Résilience, chapitre 1 : « Alexis »

Publié le 15 septembre 2014

Nous sommes fiers de vous présenter le premier épisode de « Résilience », fiction imaginée et écrite par le SyAGE.« Résilience » suit le parcours d’une galerie de personnages de la vallée de l’Yerres, dont l’inondation de mars 1978 a bouleversé l’existence .

 

La résidence des Thibaudières à Boussy-Saint-Antoine est un lieu qui a toujours fourmillé de vie. Si d’habitude, dans les endroits comme celui-ci, chacun ferme sa porte au tout-venant, ce n’est pas le cas ici. C’est à la faveur de cet état d’esprit si particulier que l’inondation de mars 1978 a donné lieu à de drôles de rencontres…

 

Résilience-articleAlexis, 22 ans, avait loué son premier appartement au rez-de-chaussée de l’allée des Platanes. Il était installé depuis six mois. Et, une fois le stress du début de l’indépendance dépassé, le jeune homme avait commencé à aller à la rencontre de ses voisins. D’Assemblée Générale en Assemblée Générale, Alexis finit par se lier à un nombre de personnes croissants. Pourtant, un point noir subsistait : la doyenne de l’immeuble, Simone, dont l’autorité et la respectabilité rayonnait bien au-delà de l’allée des Platanes, restait imperméable à toute tentative de socialisation. Pour elle, Alexis était « un jeune bon à rien, dont l’appartement était très probablement payé par les parents ».  Pour lui, Simone avait une opinion toute faite sur les jeunes de son acabit. Si bien que, le temps passant, et malgré le fait qu’elle habitât un étage au-dessus de lui,  chacun s’enferma dans son opinion ; si jamais un espoir de rapprochement eût pu subsister, celui-ci tomba bien vite à l’eau …

Le 16 mars 1978 en fin d’après-midi, alors qu’il rentrait chez lui après les trois heures de cours particuliers qu’il donnait chaque soir à un enfant de Brunoy, Alexis vit quatre camions de pompiers stationnés juste devant la résidence. Interloqué, il pressa le pas, et découvrit le parc de la résidence jouxtant l’Yerres en contrebas complètement inondé. L’eau montait inexorablement et les rez-de-chaussée des immeubles de l’allée des Platanes et de celle des Cèdres commençaient à être évacués. Alexis se mit à courir jusqu’à chez lui pour voir si son appartement subissait le même sort. Alors qu’il mit les pieds dans le hall d’entrée détrempé, il tomba nez à nez avec Simone qui – avec une sourire chagriné – lui pressa d’ouvrir la porte de son appartement pour prendre tous ses objets de valeurs et les entreposer chez elle, à l’abri des flots.

Abasourdi par l’attitude de la vieille femme, mais trop content de pouvoir sauver ses biens, Alexis accepta la proposition et se précipita à toute vitesse dans son appartement …

 

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