Renouée du Japon : lutte ancienne, méthode nouvelle

Renouée du Japon : lutte ancienne, méthode nouvelle

Publié le 5 décembre 2017

La renouée du Japon n’est pas la bienvenue sur les berges de l’Yerres et du Réveillon et une campagne de lutte contre cette espèce invasive vient de débuter à Brunoy, menée par le SyAGE. Cette espèce n’est en effet pas une invitée très respectable. Envahissante, ses racines peuvent descendre à plus de trois mètres sous la surface du sol, lui permettant de coloniser des linéaires importants de berge. Elle y impose ses massifs très denses et élimine les espèces indigènes, avec pour conséquence le recul de la biodiversité et l’encombrement du paysage. De plus, la renouée laisse en hiver le sol nu en surface, ce qui peut provoquer une érosion et une déstabilisation des berges.

Une méthode qui fait ses preuves

Le nouveau chantier de destruction de l’espèce, situé sur la berge d’un bras mort de l’Yerres, dans le parc Morel d’Arleux, a débuté depuis quelques jours. Il concerne un site de 300 m² de renouée. L’enjeu est de taille, tant la plante est difficile à éradiquer. Mais le SyAGE expérimente une nouvelle méthode, qui a fait ses preuves lors de la campagne de lutte en 2016 : la technique du criblage – concassage. Elle est plus rapide, nécessite moins de main d’œuvre que l’arrachage et n’utilise aucun produit phytosanitaire. Concrètement, un engin, muni d’un godet cribleur-concasseur, extrait et broie les matériaux qui constituent le sol, les rhizomes (tiges souterraines) de renouée étant les principaux visés, avant de les remettre sur place. « La technique permet d’abîmer les rhizomes suffisamment pour que les blessures s’infectent et que les racines meurent une fois remises en place, explique Vincent Delecour, du service Aménagement et Protection des Milieux du SyAGE. Par ailleurs, réaliser ces opérations en bord de rivière, dans un sol régulièrement saturé en eau, permet de diminuer la reprise des rhizomes de la plante. » Une fois le travail de criblage – concassage effectué, le sol est recouvert d’un textile naturel biodégradable, en coquilles de noix de coco broyées, puis de matériaux sains, propices à la revégétalisation. Cette opération est réalisée avec le partenariat financier du Département de l’Essonne.

Visite d’une délégation de Grand Paris Sud

Jeudi, une équipe du Grand Paris Sud (agglomération qui regroupe 24 communes sur l’Essonne et la Seine-et-Marne), menée par Dominique Sauvage, responsable des Espaces verts du secteur Centre Essonne, est venue visiter le chantier. « C’est la première fois que l’on vient observer cette technique, expliquait Dominique Sauvage. Sur notre territoire, la renoué a colonisé principalement des lits de rivière. Pour l’éliminer, nous procédons à des fauchages, quatre fois par an, voire plus. » Visiblement convaincue par l’expérience, la délégation pourrait mettre en pratique cette méthode, notamment sur leur grand projet de réaménagement du Cirque de l’Essonne.

Des campagnes depuis 2012

Pour sa part, le SyAGE a réalisé en 2012 une campagne de terrain qui a permis de localiser 45 sites de renouée genre Fallopia aux abords de l’Yerres, du Réveillon, de Villeneuve-Saint-Georges à Varennes-Jarcy. 5 580 m² avaient alors été relevés par le service Aménagement et Protection des Milieux du syndicat. S’en suivirent plusieurs campagnes destinées à « maîtriser » le développement de la plante. La première en 2012, par arrachage, confinement par la pose d’un géotextile et plantation (prunelier, cornouiller et aubépine) avait concerné deux stations à Montgeron et Villeneuve-Saint-Georges sur plus de 1 000 m². En 2013, une station de 120 m² avait été traitée toujours par arrachage, puis déblai des sols infestés et plantation (roseaux) à Yerres. En 2016, le site de 300 m² se trouvait à Yerres. Parallèlement, le SyAGE a développé depuis 2014 un partenariat avec l’association Abeilles Aides et Entraides, de Yerres, pour procéder à des arrachages réguliers sur des petites stations de 50 m².

 

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