Posts Tagged “crue”

« Sequana » : anticiper pour mieux gérer

portrait-loick-guesdon

En mars 2016, le SyAGE participera à un exercice de simulation de montée des eaux dont le nom de code est « Sequana ». Explications avec Loïck Guesdon, responsable du Pôle Rivière au Syndicat.

 

Quel est le but de l’exercice « Sequana » ?

« Sequana » est un exercice régional simulant une crue centennale de la Seine. Il aura pour enjeu de tester la coordination des acteurs publics et privés, afin de gérer au mieux les inondations et leurs conséquences.
Cette simulation permettra à toutes les problématiques d’être abordées : de la sensibilisation du grand public à l’éventualité d’une crue, jusqu’à la résilience des biens et des personnes.

 
Comment va-t-il se dérouler ?

Le scénario de l’exercice « Sequana » suivra le déroulé d’une crue dite « classique ». C’est-à-dire qu’à la montée des eaux succéderont le pic de crue, puis la décrue. Durant chacune de ces étapes, les organisateurs diffuseront aux participants un certain nombre de documents décrivant la tournure des événements (bulletins météo, arrêtés municipaux, arrêtés préfectoraux, etc). A charge ensuite aux structures de réagir efficacement pour faire face aux événements.

 
De quelle façon le SyAGE participera-t-il à cet événement ?

Une crue entraîne des désordres considérables. Les réseaux électriques, routiers et ferrés sont mis à mal ; les télécommunications sont perturbées ; l’activité économique est fortement ralentie, etc. En outre, la montée des eaux entraîne l’impossibilité d’évacuer eaux usées et pluviales, même dans les zones qui ne sont pas touchées par l’inondation. Le rôle du SyAGE consiste à garantir le plus longtemps possible la bonne marche du système de collecte et de transports des eaux en cas de crue.

Toutes nos infrastructures sont dépendantes d’une technologie de pointe pour fonctionner. Si cette dernière nous procure une qualité de vie indéniable, elle se transforme en redoutable piège en cas d’inondation. Par exemple, en 1910, les trains étaient à vapeur. Si bien que même sous quelques centimètres d’eau, le réseau continuait à marcher. Aujourd’hui, les trains fonctionnant à l’électricité, les conséquences d’une submersion d’un réseau sont radicalement différentes … Bref, il est temps de comprendre qu’une crue de type 1910 aura des impacts plus que décuplés plus de 100 ans après. Profitons de cet exercice pour en tirer quelques conclusions….

Le saviez-vous ? Une rivière au teint marronnasse n’est pas forcément une rivière polluée

crue-yerres-web

Tout comme les arbres perdent leurs feuilles en hiver, la rivière devient turbide suite à de fortes précipitations …

 

Lors des périodes de crue (de novembre à avril), le débit et le niveau de l’Yerres augmentent sensiblement. Ce changement de comportement entraîne une remontée des sédiments se trouvant habituellement au fond du lit de la rivière. Ce qui donne à l’eau une coloration marron et un aspect trouble.

Pour autant, cela ne veut pas dire que la rivière est polluée ! Au contraire, cette teinte est un indice de bonne santé. En effet, la turbidité est le signe que la rivière est chargée de sédiments et de limons, ce qui entraîne in fine une fertilisation de sols.

Contrairement à ce phénomène naturel, les pollutions aux eaux usées, par exemple, dégagent une odeur nauséabonde.

Il y a différents types de crues. Le saviez-vous ?

Wasserschaden im Haus nach Überschwemmung

 

La crue est l’élévation d’un cours d’eau résultant de la fonte des neiges ou des glaces ou de pluies abondantes. Dès lors que des terrains au-delà du lit mineur sont submergés – qu’ils soient urbanisés ou non – on parle d’inondations. La crue précède donc nécessairement l’inondation, qui en est sa conséquence si des terrains non submersibles habituellement sont atteints.

 

 

 

En France, en 2011, 18,5 millions d’habitants sont exposés au risque d’inondation .

 

Différents niveaux de crues

Dans le cadre de la prévention des inondations, classer les crues par ordre d’importance est un outil nécessaire à leur prédiction. Dans ce contexte sont apparues les termes de crues décennale, centennale et millennale. Ces dénominations veulent-elles dire, comme leur noms semblent l’indiquer, que chaque type de crue se produit selon une périodicité donnée (la crue décennale, tous les dix ans, la centennale, tous les cent ans et la millennale, tous les mille ans) ? Eh bien non.

À chaque crue est attribué une probabilité d’apparition sur une année. Ainsi une crue décennale à une probabilité d’apparition de 1/10 chaque année, une crue centennale de 1/100 et ainsi de suite.

La genèse d’une crue est tributaire de différents facteurs. La saturation des sols, leur morphologie, le niveau de la nappe ou encore l’intensité des pluies seront des facteurs déterminants pour occasionner une crue. C’est pourquoi les crues sont spécifiques à chaque territoire.

 

Une prévention adaptée au cas par cas
vignette-crue-1978
Depuis 1995, pour lutter contre les inondations, la loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement définit le plan de prévention des risques inondations (en abrégé, PPRI). C’est un document stratégique cartographique et réglementaire qui définit les règles d’urbanisme dans les secteurs susceptibles d’être inondés. La délimitation des zones est basée sur les crues de référence. ( La crue de référence sur laquelle est basée le PPRI de l’Yerres est celle de mars 1978 ) .

 

 

 

 En complément du PPRI, et ce depuis le 17 octobre 2012, date à laquelle il a reçu la labellisation de l’Etat, le SyAGE porte la mise en oeuvre du PAPI (Programme d’Action de Prévention des Inondations).  Dans sa première phase dite « PAPI d’intention » il a pour but d’améliorer la connaissance et la conscience du risque inondation afin que s’élabore, dans une concertation commune, un programme de mesures. Ce dernier sera ensuite concrétisé dans une seconde phase dite « PAPI complet ».

 » Le SyAGE souhaite mettre l’accent sur la conscientisation du risque inondation «  , nous dit Alexia Giroud, animatrice du PAPI d’intention de l’Yerres. « Discret, continue-t-elle, l’Yerres reste un cours d’eau insolite dont  les caprices du passé ont occasionné de lourds dommages. Cette mémoire doit être cultivée afin de préparer, dans le futur,  les populations à mieux gérer ce phénomène naturel « .

Pour en savoir plus sur le risque inondation, visitez la rubrique du site du SyAGE dédiée à cet effet en cliquant ici.