L’eau, une marchandise ?

Publié le 11 avril 2017

On peut choisir de répondre à cette question sous un angle philosophique, mais il n’est pas pour autant possible d’évacuer les problématiques économiques liées à l’eau.

Par les temps qui courent, « vivre d’amour et d’eau fraîche » pourrait se révéler plus coûteux que ne l’imaginaient naguère les inventeurs de la formule. En effet, si l’on peut encore penser que l’amour est gratuit, il n’en va plus de même pour l’eau ou plus exactement pour l’ensemble des services qui permettent l’accès à l’eau.

En effet, il est loin le temps où il suffisait de se pencher pour s’abreuver à une source ou de tourner une manivelle pour tirer un peu d’eau du puits. Les investissements énormes nécessités par le captage, l’acheminement, la dépollution ou l’assainissement de l’eau impliquent que la consommation de celle-ci va représenter un coût pour le consommateur.

L’eau est gratuite, pas le service

En clair, ce n’est pas l’eau que paye le consommateur mais le prix du service. Cette différence n’est pas que rhétorique puisque c’est ce principe d’un « droit à l’eau » qui a conduit plusieurs tribunaux à déclarer illégales les coupures d’alimentation à l’encontre de consommateurs qui, en difficulté financière, n’avaient pu régler leurs factures.

En France, même si une partie de la gestion de l’eau peut faire l’objet de délégation de service public, elle reste néanmoins, in fine, de la responsabilité des pouvoirs publics et des collectivités qui, notamment par le biais de la mutualisation et des intercommunalités, sont assez riches pour faire face aux investissements importants que nécessite cette gestion.

Privatiser l’eau : une solution pour le tiers-monde ?

Ce fut une idée à la mode que d’affirmer que dans le tiers monde, seul les grands opérateurs privés occidentaux pouvaient assumer ce type d’investissements et qu’il fallait donc y encourager la « privatisation » de l’eau. En définitive, les résultats pratiques en furent décevants, se traduisant principalement par une forte hausse des tarifs et des inégalités accrue entre les régions offrant un fort retour sur investissement et les autres.

Aujourd’hui, la tendance est plutôt à privilégier les acteurs locaux en multipliant les transferts de compétences et les incitations – y compris financières – à augmenter leur efficacité et leur productivité. En effet, il ne suffit pas d’affirmer que les habitants du tiers-monde ont tous droit à un accès à l’eau potable, encore faut-il que ce droit devienne une réalité tangible. Il est également essentiel que les pays du tiers monde puissent exercer ce droit de façon autonome et ne dépendent plus, pour ce faire, de la bonne volonté plus ou moins désintéressée des pays riches.

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