Les peintres et l’eau : la Renaissance, une source d’inspiration pour les artistes

Publié le 29 septembre 2015

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Depuis que l’homme représente le monde qui l’entoure au travers d’interprétations picturales, la Nature est sans conteste l’un de ses sujets favoris. Ainsi dès le Paléolithique, les premiers hominidés ont immortalisé de nombreuses scènes figuratives sur les parois de leurs foyers. Si les représentations où apparait l’eau ont toujours existé, c’est avant tout à partir de l’époque moderne (XVe siècle) qu’elle tient un rôle majeur dans la composition des œuvres. La Renaissance, succédant à l’iconographie religieuse du moyen âge, a permis à de nombreux peintres d’exprimer une certaine idée de la beauté et de montrer les interactions existantes entre l’homme et la Nature.

La Naissance de Vénus

Prenons l’exemple de la Naissance de Vénus, célèbre tableau peint par Sandro Botticceli en 1485. Cette œuvre majeure du Quattrocento inspirée de l’Antiquité classique représente Vénus sortant des eaux, se tenant dans un coquillage. Entourée de Zéphir et de sa femme Chloris à droite et d’une des filles de Zeus et de Thémis à gauche, la déesse est peinte nue se couvrant le corps par pudeur.

Le tableau est composé de telle sorte qu’un mouvement subtil se dessine autour du personnage de Vénus. En effet, Boticelli, en plaçant les différents protagonistes de la scène autour d’un triangle central, apporte une construction très travaillée à son oeuvre. Si les proportions exprimées sur la toile paraissent farfelues, notamment concernant la déesse, les canons de beauté et la technique utilisée par l’artiste accentuent la grâce du personnage de Vénus.

Le prétexte mythologique répondant aux préceptes de l’époque en matière artistique complète l’allégorie de l’œuvre : l’idéal de la beauté et de la séduction sous les traits de Vénus.
En arrière-plan, nous pouvons distinguer l’eau ou plus précisément la mer qui, en formant de petite vaguelettes blanches renforce le dynamisme de l’œuvre. Les couleurs utilisées sont plutôt marquées et l’utilisation de tons complémentaires ajoute du contraste entre les différentes parties du tableau. Ce procédé permet aux différents personnages de se démarquer très nettement du fond.

La technique même utilisée par Botticeli dans cette œuvre emprunte à l’eau ses propriétés chimiques. La tempera (du latin : temperare, « détremper ») est en effet obtenue par une émulsion entre l’eau et un corps gras ou maigre. Ce procédé de peinture à l’eau est utilisé depuis des siècles, que ce soit durant la période Byzantine, chez les Egyptiens ou pendant le Moyen Âge.
Botticelli, en utilisant cette technique traditionnelle, donne au tableau un aspect proche de la fresque et accentue son caractère onirique.

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