L’eau, source de bien des maux

Publié le 11 avril 2017

Si elle est indispensable à la vie, l’eau est aussi bien souvent à l’origine de nombreuses catastrophes naturelles, parmi les plus dévastatrices. Inondations, glissements de terrains, sécheresses sont autant de manifestations de ses colères ou de ses caprices.

Avec le réchauffement climatique qui ne cesse d’inquiéter la communauté internationale, c’est tout l’équilibre mondial qui se retrouve menacé par les bouleversements que connaît notre planète et l’eau, en constitue aujourd’hui un des problèmes les plus préoccupants. On a coutume de dire que l’eau, qui représente 70% de la surface du globe, est à l’origine de la vie sur Terre. C’est d’autant plus vrai si l’on compare notre chère planète aux autres astres rocheux ou gazeux, qui sont dépourvus de cette précieuse ressource. En surabondance parfois, ou à contrario en profond déficit, l’eau peut alors provoquer sinistres et désolations comme en témoignent malheureusement les importantes catastrophes naturelles que nous avons connues ces dernières années.

Les deux visages de l’eau

Pour la plupart d’entre elles, l’eau en était la cause principale ou à minima le facteur aggravant. Crues, vagues de sécheresse, tempêtes tropicales, tsunamis… Depuis la fin du XXème siècle, ces phénomènes exceptionnels se sont intensifiés et ont touché presque un tiers de l’humanité en provoquant des désastres considérables et bouleversant la vie de millions d’individus à travers le globe. Qui ne se souvient pas en 2005, de la tempête Katrina et des inondations d’une ampleur jamais vue à la Nouvelle Orléans ? Plus proche de nous, en août 2003 lorsque l’Europe entière s’est vue confrontée à une sécheresse sans précédent provoquant une surmortalité dans tous les pays membres de l’union. Ou plus récemment, lorsque des intempéries exceptionnelles se sont abattues sur le sud-est de la France en octobre 2015 provoquant des glissements de terrain et des inondations spectaculaires. Tous ces phénomènes que l’on pourrait qualifier de « cataclysmiques » nous rappelle que l’eau nourricière, source de vie, peut devenir dévastatrice pour ne pas dire mortifère.

L’eau insidieuse

Si les effets directs des catastrophes naturelles ont un impact important, leurs conséquences à court  ou moyen terme affectent durablement les populations sinistrées. Dans le cas des inondations par exemple, lorsque les eaux se retirent, c’est à ce moment qu’apparaissent les risques sanitaires les plus dangereux pour l’Homme. Au registre infectieux tout d’abord puisque les maladies et autres facteurs pathogènes y trouvent un terrain propice à leur expansion. Bien souvent, d’importantes pollutions se diffusent et causent alors plus de dégâts sur l’environnement que la catastrophe elle-même qui vient de se terminer. L’eau potable devient une ressource rare, les points d’approvisionnement traditionnels étant désormais impropres à la consommation, il faut bien souvent réorganiser toute une logistique particulière afin que les populations touchées puissent subvenir aux besoins les plus élémentaires durant cette période de crise.

Un partage arbitraire de la ressource

Dans le cas des sécheresses, outre les problèmes de santé publique, c’est l’économie d’une région ou d’un pays tout entier qui se retrouve mise à mal par la manque d’eau, principalement dans le secteur agricole bien sûr mais pas seulement. Son absence fragilise le fonctionnement des états eux-mêmes, créant discordes et instabilité parmi toutes les couches sociales touchées par la pénurie d’eau. Les épisodes d’aridité extrême que connaissent aujourd’hui plusieurs pays d’Afrique de l’est en sont malheureusement un triste exemple. Selon l’agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), une catastrophe humanitaire est en train d’éclater dans cette région du globe, déjà durement touchée par des famines importantes par le passé . 17 millions de personnes risquent de souffrir très prochainement de graves pénuries alimentaires dans plusieurs pays de la Corne de l’Afrique. En Somalie, en Ethiopie et au Soudan, la famine et la malnutrition menacent les populations déjà très touchées et affaiblies par les conflits armés qui émaillent cette région du monde depuis maintenant plusieurs dizaines d’années. Cette eau qui fait cruellement défaut à quelques-uns se retrouve en excès chez d’autres, c’est cet antagonisme fort qui attise bien souvent les convoitises lorsque la ressource vient à manquer. Les conflits économiques, voire philosophiques, que nous avions évoqués dans notre magazine en mars 2016*, évoquent ces tensions qui conduisent certains pays à s’affronter pour le contrôle de l’eau. Autant dire que l’accès à la ressource en eau pour tous, deviendra un enjeu de plus en plus important dans les années à venir, compte tenus des bouleversements auxquels bon nombre de pays sont aujourd’hui déjà confrontés.

*L’eau n°77 – Dossier « La Guerre de l’eau »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *