Rencontre avec Célia Blauel, Présidente d’Eau de Paris

Publié le 19 janvier 2015

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Crédits photos : Bruno Levy

 

 

Pour protéger la ressource en eau, il faut d’abord comprendre que cet élément nous relie plus qu’il ne nous sépare. Célia Blauel, Présidente d’Eau de Paris depuis le mois de juillet dernier, a très bien compris ce principe et le démontre régulièrement à travers les actions entreprises par Eau de Paris . Il nous en fallait pas plus pour aller à sa rencontre et dire avec elle : puisque l’eau est notre héritage commun, il faut lui donner ensemble le meilleur futur qu’il soit …

 

 

 

 

 

Les captages d’eau effectués par Eau de Paris peuvent avoir un effet sur l’état des rivières situées à l’aval, en période de sécheresse. C’est pour ça que votre structure suit au jour le jour l’état de ces rivières, et adapte ses prélèvements pour maintenir un niveau suffisant dans les cours d’eau.  Dans ce suivi des rivières, prenez-vous en compte toutes les problématiques liées à la structure des bassins versants dans lesquelles elles sont implantées (inondations, continuité piscicole et sédimentaire, etc.) ? Travaillez-vous en partenariat avec les Syndicats des rivières sur lesquelles vous effectuez vos suivis ?

 

Paris est alimenté pour moitié par des eaux souterraines prélevées dans 102 points de captage situés au sein de cinq départements, dans les environs de Sens (Aube et Yonne), de Provins et de Fontainebleau (Seine et Marne) au sud-est, de Dreux (Eure-et-Loir) et Verneuil-sur-Avre (Eure) à l’ouest, à une distance comprise entre 70 et 150 kilomètres de la capitale.

Globalement sur les vingt dernières années, les volumes prélevés dans les nappes souterraines ont été réduits de 30%. Cette réduction des prélèvements contribue à la préservation des milieux, sachant que les zones de captages de la régie sont constituées pour la plupart d’émergences naturelles, dont le prélèvement n’influence pas le niveau des nappes elles-mêmes. En outre, la régie dispose de restitutions dans les rivières, en continu, sur l’Avre et la Voulzie, à la demande sur les autres rivières, lorsque leur débit nécessite d’être soutenu.

 Eau de Paris participe d’ailleurs à deux études majeures en collaboration avec le BRGM afin de déterminer les débits biologiques minimum des rivières Avre, Vanne et Lunain. Ces études pourront conduire à affiner le dispositif de soutien d’étiage actuellement opérationnel.

 Dans la vallée de la Vanne, Eau de Paris utilise l’énergie hydraulique de la rivière Vanne pour relever les eaux captées vers l’aqueduc de la Vanne qui les transporte vers Paris. Elle a récemment aménagé une passe à poissons afin de rétablir la continuité piscicole de la rivière Vanne. Eau de Paris travaille également en partenariat avec le syndicat de la Voulzie qui module les restitutions pour les adapter au mieux à la situation hydraulique des 3 rivières concernées (Voulzie, Durteint, Dragon). Les prélèvements réalisés dans la région de Provins sont en effet compensés par un système de réalimentation des rivières locales à partir de la Seine.

 

Phyt’Eaux Cités est un plan de prévention des pollutions dans lequel Eau de Paris s’est engagée. Ce programme vise à sensibiliser les services communaux de voiries et espaces verts, pour les inciter à limiter l’emploi des produits phytosanitaires. Pensez-vous que la sensibilisation aux problématiques environnementales soit plus efficace que la stricte obligation ? Pourquoi ?

Faire de l’eau une composante essentielle de l’aménagement de notre territoire .

C’est bien parce que les mesures réglementaires ne sont pas suffisantes qu’il est aujourd’hui nécessaire de les compléter par des actions de sensibilisation des différents acteurs aux problématiques environnementales. C’est ce qu’a entrepris Eau de Paris en menant des actions volontaires et ambitieuses en matière de protection des ressources. Près de 140 agriculteurs travaillent avec Eau de Paris pour modifier leurs pratiques pour préserver la ressource en eau.

 Eau de Paris intervient depuis l’origine en 2007 dans le projet Phyt’Eaux Cités. Nous venons de renouveler notre partenariat pour la seconde phase du programme qui porte sur la période 2012-2015. Au total, 80 communes, 3 communautés d’agglomération et 1 université sont engagées dans cette phase 2 du projet Phyt’Eaux Cités qui représentent 76% du territoire visé.

 Eau de Paris participe à d’autres programmes de réduction de pesticides. Les résultats sont significatifs avec près de 1600 hectares convertis ou en cours de conversion à l’agriculture biologique dans la région de Sens. Eau de Paris participe également à l’action d’Aqui’Brie qui a permis la réduction de 80 % des pesticides utilisés par les commune sur l’aire d’alimentation des sources de la Voulzie. Des actions similaires sont également mises en œuvre sur l’aire d’alimentation des sources de la Vigne.

 

Eau de Paris a accompagné l’association Espaces, porteuse de la démarche, dans la préparation du contrat de bassin Seine-centrale urbaine. Quand et pourquoi est né le désir de s’engager dans le contrat de bassin Seine-centrale urbaine, et quel a été la nature de cet accompagnement ?

 

Nous travaillons depuis 2007 avec l’association Espaces dont l’objet est de proposer des emplois d’insertion à des personnes en difficulté et d’appliquer une gestion différenciée des espaces naturels urbains dans l’Ouest parisien. L’association a entretenu la passerelle de l’Avre qui abrite l’aqueduc de l’Avre dans sa traversée de la Seine reliant le bois de Boulogne à la commune de Saint-Cloud. Après trois années de chantier d’insertion, nous avons fait évoluer le partenariat vers une meilleure prise en compte des enjeux de préservation du milieu naturel.

 En 2012, l’association a proposé à la régie de s’associer au travail initié avec le CG 92, l’AESN et la région Ile-de-France, pour la rédaction d’une charte du territoire Plaines et coteaux de la Seine. Cette Charte constitue un engagement moral définissant des objectifs partagés entre les acteurs du territoire pour 5 ans. L’objectif était de faire de l’eau une composante essentielle ou centrale du développement soutenable et de l’aménagement du territoire et de sa gestion.

Les actions s’inscrivent dans la politique de la régie, qu’il s’agissent de la mise en place de plans de gestion écologique et de restauration des trames vertes et bleues et de gestion zéro phyto des installations de la régie, d’actions de sensibilisation conduites au Pavillon de l’eau, de réalisation de toitures végétalisées, de réhabilitation de réservoirs et de canalisations structurantes, de réalisation d’un puits à l’Albien dans le cadre du plan de secours régional ou du maintien du réseau d’eau non potable.

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