Des problèmes solubles dans l’eau

Publié le 11 avril 2017

Photo : @Nasa

Qu’elle se manifeste dans nos vies par l’excès ou au contraire par la pénurie, la question de l’eau va devenir un des enjeux majeurs du XXIe siècle. Mais si elle nous pose déjà de nombreux problèmes, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Tour d’horizon…

Comme tous les ans, le 22 mars sera la journée mondiale de l’eau. Encore une journée mondiale, direz-vous. Elles sont nombreuses en effet et les thématiques en sont parfois cocasses ou peu mobilisatrices. En ce qui concerne l’eau, certains d’entre vous s’étonneront peut-être que l’ONU consacre un tel évènement à un élément somme toute banal et si répandu sur notre belle planète bleue.

Quand on vit en France, notamment – pays si riche en ressource hydrologique – on peut s’interroger sur le bien-fondé d’une telle journée : notre contrée est verdoyante, bien arrosée, naturellement irriguée et notre réseau d’eau potable ferait envie à bien des nations. Alors à quoi bon ? Où est le problème ?

L’eau n’a pas de frontière

Pour bien comprendre le sens d’une journée mondiale de l’eau, il est essentiel de se remémorer que cet élément a pour caractéristique principale d’obéir à des cycles vastes et complexes qui conduiront la plus humble goutte d’eau à parcourir des distances considérables et ce durant des périodes de temps tout aussi considérables.

En d’autres termes, nous ne sommes pas propriétaires des réserves d’eau présentes sur notre territoire : elles viennent d’ailleurs et y retourneront quand elles auront achevé la partie du cycle qui les fait transiter par notre pays.

Dans cette optique, il est évident que l’eau ne peut être gérée dans une logique purement locale et qu’elle nécessite au contraire une vision systémique, globale et transfrontalière.

L’aqua simplex n’est pas si simple

On le voit bien, l’eau est une thématique complexe qu’il est nécessaire d’appréhender sous des angles variés : hydrologie, économie, politique, écologie, etc. La mondialisation des enjeux et les phénomènes liés au réchauffement climatique ne font que confirmer cette nécessité.

Aristote disait naguère que tous les problèmes provenaient du manque ou de l’excès d’un élément donné et il en va de même pour l’eau. Quand elle manque, c’est la sècheresse et son cortège de misère mais quand elle déborde, c’est la catastrophe : crue, inondation, tsunami… Bien sûr, ces phénomènes naturels ont toujours existé, mais il semble bien que les modifications environnementales liées à l’activité humaine les aient multipliés et amplifiés. Pire encore, la fonte des glaces polaires menace d’engloutissement des pans entiers de territoires côtiers traditionnellement très peuplés.

Phénomènes naturels, conséquences politiques…

Outre les drames humains que ces modifications vont entraîner, il y a fort à parier que ces bouleversements s’accompagneront de soubresauts politiques ou de tensions internationales. La prise en charge des futurs réfugiés climatiques, la gestion des ressources hydrique dans les zones arides ou bien encore le non-respect des accords internationaux sur le climat entraîneront forcément de différends dont on ne peut qu’espérer qu’ils se résoudront de façon pacifique.

En filigrane de ces problématiques politiques, on distingue LA grande question de l’eau, une question autant philosophique qu’économique : l’eau appartient-elle à quelqu’un ou est-elle un bien commun ?

La plupart des Etats y ont répondu en affirmant que l’eau n’appartient à personne et que son accès doit être, autant que faire se peut, garanti à tout le monde. Mais la question de la privatisation de l’eau est néanmoins régulièrement soulevée et le statut de « bien commun de la Nation » que l’article premier de la Loi sur l’Eau lui garantit en France devra sans doute être âprement défendu contre les tenants d’une marchandisation généralisée de la planète.

Une eau inépuisable mais pas toujours accessible

Si les quantités d’eau présente sur la planète sont absolument colossales, il s’agit là d’une abondance trompeuse et faussement rassurante. En effet, l’eau douce disponible ne représente que 0.7% de l’eau présente sur Terre et de plus, cette eau n’est pas également répartie à la surface du Globe. De plus, cette eau étant de plus en plus polluée ou gaspillée, son acheminement et son traitement deviennent de plus en plus couteux. La gestion quantitative et qualitative de l’eau devient donc une priorité, y compris pour des pays comme la France, pourtant favorisée en matière de ressource hydrique.

Face à cette multiplication des périls et des difficultés, on assiste heureusement à une prise de conscience générale et à une véritable coalition des bonnes volontés tant sur le plan local (Syndicat de rivière, établissements publics de bassin, agences de l’eau) que sur le plan international (conférences sur le climat, coopération internationale, organismes supra-étatiques).

Faire d’un principe une réalité

S’il est vrai que l’eau appartient à tous, il est indispensable que ce principe généreux devienne une réalité effective. Pour ce faire, deux objectifs devront être atteints : préserver la ressource en eau pour la léguer aux générations futures ; permettre à tout être humain, où qu’il soit, d’accéder à cette précieuse ressource.

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