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La mare du Fraicul : Quand la biodiversité s’immisce au cœur de la ville

Mare-du-Fraicul

La mare du Fraicul a été créée en 2009 à l’initiative du SyAGE pour faire dévier les eaux du fossé de Lagny et ainsi éviter les inondations en aval de ce lieu. Véritable zone humide située au cœur d’un lotissement dans la commune de Varennes-Jarcy, cet écrin de verdure, très apprécié de ses riverains, attire  aujourd’hui des oiseaux migrateurs venus y passer l’hiver …

Cliquez sur l'image pour écouter le chant du Râle d'Eau

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pour écouter le chant du Râle d’Eau

 

« D’habitude, l’action du Syndicat porte sur la préservation des milieux naturels et de la faune qui s’y trouve. C’est pourquoi la venue de deux espèces d’oiseaux migrateurs au sein d’une zone humide réhabilitée est une première ! », s’exclame Vincent Delecour, technicien au service Aménagement et Protection des Milieux au SyAGE.

En effet, cet automne, Vincent a eu la chance de découvrir que deux espèces d’oiseaux migrateurs – le Bruant des Roseaux et le Râle d’Eau – avaient élu domicile dans la roselière ceinturant la mare. Familiers des zones humides d’Europe, d’Asie et d’Afrique du Nord, ces deux volatiles n’avaient encore jamais été observés dans la vallée de l’Yerres.

 

Le Bruant des Roseaux est un passereau de 15 à 16 cm de long qui pèse de 16 à 25 grammes. Il commence sa migration dès septembre, et revient sur son lieu de reproduction quand arrive le printemps. Migrant chaque année du Nord vers le Sud, le Bruant fait régulièrement escale dans les zones humides ponctuant son parcours. Il choisit de s’y installer pour passer l’hiver quand les conditions lui sont favorables. L’observation récente de cette espèce dans le périmètre de la mare de Fraicul répond fort probablement à ce type de comportement.

Un habitat idéal et une nourriture abondante

À la différence du Bruant des Roseaux, le Râle d’Eau est un migrateur occasionnel. Sa physionomie ne lui permettant pas de voler sur de longues distances, cette espèce se déplace vers le Sud uniquement quand des hivers trop rigoureux ne lui permettent pas de subsister sur son lieu de résidence habituel. Là encore, la roselière entourant la mare du Fraicul, avec sa végétation haute et dense, offre au Râle un habitat idéal pour hiverner. En effet, avec son corps mince et comprimé latéralement, ses fortes pattes et ses courtes ailes, le Râle d’Eau est parfaitement constitué pour s’insérer sans peine dans la végétation dense de la roselière.

 

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Cliquez sur l’image pour écouter le chant du Bruant des Roseaux.

 Ces deux espèces utilisent la végétation qu’ils trouvent sur la mare et ses environs pour construire leur nid. Les graines et les insectes aquatiques ont la préférence du Bruant pour son alimentation quotidienne. Les Râles ajoutent à ce régime amphibiens, poissons, vers de terre, petits oiseaux et petits mammifères.

Bien que nouveaux arrivants, ces deux oiseaux migrateurs ne sont pas pour autant des espèces exogènes à l’écosystème local, et s’intègrent parfaitement à la faune environnante au point d’en constituer parfois le menu. Les jeunes Râles d’Eau, par exemple, sont un met de choix pour le Héron cendré, grand habitué des lieux.

 

« Chaque année, nous faucardons la roselière de la mare du Fraicul, afin d’éviter qu’une surabondance végétale ne perturbe l’écosystème du milieu. Seule une moitié est ainsi traitée, de manière à préserver un habitat pour la faune présente dans ce milieu. Cette pratique de gestion raisonnée se trouve confortée par l’arrivée de ces deux nouveaux oiseaux », conclut Vincent.