts médico-éducatifs des Vallées et de la Cerisaie, à Brunoy, plusieurs activités dont la pêche, la piscine et le canoë-kayak. C’est pour cette dernière que le SyAGE, partenaire de l’événement, se mobilise. Les agents du syndicat préparent les berges et la rivière puis surveillent les participants le jour J afin que les sorties se passent au mieux.
« C’est une journée très appréciée et le canoë en est l’un des temps forts », souligne Jean-François Laurent, directeur de l’IME La Vallée. Mais Handi-eaux ne se limite pas à cette seule journée. « Nos enseignants effectuent un travail pédagogique sur le thème de l’eau avant la journée, à travers une sensibilisation à l’utilisation de l’eau au quotidien et à sa préservation. Nous tenons à ces deux dimensions, pédagogique et ludique. » L’événement se prolonge même pour certains très concrètement, grâce à une nouvelle activité, apparue il y a deux ans : la plongée. Plusieurs jeunes pensionnaires se sont en effet inscrits au Neptune club de Brunoy pour poursuivre et parfaire leur pratique.
Autre bienfait de Handi-eaux, le regard porté sur le syndicat a changé. « J’ai bien sûr une autre vision du SyAGE par rapport à sa participation à cette journée mais aussi depuis la crue de 2016. Je me suis inscrit au Siryac * et je vais sur son site régulièrement », témoigne Jean-François Laurent.
*Le Siryac est un service gratuit du SyAGE qui informe par messages les abonnés sur les inondations.

Le verger du Moulin de Senlis a une vocation solidaire (ici, lors d’une animation en avril 2018).

VERGER DU MOULIN DE SENLIS
Des fruits pour tous
Des pommes, des poires, des noyers… offerts par la nature et par le SyAGE, c’est pour bientôt. Le syndicat a en effet créé, en mars 2017, un verger sur le site du Moulin de Senlis, à Montgeron, en partenariat avec la commune et celle de Villeneuve-Saint-Georges et l’expertise de l’association des Croqueurs de pomme.
Sur 6 000 m², s’étendent sur le terrain des pommiers, des poiriers, des noyers, donc, mais aussi des églantiers, mûriers, cassissiers, sureaux, néfliers… Autant d’espèces qui, à terme, donneront des fruits qui seront disponibles pour le public. Le SyAGE a mis en œuvre et suivi les travaux de création du verger et s’occupe de l’entretien des lieux.

CLASSES D’EAU
L’eau nouvelle génération
Depuis une dizaine d’années, le SyAGE s’est engagé envers l’Agence de l’eau Seine Normandie (AESN) à être le relais « Classes d’eau » pour 18 communes de Seine-et-Marne et d’Essonne. Ce dispositif finance des projets pédagogiques sur le thème de l’eau, qui s’étalent le plus souvent sur une semaine (quinze jours pour les maternelles) et comportent des expositions, expérimentations, visites… « Nous distribuons les dossiers, aidons les enseignants à remplir, expliquons le dispositif », énumère Nadine Bellon, en charge du sujet au SyAGE. L’esprit des Classes d’eau est de sensibiliser les jeunes générations et les enseignants à la protection de la ressource en eau et de l’environnement en général. L’AESN finance ces projets à hauteur de 600 euros, le SyAGE ajoute à cette somme 350 euros. 28 dossiers ont été traités par le syndicat en 2017. Les dossiers sont à retirer entre septembre et décembre.

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