L’Yerres, une rivière calme mais irrégulière

L’Yerres, une rivière calme mais irrégulière

Publié le 8 décembre 2020

Le bassin versant de l’Yerres présente les caractéristiques d’une rivière de plaine, comme celle des grands bassins versants voisins du Morin, de l’Yvette, de l’Orge ou de la Bièvre.

La pente moyenne du linéaire de l’Yerres est faible. Comme son débit annuel moyen, ce qui explique ses nombreuses boucles.

A l’amont, le territoire hydrographique concerne 85 communes de Seine-et-Marne. Il couvre une zone essentiellement agricole de 850 km2 pour une population d’environ 200 000 habitants. On comptabilise 8 cours d’eaux que sont l’Yerres, encore peu sinueuse, et ses affluents majeurs l’Etang de Beuvron, la Visandre, l’Yvron, le Bréon, l’Avon, La Marsange, la Barbançonne.

A l’aval, le territoire hydrographique concerne 23 communes sur trois départements (Seine-et-Marne, Essonne et Val-de-Marne. Il s’étire sur une zone plus urbanisée quatre fois moins importante (204 km2) mais accueille une population plus nombreuse (300 000 habitants). On recense 2 cours d’eau, l’Yerres et le Réveillon et leurs principaux affluents : le ru du Cornillot, le ru d’Oly et la Ménagerie.

Rivière peu abondante

L’Yerres  est une rivière très irrégulière, beaucoup plus que l’Essonne. Elle présente de très importantes fluctuations saisonnières de débit, avec des hautes eaux d’hiver-printemps portant le débit mensuel moyen à un niveau de 2,23 à 3,71 m3/s, de décembre à début avril inclus (avec un maximum en février), et des basses eaux d’été de mai à novembre.  En période d’étiage*, le débit peut chuter à 0, en cas de période sèche. Soit 100 fois moins que celui de l’Orge par exemple.

Les crues sont assez importantes et créent des menaces,  notamment pour l’aval du bassin.

L’Yerres est une rivière peu abondante, alimentée par des précipitations réduites. La lame d’eau * éculée dans son bassin versant est de 109 mm annuellement. Soit une des plus faibles de France, nettement inférieure tant à la moyenne de la totalité du bassin de la Seine (220 mm), qu’à la moyenne d’ensemble de la France. Le bassin apparait comme particulièrement sec par rapport aux autres petites rivières du sud-est et de l’est de l’Île-de-France.

Zones « poinçonnées » par des gouffres

La nappe calcaire de Champigny est la principale ressource d’eau souterraine d’Île-de-France. Elle est constituée de plusieurs couches et  s’étend sur un territoire beaucoup plus vaste que notre bassin versant mais ce dernier est entièrement contenu dans la nappe de Champigny.  Les nappes ont des liens importants avec les rivières car elles sont alimentées en partie par leur infiltration dans des secteurs localisés sur notre territoire (vallée de l’Yerres, Pays de Brie, Val d’Europe…) et dans les zones « poinçonnées » par des gouffres. C’est une particularité de notre bassin versant qui  en compte plusieurs notamment à proximité de Nangis. Les gouffres constituent des zones d’entrée directe des eaux superficielles dans la nappe.

Celle-ci  s’écoule depuis les points hauts vers  les points bas en direction de ses trois principaux exutoires (la résurgence de la basse vallée de l’Yerres, les sources du Provinois et la Fosse de Melun).

La nappe souterraine joue également un rôle essentiel dans le déclenchement des crues et des inondations (porosité et état de surface des sols au moment des pluies, saturation de la nappe alluviale…).

*Etiage : débit minimal d’un cours d’eau

*Lame d’eau : mesure d’écoulement des précipitations sur le bassin versant

Chiffres

Le bassin versant de l’Yerres en chiffres

  • Superficie totale : 1032 km2
  • 776 km de cours d’eau
  • 1 rivière, 21 affluents
  • 1 région : Île-de-France
  • 3 départements : Essonne, Val-de-Marne, Seine-et-Marne
  • 118 communes concernées

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