« La nature, c’est un état d’esprit. »

Publié le 30 septembre 2016

Pablo Carrion, responsable de la Maison de l'environnement Val d'Yerres Val de Seine, à Montgeron. Septembre 2016

« Quand j’avais 7 ans, j’attrapais les guêpes avec deux doigts pour les observer de près. » Depuis, Pablo Carrion n’a jamais cessé de scruter la nature pour mieux la comprendre. Responsable de la Maison de l’environnement de la Communauté d’agglomération Val d’Yerres Val de Seine depuis son inauguration en 2009, il s’efforce jour après jour de transmettre sa passion aux adultes comme aux enfants.

Sorties nature, ateliers compost, interventions auprès d’écoliers, fête du fruit, conférences… A la tête de la Maison de l’environnement, Pablo Carrion n’a pas le temps de s’ennuyer. Le rôle de cette structure : faire découvrir la nature au grand public et le sensibiliser au respect de l’environnement. Une éducation qui, selon lui, ne doit pas se résumer à des prescriptions. « Sinon, les gens vont appliquer les bons gestes mais de façon automatique. En leur expliquant le pourquoi, les incidences et les effets plus larges de telle ou telle action, j’essaie de les inciter à se poser des questions pour qu’ils deviennent des éco-citoyens autonomes. » Une éducation qui passe aussi par le terrain et par le contact direct. « Lors des sorties scolaires, je propose souvent aux enfants de toucher l’écorce des arbres, de sentir l’humus pour leur faire comprendre qu’ils sont des êtres vivants et sensibles dans cet environnement lui-même vivant et sensible. »

Plus qu’un métier, l’éducation à la nature est pour lui « un état d’esprit, une attitude » qu’il cultive depuis toujours. « J’ai su très tôt que je voulais étudier la biologie à l’université. Mais je ne me voyais pas pour autant chercheur. J’avais besoin d’être davantage sur le terrain que dans un laboratoire. » Le plaisir de transmettre est venu ensuite, lorsqu’il a commencé à travailler dans la vulgarisation scientifique. « Aujourd’hui, j’ai la chance de vivre un métier en phase avec ma passion et ma façon de voir le monde. » Intéressé par la faune et la flore en général, Pablo Carrion est surtout un mordu d’oiseaux. « J’ai accumulé beaucoup de livres d’ornithologie et je sors souvent pour les observer. A leur chant, j’arrive à savoir de quelle espèce locale il s’agit. »

Savourer l’instant présent

Au fil du temps, son cheminement scientifique et technique est aussi devenu philosophique. « Mon travail ne doit pas seulement consister à observer, décrire, expliquer. J’essaie aussi modestement de poser la question du sens de la vie, d’amener les gens à réfléchir à leur rapport à l’environnement, aux êtres vivants et à la place de la nature dans notre société. » A la frénésie de la vie moderne et aux multiples sollicitations quotidiennes, Pablo Carrion oppose ainsi le recul, la réflexion, le goût de l’instant et du lieu. « Nous avons souvent l’outrecuidance de vouloir nous extraire du temps pour tout voir, tout faire, tout entendre, tout lire. Il faut apprendre à se poser, à regarder les choses sous un autre angle. C’est aussi cela l’objectif des sorties nature. »

La récente fusion des communautés d’agglomération Sénart Val de Seine et Val d’Yerres a élargi sa zone d’intervention, passée de 3 à 9 communes. De quoi réjouir ce passionné, qui a déjà en germes de nouvelles idées d’animations mêlant nature… et philosophie !

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