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Comprendre les travaux de lutte contre les inondations : le quartier de Concy à Montgeron

1ère épisode : le cas du chemin de la prairie à Montgeron

 Connaissez-vous le Chemin de la Prairie, à Montgeron ? Il y a quelques temps, un habitant situé au bout de cette rue a alerté les services techniques de la commune à propos d’inondations récurrentes sur sa propriété. Le SyAGE, qui a compétence en matière de prévention des inondations sur le secteur, a tout de suite été alerté afin qu’une solution puisse être trouvé le plus rapidement possible.

 Comprendre le phénomène inondation nécessite de prendre de la hauteur, et donc de ne pas rester cantonné au secteur sur lequel les débordements ont eu lieu. Très vite, le technicien chargé du suivi de ces travaux s’est rendu compte que le réseau souterrain chargé de l’évacuation des eaux pluviales sur la partie du chemin de la prairie parallèle à l’Yerres rejoignait une canalisation d’un diamètre bien supérieur, chargé d’acheminer toutes les eaux pluviales de Montgeron jusqu’à la rivière.

Lors de forts épisodes pluvieux, cette canalisation achemine donc un volume d’eau conséquent vers la rivière. L’eau pluviale stockée dans le réseau du chemin de la Prairie ne peut alors plus se déverser correctement dans la canalisation à laquelle son réseau est relié. Ce qui provoque des reflux, et donc des inondations chez les particuliers.

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Pour remédier à cela, et donc résorber les inondations, un coude en fonte a été posé à l’endroit où les deux tuyaux se rejoignent. Ce coude permet de casser la force de l’eau arrivant à l’embranchement, tout en permettant à l’eau pluviale du réseau du chemin de la Prairie de couler d’emblée dans le même sens que celui du réseau arrivant de l’amont de Montgeron.

Grâce à ces travaux d’un coût relativement faible, les inondations ont pu cesser chez le riverain.    

 

Accompagner les communes dans la prévention des inondations

En avril 2013, Alexia Giroud a été embauchée par le SyAGE au titre d’animatrice du PAPI d’intention de l’Yerres. Qu’est-ce que le PAPI? Pourquoi cette pétillante jeune femme a-t-elle intégré les effectifs du Syndicat ? Quelles sont ses missions ? Voilà ce que nous allons vous expliquer …

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Pourvu de plus de 400 km de cours d’eau, le bassin-versant de l’Yerres a une superficie telle qu’elle aurait de quoi en décourager certains. Ce n’est pourtant pas le cas d’Alexia qui, depuis deux ans maintenant, entreprend de l’étudier avec intelligence et soin.

Précédemment ingénieur d’études en hydraulique fluviale, ayant mené bénévolement des missions humanitaires, Alexia s’est bâtie au fil des années un solide bagage théorique et pratique. Elle était donc la candidate idéale pour intégrer un poste à responsabilité, mêlant études hydrauliques approfondies et communication sur le terrain.

 
 
 

Qu’est-ce que le PAPI?

Le PAPI est un Programme d’Actions de Préventions des Inondations, qui inclut 17 actions réparties selon 7 axes thématiques abordant sous des angles variés la question du risque inondation. Ce dispositif est un véritable outil de contractualisation entre l’Etat et les collectivités dans le but de mettre en place des aménagements visant à réduire les risques d’inondation sur le territoire d’un bassin-versant.

Dès 2011, le SyAGE a fait acte de candidature auprès de l’Etat, afin de porter un PAPI d’intention comportant des actions d’études et de communication. Le PAPI d’intention est un programme préparatoire dont l’objectif est de connaître en profondeur le territoire de l’Yerres. En effet, si les caractéristiques techniques de l’aval du cours d’eau sont parfaitement connues des services du Syndicat, celles de l’amont nécessitent des études plus poussées afin d’agir de manière cohérente sur l’ensemble des rivières. Le PAPI d’intention durera jusqu’en décembre 2015, et il sera suivi d’un PAPI complet qui déroulera tout un programme d’actions permettant de limiter les conséquences dommageables du risque inondation.

 

Au service des communes

Polyvalence, voilà le maître mot. Car même si la thématique à travailler demeure la même, les différentes approches obligent Alexia à composer avec de multiples acteurs du territoire.

En effet, outre les études de terrain, Alexia s’emploie à accompagner les communes dans l’élaboration d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS), dispositif répondant à la mise en place d’une organisation communale opérationnelle déployée en cas de gestion de crises majeurs.

A l’accompagnement des élus dans la prise de conscience du risque s’ajoute celui des scolaires et des habitants de la vallée. Ainsi seront mis en place prochainement différents outils pédagogiques permettant aux collégiens de prendre conscience du risque inondation. A titre d’exemple, sont déjà installés différents repères de crues, sont imprimés puis distribués des guides pratiques sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire en cas d’inondation, etc…

Pour Alexia, l’objectif premier de sa mission est de faire comprendre aux acteurs locaux que la rivière est vivante, et qu’il faut l’intégrer dans nos modes de vies actuels.

Résilience, chapitre 5 : le cahier bleu

Résumé des épisodes précédents (relire le chapitre 4) : Alexis, 22 ans, nouvel arrivant dans la résidence des Thibaudières, a trouvé son logement complètement inondé un soir de mars 1978. Simone, la doyenne de la résidence et sa voisine du dessus, lui a proposé de déménager ses meubles chez elle pour éviter un désastre matériel. Proposition étonnante quand on sait l’antipathie qu’elle portait pour le jeune homme dès son arrivée aux Thibaudières. Après avoir reçu de l’aide de la part d’un groupe de jeunes pour évacuer le contenu de son appartement chez sa voisine, Alexis les rejoint chez elle. A cette occasion, il en apprend plus sur le passé de Simone et la solitude qui en découle. Saisi par ses propos, Alexis décide lui aussi d’en révéler plus sur sa propre histoire…

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Tout d’un coup, Alexis se dirigea vers la porte d’entrée de l’appartement de Simone. Le reste de la compagnie lui demanda ce qui lui valait ce départ soudain. Sans se retourner, le jeune homme dit brièvement «  ne vous inquiétez pas, je reviens tout de suite ». Puis il se précipita dehors et descendit les marches 4 par 4 jusqu’en bas. Tout autour de lui, des habitants allaient et venaient entre le rez-de-chaussée et les différents étages du bâtiment, trimballant avec peine ce qu’ils estimaient pouvoir sauver de leur appartement. Des pompiers prêtaient main forte dans la mesure de leurs moyens, et dissuadaient les gens de revenir dans leur lieu de vie une fois que l’essentiel avait été évacué. Alexis se faufila entre les rescapés, esquiva discrètement les hommes en uniforme qui lui barrait le passage et entra en pataugeant dans son chez-lui. Il parcourut des yeux la pièce où l’eau était montée maintenant à hauteur de genoux, et arrêta son regard sur une bouche de ventilation. Il marcha péniblement jusqu’à arriver devant le mur où se trouvait la bouche. Il la fit sauter et récupéra le cahier bleu, usé aux extrémités, qu’il avait déposé là avant que Simone ne l’invite à monter ses affaires dans son appartement.

Il l’ouvrit et jeta un œil rapidement à l’intérieur. Outre les pages couvertes de son écriture manuscrite, le carnet recelait une dizaine d’enveloppes sur lesquelles figurait le tampon officiel de la Résidence des Thibaudières. Alexis esquissa un sourire, puis referma le cahier d’un geste, et repartit au 1ère étage. Dans les escaliers, il vit tous les jeunes qui étaient chez Simone redescendre en trombe jusqu’à la porte d’entrée.

–          On vient d’apprendre que l’appartement de ma voisine de palier est touché. Il faut qu’on trouve un lieu où déménager ses affaires pronto, dit Michel qui pressentait la question d’Alexis.

Ne lui laissant pas le temps de répondre, Michel et ses amis galopèrent jusqu’à la porte d’entrée du bâtiment, et traversèrent l’allée des Cèdres pour se précipiter vers l’immeuble d’en face. Alexis, quant à lui, continua à monter les marches, le cahier bleu à la main, pour rejoindre l’appartement de Simone. En s’essuyant les pieds sur le paillasson, il se dit que bizarrement, il était soulagé que le reste de la troupe soit parti. Cela rendrait peut-être sa révélation plus aisée …

Lire le chapitre 6

Danser à la saison des pluies : l’architecture résiliente à travers le monde

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Au Cambodge, la saison des pluies se déroule de juin à octobre. Durant cette période, la pluviométrie très importante engendre des inondations. Pour remédier à cela, des initiatives voient le jour au niveau local. Aujourd’hui, nous nous intéressons à la construction d’une salle de danse dans la province côtière de Kep.

Un peu d’histoire …

L’histoire du Cambodge est mouvementée. Et Kep, ville côtière située au sud du pays, ne fait pas exception. Avant la période des Khmers Rouges, le roi Norodom Sihanouk a souhaité faire de Kep-sur-mer (en français dans le texte) le Saint-Tropez cambodgien. Mais le régime de Pol Pot a mis à sac la ville, car elle était la représentation de la ségrégation de classe. Depuis lors, la ville de Kep navigue entre la mémoire de ces beaux jours sous le règne du Roi Sihanouk et l’aspect fantomatique que celle-ci peut revêtir du fait des maisons abandonnées qui parsèment la ville.

En 2011, la princesse Sylvia Sisowath décide de fonder la Maison de la Culture et des Sports de Kep. En effet, de par son histoire et ses développements actuels, Kep a besoin de lieux permettant de recréer du lien entre la tradition cambodgienne et les nouvelles générations. Et c’est dans les territoires agricoles qui constituent la province côtière de Kep, où les enfants allaient jusqu’ici plus au champ qu’à l’école, que ce genre d’initiative est le plus nécessaire

Malheureusement, le régime de Pol Pot a été radical dans sa volonté d’exterminer tout savoir. L’architecture, la littérature et les arts sont entièrement à reconstruire sur la base de leurs ruines. C’est pourquoi il y a aujourd’hui au Cambodge un réel enjeu consistant à recréer des références architecturales et urbanistiques qui s’appuient sur l’intelligence des architectures vernaculaires de campagne.

 

La résilience à l’œuvre …

Fort de cette réflexion, la princesse Sylvia Sisowath a contacté l’architecte Arnaud Réaux, de l’agence « Nommos», une agence d’urbanisme travaillant essentiellement dans les secteurs des zones urbaines inondables, afin de construire un espace pour la musique et la danse traditionnelle. Ces architectes et hydrologues ont imaginé un bâtiment basé sur les 3 points fondamentaux des habitations cambodgiennes : l’utilisation de matériaux qui laissent passer l’air afin de créer une ventilation naturelle ; la création d’ombres grâce à de larges toitures ; et enfin la prise en compte des deux saisons.

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Cette prise en compte s’articule autour de deux points. Premièrement, l’orientation de la toiture du bâtiment permet de rediriger les eaux pluviales vers la noue qui se trouve le long de la route. L’eau s’infiltre ensuite dans la nappe et la recharge. La Maison de la Culture et des Sports puise ensuite l’eau dans la nappe par le biais d’un puits se situant juste à côté du bâtiment. Deuxièmement, la Maison est construite sur un ancien terrain de rizière ; en saison des pluies, il y a entre 10 et 20 cm d’eau sur le terrain. Pour permettre l’activité de danse durant la saison des pluies, la salle de danse est pourvue de deux niveaux : un à 16cm et un à 32 cm. Le premier étant pensé pour disparaître pendant les grandes pluies.

Ce projet se fait en collaboration avec des ouvriers locaux, seuls à même d’informer les architectes et hydrologues présents des spécificités géographiques et hydrologiques du terrain. « Nous ne sommes pas là dans l’optique de leur apprendre quoi que ce soit, mais plutôt de créer un échange, nous rappelle Arnaud».

La construction a commencé le 26 novembre 2014, et la fin du projet est prévue pour le 10 janvier 2015. Pour suivre le projet au quotidien, n’hésitez pas à rejoindre leur page Facebook !

 

Résilience, chapitre 3 : Simone

Résumé des épisodes précédents (relire le chapitre 2) : Alexis, 22 ans, nouvel arrivant dans la résidence des Thibaudières, a trouvé son logement situé au rez-de-chaussée complètement inondé un soir de mars 1978. Simone, la doyenne de la résidence et sa voisine du dessus, lui a proposé de déménager ses meubles chez elle pour éviter un désastre matériel. Proposition étonnante quand on sait l’antipathie qu’elle portait pour le jeune homme dès son arrivée au Thibaudières. Après avoir reçu de l’aide de la part d’un groupe de jeunes pour évacuer le contenu de son appartement chez sa voisine, Alexis les rejoint chez elle …

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Arrivé devant la porte de Simone, Alexis s’aperçut que celle-ci avait déjà été refermée. Il toqua, puis attendit sagement que quelqu’un vienne lui ouvrir. Des bruits de pas lents et réguliers comme le tic-tac d’une horloge se rapprochèrent progressivement de l’entrée. Celle-ci s’entrebâilla juste assez pour permettre à Simone d’avoir un champ de vision suffisamment dégagé sur l’ensemble du palier. Elle leva la tête vers Alexis, descendit son regard sur ses chaussures et lui dit d’un ton péremptoire :

–          Enlevez vos souliers avant d’entrer.

Juste après avoir parlé, elle referma la porte. Alexis entendit alors le son d’un loquet qui se déverrouille. Puis il vit la porte de l’appartement de Simone s’ouvrir en grand ; et, devant lui, la vieille dame se dirigea, cahin-caha, vers un fauteuil trônant au centre du salon. Alexis enleva ses baskets crottées de boues, et entra timidement.

Les murs couleur gorge-de-pigeon du salon étaient décorés par une multitude de cadres photos dans lesquels toujours les mêmes visages revenaient : deux couples d’une trentaine d’années chacun, ainsi que ce qui semblait être leurs enfants respectifs. Les scènes représentées prenaient place dans des paysages enchanteurs et exotiques, et étaient disposées de telle façon que l’œil, parcourant les murs de la pièce dans le sens des aiguilles d’une montre, avait le tour du monde imprimé sur sa rétine.

–          Hé Alexis ! Viens par ici si tu veux manger un morceau, l’avertit une voix provenant de la cuisine.

Cet appel extirpa le jeune homme de la rêverie dans laquelle il était plongé. Il se dirigea alors vers la pièce à côté. Quatre jeunes d’une vingtaine d’années étaient assis autour d’une table de 60 centimètres sur 60. Sur cette dernière étaient disposés trois baguettes de pains, du beurre, du jambon, du jus d’orange, quelques couverts et des verres. Les estomacs se rassasiaient et les discussions allaient à bâtons rompues. Le large panorama sur le parc de la résidence qui était dévoilé par la fenêtre de la cuisine offrait à ses occupants l’occasion de multiples remarques concernant l’inondation. En effet, de l’autre côté, on pouvait apercevoir une petite maison d’approximativement 20 m² de surface, montée sur pilotis. Ce procédé de construction avait sauvé la maisonnette des flots, et cela ne manquait pas d’amuser nos cinq amis. L’un d’eux pointa son sandwich au jambon vers la drôle de construction, puis retourna sa tête en direction du salon et cria joyeusement :

–          Hey, Simone, c’était pas votre maison avant, celle sur pilotis ?

Lire le chapitre 4

Résilience, chapitre 2 : Le déménagement

Nous sommes fiers de vous présenter le deuxième épisode de « Résilience », fiction imaginée et écrite par le SyAGE.« Résilience » suit le parcours d’une galerie de personnages de la vallée de l’Yerres, dont l’inondation de mars 1978 a bouleversé l’existence .

Résumé de l’épisode précédent (relire le chapitre 1) :
Nous sommes en mars 1978. Alexis, 22 ans, a emménagé depuis six mois dans son premier appartement au rez-de-chaussée de l’allée des Platanes dans la résidence des Thibaudières à Boussy-Saint-Antoine . Si sa conduite exemplaire dans la résidence lui vaut immédiatement la sympathie de tous, Simone, sa voisine, doyenne de la résidence, semble la lui refuser obstinément. Le 16 mars 1978, l’Yerres déborde et inonde une partie des Thibaudières, dont l’appartement d’Alexis. C’est alors que, contre toute attente, Simone propose à Alexis d’entreposer toutes ses affaires chez elle, avant qu’elles ne soient perdues …



Alexis parcourut du regard son appartement et resta un moment en état d’hébétude devant le spectacle qui s’offrait à lui. Dehors, les gens pataugeaient dans une eau boueuse leur arrivant à la taille. Les pompiers reculaient leurs véhicules en haut de la résidence pour éviter que leurs moteurs ne se noient. Le ciel, d’un bleu azur pendant toute la journée, était maintenant bas et lourd.

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L’eau s’infiltrait à travers les joints de la fenêtre donnant sur le parc. Et le fauteuil qu’Alexis avait acheté avec ses maigres économies fut le premier touché : rouge alors, il avait maintenant une teinte marronâtre et exhalait une odeur de vase. Furieux de se faire voler par le sort ce qu’il avait mis des mois à pouvoir acquérir, Alexis courut vers son fauteuil, le pris dans ses bras et se précipita avec une aisance de plantigrade vers la porte.

Appuyée sur sa canne, Simone attendait son voisin en haut de l’escalier menant vers le premier étage. Après sa première rencontre avec Alexis, elle s’était empressée de remonter vers son logement pour éviter de patauger dans l’eau. Quand elle vit le jeune homme émerger de l’appartement, le fauteuil dans les bras lui interdisant toute visibilité sur moins de cinq centimètres, Simone descendit pas à pas l’escalier, puis s’arrêta au milieu de celui-ci. Alors elle entreprit de guider à la voix son voisin à travers les parties communes.

Simone donnait au jeune homme les directions à suivre pour parvenir à bon port ; mais, le faisant d’une voix chevrotante et presque inaudible, elle contraignait par le fait Alexis au silence et à la concentration la plus absolue. C’est pourquoi, ayant compris de travers quelque unes des injonctions de Simone, Alexis changea plusieurs fois de direction. Et les gens qui, passant devant la porte de l’immeuble, ne pouvait pas voir Simone dans l’escalier, croyaient assister à une danse étrange, menée par un fou et son fauteuil.

Une poignée de résidents reconnurent Alexis et vinrent lui proposer spontanément leur aide. Aussitôt, selon les directives que Simone dispensait aux personnes qui entraient dans le hall de l’immeuble, les affaires du jeune homme passant de main en main furent progressivement déménagées au 1er étage.

En quittant son appartement vide pour se réfugier chez son aînée, Alexis le parcourut une dernière fois du regard. Il repéra un cahier bleu et usé sur une étagère. En l’ouvrant, il sourit naïvement. Puis, relevant la tête, il chercha des yeux une bouche de ventilation à l’abri des flots. Il en trouva une à hauteur de bras et fit sauter la grille d’une simple pression. Puis il déposa le cahier bleu à l’intérieur de la bouche d’aération, remit en place la grille et fila au 1er étage …

Lire le chapitre 3

Il y a différents types de crues. Le saviez-vous ?

Wasserschaden im Haus nach Überschwemmung

 

La crue est l’élévation d’un cours d’eau résultant de la fonte des neiges ou des glaces ou de pluies abondantes. Dès lors que des terrains au-delà du lit mineur sont submergés – qu’ils soient urbanisés ou non – on parle d’inondations. La crue précède donc nécessairement l’inondation, qui en est sa conséquence si des terrains non submersibles habituellement sont atteints.

 

 

 

En France, en 2011, 18,5 millions d’habitants sont exposés au risque d’inondation .

 

Différents niveaux de crues

Dans le cadre de la prévention des inondations, classer les crues par ordre d’importance est un outil nécessaire à leur prédiction. Dans ce contexte sont apparues les termes de crues décennale, centennale et millennale. Ces dénominations veulent-elles dire, comme leur noms semblent l’indiquer, que chaque type de crue se produit selon une périodicité donnée (la crue décennale, tous les dix ans, la centennale, tous les cent ans et la millennale, tous les mille ans) ? Eh bien non.

À chaque crue est attribué une probabilité d’apparition sur une année. Ainsi une crue décennale à une probabilité d’apparition de 1/10 chaque année, une crue centennale de 1/100 et ainsi de suite.

La genèse d’une crue est tributaire de différents facteurs. La saturation des sols, leur morphologie, le niveau de la nappe ou encore l’intensité des pluies seront des facteurs déterminants pour occasionner une crue. C’est pourquoi les crues sont spécifiques à chaque territoire.

 

Une prévention adaptée au cas par cas
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Depuis 1995, pour lutter contre les inondations, la loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l’environnement définit le plan de prévention des risques inondations (en abrégé, PPRI). C’est un document stratégique cartographique et réglementaire qui définit les règles d’urbanisme dans les secteurs susceptibles d’être inondés. La délimitation des zones est basée sur les crues de référence. ( La crue de référence sur laquelle est basée le PPRI de l’Yerres est celle de mars 1978 ) .

 

 

 

 En complément du PPRI, et ce depuis le 17 octobre 2012, date à laquelle il a reçu la labellisation de l’Etat, le SyAGE porte la mise en oeuvre du PAPI (Programme d’Action de Prévention des Inondations).  Dans sa première phase dite « PAPI d’intention » il a pour but d’améliorer la connaissance et la conscience du risque inondation afin que s’élabore, dans une concertation commune, un programme de mesures. Ce dernier sera ensuite concrétisé dans une seconde phase dite « PAPI complet ».

 » Le SyAGE souhaite mettre l’accent sur la conscientisation du risque inondation «  , nous dit Alexia Giroud, animatrice du PAPI d’intention de l’Yerres. « Discret, continue-t-elle, l’Yerres reste un cours d’eau insolite dont  les caprices du passé ont occasionné de lourds dommages. Cette mémoire doit être cultivée afin de préparer, dans le futur,  les populations à mieux gérer ce phénomène naturel « .

Pour en savoir plus sur le risque inondation, visitez la rubrique du site du SyAGE dédiée à cet effet en cliquant ici.

 

Résilience, chapitre 1 : « Alexis »

Nous sommes fiers de vous présenter le premier épisode de « Résilience », fiction imaginée et écrite par le SyAGE.« Résilience » suit le parcours d’une galerie de personnages de la vallée de l’Yerres, dont l’inondation de mars 1978 a bouleversé l’existence .

 

La résidence des Thibaudières à Boussy-Saint-Antoine est un lieu qui a toujours fourmillé de vie. Si d’habitude, dans les endroits comme celui-ci, chacun ferme sa porte au tout-venant, ce n’est pas le cas ici. C’est à la faveur de cet état d’esprit si particulier que l’inondation de mars 1978 a donné lieu à de drôles de rencontres…

 

Résilience-articleAlexis, 22 ans, avait loué son premier appartement au rez-de-chaussée de l’allée des Platanes. Il était installé depuis six mois. Et, une fois le stress du début de l’indépendance dépassé, le jeune homme avait commencé à aller à la rencontre de ses voisins. D’Assemblée Générale en Assemblée Générale, Alexis finit par se lier à un nombre de personnes croissants. Pourtant, un point noir subsistait : la doyenne de l’immeuble, Simone, dont l’autorité et la respectabilité rayonnait bien au-delà de l’allée des Platanes, restait imperméable à toute tentative de socialisation. Pour elle, Alexis était « un jeune bon à rien, dont l’appartement était très probablement payé par les parents ».  Pour lui, Simone avait une opinion toute faite sur les jeunes de son acabit. Si bien que, le temps passant, et malgré le fait qu’elle habitât un étage au-dessus de lui,  chacun s’enferma dans son opinion ; si jamais un espoir de rapprochement eût pu subsister, celui-ci tomba bien vite à l’eau …

Le 16 mars 1978 en fin d’après-midi, alors qu’il rentrait chez lui après les trois heures de cours particuliers qu’il donnait chaque soir à un enfant de Brunoy, Alexis vit quatre camions de pompiers stationnés juste devant la résidence. Interloqué, il pressa le pas, et découvrit le parc de la résidence jouxtant l’Yerres en contrebas complètement inondé. L’eau montait inexorablement et les rez-de-chaussée des immeubles de l’allée des Platanes et de celle des Cèdres commençaient à être évacués. Alexis se mit à courir jusqu’à chez lui pour voir si son appartement subissait le même sort. Alors qu’il mit les pieds dans le hall d’entrée détrempé, il tomba nez à nez avec Simone qui – avec une sourire chagriné – lui pressa d’ouvrir la porte de son appartement pour prendre tous ses objets de valeurs et les entreposer chez elle, à l’abri des flots.

Abasourdi par l’attitude de la vieille femme, mais trop content de pouvoir sauver ses biens, Alexis accepta la proposition et se précipita à toute vitesse dans son appartement …

 

Lire le chapitre 2