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Croqueurs de pommes : 70 ans après, les fruits anciens de retour sur les étals

Il faut être passionné pour tailler une trentaine d’arbres dans le froid et sous la pluie, un après-midi terne de décembre. Ça tombe bien, Claude Ollivier, président des Croqueurs de pommes Île-de-France, l’est, tout comme les membres de l’association qui l’accompagnaient ce jour-là dans le parc du Gros buisson, à Vigneux-sur-Seine. « Nous reconstituons un verger, comme celui qui était là il y a longtemps, explique le président. Certains poiriers dans le parc ont bien 100 ou 150 ans ! »

Un arrêté ministériel libérateur

Les Croqueurs de pommes ont pour objectif la conservation du patrimoine fruitier, toutes espèces confondues (cerisier, abricotier, prunier…), comme leur nom ne l’indique pas. Un combat qui a connu une grande victoire le 18 août dernier, jour de parution d’un arrêté du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation qui élargit le « catalogue » des espèces d’arbres fruitiers pouvant être commercialisées en France. « C’est un événement essentiel ! Rendez-vous compte : les fruits qui faisaient le délice de nos grands-parents étaient interdits de vente en France depuis 1947. Nos instances gouvernementales avaient limité la commercialisation à environ 80 variétés de pommes pour ne proposer que des fruits standardisés, la plupart cultivés chez nous mais d’origine étrangère, telles la golden, américaine, et les granny smith et pink lady, toutes deux australiennes, raconte Claude Ollivier. Cela a duré 70 ans ! Et nous, qui n’étions considéré que comme de « gentils collectionneurs », nous avons eu une influence sur cette décision et nous en sommes fiers. » Mais pourquoi les fruits anciens n’ont-ils donc pas encore débarqué sur les étals des grandes surfaces ? « La nouvelle est encore peu connue, nous l’apprenons à certains professionnels. Sur le marché de Rungis, on ne trouve encore que les fruits du catalogue, remarque le président. De toute façon, on ne trouvera la plupart des variétés anciennes qu’en circuit court. Elles vont revenir petit à petit. Il faut d’abord attendre que les jeunes arbres soient greffés par les pépiniéristes professionnels qui les proposeront ensuite aux arboriculteurs et aux particuliers. »

2 250 variétés de pommes différentes en France

Preuve de la considération dont jouit l’association, les Croqueurs de pommes collaborent avec l’Institut de recherche en horticulture et semences pour l’inventaire des espèces et des variétés de fruits sur le territoire, débuté en 2010. « On dénombre par exemple déjà plus de 2 250 variétés de pommes et 1 100 de poires  alors que l’inventaire ne couvre pour l’instant que 55 % du territoire. » Cette connaissance se veut très précise puisque les chercheurs arrivent maintenant à séquencer le génome des arbres fruitiers. Celui du pommier domestique, réalisé en 2010 par un consortium international qui comprend l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra), permettra de créer de nouvelles variétés de pommes. L’association apporte également son concours pour remonter dans le temps des filiations, au-delà de l’époque où la science doit s’arrêter, faute d’informations. Un membre de l’association spécialiste de pomologie (science des fruits comestibles), Henri Fourey, peut alors aider les chercheurs avec sa collection de 1 350 ouvrages sur le sujet.

Henri Fourey (à gauche) et Claude Ollivier (avec un chapeau) mettent volontiers en pratique leur expertise.

Par ailleurs, l’association a apporté son expertise pour la création du verger situé rue du Moulin de Senlis, à cheval sur les communes de Montgeron et de Villeneuve-Saint-Georges. Ce verger compte une vingtaine d’arbres et 140 arbustes : pommiers, poiriers, néfliers, framboisiers, noyers… Créé en 2017 sur un terrain appartenant au SyAGE, il bénéficie d’une gestion différenciée, dont l’objectif est de bénéficier à la faune tout en proposant un accueil satisfaisant du public grâce à l’entretien des chemins et de leurs abords. Les arbres de plein vent (au contraire des formes palissées, plus basses et souvent adossées à un mur) ne produiront des fruits que dans les 10 à 15 années à venir. En revanche, dès la première année du verger, on a pu y trouver des mûres, des groseilles, du cassis et quelques cerises. « Tous les fruits sont destinés à la consommation libre des visiteurs, précise Vincent Delecour, qui a porté le projet au sein du syndicat. Ce qui fait de ce verger une réalisation inscrite dans la logique de développement durable. »

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Castor en Île-de-France : nouvelle découverte

Thierry Führer a décidément de la pugnacité. Alors que c’était déjà lui qui avait découvert la première preuve de la présence du castor en Essonne, en mai 2016, il a récidivé vendredi dernier. Cette fois, il ne s’agit plus d’un petit érable boulotté (grignoté) mais d’un site « travaillé » régulièrement, avec plusieurs arbres imposants abattus et de nombreuses autres branches coupées « en crayon », la manière caractéristique du rongeur qui avait pourtant disparu d’Île-de-France depuis deux siècles !

Alexandre Gerbaud (à gauche) et Thierry Führer ont récolté de multiples preuves de la présence du castor sur l’Essonne.

Le surveillant rivière du Siarce * apporte donc une nouvelle preuve du retour du castor, lui qui avait failli le voir en mai 2016. Ce jour-là, l’animal avait plongé près de lui sans qu’il ait le temps de le distinguer. Si cette observation visuelle manque toujours, il est désormais certain que le castor est de retour. Et ce vendredi décisif ouvre de nouvelles perspectives. « La hutte qui avait été découverte à Echarcon était inoccupée, confie Alexandre Gerbaud, technicien milieux aquatiques du Siarce. Cette fois, on a de grandes chances d’observer le castor sur ce site. Je pense que le portrait, c’est pour 2018 ! » Ce que l’on sait aujourd’hui, grâce aux traces relevées depuis 2016 tout le long de l’Essonne et notamment lors de la grosse campagne de prospection menée par plusieurs organismes dont le Siarce et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en février et mars 2017, c’est que « l’animal est un castor d’Europe** et qu’il est très probable qu’il soit venu de la Loire, où il a été réintroduit au XXe siècle, à travers la forêt d’Orléans qui fait la jonction entre les bassins hydrographiques de la Loire et de la Seine », reprend Alexandre Gerbaud. On sait également qu’il y a plusieurs individus, les traces étant très éloignées les unes des autres, et que le milieu très propice des berges de l’Essonne, avec ses boisements alluviaux et son peu d’urbanisation, devrait faciliter son acclimatation et sa reproduction.

Lieu tenu secret

La zone découverte vendredi témoigne d’une activité encore jamais observée pour le castor en Île-de-France depuis sa recolonisation. (Photo Siarce)

Le lieu de la découverte de vendredi restera secret, pour ne pas déranger les animaux et éviter un afflux d’observateurs sur zone, tant l’animal suscite l’intérêt. Car les enjeux de son retour dépassent le seul aspect zoologique. « S’il revient, c’est la preuve que la rivière présente une meilleure habitabilité alors qu’elle avait été extrêmement fragilisée dans le passé par l’exploitation de la tourbe et l’implantation de peupleraies », relève Thierry Führer. Le maintien ou la réapparition de l’écrevisse à pattes blanches et de l’œnanthe fluviale avaient déjà témoigné de l’amélioration sensible de la qualité de l’eau. C’est donc la vision du milieu naturel qui change avec le castor. De même, l’animal peut être considéré comme un « ingénieur des éco-systèmes ». « C’est une espèce qui occupe le haut de la pyramide et peut recréer des milieux, faire revenir d’autres espèces. Par exemple, en coupant des arbres, ce qui ouvre des puits de lumière », abonde Alexandre Gerbaud. De quoi pardonner au castor les petites inondations et dégâts sur les peupleraies et arbres fruitiers qu’il occasionnerait. « Mais sur 95 % du territoire, il y aura zéro impact, rassure Thierry Führer. Et on en reparlera quand il y aura 100 familles installées, s’il n’y en a que dix, ça ne posera aucun problème. » Preuve de cette importance écologique, un arrêté préfectoral a été pris le 30 juin 2017 pour interdire le piégeage mortel sur les bords de la rivière dans 21 communes de l’Essonne où « cette espèce (le castor) est présente de manière avérée au vu du dynamisme de la phase de recolonisation qui est en cours. »

Des traces sur l’Yerres ?

La zone découverte vendredi témoigne d’une activité encore jamais observée pour le castor en Île-de-France depuis sa recolonisation. (Photo Siarce)

Mais puisque le rongeur est arrivé si près de Paris, peut-on imaginer qu’il continue sa remontée vers la capitale par l’Yerres et la Seine ? « Les traces s’arrêtent en amont de Corbeil-Essonnes, qui paraît être un obstacle infranchissable du fait de son urbanisation, analyse Alexandre Gerbaud. Sans compter les nombreux ouvrages hydrauliques. Il est donc hautement improbable qu’il soit allé en Seine mais restons prudents sur sa capacité de dispersion et d’adaptation. » Cependant, pour atteindre l’Essonne, le castor a dû passer par la Ferté-Alais, où personne ne l’a vu, et franchir des ouvrages. Et certaines parties de l’Yerres seraient favorables, selon les deux hommes. Alors ? « Rien n’est impossible, tranche Thierry Führer. En tous cas, je regarderai maintenant quand je serai sur l’Orge et l’Yerres si je ne vois pas des branches un peu blanches et des arbres coupés. Car il faut être très vigilant, tant qu’on ne cherche pas, les traces ne se remarquent pas. » Selon Paul Hurel, animateur du Réseau castor Île-de-France mis en place par l’ONCFS, le chemin le plus facile pour l’animal pour rejoindre la Seine passerait plutôt par le Loing. Sa présence sur cette rivière est avérée jusqu’au pont autoroutier de l’A 19, près de Montargis. La grosse crue de 2016 pourrait l’avoir poussé vers l’aval, vers Nemours.

En cas d’observation de l’animal ou de découvertes de traces, contactez le Réseau castor Île-de-France à cette adresse : paul.hurel@oncfs.gouv.fr

* Le Syndicat intercommunal d’aménagement des rivières et du cycle de l’eau est basé à Corbeil-Essonnes. Tél. : 01 60 89 82 20.

** Il existe aussi un castor du canada, classé comme espèce exotique envahissante. L’hypothèse que ce soit cette espèce qui se trouve en Essonne est écartée par les deux hommes du Siarce et Paul Hurel.

Loi Biodiversité : un trait d’union entre l’Homme et la Nature

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Fauvel / CC BY-SA 2.0

Portée par la Ministre de l’Environnement Ségolène Royal depuis mars 2014, la loi Biodiversité – ou « projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » – est présentée ce mois-ci devant l’Assemblée Nationale pour un 2ème passage. C’est l’occasion pour le blog du SyAGE de faire un point à mi-parcours sur la philosophie de cette loi, et d’en présenter quelques éléments-clés.

 
Un peu d’histoire…

Préserver la nature, cela implique-t-il nécessairement de la figer à la manière d’un paysage de carte postale ? Si les premières mesures de protection de l’environnement – comme la création d’espaces dédiés – tendaient à abonder dans ce sens, il est vite apparu nécessaire de prendre en compte le dynamisme propre à la biodiversité pour améliorer les conditions nécessaires à sa préservation.

C’est ainsi qu’à la création des Parcs Nationaux dans les années 60 succédèrent des initiatives comme Natura 2000, réseau connecté d’espaces naturels à l’échelle européenne, et plus récemment la création de la Trame Verte et Bleue, initiée grâce au Grenelle de l’Environnement. Chacune de ces politiques tentait d’allier préservation de la biodiversité et aménagement du territoire.

S’inscrivant à la suite de cette philosophie, la loi Biodiversité a pour enjeu de « renforcer et étendre ce qui a fait ses preuves [et de] simplifier et clarifier ce qui s’est additionné au fil du temps », explique Ségolène Royal.

 
Le principe de solidarité écologique réaffirmé

Le terme de biodiversité désigne la diversité du monde vivant, à tous ses niveaux : des gênes jusqu’aux écosystèmes, en passant par les espèces. Or son développement est aujourd’hui mis à mal par des activités industrielles mal maîtrisées qui engendrent pollutions des sols, des eaux et fragmentation des habitats naturels. De plus, non contentes de participer à une érosion du vivant d’une manière qui n’a pas d’égal dans l’histoire de l’humanité, ces activités accélèrent le réchauffement climatique en relâchant dans l’atmosphère de grandes quantités de carbone.

C’est pourquoi lutter efficacement pour la reconquête de la biodiversité implique de prendre en compte l’ensemble des facteurs concourants à son érosion. C’est cette nécessaire intrication entre politiques de protection de la nature et transition écologique qui a conduit le texte de la loi à inclure dans ses statuts la création de l’Agence Française pour la Biodiversité. Celle-ci aura la charge de coordonner l’action de l’Etat et des collectivités, en vue d’un « cadre stratégique commun » pour la reconquête de la biodiversité.

Ainsi s’ouvrent de nouvelles perspectives dans le champ de la conservation de la nature, qui reposait traditionnellement sur une opposition entre espaces naturels et espaces anthropisés. Dorénavant, il s’agira de replacer l’homme comme « un compagnon voyageur des autres espèces dans l’odyssée de l’évolution », selon les mots de l’écologiste américain Aldo Leopold. Et c’est cette philosophie que le principe de « solidarité écologique » – appelant à prendre en compte les interactions avec les écosystèmes dans toutes prises de décisions publiques – vient réaffirmer dans l’article 2 du projet de loi.

« La gestion de l’eau au niveau du bassin ou du sous-bassin hydrographique était déjà présente dans le code de l’environnement. Néanmoins, l’affirmation du principe de solidarité écologique vient conforter l’idée selon laquelle la seule échelle cohérente pour gérer une rivière est celle du bassin-versant », nous explique Nathalie Gil, Directeur Juridique du SyAGE. « En effet, ajoute-t-elle, l’eau coule de sa source jusqu’à sa confluence, charriant avec elle tout un écosystème. Sachant cela, séparer la gestion de l’amont de celle de l’aval serait absurde, et contreviendrait au principe de solidarité écologique ».

Pour plus de renseignements sur les différentes mesures proposées par le « projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », cliquez ici.

« C’est uniquement l’addition des initiatives locales qui permettra d’arriver à un résultat global ».

Michael-Damiati---Maire-de-Crosne-web

 

Maire de la commune de Crosne depuis 2014, Michaël Damiati a bien voulu nous recevoir pour nous parler d’environnement.

 

Pourquoi avez-vous signé la charte du Champigny, relative à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires dans le cadre de l’entretien des espaces publics ?

La nappe des calcaires de Champigny est la principale ressource régionale d’eaux souterraines. Il est de ma responsabilité en tant qu’élu de m’interroger sur la meilleure façon de la préserver. En signant cette charte, la commune de Crosne s’engage à tendre vers un objectif « zéro phyto ». Pour cela, nous travaillons de concert avec différents acteurs dont le SyAGE, qui nous fournissent de précieux conseils pour optimiser nos pratiques.

Aujourd’hui, les espaces naturels urbains sont majoritairement aménagés et entretenus de façon ornementale, à l’aide notamment de produit phyto-sanitaires. Or leurs effets sur la santé du public sont encore méconnus. C’est pourquoi il est important de pouvoir proposer aux administrés des solutions alternatives.

Cette démarche mérite d’être accompagnée d’un vrai effort de communication sur le sujet, afin que nos concitoyens ne la confondent pas avec une négligence d’entretien des espaces verts.

 
Que voudriez-vous dire aux communes pour les inciter à s’engager dans cette démarche ?

Je voudrai leur dire que nous sommes tous tributaires de la nappe de Champigny. Ainsi, c’est uniquement l’addition des initiatives locales qui permettra d’arriver à un résultat global.

Les modes de vies et de consommation que nous avons eus ces cinquante dernières années sont aujourd’hui largement remises en question. Ils méritent donc d’être revus et améliorés car il est de notre devoir de transmettre aux jeunes générations un environnement le plus propre possible.

 
Quelle place est consacrée à l’environnement dans le travail quotidien d’un maire ?

Il est essentiel d’avoir un cap bien déterminé, et de multiplier les actions quotidiennes de façon à le maintenir. Par exemple, à Crosne, la question de l’impact sur l’environnement dans les projets d’urbanisme est cruciale. Ainsi, nous utilisons fréquemment des matériaux isolants, comme ça a été notamment le cas lors des récents travaux sur le gymnase. Dans les bâtiments publics, nous avons installé des systèmes permettant à la lumière de se déclencher automatiquement lorsqu’un mouvement est détecté, et de s’éteindre lorsque plus personne n’est dans la pièce.

Nous veillons aussi à observer une gestion attentive de la consommation d’électricité et de carburant. C’est pour cela que nous allons prochainement rénover notre parc automobile par un ensemble de véhicules propres.

De manière générale, il me semble qu’il faut que nous soyons exemplaires, pour pouvoir tranquillement être pédagogues sur ces sujets.

 

 

COP21 : « l’Accord de Paris », une feuille de route indispensable pour l’avenir de la planète

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Le 11 décembre dernier, la COP21 s’est conclue sous une salve d’applaudissements grâce à l’adoption de « l’Accord de Paris » par les 195 pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Fruit de deux semaines de négociations intenses entre les parties, ce document de 32 pages redonne espoir à tous ceux qui pensaient la machine diplomatique en perte de vitesse après l’échec en 2009 à Copenhague.

 
Des mesures d’adaptation et d’atténuation

L’ensemble des acteurs présents au Bourget lors de cet événement a su donné voix et corps au principe de la justice climatique. C’est-à-dire à la reconnaissance de l’inégalité entre les pays du Nord et du Sud en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Partant, les pays du Nord se sont engagés à solder leur dette climatique dès 2020, à hauteur de 100 milliards d’euros chaque année, afin d’aider ceux du Sud à mettre en place des mesures d’adaptation au changement climatique. Ces financements feront l’objet d’une révision à la hausse avant 2025.

Outre ces engagements, les pays signataires de l’accord s’engagent à réduire leurs dépendances aux énergies fossiles pour que d’ici la fin du siècle l’augmentation de la température mondiale ne dépasse pas les 1,5 °C. Ces engagements, comme les mesures financières, seront revus tous les 5 ans, et « représenteront, à terme, une progression », selon le texte de l’accord.

 
Un processus contrôlé et transparent

« L’accord de Paris » se compose de deux parties : une décision d’adoption, non soumise à ratification par les États, et l’accord lui-même, nécessitant une ratification selon la législation de chaque pays. Or, pour entrer en vigueur, l’accord devra faire l’objet d’une ratification à partir du 22 avril 2016, par au moins 55 pays, représentant au moins 55% des émissions mondiales.

Enfin, et montrant par là le rôle primordial de la société civile dans la lutte contre le réchauffement climatique, « l’accord de Paris » prévoit un mécanisme de transparence qui conduira un comité de 12 membres ayant des compétences reconnues dans les domaines scientifiques, techniques, socioéconomiques ou juridiques à vérifier publiquement les données fournies par les pays en termes d’émissions de gaz à effet de serre.

Du 7 au 18 novembre 2016, Marrakech accueillera la 22ème conférence des parties pour le climat. L’occasion pour le Maroc de s’affirmer comme un acteur indispensable de la transition écologique, lui qui a d’ores et déjà certifié vouloir porter à 52% la contribution des énergies renouvelables à la production électrique d’ici 2030.

De la Terre jusqu’aux étoiles : rencontre avec Hubert Reeves

 

HReeves

© John Foley

L’astrophysicien et président d’honneur d’Humanité et Biodiversité Hubert Reeves nous a fait l’honneur d’une rencontre. L’occasion pour nous d’en savoir un peu plus sur ce brillant savant qui fait rimer découverte de l’espace et protection de notre environnement …

 

Est-ce votre qualité de témoin de l’infiniment grand qui vous rend d’autant plus sensible à la fragilité, à la précarité et donc au caractère précieux de notre environnement ?

Hubert Reeves – En effet, j’ai voulu exercer un métier qui me fasse une place dans le monde scientifique. La recherche est passionnante qui mène à un accroissement des connaissances le plus objectivement possible. J’ai choisi l’astrophysique pour les mathématiques, leur logique, leur beauté formelle… Donc je suis devenu astrophysicien et si c’était à refaire, je ferais de même !

On me dit souvent que j’ai fait rêver. Les étoiles illuminent le ciel mais aussi la vie des gens. Oui mais, prenant conscience des problèmes terrestres, j’ai maintenant tendance à ramener tout le monde sur Terre… D’autant que je suis grand-père et que je voudrais pouvoir préserver mes petits-enfants, et tous les petits-enfants, du sort qui les attend si nous, les adultes d’aujourd’hui, restons passifs.

 

À l’approche de la COP21, cette nécessité d’agir n’a jamais été aussi pressante …

Face au dérèglement climatique, dû aux émissions de gaz à effet de serre, doublé de la perte de biodiversité – érosion liée à une exploitation outrancière des richesses naturelles – il est grand temps de changer d’ère !

L’astrophysicien que je reste est aussi un citoyen qui s’efforce de montrer combien la présence des humains sur Terre qui résulte de tant d’évènements cosmiques, doit être préservée.

 

Hubert Reeves

Astrophysicien

www.hubertreeves.info

Président d’honneur de Humanité et Biodiversité

www.humanite-biodiversite.fr

 

 

 

 

Le domaine de Villereine se met au vert !

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Le dimanche 27 septembre, retrouvez l’association La Mare Armée pour une journée de découverte éco-responsable et solidaire à Yerres !

Cette association est composée de l’ensemble des copropriétaires du domaine de Villereine. Elle s’attache à faire visiter, à nettoyer et à embellir les espaces verts du Domaine de Villereine, et des abords de la forêt domaniale de la Grange.

Dimanche prochain, de 10 h à 18 h, La Mare Armée et l’ensemble de ses partenaires (dont le SyAGE) proposent à tous les jeunes promeneurs dynamiques accompagnés de Papa ou Maman, et à ceux plus chevronnés, de découvrir et nettoyer les chemins du domaine.

Un stand attendra toutes les bonnes volontés sur l’Allée Royale, au croisement de l’avenue de la Grange et de l’avenue Jean Rostand.

Nous espérons vous y retrouver nombreux ! 🙂

Le rôle du SyAGE : faire cohabiter l’homme avec son environnement

Young Couple Enjoying Near River With Swans Around

Gérer l’Yerres de sa source jusqu’à sa confluence suppose de concilier l’urbanisation de la vallée et le fonctionnement naturel de la rivière. Faire cohabiter l’homme et son environnement, l’expertise technique et la préservation des milieux naturels : voilà le défi relevé par notre Syndicat.

 

Réconcilier l’homme et la rivière

Suite à la crue de 1978, le SyAGE a installé 8 barrages sur le linéaire de la rivière. Ces installations sont nécessaires à la régulation de l’Yerres . En effet, toutes les rivières alternent entre des périodes d’étiages et de crues. L’étiage correspond statistiquement à la période de l’année où le niveau de l’eau est le plus bas. Pour l’Yerres, elle s’étend de juillet à septembre. La crue, au contraire, est définie par l’accroissement de l’écoulement d’un cours d’eau provoquant le débordement du lit mineur. Pour l’Yerres, elle se situe d’octobre à avril.

Pour mieux accompagner les habitants de la vallée dans la gestion du risque de crue, le SyAGE porte depuis le 17 octobre 2012 un Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Ce programme a un double objectif : avoir une connaissance globale du phénomène de crue à l’échelle du bassin versant, et raviver la conscience du risque et la culture de la crue chez les riverains. En effet, par le biais de ce programme, une multitude d’outils (programme pédagogique, aide à la rédaction du Plan Communal de Sauvegarde, etc) sont mis à disposition des communes comme des riverains pour mieux les aider à appréhender le fonctionnement naturel de la rivière, et à tout faire pour préserver leurs habitations des éventuels dommages qu’elle peut leur infliger.

En plus des actions de régulation de l’Yerres effectuées par l’homme et de la sensibilisation des riverains au risque de crue, il est nécessaire d’agir en amont du problème et de comprendre quels sont les mécanismes qui font que la rivière se régule d’elle-même et d’adapter nos comportements …

Les zones humides

La renaturation des zones humides sur le territoire de la vallée fait aussi partie des compétences du Syndicat, dans le cadre de la mise en œuvre du SAGE (Schéma d’Aménagement de Gestion des Eaux). Au carrefour des écosystèmes terrestres et aquatiques, ces espaces sont de véritables foyers de vie favorisant une grande biodiversité. Les zones humides, par exemple, ont la faveur des batraciens qui y accomplissent l’intégralité de leur cycle biologique (reproduction, alimentation, refuge, hibernage).

Outre leurs fonctions biologiques évidentes, les zones humides participent à la régulation du débit de l’Yerres. En effet, grâce à leur fonction de zone tampon, elles permettent d’atténuer les crues et fournissent un  » soutien  » à la rivière en cas d’étiage trop important. Leur capacité de stocker et de restituer progressivement de grandes quantités d’eau, permet l’alimentation des nappes d’eau souterraines et superficielles. Et en favorisant l’épuration grâce à leur riche biocœnose, les zones humides participent à la préservation de la qualité de l’eau.

L’Yerres et ses zones humides ne font qu’un ; préservons-les ensemble.

Le SyAGE agit pour votre environnement : travaux sur le bras mort de Quincy-sous-Sénart

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Depuis cette semaine, et ce pour une durée de 15 jours, des ‪‎travaux‬ de restauration du bras mort de Quincy-sous-Sénart sont effectués par un prestataire du SYAGE.

Ces travaux comprennent la mise en place de plantes ‪hélophytes‬ sur les berges, le profilage d’un ‪chenal‬ pour diversifier les hauteurs d’eau au sein du bras mort, et enfin la création d’amas de vases, à fleur d’eau, propices au développement d’une végétation spontanée (‪carex‬, ‪roseaux‬ …)

Renaturation des berges du parc des bords de l’Yerres à Crosne

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Du 1er au 19 Juin 2015, le  SyAGE a procédé à la renaturation des berges du parc des bords de l’Yerres à Crosne.

Le Syndicat a utilisé des techniques de Génie Végétal afin de réaliser des berges en pente douce tout au long de la rivière. Fascinage et toiles coco ont été mis en place pour maintenir la berge en état, avant que celle-ci ne se solidifie grâce aux racines des plantes hélophytes disposées tout du long.

Ce véritable coup de jeune sera complété par la plantation d’une rangées d’arbustes en novembre 2015.

Le coût total de cette opération a été de 105 000 euros TTC.