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Les sentinelles de la rivière : la revanche du Glossosomatidae

 

GlossosomatidLarvae

Petit, malingre, doté d’une espérance de vie assez courte, rien ne prédestinait le Glossomatidae à de grandes choses. Et pourtant …

Dans l’Yerres, chaque organisme a besoin de conditions particulières pour prospérer. Confrontés à une pollution, certaines espèces vont disparaître, d’autres se développer, d’autres encore adopter des comportements anormaux. C’est ainsi, par exemple, qu’en présence d’insecticides, les filets que les larves d’Hydropsyche construisent pour piéger leur nourriture vont posséder des mailles dont les tailles ne conviendront plus à leur fonction initiale.

Lointaines cousines des larves d’Hydropsyche, les larves de Glossosomatidae se nourrissent de minuscules débris végétaux qu’elles récupèrent en raclant le fond des eaux courantes. Chacune de ces larves a une durée de vie de 9 à 10 mois. Durant ce cycle, elles passent par 7 stades différents, correspondants à autant d’étapes de leur croissance. Pour se protéger des aléas de la vie sous-marine durant cette période de temps, les Glossosomatidae construisent tout autour de leur corps un abri formé de petits cailloux. Ce fourreau taillé idéalement pour leur morphologie leur servira aussi à éviter d’être entraîné par le courant. Cependant, si cela arrivait, la larve quitterait immédiatement son étui pour en reconstruire un nouveau.

Glossosomatidae versus Ammonium

L’ammonium – ou NH4+ – est une des formes dissociées (séparation d’un élément en deux entités moléculaires) des sels ammoniacaux utilisés, par exemple, pour le dégraissage dans les industries. L’oxydation de l’ammonium grâce à l’oxygène dissous le transforme en nitrites. Puis, grâce à l’action de bactéries spécialisées présentes dans la rivière, les nitrites se transforment en nitrate, qui est un sel nutritif utilisable par la majorité des végétaux.

L’ammonium se trouve dans des eaux riches en matières organiques, lorsque la teneur en oxygène dissous est insuffisante pour assurer sa transformation.

Or, pour respirer, les larves de Glossosomatidae absorbent l’oxygène dissous présent dans l’eau à l’aide de leurs branchies. Par conséquent, si la teneur en oxygène dissous est insuffisante dans la rivière, les larves de Glossosomatidae disparaîtront progressivement de son lit.

Alors, en remontant la chaîne causale, leur absence signifiera une possible présence d’ammonium dans les eaux de la rivière…

Qui aurait pu se douter qu’une si petite bête puisse avoir une si grande utilité ? Au SyAGE, une équipe sillonne régulièrement le linéaire de l’Yerres pour en répertorier ses habitants dans le but de déterminer la qualité des eaux de la rivière.

Les hirondelles rustiques sont de retour. Le saviez-vous ?

Description de cette image, également commentée ci-après
« Landsvale » par I, Malene. Sous licence CC BY 2.5 via Wikimedia Commons.

Si, au détour d’un sentier, vous apercevez furtivement un drôle d’oiseau au dos bleu métallique, au ventre rosé, pourvu d’une  gorge et d’un front rouge. Alors il n’y a pas de doute : elles sont de retour …

L’hirondelle rustique est un oiseau migrateur qui quitte la France à la fin de l’été, passe l’hiver en Afrique, et revient sur le territoire en avril pour entamer sa période de reproduction.

Essentiellement insectivore, cet oiseau aime se nicher dans les vieilles bâtisses. Accroché aux vieilles poutres ou dans les coins des murs, son nid est un mélange de boue, de salive et de pailles, dans lequel 3 à 6 oeufs sont pondus fin avril.

Dans la vallée de l’Yerres, ces oiseaux apprécient particulièrement les centres équestres car ils y trouvent tout ce qui leur convient. En effet, la présence des chevaux attire en nombre toute sorte de petits invertébrés volants, base de la nourriture des hirondelles. Box, grange à foin, et autres dépendances ouvertes en permanence sont autant de logis potentiels. Enfin, il y a toujours une flaque par-ci par-là, dans laquelle les oiseaux trouvent la boue nécessaire à la confection de leur nid.

Malheureusement, ces dernières décennies, les populations d’hirondelles ont considérablement diminué partout en Europe. L’utilisation d’insecticides par l’homme (dans nos maisons, dans nos jardins, dans nos champs …), la destruction des nids (bien que les oiseaux et leurs nids soient protégées par la loi!), et la disparition des bâtiments propices à la nidification sont les principales causes de ce déclin.

Au SyAGE, nous sommes preneurs de tous les clichés d’hirondelles rustiques que vous pourrez nous faire parvenir. Alors n’hésitez pas à les poster sur notre page Facebook ! Ces images doivent absolument être réalisées dans le plus grand respect de la tranquillité des oiseaux !