Renaturation : les élus se nourrissent de l’exemple de la Mérantaise

Renaturation : les élus se nourrissent de l’exemple de la Mérantaise

Publié le 23 novembre 2017

Le 21 novembre, une délégation composée d’élus et de représentants de communes membres du SyAGE * ont effectué une visite sur le terrain de l’opération de renaturation de la Mérantaise, un affluent de l’Yvette. Ils étaient accompagnés par Marie-Pierre Pinon, chargée d’opération rivière à l’Agence de l’eau Seine-Normandie, et d’agents du syndicat, à l’origine de la visite. Cette renaturation exemplaire, effectuée par le Siahvy en 2014 et 2015, a concerné une portion de 1,5 kilomètre de la rivière, située notamment dans le centre-ville de Gif-sur-Yvette.

« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » C’est avec cette citation attribuée à Antoine de Saint-Exupéry que Michel Barret (ci-contre), président du Siavhy, a souligné l’importance de la renaturation des rivières. « Aujourd’hui, nous ne lançons plus aucun chantier qui ne corresponde pas à cet enjeu », soulignait l’élu. L’objectif de la renaturation, référencée dans la Directive cadre sur l’eau de l’Union européenne en l’an 2000, est de redonner la vie aux cours d’eau et améliorer la biodiversité, en facilitant notamment le transport des sédiments et la circulation des poissons par l’intermédiaire de la suppression des obstacles construits par l’homme. Des travaux qui passent parfois par un reméandrage (changement de tracé) de la rivière, comme dans le cas de la Mérantaise, et nécessitent surtout une importante concertation avec les riverains. « Il s’agit de conjuguer l’intérêt général et les intérêts privés », reprenait le président du Siahvy. Car la peur de l’inconnue, les changements esthétiques de la rivière, la baisse de la hauteur d’eau et l’abattage d’arbres ont pu générer inquiétudes et méfiance. Sans compter les « aléas » (erreur du cadastre, découverte d’une pollution…) et les exigences réglementaires.

Mais « le bon sens a pris le dessus », comme l’indiquait Jérôme Rozanski (ci-contre), chef du service milieux naturels du Siahvy. Le porteur du projet de renaturation a décliné les travaux qui ont été effectués. Notamment ceux destinés à « rattraper » les neuf mètres de dénivelés maintenus par des ouvrages qui donnaient à la rivière un « faciès d’étang », favorisaient la vase, les moustiques et ne proposaient qu’une biodiversité limitée dans ces milieux fermés. L’ensemble de ces travaux, effectués pour un coût de 4,5 millions d’euros HT, financés à 80 % par l’Agence de l’eau Seine-Normandie, comprenait également une partie hydraulique de lutte contre les inondations. Preuve de l’efficacité des réalisations, le centre-ville de Gif-sur-Yvette a été l’un des rares secteurs à ne pas avoir subi d’inondation en juin 2016.

La prise en compte des aspects patrimoniaux été partie intégrante de la réalisation, comme sur le site de l’ancien lavoir ou du jardin botanique, sur les terrains du CNRS. La rivière, rendue au mouvement, produit dorénavant un chant d’eau vive appréciable et bénéficie du retour d’espèces végétales ou animales.  » Les habitations ont gagné quelques points de valeur, avait remarqué Michel Barret lors de la présentation. Et la mairie a profité des travaux pour raccorder certains bâtiments au réseau d’assainissement collectif. »

Le bilan apparaît donc très positif. Et l’entretien de la rivière après renaturation n’est pas plus important qu’avant, soulignait enfin Jérôme Rozanski.

A noter qu’avant la délégation invitée par le SyAGE, le Siahvy avait reçu, la semaine précédente, une visite de l’Union européenne représentée par des experts de neuf pays, venue étudier la renaturation de la Mérantaise.

La question de la renaturation des cours d’eau sera au sommaire du magazine du SyAGE, L’Eau, qui sera distribué dans les gares le 18 décembre et disponible dans toutes les mairies du bassin versant de l’Yerres et au siège du syndicat, à Montgeron, à partir de cette date.

* Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine, vice-président du SyAGE chargé de la rivière l’Yerres; Christine Cotte conseillère municipale de Boussy-Saint-Antoine chargée de l’environnement; Annie Fontgarnand, première adjointe au maire de Crosne en charge du développement durable; Michel Noël, conseiller municipal de Montgeron en charge des bâtiments, de la sécurité et de l’accessibilité et élu du SyAGE; Jacky Gérard, adjoint au maire de Quincy-sous-Sénart chargé des travaux et de la sécurité et vice-président de la Communauté d’agglomération du Val d’Yerres en charge des nuisances environnementales; Michel Pinjon, conseiller municipal de Villecresnes délégué aux subventions travaux et élu suppléant du SyAGE; Roger Davito, directeur des services techniques d’Yerres; Marc Chesnel, du service des espaces verts d’Yerres. Pour le SyAGE, étaient présents Laurence Doreau, Sandrine Lefort, Vincent Delecour, Jean-Baptiste Ferrero et Loïck Guesdon.

 

 

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