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Mise en œuvre du SAGE de l’Yerres : des résultats encourageants pour l’avenir !


Amélie3web
À l’approche du comité de pilotage qui se déroulera la semaine prochaine, nous vous proposons de revenir sur les grands enjeux et les objectifs attendus dans le cadre du contrat de bassin de l’Yerres amont et de ses affluents en compagnie d’Amélie Agogué, animatrice de ce programme d’actions visant à protéger la ressource en eau.

Le jeudi 14 avril, le COPIL (Comité de pilotage) se réunira à Tournan-en-Brie pour faire le point sur les réalisations menées l’année passée sur le territoire concerné par le contrat de bassin 2014-2018.
Ce rendez-vous annuel réunissant les maîtres d’ouvrage, représentants de l’État, collectivités territoriales et des membres du SyAGE définira également les grandes orientations à venir pour atteindre les objectifs initiaux suivant un calendrier prévisionnel. L’occasion pour nous de vous présenter le bilan des engagements respectifs de tous les acteurs pour améliorer l’état des masses d’eau dans cette partie du bassin versant de l’Yerres.

 

Parmi les grand enjeux énoncés, l’amélioration de la qualité des eaux superficielles et souterraines reste l’une des principales priorités du contrat, pouvez-vous nous présenter les réalisations phares sur cette thématique qui ont vu le jour en 2015 ?

Tout d’abord, des actions structurantes et pérennes ont été menées concernant les eaux usées.
D’importants chantiers d’assainissement collectif ont démarré à La Croix-en-Brie et à  Solers, ce qui améliorera à terme la qualité de l’Yvron et de l’Yerres. On peut également souligner l’engagement d’opérations de réhabilitation des installations d’assainissement non collectif, par exemple sur le secteur des Gués de l’Yerres. Par ailleurs, des démarches préventives ont été engagées pour la protection de la ressource en eau captée dans la nappe du Champigny. Cette nappe utilisée pour l’eau potable subit la pression polluante d’activités s’exerçant en surface ; les démarches engagées visent à prévenir ces pollutions diffuses, résultant de l’épandage de produits phytosanitaires par exemple.

 

La restauration des milieux aquatiques et plus particulièrement la préservation des zones humides demeure un objectif majeur pour préserver la biodiversité de nos rivières, quels sont les défis que vous rencontrez aujourd’hui ?

Effectivement, l’atteinte du bon état des rivières passera nécessairement par un meilleur respect du grand cycle de l’eau et la reconquête des fonctionnalités écologiques des milieux aquatiques.

Ce volet du contrat n’est pas toujours plébiscité par les maîtres d’ouvrage, car il touche à des enjeux socio-économiques et privés et pas simplement à des compétences institutionnelles ou techniques. Par exemple, l’eau est un bien commun mais les rives de l’Yerres et de ses affluents sont privées.

C’est un domaine où il faut chercher à concilier les usages avec les objectifs assignés par les politiques de l’eau. Une approche transversale et multipartenariale est donc nécessaire pour que la reconquête des milieux aquatiques résulte d’un consensus sur le territoire. Mon rôle d’animatrice consiste à faciliter cette coordination, mais certains ingrédients de base sont indispensables, notamment au niveau politique et financier.

 

Dans la perspective de l’interdiction d’utiliser des produits phytosanitaires pour entretenir les espaces verts en 2017, quels sont les aménagements prévus par les collectivités locales pour développer de nouvelles pratiques ?

La majorité des communes du territoire est déjà consciente de l’intérêt de raisonner et de diminuer l’emploi des produits phytosanitaires. La démarche peut aller jusqu’au « zéro phyto », c’est à-dire l’abandon total des produits de désherbage. De ce fait, l’entretien est mieux ciblé et différencié selon les espaces. Le savoir-faire des jardiniers est davantage sollicité pour composer et aménager les espaces (choix des variétés, plantes couvre sol, jachères, enherbement, etc.). Si nécessaire, il est toujours possible d’avoir recours à des techniques alternatives aux produits chimiques : désherbage manuel, mécanique ou thermique.

Le rôle du SyAGE : faire cohabiter l’homme avec son environnement

Young Couple Enjoying Near River With Swans Around

Gérer l’Yerres de sa source jusqu’à sa confluence suppose de concilier l’urbanisation de la vallée et le fonctionnement naturel de la rivière. Faire cohabiter l’homme et son environnement, l’expertise technique et la préservation des milieux naturels : voilà le défi relevé par notre Syndicat.

 

Réconcilier l’homme et la rivière

Suite à la crue de 1978, le SyAGE a installé 8 barrages sur le linéaire de la rivière. Ces installations sont nécessaires à la régulation de l’Yerres . En effet, toutes les rivières alternent entre des périodes d’étiages et de crues. L’étiage correspond statistiquement à la période de l’année où le niveau de l’eau est le plus bas. Pour l’Yerres, elle s’étend de juillet à septembre. La crue, au contraire, est définie par l’accroissement de l’écoulement d’un cours d’eau provoquant le débordement du lit mineur. Pour l’Yerres, elle se situe d’octobre à avril.

Pour mieux accompagner les habitants de la vallée dans la gestion du risque de crue, le SyAGE porte depuis le 17 octobre 2012 un Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Ce programme a un double objectif : avoir une connaissance globale du phénomène de crue à l’échelle du bassin versant, et raviver la conscience du risque et la culture de la crue chez les riverains. En effet, par le biais de ce programme, une multitude d’outils (programme pédagogique, aide à la rédaction du Plan Communal de Sauvegarde, etc) sont mis à disposition des communes comme des riverains pour mieux les aider à appréhender le fonctionnement naturel de la rivière, et à tout faire pour préserver leurs habitations des éventuels dommages qu’elle peut leur infliger.

En plus des actions de régulation de l’Yerres effectuées par l’homme et de la sensibilisation des riverains au risque de crue, il est nécessaire d’agir en amont du problème et de comprendre quels sont les mécanismes qui font que la rivière se régule d’elle-même et d’adapter nos comportements …

Les zones humides

La renaturation des zones humides sur le territoire de la vallée fait aussi partie des compétences du Syndicat, dans le cadre de la mise en œuvre du SAGE (Schéma d’Aménagement de Gestion des Eaux). Au carrefour des écosystèmes terrestres et aquatiques, ces espaces sont de véritables foyers de vie favorisant une grande biodiversité. Les zones humides, par exemple, ont la faveur des batraciens qui y accomplissent l’intégralité de leur cycle biologique (reproduction, alimentation, refuge, hibernage).

Outre leurs fonctions biologiques évidentes, les zones humides participent à la régulation du débit de l’Yerres. En effet, grâce à leur fonction de zone tampon, elles permettent d’atténuer les crues et fournissent un  » soutien  » à la rivière en cas d’étiage trop important. Leur capacité de stocker et de restituer progressivement de grandes quantités d’eau, permet l’alimentation des nappes d’eau souterraines et superficielles. Et en favorisant l’épuration grâce à leur riche biocœnose, les zones humides participent à la préservation de la qualité de l’eau.

L’Yerres et ses zones humides ne font qu’un ; préservons-les ensemble.