Renaturation de l’Yerres : abaissement du barrage de Céravennes

Renaturation de l’Yerres : abaissement du barrage de Céravennes

Publié le 20 avril 2021

 

La commune de Yerres et le SyAGE vont procéder à l’abaissement provisoire du barrage de Céravennes dans le courant du printemps. L’ouvrage sera abaissé progressivement de 20 cm par semaine pendant un mois. L’objectif de l’abaissement est double : restaurer la continuité écologique et sembellir l’île Panchout.

Préambule

Redonner un fonctionnement naturel à l’Yerres et à ses affluents (notamment le Réveillon), la rendre plus vivante, c’est l’objectif que s’est donné le Syndicat Mixte pour l’Assainissement et la Gestion des Eaux du bassin versant de l’Yerres (SyAGE) pour les années à venir à travers son projet de « renaturation des cours d’eau ».

Avec la présence d’ouvrages en travers des cours d’eau, l’eau stagne dans de multiples « réservoirs » que constituent les biefs (portion de rivière comprise entre deux ouvrages) dans lesquels la rivière ne s’oxygène plus, la vase s’accumule, l’eau se réchauffe entrainant des proliférations d’algues, des odeurs ; la flore s’y banalise, les habitats aquatiques s’appauvrissent.

Or, une rivière plus vivante, plus naturelle, est une rivière où s’alternent des eaux turbulentes, courantes ou plus stagnantes, une rivière de profondeur et de largeur variables qui charrie toutes sortes de sédiments offrant une diversité d’habitats à la faune, une rivière aux berges naturelles qui permettent les débordements lors des crues naturelles du cours d’eau.

Une rivière vivante est une rivière oxygénée, de bonne qualité grâce à l’autoépuration, sans stagnation d’eau, sans réchauffement important, ni prolifération excessive d’algues.

Il est donc primordial de remédier à ces situations en procédant à des actions de renaturation de cours d’eau, lesquelles s’appuient sur les principes de restauration des continuités écologiques, c’est-à-dire la suppression des obstacles transversaux et longitudinaux situés dans le lit mineur.

Cet objectif de renaturation des cours d’eau permet ainsi de respecter les objectifs d’atteinte du bon état écologique pour 2027 (suite à dérogation), conformément à la Directive Cadre sur l’Eau transposée en droit français.

La renaturation des cours d’eau sur la commune d’Yerres

Les ouvrages présents sur la commune de Yerres

Trois ouvrages contribuent à la régulation de la ligne d’eau de la rivière sur la commune de Yerres : le barrage de Chalandray, le barrage de Céravennes et le barrage de l’Abbaye (de manière restreinte en terme de linéaire de territoire communal impacté).

Le SyAGE a, depuis 2013, lancé plusieurs études successives, notamment hydrauliques, permettant de mieux appréhender le fonctionnement de la rivière avec et sans ouvrage (seuils, barrages, vannes…). Ces études incluent les trois ouvrages cités précédemment.

Le barrage de Céravennes, dont la zone d’influence s’étend sur 500 mètres en amont du barrage (figure ci-dessous), apparaît comme l’ouvrage pour lequel l’effacement s’avère le plus aisé à mettre en place du fait d’une hauteur de chute très limitée (80 cm). C’est pourquoi le SyAGE souhaite lancer la démarche dès à présent.

Les enjeux sur le secteur du barrage de Céravennes

Les études théoriques réalisées sur le secteur depuis 2013 ont permis de mettre en évidence que l’abaissement de la ligne d’eau, suite à l’abaissement du barrage, entraineraient les évolutions suivantes :

  • Les futures hauteurs d’eau seront de 25 cm à 1 m sauf sur le plan d’eau de la Fausse Rivière où les hauteurs d’eau seront nulles. A noter que ces hauteurs d’eau s’entendent comme des niveaux extrêmes, lors des périodes de débit minimum du cours d’eau = étiage sévère),

 

  • Les enjeux principaux identifiés sont :
    • L’envasement plus marqué du plan d’eau de la Fausse Rivière visible en permanence et le danger (=risque d’enlisement) que cela peut entraîner,
    • L’impact sur les berges de parcelles privées qui correspondent à des fonds de jardin. Ici, l’enjeu est très faible car les habitations sont situées en retrait de la berge (plusieurs mètres). Toutefois, une concertation sera nécessaire et le projet doit être l’occasion de supprimer des confortements de berge parfois sommaires. A ce sujet, l’article L215-14 du code de l’environnement stipule que « le propriétaire riverain est tenu à un entretien régulier. L’entretien régulier a pour objet de maintenir le cours d’eau dans son profil d’équilibre, de permettre l’écoulement naturel des eaux et de contribuer à son bon état écologique ou, le cas échéant, à son bon potentiel écologique, notamment par enlèvement des embâcles, débris et atterrissements, flottants ou non, par élagage ou recépage de la végétation des rives. » Cet entretien ne fait pas l’objet actuellement de financement de la part du SyAGE.
    • Les berges maçonnées de la clinique privée du Val d’Yerres qui nécessiteront une surveillance particulière pour identifier d’éventuelles fissures. Toutefois le risque s’avère minime car, à cet endroit, la ligne d’eau ne s’abaissera pas, le secteur étant déjà en cours de comblement.

Concernant plus particulièrement les berges privées, 11 parcelles privées sont concernées par l’abaissement de la ligne d’eau, représentant environ 340 ml de berges et localisées sur la carte ci-dessous, en rouge.

 

Concernant les éventuels effondrements de berges mal entretenues, il est précisé que l’entretien est à réaliser par les propriétaires mais que cela n’exonère pas le SyAGE EPAGE de l’Yerres de sa responsabilité du fait de l’abaissement. Dans ce cadre, il serait bon de faire parvenir un courrier d’information aux propriétaires privés et de leur rappeler leurs obligations.

La conséquence la plus visible de l’abaissement du barrage de Céravennes s’observera donc sur le plan d’eau de la Fausse Rivière puisque le «toit des sédiments» sera alors exondé. En effet, il est confirmé que ce secteur, créé ex-nihilo, continue d’évoluer et se referme naturellement. Son curage, évoqué un temps, dont le principe même d’extraction des sédiments est interdit par la réglementation, ne permet pas de répondre à la problématique sur le long terme puisque les sédiments continueraient à s’accumuler.

 

Le déroulement du projet : la mise en place d’un protocole

Avant de procéder à un abaissement définitif du barrage, le SyAGE EPAGE de l’Yerres et la commune de Yerres se sont mis d’accord sur la réalisation d’un abaissement provisoire dont l’objectif est de confirmer les hypothèses émises précédemment et ajuster les travaux nécessaires à une amélioration optimisée de la qualité paysagère du site.

Le test d’abaissement aura notamment pour objectif d’observer de façon dynamique le comportement hydraulique des bras sous influence de l’ouvrage régulateur, sur un mois voire plusieurs mois, afin d’évaluer son potentiel de résilience et de tirer des hypothèses de restauration à moyen terme.

A cet effet, un protocole expérimental a été rédigé permettant de définir les modalités de réalisation de ce test.

Les modalités du test

Le principe technique de l’abaissement

La présence de clapets régulateurs sur le barrage de Céravennes permet de procéder à un abaissement progressif de la ligne d’eau. Cet abaissement progressif, à raison de 20 cm par semaine, permet d’envisager l’effacement total de l’ouvrage en 4 semaines après le démarrage du test.

Durant ces 4 semaines, les équipes techniques du SyAGE EPAGE de l’Yerres procèderont à des visites de terrain hebdomadaires afin de surveiller les évolutions du milieu et signaler tout « dysfonctionnement », tel qu’une chute d’arbre ou un effondrement de berge.

Chaque dysfonctionnement sera répertorié et classifié. Une main courante sera ouverte pour synthétiser toutes les observations, les appels de riverain ou de la commune, etc…

Dans le cas d’un dysfonctionnement jugé grave, le test d’abaissement pourra être immédiatement stoppé pour revenir à la situation initiale du barrage.

Dans ce cas, la remontée totale du barrage sera effectuée selon un protocole inverse, en plusieurs paliers, et sur une durée ne dépassant pas deux semaines

Les préalables au démarrage du test

Plusieurs préalables sont nécessaires :

  • La réalisation d’un constat d’huissier qui permet de disposer d’un état zéro du site avant abaissement, et servira ainsi de support, en cas de besoin, pour régler certains litiges (effondrement de berges, déracinement d’arbre…). Un premier constat d’huissier avait été réalisé le 28 février 2019, mais il devra être effectué de nouveau.
  • La réalisation de diagnostics préalables. Notamment, une inspection subaquatique a été réalisée entre le 22 et le 24 janvier 2019 mettant en évidence
    120 ml de berges jugées à risque soit 36 % des berges (dont un mur de soutènement de
    20 ml appartenant à la commune de Yerres). Aucun risque humain n’a été identifié car lesdites berges privées concernent des fonds de jardin. Les parcelles concernées plus spécifiquement sont AM346, AM603, AM683, AM139, AM538.

Report du test d’abaissement à l’automne 2021

Initialement prévu à la mi-mai, ce test débutera finalement le 6 septembre 2021. En effet, après consultation de la fédération de pêche de l’Essonne, il s’avère que certaines espèces de poisson connaissent une période de fraie s’étendant jusqu’à la fin juin et que celle-ci pourrait être perturbée par ce test d’abaissement. L’été et la période d’étiage que les météorologues nous annoncent comme particulièrement sévère cette année, n’étant pas non plus favorable à un début d’abaissement, il a finalement été décidé d’attendre la fin de l’été pour démarrer ce test.  

Vous trouverez plus d’information sur notre exposition virtuelle : https://framevr.io/renaturation-yerres

 

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