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Un jour, une astreinte : obstruction d’un réseau d’eaux usées à Villeneuve-Saint-Georges

un jour une astreinte
le Syndicat dispose d’un système d’astreinte (01-69-83-72-72) qui lui permet d’intervenir 24h/24 et 7 jours sur 7 sur l’ensemble de son territoire.

Le vendredi 29 janvier à 15h, le SyAGE a été contacté suite au signalement de mauvaises odeurs remontant des canalisations, rue Auguste Renoir à Villeneuve-Saint-Georges.

Ruddy, le technicien d’astreinte, s’est alors déplacé rapidement sur les lieux pour constater que ce désagrément était dû à la présence de lingettes dans le réseau d’eaux usées. Obstruant plus de la moitié des canalisations, leur amas conduisait, in fine, à faire stagner les eaux.

En effet, « constituées de fibres tissées très résistantes, les lingettes ne se dissolvent pas une fois mélangées aux eaux usées. Il est donc absolument indispensable de les jeter à la poubelle, comme les autres déchets », nous rappelle Ruddy.

Suite à son expertise, le technicien d’astreinte a fait appel à une entreprise spécialisée afin de désengorger le réseau. À 17h, l’opération était terminée, et le bon écoulement des eaux rétabli.

Une petite histoire de l’assainissement

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Quai Voltaire, coupe du collecteur des quais, 1899 (Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsay)/ Hervé Lewandowski)

De nos jours, il suffit de pousser un bouton, de vider un évier ou encore d’ouvrir une bonde pour être débarrassé des eaux que nous avons souillées. Tout se passe comme si elles disparaissaient de nos esprits au moment même où elles sortaient de nos maisons. Mais, ce qui nous paraît relever d’une « magie ordinaire » est pourtant le fruit d’une évolution des consciences et des techniques à travers les siècles.

 

Du « tout à la rue » au « tout à l’égout »

Si, au VIème siècle avant JC, Rome était déjà pourvu d’un grand collecteur récupérant les eaux usées de la ville pour les jeter dans le Tibre, cette construction resta malheureusement une exception historique qui ne fût pas amenée à se généraliser.

En effet, dès le Moyen-Âge, les systèmes d’évacuation des eaux sales mis au point par les Romains, ne sont plus utilisés. Conséquence de cet abandon, la mode du « tout à la rue » commence à se démocratiser dans les grandes villes, entraînant insalubrité, épidémies et pestilences. C’est, par ailleurs, cette absence d’évacuation des eaux usées qui favorisa la transmission du bacille de la Peste en 1348, causant la mort de près d’1/3 de la population française.

Si les grandes épidémies firent des ravages sans pareil, elles eurent paradoxalement l’avantage de faire avancer considérablement les progrès en assainissement. Ainsi la peste de 1530 réglementa le nettoyage des rues et imposa dans chaque maison la construction d’une « fosse à retrait ». Et l’épidémie de choléra de 1832 poussa le préfet de police parisien de l’époque à prendre des mesures draconiennes pour stopper l’insalubrité.

C’est en 1854 que l’ingénieur hydrologue Eugène Belgrand, sous les ordres du Préfet Haussmann, mis en place un réseau d’égouts pour acheminer les effluents vers la Seine en aval. En 1894, la réglementation en vigueur contraignit les immeubles parisiens à déverser eaux pluviales et usées dans les canalisations nouvellement créees. Celles-ci se chargeant alors de les transporter, dans un réseau dit « unitaire », jusqu’à l’aval de la Seine. Le tout-à-l’égout était né.

 
Épurer les eaux

Avancée remarquable pour l’assainissement dans la capitale, les travaux d’Eugène Belgrand eurent néanmoins pour revers de déplacer la pollution dans le Nord-Ouest parisien. Conscients de cette nécessité d’épurer les eaux avant de les rendre au milieu naturel, les ingénieurs Mille et Durand-Claye entreprirent des essais d’épandage des eaux usées dans les plaines agricoles aux alentours d’Asnières et de Gennevilliers.

Economiquement très rentables, ces premières expériences d’épuration biologique furent couronnées de succès.  En effet, selon les deux ingénieurs, « une tonne d’eau d’égout coûterait 0,10 francs à fabriquer, rien qu’en achat de matière première » si l’épandage agricole n’était pas réalisé avec cette méthode.

Mais l’urbanisation galopante des abords de la capitale ne permit bientôt plus de trouver des terres où épandre les eaux usées. C’est pourquoi, suite à ce premier galop d’essai, plusieurs stations d’épuration aux méthodes toujours plus rigoureuses seront installées au cœur de la capitale.  Aujourd’hui, près de 530 stations parsèment l’Île-de-France, pour une population de 11,6 millions d’habitants.

 
Séparer les réseaux

Les problèmes d’épuration réglés, les réseaux « unitaires » occasionnaient encore des pollutions non négligeables. En effet, ces canalisations intègrent à leur structure des « déversoirs d’orage », dont la fonction est de récupérer l’excédent transitant dans les réseaux en période de grosse pluie, pour le rejeter directement et sans aucun traitement vers le milieu naturel.

C’est en prenant conscience de ce problème que les agences de bassin ont initié la création des réseaux dit « séparatifs », scindant la collecte des eaux usées – dirigées vers la station d’épuration – de celle des eaux pluviales – évacuées vers le milieu naturel. « Outre ce problème de pollution, bon nombre de stations d’épuration, dont les capacités de stockage étaient sous-dimensionnées au regard du volume d’eau qu’elles avaient à traiter, ont accueilli favorablement le changement vers le séparatif, nous apprend Delphine Devin-Collgon, chef du service Assainissement et Relations aux Usagers ».

Si la séparativité des réseaux a été effectuée sur le territoire du SyAGE dès 1987, de fortes contraintes urbanistiques et financières n’ont pas permis cette transformation dans d’autres lieux. Paris, par exemple, a conservé son réseau unitaire. En effet la longueur de l’ensemble de ses conduits (2600 kilomètres), ainsi que leur proximité avec bon nombre d’immeubles et de monuments classés historiques, font partie des paramètres qui ont rendu impossible une transition vers le séparatif.

Ainsi, comme le dit Jean-Claude Deutsch, Professeur à l’école national des ponts et chaussées, « l’ensemble des paramètres qui sont en jeu (économiques, institutionnels, techniques, contrôle des branchements, mise en oeuvre de méthodes alternatives de stockage) ne facilite pas le choix [entre réseau unitaire et séparatif]. Ce qui semble à peu près acquis aujourd’hui, c’est que dans les centres-villes où le réseau unitaire existe depuis longtemps, il ne semble pas raisonnable d’envisager la transformation en réseau séparatif pour des raisons d’analyse coûts-avantages. Par contre, il faut bien maîtriser le fonctionnement des déversoirs d’orage de manière à minimiser l’impact des rejets directs. Dans les nouvelles urbanisations en amont, il faut plutôt se diriger vers un séparatif […] en portant une attention particulière au contrôle des branchements au moment de la construction et dans la durée ».

C’est pourquoi, au SyAGE, les services techniques effectuent régulièrement des contrôles de branchements chez les particuliers et les professionnels du territoire afin de vérifier leur bon raccordement au réseau séparatif, et offrent conseils et expertises en cas de non-conformité.

Un jour, une astreinte : une racine bouche un réseau d’eaux usées à côté de la gare de Boussy-Saint-Antoine

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le Syndicat dispose d’un système d’astreinte (01-69-83-72-72) qui lui permet d’intervenir 24h/24 et 7 jours sur 7 sur l’ensemble de son territoire.

Le dimanche 28 Février à midi, le SyAGE a été contacté pour signaler un refoulement d’eaux usées dans le bois situé en bordure de la gare de Boussy-Saint-Antoine. Le technicien d’astreinte s’est déplacé rapidement sur les lieux pour constater que ce désagrément était dû à la présence d’une racine dans le réseau d’eaux usées. Obstruant la moitié de son diamètre, elle retenait toute la graisse en transit et conduisait, in fine, à stopper le bon écoulement des eaux.

Suite à son expertise, le technicien a fait intervenir une entreprise spécialisée, afin d’enlever la graisse accumulée. « Bien qu’indispensable pour stopper le refoulement, cette solution n’était que temporaire, nous explique-t-il. Enlever la racine du réseau restait une priorité pour permettre à celui-ci de retrouver de manière durable son débit habituel ».

Sur la base de ces informations, Alexis, technicien d’assainissement pour le service Entretien aux Communes, a planifié une intervention le jeudi 3 mars dans l’après-midi pour scier la racine, et l’extraire de la canalisation. « Heureusement, nous dit-il, qu’elle arrivait au niveau d’un regard. Cela a grandement facilité l’opération ».

Enfin, la présence de cette racine ayant potentiellement fragilisé la structure du réseau, une inspection télévisée de ce dernier sera prochainement réalisée afin de déterminer si des réparations sont à prévoir.

Un jour, une astreinte : obstruction d’un réseau d’eaux usées à Villeneuve-le-Roi

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 le Syndicat dispose d’un système d’astreinte (01-69-83-72-72) qui lui permet d’intervenir 24h/24 et 7 jours sur 7 sur l’ensemble de son territoire.

 

Le vendredi 19 Février 2016 à 16h, une habitante de Villeneuve-le-Roi appelle le SyAGE pour signaler un refoulement d’eaux usées dans sa maison. Mourad, technicien d’astreinte, se déplace rapidement sur les lieux pour constater que les causes de ce désagrément proviennent de l’obstruction d’un réseau d’eaux usées par des lingettes. Or, ces produits d’hygiène ne se désagrègent pas au contact de l’eau, et sont malheureusement encore souvent jetés dans les canalisations. C’est pourquoi, « pour éviter de provoquer des bouchons dans les réseaux entraînant des interventions coûteuses pour la collectivité, il est indispensable de les jeter dans la poubelle, avec les ordures ménagères, plutôt que dans les WC », rappelle-t-il.

Suite à son expertise, Mourad fait intervenir une entreprise spécialisée pour désobstruer le réseau, permettant ainsi aux effluents de reprendre leur écoulement normal 2h plus tard.

Comprendre l’action du SyAGE dans la lutte contre les inondations : L’avenue de la Résistance à Yerres

Outre le service public de l’assainissement collectif, le SyAGE assure aussi la gestion des eaux pluviales sur son territoire. La bonne exécution de ces deux compétences est possible grâce à la division du système de transport en deux réseaux distincts : celui dans lequel transitent les eaux usées pour rejoindre la station d’épuration de Valenton, et celui consacré aux eaux pluviales, qui les acheminent directement vers le milieu naturel.

Début 2006, quelques habitants des rues perpendiculaires à l’avenue de la Résistance à Yerres, située non loin de la Forêt de Sénart, se sont plaints d’inondations sur leur propriété. Le SyAGE a tout de suite été alerté afin qu’une solution puisse être trouvée le plus rapidement possible.

Sous l’Avenue de la Résistance passe un collecteur d’eaux pluviales – canalisation principale sur laquelle est branchée une série de conduites secondaires. Ce collecteur a pour fonction de récupérer les eaux de ruissellement arrivant par les avaloirs et les eaux pluviales issues des propriétés privées, pour ensuite les acheminer jusqu’à la rivière.

Lors de forts épisodes pluvieux, cette canalisation se remplissait très rapidement, et n’était plus en mesure de recueillir toutes les eaux acheminées par les conduites des rues perpendiculaires. Celles-ci refluaient alors, et provoquaient des inondations chez les particuliers.

Pour remédier à cela, il a été décidé de construire 4 bassins de rétention d’eaux pluviales enterrés à 3 mètres sous terre, parallèles au collecteur et reliés à ce dernier par des tuyaux d’alimentation. D’un volume utile de 1235 m3, ces ouvrages ont vocation à recueillir l’excédent d’eaux de pluie arrivant dans le collecteur principal, et ainsi permettre au réseau de ne pas être engorgé.

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                                               Pose d’un bassin de rétention d’eaux pluviales enterré

« Ces bassins assurent aussi une fonction de dépollution », indique Cyril Gitton, chef du service Entretien aux Communes au SyAGE. En effet, chaque conduite reliant bassin et collecteur est équipée d’une vanne qui, par temps sec, est complètement ouverte. Mais qui, après que le bassin se soit rempli complètement, se ferme 8h durant, afin d’assurer le processus de décantation des matières solides, et ainsi épurer les eaux de ruissellement contenues dans ces structures. « Malgré son efficacité, ce procédé n’égale pas celui, plus sophistiqué, utilisé dans les dépollueurs d’eaux pluviales situés à proximité du rejet en rivière», tient à préciser Cyril Gitton.

Grâce à ces travaux, les inondations pluviales ont pu cesser chez les riverains concernés.

« Sequana » : anticiper pour mieux gérer

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En mars 2016, le SyAGE participera à un exercice de simulation de montée des eaux dont le nom de code est « Sequana ». Explications avec Loïck Guesdon, responsable du Pôle Rivière au Syndicat.

 

Quel est le but de l’exercice « Sequana » ?

« Sequana » est un exercice régional simulant une crue centennale de la Seine. Il aura pour enjeu de tester la coordination des acteurs publics et privés, afin de gérer au mieux les inondations et leurs conséquences.
Cette simulation permettra à toutes les problématiques d’être abordées : de la sensibilisation du grand public à l’éventualité d’une crue, jusqu’à la résilience des biens et des personnes.

 
Comment va-t-il se dérouler ?

Le scénario de l’exercice « Sequana » suivra le déroulé d’une crue dite « classique ». C’est-à-dire qu’à la montée des eaux succéderont le pic de crue, puis la décrue. Durant chacune de ces étapes, les organisateurs diffuseront aux participants un certain nombre de documents décrivant la tournure des événements (bulletins météo, arrêtés municipaux, arrêtés préfectoraux, etc). A charge ensuite aux structures de réagir efficacement pour faire face aux événements.

 
De quelle façon le SyAGE participera-t-il à cet événement ?

Une crue entraîne des désordres considérables. Les réseaux électriques, routiers et ferrés sont mis à mal ; les télécommunications sont perturbées ; l’activité économique est fortement ralentie, etc. En outre, la montée des eaux entraîne l’impossibilité d’évacuer eaux usées et pluviales, même dans les zones qui ne sont pas touchées par l’inondation. Le rôle du SyAGE consiste à garantir le plus longtemps possible la bonne marche du système de collecte et de transports des eaux en cas de crue.

Toutes nos infrastructures sont dépendantes d’une technologie de pointe pour fonctionner. Si cette dernière nous procure une qualité de vie indéniable, elle se transforme en redoutable piège en cas d’inondation. Par exemple, en 1910, les trains étaient à vapeur. Si bien que même sous quelques centimètres d’eau, le réseau continuait à marcher. Aujourd’hui, les trains fonctionnant à l’électricité, les conséquences d’une submersion d’un réseau sont radicalement différentes … Bref, il est temps de comprendre qu’une crue de type 1910 aura des impacts plus que décuplés plus de 100 ans après. Profitons de cet exercice pour en tirer quelques conclusions….

Rendre l’assainissement accessible à tous : l’expertise du SyAGE au Bénin

Aujourd’hui, 19 novembre, nous célébrons la journée mondiale des toilettes. Cet événement, créé et entérinée par l’Assemblée Générale de l’ONU, a pour objectif de sensibiliser le grand public à l’importance de l’accès à une eau salubre et à un système d’assainissement viable. Pourtant, 2,4 milliards de personnes dans le monde ne peuvent y prétendre. Agir pour remédier à ce problème est donc essentiel, car il reste du chemin à parcourir.

Dans le cadre d’une opération de coopération décentralisée réalisée en partenariat avec la ville de Crosne, deux agents du SyAGE sont partis en 2012 dans la ville de Bopa au Bénin, afin d’apporter leur expertise aux habitants pour rénover les latrines sur leur territoire. Témoignage de Franck Moritz, qui a participé à cette opération.

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La ville de Bopa, située au Bénin en bordure du Lac Ahémé

« Bopa est située en bordure du lac Ahémé, au nord-est du pays. Construite en plein milieu d’une zone rurale, cette ville est composée en majorité d’agriculteurs.

Dès notre arrivée, nous avons commencé la tournée des écoles et des quartiers de Bopa où les latrines sont construites. À l’aide d’un interprète, nous avons pu multiplier les échanges avec les habitants afin de cerner au mieux leurs difficultés et leurs attentes. En effet, notre mission était d’accompagner la population dans la rénovation de ses installations sanitaires, et non de nous y substituer.

Ensemble, nous avons cartographié les aménagements existants et indiqués où les nouvelles latrines devraient se situer. Certaines contraintes ont guidé nos décisions. Il fallait par exemple que les différentes toilettes aient des fontaines à proximité afin que les gens puissent se laver les mains. Ou encore que les installations ne soient ni trop proches, ni trop éloignées des habitations pour que chacun puisse s’y rendre, sans toutefois être gêné par les odeurs au sein de sa propre maison.

Enfin, les habitants nous ont fait part de leur souhait de pouvoir vidanger les latrines afin de faire du compost pour leurs champs. Nous avons alors imaginés les solutions techniques adéquates. »

Information importante : travaux d’assainissement à Vigneux-sur-Seine

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Le 20 novembre prochain, le SyAGE va réaliser un renouvellement des réseaux d’eaux usées et d’eaux pluviales, à l’angle de la rue Montaigne et de la rue Prosper Mérimée, sur la commune de Vigneux-sur-Seine.

Ce chantier, d’une durée de 1 mois, a été planifié en coopération avec les services techniques de la ville. En effet, préalablement aux travaux de réfection de la voirie prévus par la Mairie, le Syndicat a réalisé des inspections télévisuelles des réseaux dont il a la charge. C’est suite à ce diagnostic que ces travaux ont été décidés.

 

 

 

 

 

 

La technologie sonar : des experts au service des usagers

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Le réseau de transport des eaux usées géré par le SyAGE s’étend notamment le long de l’Yerres et du Réveillon, au cœur même de la vallée. Son entretien nécessite des moyens matériels conséquents ainsi qu’une synergie entre les différents acteurs de l’assainissement. Retour sur une coopération exemplaire entre le Syndicat et ses partenaires …

Le SyAGE gère le réseau de transport des eaux usées sur l’ensemble du territoire du Syndicat couvert par la compétence « Assainissement ». Cela correspond à 113,7 km de conduites, recueillant les effluents de 18 communes pour les acheminer jusqu’à la station d’épuration de Valenton, régie par le SIAAP. Après traitement, les eaux sont restituées au milieu naturel.

 
Une technologie de pointe adaptée aux réalités du terrain

L’inspection régulière des réseaux d’assainissement est réalisée afin de détecter préventivement d’éventuelles fuites ou encrassements qui conduiraient à un débordement et une pollution du milieu environnant. La technologie la plus communément utilisée pour réaliser cette opération est celle de l’inspection télévisée (ITV). Elle nécessite de curer la canalisation à inspecter et détourner les effluents censés y transiter. Puis, il est nécessaire de placer dans la conduite un robot composé d’un chariot motorisé et d’une caméra orientable à 360° télécommandée depuis la surface. Ce robot est en mesure de parcourir 150 mètres en amont et en aval dans la canalisation.

Cette méthode permet de faire un diagnostic des éventuels travaux de maintenance à mettre en œuvre sur les canalisations inspectées, dans un environnement urbain pourvu de conduites facilement accessibles. Mais, dans les endroits où les réseaux sont difficiles d’accès, comme c’est le cas le long de l’Yerres et du Réveillon, la technologie sonar devient nécessaire.

Contrairement aux inspections télévisées « classiques », cette dernière ne nécessite pas un curage et un dévoiement préalable des effluents. En effet, dans le cadre de son utilisation, le sonar est attaché sur la base d’un porteur roulant, lui permettant ainsi de scanner la partie immergée de la canalisation. Une caméra, fixée aussi sur le porteur roulant et surélevée par rapport au sonar, filme la partie en dehors de l’eau. Toujours pilotable par télécommande depuis une régie placée à la surface, le sonar a ceci d’avantageux par rapport à l’ITV « classique » qu’il peut effectuer des auscultations sur une plus longue distance (de 400 à 600 mètres, en amont comme en aval).

Extrait vidéo d’une inspection à l’aide de la technologie sonar

Ainsi, s’il est vrai que l’inspection par sonar ne remplace pas l’efficacité de celle réalisée par le biais d’une ITV, elle permet néanmoins un pré-diagnostic essentiel pour déterminer le niveau d’encrassement et les fissures éventuelles.

« Il y a quelques mois, nous avons dû enlever en urgence une racine qui avait fissuré le réseau de transports d’eaux usées qui passe sous la plaine d’Epinay-sous-Sénart, à côté de l’Yerres, nous raconte Victorien Liesse, responsable de la campagne d’auscultations sonar pour SUEZ – délégué par le SyAGE pour réaliser cette opération. Cette intervention a été compliquée et des moyens importants ont dû être mis en œuvre. Cela aurait pu être évité avec des auscultations sonars préliminaires. En effet, leur objectif est de diminuer la fréquence des interventions d’urgence. Et donc de limiter drastiquement la possibilité de pollution dans le milieu naturel ».

 

Une première expérience réussie

Du 25 août au 15 septembre dernier, 12 des 113,7 km des conduites en fond de vallée de l’Yerres ont été inspectées avec succès à l’aide de cette technologie. Ce projet, dirigé conjointement par Amira Kaddour, chargée d’opérations de travaux d’assainissement, et Caroline Roubertier, ingénieur d’études, est le fruit d’une véritable coordination entre les services du Syndicat et ceux de SUEZ. En effet, selon Amira, « la diversité des problématiques rencontrées lors de cette campagne a su mobiliser un grand nombre de compétences au sein du Syndicat ».

Le service « Gestion & Entretien des Rivières » a notamment effectué des opérations de défrichages, afin d’accéder aux zones rendues difficiles d’accès par la végétation environnante. La Direction Juridique a aussi été mise à contribution. Déborah Raspaud, juriste, nous apprend « qu’il a été nécessaire d’obtenir des autorisations d’occupation des propriétaires privés pour les points d’accès au réseau situés sur les terrains n’appartenant pas au SyAGE». Ces différentes actions réalisées en amont de l’inspection sonar ont grandement favorisé l’avancée du projet.

Les premiers résultats de cette opération permettront prochainement de définir les zones de travaux prioritaires, et contribueront au renouvellement des collecteurs d’eaux usées.

 

Comprendre les travaux de lutte contre les inondations : le quartier de Concy à Montgeron

1ère épisode : le cas du chemin de la prairie à Montgeron

 Connaissez-vous le Chemin de la Prairie, à Montgeron ? Il y a quelques temps, un habitant situé au bout de cette rue a alerté les services techniques de la commune à propos d’inondations récurrentes sur sa propriété. Le SyAGE, qui a compétence en matière de prévention des inondations sur le secteur, a tout de suite été alerté afin qu’une solution puisse être trouvé le plus rapidement possible.

 Comprendre le phénomène inondation nécessite de prendre de la hauteur, et donc de ne pas rester cantonné au secteur sur lequel les débordements ont eu lieu. Très vite, le technicien chargé du suivi de ces travaux s’est rendu compte que le réseau souterrain chargé de l’évacuation des eaux pluviales sur la partie du chemin de la prairie parallèle à l’Yerres rejoignait une canalisation d’un diamètre bien supérieur, chargé d’acheminer toutes les eaux pluviales de Montgeron jusqu’à la rivière.

Lors de forts épisodes pluvieux, cette canalisation achemine donc un volume d’eau conséquent vers la rivière. L’eau pluviale stockée dans le réseau du chemin de la Prairie ne peut alors plus se déverser correctement dans la canalisation à laquelle son réseau est relié. Ce qui provoque des reflux, et donc des inondations chez les particuliers.

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Pour remédier à cela, et donc résorber les inondations, un coude en fonte a été posé à l’endroit où les deux tuyaux se rejoignent. Ce coude permet de casser la force de l’eau arrivant à l’embranchement, tout en permettant à l’eau pluviale du réseau du chemin de la Prairie de couler d’emblée dans le même sens que celui du réseau arrivant de l’amont de Montgeron.

Grâce à ces travaux d’un coût relativement faible, les inondations ont pu cesser chez le riverain.