Pour avoir l’alarme à l’œil

Pour avoir l’alarme à l’œil

Publié le 5 juin 2018

Elles seront sept et permettront de mieux prévenir les inondations et les habitants. Des stations de mesure hydraulique vont être installées sur les affluents de l’Yerres.

L’Yvron dans son lit, avant la crue (voir photo dessous)

Yvron, Visandre, Avon, Marsange, Bréon, Barbançonne, Beuvron et Réveillon. Voici les noms des affluents de l’Yerres. Ces petits cours d’eau cachent parfois bien leur jeu. Et ont une influence sur les crues que l’on ne soupçonne pas toujours. Ainsi, l’Yvron, qui ne dépasse habituellement pas 1,5 mètre de large, s’est étendu pendant la crue de janvier 2018 au point de prendre quasiment la taille… de la Seine ! D’un point de vue général, « les affluents contribuent de façon importante aux crues de l’Yerres », note Alexia Giroud, animatrice Papi au sein du SyAGE. C’est dans le cadre du Papi (programme d’actions de prévention des inondations) que des stations de mesure hydraulique (elles mesureront le débit et le niveau d’eau) vont être installées aux confluences de l’Yerres et de ses affluents (excepté le ru de Beuvron, particulièrement petit). « Suffisamment en amont des confluences, pour que les équipements ne se trouvent pas sous l’influence directe des éventuelles remontées de l’Yerres », précise Olivier Delécluse, chef du service Télégestion et Traitement des Informations. En plus de ces stations, quatre nouveaux équipements seront installés sur l’Yerres (portant le nombre total de stations sur ce cours d’eau à quinze) et un autre sur la Ménagerie, un affluent du Réveillon. Les données seront transmises directement au SyAGE en quasi temps réel et permettront de mieux connaître comment les affluents contribuent aux crues de l’Yerres.
Mieux connaître pour mieux prévenir
« Le but de ces installations est d’acquérir des connaissances sur la formation et la propagation des crues », souligne Olivier Delécluse. Car en dehors de modèles mathématiques théoriques, on ne connaît pas réellement la manière dont se comportent ces cours d’eau et, surtout, leur influence sur la crue de l’Yerres. « Le connaître nous permettra d’anticiper ce qui se passera ensuite à l’aval, reprend Alexia Giroud. Aujourd’hui, nous avons plusieurs stations sur l’Yerres. Lorsque le niveau d’eau dépasse un certain seuil sur celle de Courtomer, par exemple, nous savons que l’onde de crue mettra environ 24 h pour arriver à Boussy-Saint-Antoine. Avec ces nouvelles stations, nous aurons plus de données pour évaluer les crues de l’Yerres et nous aurons plus de temps pour prendre des mesures de régulation et prévenir l’Etat, les maires et les habitants avec la diffusion de bulletins d’alerte car certaines stations seront très en amont de la rivière. » « Idéalement, et dans un futur plus lointain, le but est également d’alimenter un modèle dynamique de prévision des crues et des inondations et d’étendre le Siryac* », complète Olivier Delécluse.

L’Yvron peut s’étendre de façon spectaculaire en cas de crue, ici en 2016.

Outre ce gain de temps et d’information sur les crues, les données des stations de mesure pourraient également être une source d’évolution de la réglementation urbanistique. D’autre part, le SyAGE, qui s’occupera de l’installation et de l’entretien de tous ces équipements, va également installer neuf pluviomètres et sept piézomètres (mesure des nappes), qui permettront encore d’affiner les prévisions de crues en fonction des précipitations mais aussi de la saturation des nappes. Enfin, il est prévu d’équiper, en amont, les huit cours d’eau avec des échelles limnimétriques, dont les données seront relevées à des échéances à définir par des acteurs locaux, les « sentinelles », sur la base du volontariat et du bénévolat.
Le calendrier de réalisation et la localisation de ces différents équipements se précisent et l’enveloppe budgétaire devrait s’établir aux alentours de 650 000 euros HT, dont 80 % devraient être pris en charge par l’Etat (50 %), via le Fonds Barnier, et par les départements de Seine-et-Marne et de l’Essonne. Quant au calendrier, une fois le dossier validé et les marchés publics attribués, les constructions pourraient débuter en 2019, en trois phases d’une année. La première concernera l’installation des pluviomètres ; la seconde les stations sur l’Yerres, pour terminer par l’implantation des stations sur les affluents et des piézomètres.
*Siryac est le service d’information sur les crues du Syage. Il est gratuit. On peut s’y abonner sur le site www.syage.org

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