L’invasion des renouées du Japon

Publié le 4 juin 2015

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Chaque année, elles font leur retour dans nos contrées. Infatigables, elles ne se lassent pas de coloniser les berges de nos rivières, et infligent à la biodiversité de notre vallée un tort considérable. Qui sont-elles ? Que font-elles ? Quels sont leurs réseaux ? Pour vous, le SyAGE a mené l’enquête …

Un écosystème est d’abord un lieu dont les différents éléments de la faune et de la flore sont « dans des relations d’interdépendances », comme le dit la philosophe Corine Pelluchon. Chacun a élu domicile en un endroit précis car il y trouve ce qui est nécessaire à sa subsistance, que ce soit des nutriments spécifiques pour les plantes, ou de savoureux insectes pour les animaux, par exemple. Cette interdépendance qui oblige chaque être vivant d’être à la fois prédateur et proie, permet à l’écosystème qui les abrite de fonctionner comme un système bien huilé où chaque engrenage trouve son utilité. Mais ce rapport de forces internes savamment équilibré se trouve parfois bouleversé par l’introduction d’un élément exogène.

 

Une menace fantôme

Débarquer des animaux ou des plantes dans des écosystèmes où ils n’ont ni prédateurs, ni parasites, peut donner des résultats désastreux. L’introduction de la renouée du Japon – ou Fallopia Japonica – comme plante ornementale, sur le territoire européen à la fin du XIXème siècle en est un des plus célèbres exemples. Cette grande plante vigoureuse aux tiges creuses et rougeâtres, semblables à des cannes de bambou peut atteindre 4 mètres en 2 mois au printemps.  En France, la reproduction se fait par multiplication végétative par l’intermédiaire de fragments de rhizomes dispersés ou de boutures de tiges.

Au Japon, sa propagation est contrôlée par son prédateur naturel : l’Aphalara itadori. En effet, les dommages causés par la voracité de cette minuscule cigale née au nord d’Hokkaido permettent de réduire substantiellement la capacité de photosynthèse de la plante, et l’empêche ainsi de repousser.

 

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En Europe, les petites fleurs blanches apparaissant sur les feuilles de la renouée en septembre-octobre procurent aux insectes une source de nectar intéressante à une époque de l’année où les fleurs se font rares. Néanmoins, la colonisation des espaces naturels par les renouées fait reculer d’environ 40 % les populations de vertébrés et d’invertébrés qui dépendent directement ou indirectement des espèces herbacées autochtones pour leur survie. C’est pourquoi elle est inscrite à la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature comme l’une des 100 espèces invasives les plus préoccupantes.

 

Au SyAGE, les services techniques effectuent des campagnes annuelles d’arrachage de renouées du Japon. D’avril à octobre, ces plantes invasives sont arrachées tous les deux mois dans les secteurs les plus impactés par leur prolifération.

Et ces actions portent leurs fruits, notamment sur les berges de l’Yerres à Villeneuve-Saint-Georges, la plaine de Chalandray à Montgeron ou encore la propriété Hoffmann à Yerres ! En effet, depuis le début de ces opérations en 2012, nos statistiques démontrent une baisse significative de la quantité de renouées arrachée sur les sites expérimentaux de la vallée.

 

3 commentaires

  1. MALEK

    Bonjour.

    Depuis quelques jours j’ai repéré 03 tortues de Floride dans l’Yerres, la plus grosse doit bien faire une trentaine de cm quant à la plus petite 15 cm. Sachant que cette variété s’attaque à la flore et aux surtout aux poissons et batraciens, suis je en droit de les éliminer et comment ?
    Merci pour vos informations.
    Cordialement.

    • SyAGE

      Bonjour,

      Merci pour votre message. Effectivement, la tortue de Floride n’est pas une espèce indigène de la vallée de l’Yerres, mais elle fait partie maintenant du paysage faunistique.
      Seul le SyAGE est habilité à intervenir sur ce type de cas. C’est pourquoi nous vous invitons à envoyer un mail à syageriviereanomalie@syage.org pour nous spécifier le ou les lieux où vous avez vu les tortues de Floride.

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