Objectif : « baignade en Seine »

Objectif : « baignade en Seine »

Publié le 18 octobre 2018

La Seine à Paris devrait être rendue à la baignade en 2025, en 26 endroits dédiés. L’Agence de l’Eau Seine-Normandie et le département de l’Essonne accompagnent cet objectif sur leurs territoires de compétence, avec le concours de nombreux partenaires, dont le SyAGE.

Aux Jeux olympiques de 2024, les épreuves de nage en eau libre et de triathlon devraient se dérouler dans la Seine. Un an plus tard, le fleuve parisien devrait être rouvert à la baignade en 26 endroits dédiés et gérés par des structures privées, comme il l’était dans la capitale jusqu’en 1923 ou même les années 60 dans des villes comme Corbeil-Essonnes (photo) ou Draveil. Un plan compris entre 1,2 et 1,4 milliard d’euros pour atteindre cet objectif, mené par la Ville de Paris, la métropole et l’Etat, a été dévoilé aujourd’hui par Les Echos. Il comprend notamment la modernisation des stations d’épuration de Valenton et Noisy; la vérification et la mise en conformité des canalisations des eaux usées de 35.000 particuliers; des créations de retenues pluviales et opérations de désimperméabilisation, à réaliser par les collectivités métropolitaines; l’interdiction pour les péniches des rejets dans le fleuve. « L’objectif du « Bon état » écologique de la rivière, prescrit par l’Union européenne, devra être atteint pour cet objectif de baignade », analyse Sabine Fourel, responsable du pôle Perspective et Bilan du SyAGE. Si la Seine est actuellement interdite à la baignade à Paris, c’est notamment parce qu’elle est polluée par des bactéries entérocoques, marqueurs des matières fécales, particulièrement lorsque de fortes pluies dégradent la qualité de l’eau à cause des ruissellements et de la saturation des réseaux d’assainissement. C’est ce qui s’était passé en 2017 dans le bassin de la Villette, où trois structures installées pour la baignade ont dû être fermées une journée à cause d’un taux de bactéries supérieur aux normes. La Marne, elle, devrait être rendue à la baignade en 2022, en vertu de ce même plan d’action.

Poursuivre au-delà de la petite couronne
Ce projet initié sur le territoire de la métropole parisienne, les élus du Conseil départemental de l’Essonne ont souhaité poursuivre cette démarche sur le linéaire essonnien en amont du Val de Marne. Lancé le 14 juin dernier, le plan d’action a débuté par une campagne de mesures en cinq endroits, dont deux à Draveil, pour améliorer la connaissance de la qualité bactériologique de la Seine en Essonne. « A partir de septembre, deux comités techniques vont être lancés », explique Amandine Luez, chef de secteur Eau Potable Assainissement du conseil départemental. Le premier travaillera sur l’amélioration de la qualité bactériologique de la Seine. Le second devra proposer des sites de baignade, qui seront portés par des communes ou intercommunalités. A ce stade, les communes de Corbeil-Essonne, Ris-Orangis et L’Etablissement Public Territorial Grand Orly Seine Bièvre, notamment, ont manifesté leur intérêt. « Il n’est pas prévu de proposer des baignades libres en dehors de zones bien définies et surveillées », souligne Amandine Luez. Et le temps presse puisqu’ « avant d’ouvrir un site de baignade, la règlementation impose la réalisation d’un profil de baignade qui demande idéalement un suivi de la qualité de l’eau sur quatre ans ».

Amandine Luez, chef du secteur Eau Potable Assainissement du conseil départemental de l’Essonne, est engagée dans ce plan d’action.

Le SyAGE partie prenante
Le SyAGE participe à ces efforts. Si l’Yerres n’est pas concernée directement par le projet de baignade, le cours d’eau est intimement lié au projet en tant qu’affluent de la Seine. « L’apport principal d’eaux pluviales d’une grande partie du territoire syndical rejoint la Seine via l’Yerres et ses affluents à la confluence, explique Eric Chalaux, directeur général adjoint du SyAGE. La qualité de la rivière est suivie en continu au pont d’Yerres à Villeneuve-Saint-Georges et la majorité des gros rejets est équipée de dispositifs de traitement (dépollueurs télé-surveillés) sur les communes de l’Essonne et du Val-de-Marne. » Les efforts du syndicat porteront sur la mise en conformité des branchements des particuliers et sur le traitement des eaux de ruissellement, particulièrement à Vigneux-sur-Seine, où les flux des eaux pluviales rejoignent la Seine via des anciennes Sablières comme le Port aux Anglais (darse Pierre Marin) ou Montalbot. « C’est sur ces deux secteurs que le SyAGE étudie les futures solutions de traitement des eaux pluviales et portera le plus d’efforts en matière de travaux de dépollution d’ici 2024, opérations qui devraient bénéficier d’aides de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie et du conseil départemental de l’Essonne », précise Eric Chalaux.
« Les collectivités gestionnaires de l’assainissement et des affluents de la Seine, dont le SyAGE, sont des interlocuteurs essentiels à la réussite de cette démarche, conclut Amandine Luez. L’idée n’est pas de faire un plan d’action général mais de déterminer les actions par bassin versant en amont d’un site de baignade. Et rien ne peut remplacer la connaissance fine du terrain des acteurs de l’assainissement. »

Photo du haut : La baignade de Corbeil-Essonnes – Collection Mémoire et Patrimoine Vivant – Photo Claude Breteau – Traitement numérique Jean-Pierre Bientz.

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