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Croqueurs de pommes : 70 ans après, les fruits anciens de retour sur les étals

Il faut être passionné pour tailler une trentaine d’arbres dans le froid et sous la pluie, un après-midi terne de décembre. Ça tombe bien, Claude Ollivier, président des Croqueurs de pommes Île-de-France, l’est, tout comme les membres de l’association qui l’accompagnaient ce jour-là dans le parc du Gros buisson, à Vigneux-sur-Seine. « Nous reconstituons un verger, comme celui qui était là il y a longtemps, explique le président. Certains poiriers dans le parc ont bien 100 ou 150 ans ! »

Un arrêté ministériel libérateur

Les Croqueurs de pommes ont pour objectif la conservation du patrimoine fruitier, toutes espèces confondues (cerisier, abricotier, prunier…), comme leur nom ne l’indique pas. Un combat qui a connu une grande victoire le 18 août dernier, jour de parution d’un arrêté du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation qui élargit le « catalogue » des espèces d’arbres fruitiers pouvant être commercialisées en France. « C’est un événement essentiel ! Rendez-vous compte : les fruits qui faisaient le délice de nos grands-parents étaient interdits de vente en France depuis 1947. Nos instances gouvernementales avaient limité la commercialisation à environ 80 variétés de pommes pour ne proposer que des fruits standardisés, la plupart cultivés chez nous mais d’origine étrangère, telles la golden, américaine, et les granny smith et pink lady, toutes deux australiennes, raconte Claude Ollivier. Cela a duré 70 ans ! Et nous, qui n’étions considéré que comme de « gentils collectionneurs », nous avons eu une influence sur cette décision et nous en sommes fiers. » Mais pourquoi les fruits anciens n’ont-ils donc pas encore débarqué sur les étals des grandes surfaces ? « La nouvelle est encore peu connue, nous l’apprenons à certains professionnels. Sur le marché de Rungis, on ne trouve encore que les fruits du catalogue, remarque le président. De toute façon, on ne trouvera la plupart des variétés anciennes qu’en circuit court. Elles vont revenir petit à petit. Il faut d’abord attendre que les jeunes arbres soient greffés par les pépiniéristes professionnels qui les proposeront ensuite aux arboriculteurs et aux particuliers. »

2 250 variétés de pommes différentes en France

Preuve de la considération dont jouit l’association, les Croqueurs de pommes collaborent avec l’Institut de recherche en horticulture et semences pour l’inventaire des espèces et des variétés de fruits sur le territoire, débuté en 2010. « On dénombre par exemple déjà plus de 2 250 variétés de pommes et 1 100 de poires  alors que l’inventaire ne couvre pour l’instant que 55 % du territoire. » Cette connaissance se veut très précise puisque les chercheurs arrivent maintenant à séquencer le génome des arbres fruitiers. Celui du pommier domestique, réalisé en 2010 par un consortium international qui comprend l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra), permettra de créer de nouvelles variétés de pommes. L’association apporte également son concours pour remonter dans le temps des filiations, au-delà de l’époque où la science doit s’arrêter, faute d’informations. Un membre de l’association spécialiste de pomologie (science des fruits comestibles), Henri Fourey, peut alors aider les chercheurs avec sa collection de 1 350 ouvrages sur le sujet.

Henri Fourey (à gauche) et Claude Ollivier (avec un chapeau) mettent volontiers en pratique leur expertise.

Par ailleurs, l’association a apporté son expertise pour la création du verger situé rue du Moulin de Senlis, à cheval sur les communes de Montgeron et de Villeneuve-Saint-Georges. Ce verger compte une vingtaine d’arbres et 140 arbustes : pommiers, poiriers, néfliers, framboisiers, noyers… Créé en 2017 sur un terrain appartenant au SyAGE, il bénéficie d’une gestion différenciée, dont l’objectif est de bénéficier à la faune tout en proposant un accueil satisfaisant du public grâce à l’entretien des chemins et de leurs abords. Les arbres de plein vent (au contraire des formes palissées, plus basses et souvent adossées à un mur) ne produiront des fruits que dans les 10 à 15 années à venir. En revanche, dès la première année du verger, on a pu y trouver des mûres, des groseilles, du cassis et quelques cerises. « Tous les fruits sont destinés à la consommation libre des visiteurs, précise Vincent Delecour, qui a porté le projet au sein du syndicat. Ce qui fait de ce verger une réalisation inscrite dans la logique de développement durable. »

Loi Biodiversité : un trait d’union entre l’Homme et la Nature

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Fauvel / CC BY-SA 2.0

Portée par la Ministre de l’Environnement Ségolène Royal depuis mars 2014, la loi Biodiversité – ou « projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » – est présentée ce mois-ci devant l’Assemblée Nationale pour un 2ème passage. C’est l’occasion pour le blog du SyAGE de faire un point à mi-parcours sur la philosophie de cette loi, et d’en présenter quelques éléments-clés.

 
Un peu d’histoire…

Préserver la nature, cela implique-t-il nécessairement de la figer à la manière d’un paysage de carte postale ? Si les premières mesures de protection de l’environnement – comme la création d’espaces dédiés – tendaient à abonder dans ce sens, il est vite apparu nécessaire de prendre en compte le dynamisme propre à la biodiversité pour améliorer les conditions nécessaires à sa préservation.

C’est ainsi qu’à la création des Parcs Nationaux dans les années 60 succédèrent des initiatives comme Natura 2000, réseau connecté d’espaces naturels à l’échelle européenne, et plus récemment la création de la Trame Verte et Bleue, initiée grâce au Grenelle de l’Environnement. Chacune de ces politiques tentait d’allier préservation de la biodiversité et aménagement du territoire.

S’inscrivant à la suite de cette philosophie, la loi Biodiversité a pour enjeu de « renforcer et étendre ce qui a fait ses preuves [et de] simplifier et clarifier ce qui s’est additionné au fil du temps », explique Ségolène Royal.

 
Le principe de solidarité écologique réaffirmé

Le terme de biodiversité désigne la diversité du monde vivant, à tous ses niveaux : des gênes jusqu’aux écosystèmes, en passant par les espèces. Or son développement est aujourd’hui mis à mal par des activités industrielles mal maîtrisées qui engendrent pollutions des sols, des eaux et fragmentation des habitats naturels. De plus, non contentes de participer à une érosion du vivant d’une manière qui n’a pas d’égal dans l’histoire de l’humanité, ces activités accélèrent le réchauffement climatique en relâchant dans l’atmosphère de grandes quantités de carbone.

C’est pourquoi lutter efficacement pour la reconquête de la biodiversité implique de prendre en compte l’ensemble des facteurs concourants à son érosion. C’est cette nécessaire intrication entre politiques de protection de la nature et transition écologique qui a conduit le texte de la loi à inclure dans ses statuts la création de l’Agence Française pour la Biodiversité. Celle-ci aura la charge de coordonner l’action de l’Etat et des collectivités, en vue d’un « cadre stratégique commun » pour la reconquête de la biodiversité.

Ainsi s’ouvrent de nouvelles perspectives dans le champ de la conservation de la nature, qui reposait traditionnellement sur une opposition entre espaces naturels et espaces anthropisés. Dorénavant, il s’agira de replacer l’homme comme « un compagnon voyageur des autres espèces dans l’odyssée de l’évolution », selon les mots de l’écologiste américain Aldo Leopold. Et c’est cette philosophie que le principe de « solidarité écologique » – appelant à prendre en compte les interactions avec les écosystèmes dans toutes prises de décisions publiques – vient réaffirmer dans l’article 2 du projet de loi.

« La gestion de l’eau au niveau du bassin ou du sous-bassin hydrographique était déjà présente dans le code de l’environnement. Néanmoins, l’affirmation du principe de solidarité écologique vient conforter l’idée selon laquelle la seule échelle cohérente pour gérer une rivière est celle du bassin-versant », nous explique Nathalie Gil, Directeur Juridique du SyAGE. « En effet, ajoute-t-elle, l’eau coule de sa source jusqu’à sa confluence, charriant avec elle tout un écosystème. Sachant cela, séparer la gestion de l’amont de celle de l’aval serait absurde, et contreviendrait au principe de solidarité écologique ».

Pour plus de renseignements sur les différentes mesures proposées par le « projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », cliquez ici.

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Confluences : de l’Orge à l’Yerres

Confluences est une série d’interviews croisées qui a pour ambition de confronter les points de vue des différents acteurs de l’environnement à travers le monde. Après avoir rencontré deux acteurs du SAGE, aujourd’hui, nous laissons la parole à Laura Stoll et Vincent Delecour, tous deux chargés de la valorisation du patrimoine naturel au Syndicat de l’Orge et au SyAGE.

 

Pouvez-vous nous présenter vos parcours ?

Laura Stoll – J’ai toujours voulu me diriger vers un métier me permettant d’exercer ma passion : le dessin. C’est pourquoi, après un baccalauréat littéraire option arts plastiques, j’ai validé un BTS Design d’Espace à l’Ecole de Condé, puis un BTSA d’Aménagement Paysager.

Cette expérience m’a permis de me familiariser avec un domaine qui m’était inconnu jusqu’alors, conciliant l’art et l’écologie. C’est à ce moment-là que j’ai su que le métier de paysagiste allait me convenir parfaitement.

Après plusieurs stages, j’ai finalement été admise à l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles. Dès la deuxième année de formation, j’ai choisi l’alternance afin de comprendre concrètement quelles sont les exigences de ce métier. C’est pourquoi j’ai postulé et été engagée en tant qu’apprentie au Syndicat de l’Orge à la rentrée 2015.

 

Vincent Delecour – Tout petit déjà, j’accompagnais mon père lors de promenades dans la nature. C’est là que j’ai découvert ma vocation. Adolescent, j’ai suivi un cursus lié à l’environnement : après une seconde agricole, j’ai validé un BTA Gestion de la Faune Sauvage, puis un BTSA Gestion et Protection de la Nature.

Alors que j’étais en âge d’effectuer mon service militaire, j’ai choisi d’opter pour le statut d’ « objecteur de conscience » – ancêtre du service civil – et l’ai effectué durant 12 mois au sein d’une association de protection de la nature ( la LPO ). Suite à cette première mission, j’y ai continué mon parcours en occupant le poste de garde technicien d’espaces naturels protégés en Charente-Maritime pendant 6 ans.

Après cette période, j’ai voulu élargir mes compétences en validant une Licence Professionnelle « Usages et Qualité de l’eau ». Ce qui m’a conduit par la suite à occuper le poste de responsable de l’équipe Rivière au SyAGE, puis de technicien chargé de la valorisation du patrimoine naturel.

Quelles sont les particularités floristiques des abords de votre rivière ?

L. S. – À l’image des bords de l’Yerres, ceux de l’Orge ne contiennent que peu d’espèces rares. Cependant, nous devons faire face à la prolifération d’espèces invasives comme la Renouée du Japon. Pour y remédier, nous procédons notamment à des broyages suivis par l’installation de bâches opaques qui neutralisent la lumière du soleil nécessaire à leur développement. D’autre part, nous procédons régulièrement à des renaturations de berges en replantant des espèces hélophytes pionnières afin de relancer l’écosystème indigène.

Nous travaillons aussi sur les abords de la rivière. Ceux-ci voient se côtoyer un grand nombre de milieux (prairies inondables, boisements, prairies sèches, etc) auxquels correspondent des flores variées. La qualité des sols participe à cette diversité. C’est pourquoi il est nécessaire de prendre en compte leurs caractéristiques dans la gestion de ces espaces. Par exemple, un sol chargé en azote verra se développer spontanément un panel d’espèces nitrophiles. Et la fauche de ce type de végétation nécessitera une évacuation immédiate des déchets chargés en azote.

 

Vincent-web V.D. – Les bords de l’Yerres sont principalement constitués d’une nature dite « ordinaire ». Elle mérite pour autant toute notre attention car elle compose la quasi-totalité des écosystèmes terrestres et aquatiques. À ce titre, elle est notre principal indicateur de l’état général de notre environnement.

D’autre part, de nombreuses « oasis de nature » ponctuent le linéaire de la rivière. Je pense à des espaces comme l’île des Prévôts à Crosne, la roselière de Chalandray à Montgeron, la Mare Hoffmann à Yerres, les vieilles peupleraies d’Épinay-sous-Sénart ou encore le ru de Rochopt situé dans la même commune. Tous ces endroits recèlent un charme paysager unique et un intérêt patrimonial et pédagogique évident.

La gestion différenciée que nous appliquons sur les berges de l’Yerres permet de maintenir un corridor écologique où la faune et à la flore s’épanouissent et circulent librement d’un réservoir de biodiversité à l’autre.

 

Quel est le défi auquel vous êtes confronté dans votre travail quotidien ?

L.S. – Quand je suis arrivée à mon poste, il a d’abord fallu que je fasse mes preuves. J’y suis parvenu grâce à la confiance que m’a accordée mon maître de stage et au professionnalisme de toute la structure. Depuis, il s’agit de tenir le rythme, plutôt intense, entre les cours et le Syndicat.

Mais, plus globalement, le défi du Service Paysage du Syndicat de l’Orge est de concevoir un espace public autour de la rivière, agréable et accessible à tous. Pour cela, nous avons notamment mis en place des installations permettant l’accueil des personnes à mobilité réduite.

V.D. – Les bords de l’Yerres ne doivent pas être aménagés et entretenus de façon ornementale, comme si l’on avait à faire à une nature qu’il fallait « domestiquer ». Faire évoluer ce point de vue est le principal défi auquel je suis confronté dans mon travail quotidien.

Aussi pour changer les mentalités, il faut d’abord développer les connaissances des riverains sur le patrimoine naturel de la vallée. C’est pour cela qu’au SyAGE, nous multiplions les actions de sensibilisation (participation à des salons, conseils aux services techniques des communes concernant la gestion écologique des espaces naturels, panneaux pédagogiques, publication d’un journal trimestriel, etc).

Escapades au bord de l’eau – 4ème partie

En chemin vers les Deux Rivières.

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Nous vous proposons de partir à la découverte d’une promenade réalisée dans le cadre de la Liaison Verte des bords de l’Yerres et du Réveillon.

Dans l’objectif d’atteindre la confluence entre l’Yerres et le Réveillon, nous cheminerons le long de la rivière non loin du centre-ville de Brunoy où un riche patrimoine, notamment historique, est encore présent dans cette partie de la vallée. Alternant espaces aménagés et sentier en sous-bois, cet itinéraire propose une multitude de découvertes et de trésors insolites au fil de l’eau …

Pour découvrir les lieux-phares de cette promenade, cliquez sur les éléments en surbrillance présents sur la carte.

Pour accéder à la 5ème partie des escapades au bord de l’eau, cliquez ici

Renaturation des berges du parc des bords de l’Yerres à Crosne

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Du 1er au 19 Juin 2015, le  SyAGE a procédé à la renaturation des berges du parc des bords de l’Yerres à Crosne.

Le Syndicat a utilisé des techniques de Génie Végétal afin de réaliser des berges en pente douce tout au long de la rivière. Fascinage et toiles coco ont été mis en place pour maintenir la berge en état, avant que celle-ci ne se solidifie grâce aux racines des plantes hélophytes disposées tout du long.

Ce véritable coup de jeune sera complété par la plantation d’une rangées d’arbustes en novembre 2015.

Le coût total de cette opération a été de 105 000 euros TTC.

L’invasion des renouées du Japon

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Chaque année, elles font leur retour dans nos contrées. Infatigables, elles ne se lassent pas de coloniser les berges de nos rivières, et infligent à la biodiversité de notre vallée un tort considérable. Qui sont-elles ? Que font-elles ? Quels sont leurs réseaux ? Pour vous, le SyAGE a mené l’enquête …

Un écosystème est d’abord un lieu dont les différents éléments de la faune et de la flore sont « dans des relations d’interdépendances », comme le dit la philosophe Corine Pelluchon. Chacun a élu domicile en un endroit précis car il y trouve ce qui est nécessaire à sa subsistance, que ce soit des nutriments spécifiques pour les plantes, ou de savoureux insectes pour les animaux, par exemple. Cette interdépendance qui oblige chaque être vivant d’être à la fois prédateur et proie, permet à l’écosystème qui les abrite de fonctionner comme un système bien huilé où chaque engrenage trouve son utilité. Mais ce rapport de forces internes savamment équilibré se trouve parfois bouleversé par l’introduction d’un élément exogène.

 

Une menace fantôme

Débarquer des animaux ou des plantes dans des écosystèmes où ils n’ont ni prédateurs, ni parasites, peut donner des résultats désastreux. L’introduction de la renouée du Japon – ou Fallopia Japonica – comme plante ornementale, sur le territoire européen à la fin du XIXème siècle en est un des plus célèbres exemples. Cette grande plante vigoureuse aux tiges creuses et rougeâtres, semblables à des cannes de bambou peut atteindre 4 mètres en 2 mois au printemps.  En France, la reproduction se fait par multiplication végétative par l’intermédiaire de fragments de rhizomes dispersés ou de boutures de tiges.

Au Japon, sa propagation est contrôlée par son prédateur naturel : l’Aphalara itadori. En effet, les dommages causés par la voracité de cette minuscule cigale née au nord d’Hokkaido permettent de réduire substantiellement la capacité de photosynthèse de la plante, et l’empêche ainsi de repousser.

 

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En Europe, les petites fleurs blanches apparaissant sur les feuilles de la renouée en septembre-octobre procurent aux insectes une source de nectar intéressante à une époque de l’année où les fleurs se font rares. Néanmoins, la colonisation des espaces naturels par les renouées fait reculer d’environ 40 % les populations de vertébrés et d’invertébrés qui dépendent directement ou indirectement des espèces herbacées autochtones pour leur survie. C’est pourquoi elle est inscrite à la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature comme l’une des 100 espèces invasives les plus préoccupantes.

 

Au SyAGE, les services techniques effectuent des campagnes annuelles d’arrachage de renouées du Japon. D’avril à octobre, ces plantes invasives sont arrachées tous les deux mois dans les secteurs les plus impactés par leur prolifération.

Et ces actions portent leurs fruits, notamment sur les berges de l’Yerres à Villeneuve-Saint-Georges, la plaine de Chalandray à Montgeron ou encore la propriété Hoffmann à Yerres ! En effet, depuis le début de ces opérations en 2012, nos statistiques démontrent une baisse significative de la quantité de renouées arrachée sur les sites expérimentaux de la vallée.

 

Les zones humides, refuges de biodiversité

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Les zones humides sont d’incroyables lieux de vies où faune et flore se retrouvent pour y vivre en parfaite harmonie …

Véritables poumons écologiques, ces milieux remplissent une multitude de fonctions, qui leur ont valu de faire l’objet de réglementations nationales et internationales successives.

Une protection réglementée

La Convention de Ramsar est le plus ancien de tous ces accords. Le traité a été négocié dans les années 1960 par différents pays et organisations non gouvernementales préoccupés par la perte et la dégradation croissantes des habitats en zones humides pour les oiseaux d’eau migrateurs. Adopté dans la ville iranienne de Ramsar en 1971, il est entré en vigueur en 1975. Selon l’article premier de ce traité :

« les zones humides sont des étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturels ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six mètres »

En France, l’article 2 de la loi sur l’eau du 3 janvier 1992 a précisé cette définition en y ajoutant la présence de plantes hélophytes.

Une dépollution naturelle

Une plante est dite « hélophyte » quand elle est enracinée sous l’eau, et qu’une partie de sa tige et de ses feuilles sont à l’air libre. Dans ce groupement végétal herbacé, on trouve le roseau commun, l’iris faux acore, les joncs, les carex, le populage des marais, la salicaire en épi, et bien d’autres.

Les hélophytes sont essentielles pour le bon fonctionnement des zones humides et des cours d’eau en général. Leurs racines (ou plutôt rhizomes) structurent, protègent et limitent l’érosion du sol et des berges. Mais aussi filtrent l’eau, la rendant plus limpide, fixant au passage certaines molécules comme l’azote et le phosphore particulièrement problématiques lorsqu’elles sont en excès dans les cours d’eau. Enfin, leurs feuillages apportent ombre, oxygène, et couvert pour nombre d’animaux…

Un refuge efficace

Bien que les zones humides ne couvrent que 3 % du territoire de la France métropolitaine, elles hébergent un tiers des espèces végétales remarquables ou menacées, la moitié des espèces d’oiseaux et nombre d’espèces d’amphibiens et de poissons.

Dans la vallée de l’Yerres, les rousserolles verderolle et effarvatte, par exemple, viennent nicher dans les roselières des zones humides. En plus d’être des lieux isolés et tranquilles, ce qu’apprécient les oiseaux en période de reproduction, ces milieux regorgent d’invertébrés de toutes sortes : papillons, araignées, chenilles…, offrant aux jeunes parents un garde-manger bien rempli, idéal pour nourrir leurs oisillons.

Hérons cendrés, Poules d’eau, Canards colvert, Cygnes tuberculés, Bergeronnettes des ruisseaux, Martins pêcheurs … Une pléthore d’oiseaux migrateurs et sédentaires peuplent les zones humides tout au long de l’année.

Mais la faune qui s’y épanouit ne se limite pas aux oiseaux bien entendu. On peut y observer, des mollusques (limnées, planorbes), des crustacés (écrevisses), des insectes (coléoptères, libellules, papillons, mouches, moustiques), des batraciens (grenouilles, crapauds, tritons, salamandres), des reptiles (couleuvres, tortues), des mammifères (loutres, visons, campagnols, musaraignes).

Les zones humides regorgent de vie !

Une régulation naturelle du cours d’eau

Dans notre vallée, les zones humides sont intimement liées à l’Yerres et ses affluents.

En effet, situées en général dans le lit majeur de nos cours d’eau, leur niveau d’eau varie au gré des caprices de l’Yerres (crue ou étiage) et des nappes de surface. Ainsi, en période hivernale, les zones humides absorbent et stockent une partie des précipitations, (limitant le risque d’inondation, on parle alors de champ d’expansion des crues), avant de les rendre progressivement à la rivière l’été venu. Les zones humides contribuent donc à une régulation naturelle du débit de nos cours d’eau.

Les prairies des Grands Réages à Varennes-Jarcy, illustrent parfaitement cette fonction. Régulièrement recouvertes par les crues, elles « tamponnent » de novembre à mai, l’augmentation du débit hivernal (et printanier) de l’Yerres, et offrent en parallèle, les conditions idéales pour le frai des brochets notamment.

Retrouvez ci-dessous quelques photos de ce que vous pourrez admirer dans les zones humides de la vallée de l’Yerres …

La pêche pour tous ! – Travaux en cours sur l’étang de Villecresnes

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À la demande de l’AAPPMA du Plateau Briard, le SyAGE effectue la pose d’un ponton Handi’Pêche à l’étang de Villecresnes.
Ces travaux ont commencé le lundi 4 mai 2015, et finiront la deuxième semaine de Juin.

À l’installation du ponton permettant aux personnes à mobilité réduite de pêcher en toute sécurité, s’ajoutera la création d’une frayère où les poissons pourront trouver un abri pour se reproduire.

À côté de ces travaux sont prévus d’autres aménagements pour les pêcheurs et les promeneurs.

Coûts des travaux : 21 000 euros TTC.

Vidéo : La Liaison Verte en vélo

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Quand l’eau relie les hommes, de Varennes-Jarcy à Crosne, elle passe par Périgny-sur-Yerres, Boussy-Saint-Antoine, Épinay-sous-Sénart, Brunoy, Yerres ou encore Montgeron …

Embarquez avec nous pour une très belle balade sur les bords de l’Yerres ! 🙂

 

 

Le parcours effectuée dans la vidéo est visible sur la carte ci-dessous. Vous pouvez également récupérer le fichier GPX en cliquant ici.

 

Enfin, si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à aller consulter les itinéraires de promenades disponibles sur le site du SyAGE, en cliquant ici.

« La vie en respect et en rythme avec la nature »


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Gilles Durouchoux est exploitant agricole en Seine-et-Marne et vice-président du Syndicat Mixte d’Aménagement et d’Entretien de la Rivière Thérouanne et de ses Affluents. Ce profil particulier en fait un témoin privilégié de l’interaction entre le monde agricole et celui de l’environnement. Gilles a bien voulu répondre à nos questions pour nous raconter son engagement au quotidien.

 

Pourquoi avez-vous choisi le métier d’exploitant agricole ?

Ce métier d’exploitant agricole allie deux facettes : la gestion d’une entreprise (ici il s’agit d’une entreprise de production agricole) et la vie en respect et en rythme avec la nature. Ce fut un critère de choix primordial que de pouvoir travailler en harmonie avec les saisons et la terre. Mon métier n’est donc pas monotone et touche en même temps à une multitude de domaines. Il est aussi en perpétuelle évolution, au gré des recherches, des marchés, des réglementations et des attentes sociétales, ce qui oblige à rester vigilant.

 

Est-ce votre activité principale qui vous a conduit à vous intéresser aux problématiques d’aménagement et d’entretien des rivières ? Pourquoi ?

C’est en même temps mon activité mais aussi mes engagements municipaux qui m’ont conduit à m’intéresser aux problématiques d’aménagement et d’entretien des rivières, notamment la Thérouanne puisque la commune de Vincy-Manœuvre où j’exploite et dont je suis élu, fait partie du bassin-versant de la Thérouanne. Il est intéressant que les acteurs du monde agricole soient investis dans les structures de gestion des rivières à deux titres :

– nous sommes pour une grande partie des linéaires, les riverains des cours d’eau et devont être associés à toute action bénéfique pour nos rivières,

– les actions déjà engagées par le monde agricole sont peu connues du grand public ; ces structures peuvent être un lieu d’échange et de communication.

Enfin, au niveau de mon entreprise, après avoir été certifié « QUALI’TERRE » et « Agriculture Raisonnée », nous venons d’être membre du périmètre certifié ISO 14001 de l’association « TERRE d’ILE de France ». Ces trois certifications ont chacune un volet environnemental très développé et montrent l’attachement de longue date de l’entreprise et de moi-même aux problématiques environnementales.

 

Quelles sont les particularités du bassin-versant de la Thérouanne qui influencent l’exercice quotidien de votre métier ?

Les particularités du bassin-versant de la Thérouanne qui influencent mon métier, sont de deux ordres :

– la sensibilité aux pollutions avec comme mesure de prévention la création de bandes tampons le long des affluents de la rivière Thérouanne et le respect de la réglementation relative à ces bandes,

– la sensibilité aux inondations avec comme mesure de prévention la mise en œuvre de pratiques agricoles visant à limiter les ruissellements et les phénomènes d’érosion.

Que mon métier soit influencé par les particularités et les contraintes du bassin-versant de la Thérouanne n’est pas surprenant en soi, mais il faut que les réponses à ces problématiques soient économiquement viables pour nos entreprises et reconnues par le grand public.