Le partage de l’eau

Publié le 17 mars 2017

Blog_Saint-Louis-du-Sénégal

Les ressources en eau sont souvent transfrontalières et si elles peuvent être sources de conflits, de nombreux Etats empruntent aujourd’hui la voie de la coopération…

Nous avions consacré un précédent numéro de notre magazine à la « guerre de l’eau » tant sont nombreux les conflits – politiques voire militaires – qui ont pour cause première l’accès ou la maîtrise de la ressource hydrique. Ces tensions s’expliquent par le fait que sur les 197 pays que compte la planète, 9 d’entre eux contrôlent 60% des ressources en eau.

Si les inquiétudes liées au réchauffement climatique ont pu exacerber certains de ces conflits, elles ont également favorisé des prises de conscience qui ont débouché sur des approches beaucoup plus pacifiques de la problématique de l’eau.

Dans de nombreuses régions du monde, on a vu apparaître des organisations supra-étatiques qui œuvrent à développer des principes de gestion intégrée par bassin. C’est au fond la même approche que celle du SyAGE.

Eau, paix, sécurité…

C’est pour pouvoir offrir à leurs citoyens ces trois éléments, qui constituent le socle de base d’une vie décente, que de nombreux pays ont décidé de surmonter leurs éventuels différends pour construire des démarches coopératives de développement.

On peut par exemple citer l’OMVS (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal) qui regroupe le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée et dont les objectifs sont à la fois ambitieux et variés : construction de barrage, stockage de la ressource, lutte contre la salinisation, irrigation, modernisation des réseaux de transport et limitation du gaspillage dû aux fuites, etc…

Déconflictualiser la question de l’eau

Même au Moyen-Orient – qui reste pourtant une véritable poudrière militaire et diplomatique – les experts israéliens et palestiniens qui discutent du volet « eau » lors des négociations israélo-palestiniennes ont tenté d’exclure la question de l’eau des conflits armés, tâchant d’apporter une réponse plus technique que politique à cette problématique vitale pour les deux protagonistes : désalinisation de la mer, réduction des pertes d’eau, projet de canal entre la mer Morte et la mer Rouge… Malheureusement, l’eau reste un puissant levier de pression dans ce conflit.

Une telle attitude est le seul choix rationnel possible dans la mesure où, à l’intérieur d’un même ensemble hydrographique, l’adoption d’une approche locale est une absurdité. Comme nous l’avons souvent dit dans ces colonnes à propos du SyAGE et de l’intercommunalité : l’eau ne connaît pas les frontières humaines et obéit à sa propre logique qui est globale et systémique.

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