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Comprendre l’action du SyAGE dans la lutte contre les inondations : L’avenue de la Résistance à Yerres

Outre le service public de l’assainissement collectif, le SyAGE assure aussi la gestion des eaux pluviales sur son territoire. La bonne exécution de ces deux compétences est possible grâce à la division du système de transport en deux réseaux distincts : celui dans lequel transitent les eaux usées pour rejoindre la station d’épuration de Valenton, et celui consacré aux eaux pluviales, qui les acheminent directement vers le milieu naturel.

Début 2006, quelques habitants des rues perpendiculaires à l’avenue de la Résistance à Yerres, située non loin de la Forêt de Sénart, se sont plaints d’inondations sur leur propriété. Le SyAGE a tout de suite été alerté afin qu’une solution puisse être trouvée le plus rapidement possible.

Sous l’Avenue de la Résistance passe un collecteur d’eaux pluviales – canalisation principale sur laquelle est branchée une série de conduites secondaires. Ce collecteur a pour fonction de récupérer les eaux de ruissellement arrivant par les avaloirs et les eaux pluviales issues des propriétés privées, pour ensuite les acheminer jusqu’à la rivière.

Lors de forts épisodes pluvieux, cette canalisation se remplissait très rapidement, et n’était plus en mesure de recueillir toutes les eaux acheminées par les conduites des rues perpendiculaires. Celles-ci refluaient alors, et provoquaient des inondations chez les particuliers.

Pour remédier à cela, il a été décidé de construire 4 bassins de rétention d’eaux pluviales enterrés à 3 mètres sous terre, parallèles au collecteur et reliés à ce dernier par des tuyaux d’alimentation. D’un volume utile de 1235 m3, ces ouvrages ont vocation à recueillir l’excédent d’eaux de pluie arrivant dans le collecteur principal, et ainsi permettre au réseau de ne pas être engorgé.

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                                               Pose d’un bassin de rétention d’eaux pluviales enterré

« Ces bassins assurent aussi une fonction de dépollution », indique Cyril Gitton, chef du service Entretien aux Communes au SyAGE. En effet, chaque conduite reliant bassin et collecteur est équipée d’une vanne qui, par temps sec, est complètement ouverte. Mais qui, après que le bassin se soit rempli complètement, se ferme 8h durant, afin d’assurer le processus de décantation des matières solides, et ainsi épurer les eaux de ruissellement contenues dans ces structures. « Malgré son efficacité, ce procédé n’égale pas celui, plus sophistiqué, utilisé dans les dépollueurs d’eaux pluviales situés à proximité du rejet en rivière», tient à préciser Cyril Gitton.

Grâce à ces travaux, les inondations pluviales ont pu cesser chez les riverains concernés.

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H20 n°2 – La gestion des eaux pluviales

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H2O, c’est son nom, a pour objectif de vous proposer du contenu éclectique et éclairé autour des thématiques liées à la ressource en eau.

Pour ce second numéro consacré aux eaux pluviales, vous seront présentées en première partie d’émission, les problématiques rencontrées consécutives aux épisodes pluviaux importants. Sur le plateau, vous retrouverez les avis d’experts sur ces sujets et une explication des enjeux et des solutions visant à réduire l’impact de ces phénomènes. Plusieurs reportages complémentaires vous permettront de mieux appréhender ces questions et vous préciseront de façon claire les bonnes pratiques à appliquer chez soi dans le cadre du « Zéro rejet ».

 

 

Plongez vous dès maintenant dans le dernier numéro d’H20 !

 

3 questions à Alexia Giroud, animatrice PAPI du bassin-versant de l’Yerres

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– A quel événement participez-vous le 12 mars prochain ?

Le 12 mars prochain s’organise une journée d’échanges réalisée dans le cadre du Réseau PAPI et animée par le Centre Européen de Prévention du Risque Inondation (CEPRI).

– Pourquoi ces réunions d’échanges sont-elles importantes ?

Ces réunions constituent un lieu d’échanges pour toutes les collectivités ou groupement de collectivités porteurs de Programmes d’Action de Prévention des Inondations. Elles s’articulent autour d’interventions sur des thématiques spécifiques par exemple le régime des assurances des catastrophes naturelles mais également autour de témoignages alimentant le retour d’expériences.

 
– En quoi le CEPRI est-il une institution fondamentale pour le métier que vous exercez ?

Doté d’un grand professionnalisme, le CEPRI constitue un partenaire incontournable et une structure essentielle pour accompagner l’ensemble des animateurs PAPI. Il apporte une vision globale sur la prévention du risque inondation au bénéfice d’une mise en œuvre locale.

Construire aux bords de l’Yerres : fantasme ou réalité ?

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La vallée de l’Yerres est faite d’un terreau si particulier qu’il permet à d’étonnants talents d’émerger…

Sylvain Pasquier a vécu pendant 4 ans à Yerres, période pendant laquelle il a effectué des études d’architecture à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette. Son projet de fin d’études était consacré à la construction de logements collectifs et individuels en zones inondables. En plein sur les bords de l’Yerres à Montgeron, le terrain sur lequel ont pris place les logements de Sylvain sont situés en majorité dans les zones rouges et roses du PPRI, zones où toute construction nouvelle est interdite sauf exceptions et autorisations exceptionnelles.

 

Une architecture résiliente

Purement théorique, le projet du jeune architecte Yerrois avait néanmoins pour ambition de donner à réfléchir sur de nouvelles manières de construire en zones inondables. En effet, des constructions classiques à cet endroit ne feraient qu’augmenter l’imperméabilité des sols et favoriseraient ainsi les risques d’inondation. Tandis que les constructions résilientes permettraient de réduire l’étalement urbain et ainsi de suivre l’objectif du développement durable.

Prenant acte de cette difficulté structurelle, S. Pasquier a proposé une technique de construction adaptée au terrain : chacune des maisons est construite sur un bâti flottant, sans ciment en dessous, à partir de matériaux traditionnels privilégiant les structures en bois. De part et d’autres des structures, des piliers permettent d’alimenter les bâtiments par des gaines flexibles en électricité, eau courante et gaz, et les empêche de dériver lorsqu’il flotte. Ce système « sur pilotis »permet aux bâtiments de supporter une montée des eaux de 5,5 mètres.

 

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Les zones rouges et roses du PPRI de l’Yerres, situées entre la rue du Moulin de Senlis et le Parking Foch à Montgeron, déterminent le lieu où le projet de Sylvain Pasquier devait prendre place.

 

Des modèles au-delà de nos frontières

Fortement inspiré par les techniques de construction ayant cours aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, par exemple, Sylvain Pasquier pense que la réglementation française doit être adaptée afin de pouvoir construire dans des endroits situés en zones PPRI. En effet, les deux pays cités précédemment choisissent de considérer le problème autrement. Plutôt que de lutter contre l’inondation, ils ont pris le parti de s’adapter grâce àdes techniques de constructions inédites. C’est de cette façon que le programme « Living With Water » est né.

 Sylvain Pasquier a vu couronner son projet par Le Prix des Lecteurs dans la revue « Le courrier de l’Architecte », édition 2011. C’est une étape importante pour ce Yerrois de cœur qui nous a confié avoir vu sa vocation émerger au sortir de la tempête Xynthia qui a frappée plusieurs pays entre février et mars 2010. En effet, « en voyant les ravages matériels et humains causés par ce drame, nous raconte-t-il, je me suis demandé pourquoi nous n’adaptions pas nos maisons aux aléas du climat ».