Marcel Jupiter, « l’happy-culteur » urbain

Marcel Jupiter, « l’happy-culteur » urbain

Publié le 2 novembre 2020

Féru d’apiculture, Marcel Jupiter a franchi le pas il y a douze ans en se lançant dans la récolte et la vente de miel. Une récolte que le Montgeronnais vend à domicile, lors d’expositions-ventes ou de salons de Noël.

Marcel Jupiter a découvert l’apiculture à travers de nombreux ouvrages mais surtout au sein de l’association Jardin du Bois-Cerdon à Valenton. « C’est un rucher école. Cela a été une excellente formation. La pratique est très encadrée et contrôlée. On ne peut pas installer des ruches n’importe où surtout en ville. Il y a un certain nombre de règles de sécurité à respecter et il faut bien connaître le fonctionnement des abeilles. Le Montgeronnais a commencé en installant quatre ruches dans sa maison. Progressivement, il a déniché sept autres emplacements à Montgeron, Vigneux-sur-Seine, Draveil et Valenton. « Uniquement en milieu urbain car le miel bénéficie d’une grande biodiversité. A la campagne, on retrouve souvent de la monoculture. C’est la particularité de l’apiculture urbaine. Le miel d’été de châtaignier a ainsi une certaine amertume. Le miel de lierre est lui très mellifère. L’arôme est assez fort. Je ne le vendais pas au départ parce que je ne l’aimais pas ».

Aujourd’hui, il fait le bonheur de nombreux amateurs. La production de Marcel Jupiter varie de 50 à 100 kg par an selon la qualité de la récolte. « Ce n’est pas beaucoup mais je recherche surtout la qualité. Je veux réconcilier les gens avec le goût du miel. Les productions sont meilleures d’année en année. Mais le suivi et l’entretien des ruches nécessitent énormément. Or, ce n’est pas mon activité principale ».

Insectes très intelligents

Marcel Jupiter travaille dans le bâtiment. Mais l’apiculture reste sa grande passion. « J’apprends tous les jours. Les abeilles sont des insectes très intelligents. Elles sont capables de reconnaître les gens et les couleurs ».

Si les abeilles sauvages et domestiques, comme celles de l’apiculteur, jouent un rôle indispensable dans la production mondiale alimentaire, elles sont en voie de disparition. Elles sont victimes de substances chimiques et phytosanitaires, mais aussi du frelon asiatique ou d’autres parasites comme le varroa. « Cela ne date pas d’aujourd’hui mais le mal est prégnant. J’ai perdu presque toute ma production il y a deux ans à cause des frelons asiatiques. C’est un redoutable prédateur qui provoque d’importants dégâts sur les ruchers notamment par le stress qu’il engendre sur les colonies. Il est responsable d’une atteinte forte de la biodiversité du fait de la prédation qu’il exerce sur une grande diversité d’insectes : abeilles, mouches, papillons, araignées…

C’est un gros souci. Beaucoup de choses sont dites mais peu de choses sont faites. Il existe un grand vide juridique autour du traitement du frelon asiatique. Cela n’est pas à prendre à la légère car il tue près d’une dizaine de personnes en France par an ».

Réseau de référents

En cas de présence d’un nid de frelons asiatiques à proximité de votre domicile, il est important de faire appel à un professionnel. Le département travaille à la mise en place d’un dispositif de surveillance et de lutte, avec la mise en place d’un réseau de référents, comme cela existe dans d’autres départements. Car il n’existe pas de piégeage sélectif et efficace. Les actions visent surtout à repérer et détruire les nids au cours de l’été et de l’automne, avant la sortie des fondatrices. Elles contribuent ainsi à maintenir la population de frelons asiatiques à un niveau acceptable et à garantir la sécurité des populations.

Aujourd’hui, le Montgeronnais cherche de nouveaux emplacements pour installer de nouvelles ruches. Cette année, il a installé une ruche et une ruchette* à proximité du moulin de Senlis à Montgeron, avec l’accord de la Communauté d’agglomération Val d’Yerres Val de Seine.

Ruchette : elle présente les mêmes caractéristiques que la ruche mais avec des proportions plus réduites. Elle permet d’élargir la colonie et d’élever des essaims de façon artificielle ou de servir de ruche de transition au cours du renouvellement de la reine.

  • Marcel Jupiter
  • Marcelmiel972@gmail.com
  • 06.63.87.16.41

Quelques chiffres sur les abeilles

  • Une butineuse en un vol visite 20 à 300 fleurs en 15 à 30mn, parcourant 1km en moyenne et récolte. Elle fait entre 10 et 15 voyages par jour.
    Toutes les abeilles d’une ruche ne sont pas butineuses, une forte colonie fournit entre 10 000 et 15 000 butineuses.
    Par jour, une colonie peut visiter entre 2 et 30 millions de fleurs ! Une abeille pèse à vide 80mg, sa charge maximale est de 70mg, c’est pratiquement son propre poids.
  • Elle vole à 7,5 m/s (à vide) et à 6,5 m/s (chargée) soit entre 27 km/h et 23 km/h.
  • Les abeilles rendent possible 76% de la production agricole mondiale soit l’équivalent de plus de 150 milliards d’euros.
  • Une reine (une seule par ruche) peut vivre 5 ans (beaucoup moins maintenant avec les produits phytopharmaceutiques répandus dans les champs) et pond jusqu’à 2000 œufs par jour.
  • Une abeille vit entre 5 et 6 mois l’hiver mais uniquement entre 5 et 6 semaines si elle nait au printemps ou au cours de l’été.
  • Au cours de sa courte vie, l’abeille va avoir 7 métiers différents, elle commencera comme nettoyeuse pour finir butineuse. Entre temps, elle sera nourrice, assistante de la reine, cirière, ventileuse et gardienne.

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